BUFFALO-GRASS
La maladie des Citronniers à la Dominique
Dégâts de pucerons. — Pulvérisateurs à vapeur. — Supériorité des jets de Vermorel. D'après les documents locaux.
Le Département d'Agriculture des Indes Occidentales Britanniques possède actuellement un entomologiste très actif, ALBallou, dont les rapports d'inspection alimentent l'une des rubriques les plus utiles d' « Agricultural News », l'organe bimensuel du département ; c'est dans cette feuille que nous puisons d'une part les renseignements recueillis par M. Ballou au cours d'une tournée à la Dominique en avril igoS, d'autre part ceux adressés au Département par M. J. Jones, chef de la Station botanique de la même île. Nous y avons ajouté quelques conseils extraits d'une excellente brochure spéciale de C. L. Marlatt, le bien connu spécialiste du Département d'Agriculture de Washington (i). Enfin, nous donnons lestitres de quelques bonnes brochures anglaises publiées aux Antilles.
Ces différents documents seront certainement appréciés par nos lecteurs, car nombre d'entre eux, principalement ceux des Antilles françaises et hollandaises, s'intéressentvivementàtoutcequi ie passe dans les citronneries de Montserrat et de Dominique. — Dans de précédents numéros, nous avons déjà publié des renseignements d'ordre général concernant la culture du citron (plus exactement, delà lime acide) et l'extraction de l'acide citrique dans cette dernière île (v. Paul des Grottes ■' J. d'A. T. », n°« i5, 16, 22). Prochainement, nous publierons encore, sur le même sujet, une note qu'a bien voulu nous communiquer M. Lockhart, vice-président de la Soc. d'Agriculture à la Dominique. — N. u. l. R.
Extrait du rapport de M. Ballou :
« Des nouvelles alarmantes étaient parvenues de la Dominique; je m'y suis trans-
(i) Scale insects and mites on Citrus trees. In-S*, 42 pp., 34 fig. Publié comme c iarniers' Bulletin » n" 172. U. S. Dcp. of Agriculture. Washington, D. C. igo3.
porté et ait pu constater qu'heureusement le dommage causé, quoique très sérieux, était cependant moins grarid qu'on ne l'avait pensé tout d'abord. Certaines plantations avaient été données comme entièrement anéanties, mortes; j'y ai trouvé les arbres privés de leur feuillage, et pas mal de bois mort, mais cependant ces arbres étaient toujours vivants, et dans bien des cas les bourgeons partaient déjà pour une nouvelle végétation. D'autres plantations étaient bien moins atteintes ; plusieurs n'avaient de malades que quelques arbres isolés.
« J'incriminai plusieurs espèces de pucerons : en premier lieu le Mytilaspis citricola i« Mussel Shell» ou « Purple scale » des colons) et, dans une proportion moindre, le Chionaspis citri « Orange snow scale » des colons . Les autres espèces sont relativement peure présentées. Les constatations pratiques peuvent se ramener aux points suivants :
>( I. Les pucerons ont le plus endommagé les arbres vieux, mal soignés, mal fumés, ou ayant fourni des récoltes excessives l'année dernière.
« 2. D'une manière générale, à la Dominique, on a très peu l'habitude des pulvérisations. Dans bien des plantations, l'entretien du sol laisse beaucoup à désirer, la fumure est insuffisante et la taille, nulle. « De là, les mes'ires de nature à contrecarrer l'extension de Tenncmi se déduisent toutes seules :
« I. Mieux cultiver : bêcher, fumer, tailler, afin de donner aux arbres le maximum de
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N^ 29 — Nov. 1903
vigueur, ce qui est la meilleure garantie contre les pucerons.
« 2. Combattre Tennemi directement par des pulvérisations. La pratique, dans les citronneries mêmes de Tile, a surabondamment démontré que c'était là le traitement
ceux qu'on a expérimentés jusqu'ici à la Dominique contre les pucerons. Il faut en commander une demi-douzaine au moins, avec chaque pompe.
« Tout appareil « Pomona » devrait être pourvu d'un robinetd'arrêt à trois voies, qui,
curatifet préventif le plus efficace, le plus avec deux raccords ordinaires à trois eaux, économique et leplus facile à appliquer. Les permettrait à une seule pompe d'alimenter
pucerons ont, à la Dominique, un assez grand nombre d'ennemis naturels: bêtes à bon Dieu et cryptogames parasites; dans bien des cas déjà, ils ont fait de bonne besogne ; mais je ne crois pas qu'en présence de l'extension actuelle du mal, on puisse s'en rapporter à ces alliésnaturels.Ils n'ont pas su empêcher l'invasion à laquelle nous venons d'assister, et il n'y a pas de raison pour qu'ils montent meilleure garde à l'avenir. Les pulvérisations apparaissent ainsi comme une chose indispensable et qu'il s'agirait de faire entrer dans les mœurs.
quatre lignes distinctes de tuyaux.
Extrait de C.-L. Marlatt, Scale insects and mites on Ci t rus trees :
Mytilaspsis citricola et Chionaspis citri appartiennent tous les deux au groupe des pucerons cuirassés, particulièrement difficiles à détruire par suite des boucliers de cire sous lesquels ces insectes s'abritent. Il faut des mixtures très énergiques pour dissoudre leurs revêtements de cire, et même les solutions les mieux combinées n'arrivent pas toujours à tuer la totalité des œufs ; d'où, nécessité de traitements répétés, destinés à détruire les très jeunes pucerons, au fur et à mesure de leur éclosion. Le Mytilaspis citricola jouit, à cet égard, d'une réputation particulièrement fâcheuse.
Les pucerons cuirassés sont combattus avec le plus de succès parles émulsions à base de pétrole et de savon dont nous donnerons, un autre jour, quelques formules courantes. Ces émulsions sont appliquées au moyen de pulvérisateurs, commeon vient de le voir.
* * Bibliographie :
Il nous reste quelques lignes pour finir cette page. Elles seront bien employées en pulvérisateur à dos, marque « SuccEss », et de signalant deux excellentes publications, de la pompe « Acme». M. H. Maxwell-Lefroy, sur les pucerons,
« Il importe de se procurer une longueur éditées par le Département Impérial, à Barsuffisante de tuyaux, lorsqu'on commande bados. La première est intitulée: The scale son outillage.il faut aussi des raccords insects of the Lessej- Antilles. [Lts pncevons (tuyaux de rallongement, en fer), longs de des Petites Antilles); deux fascicules, ensem- 8 pieds et munis de robinets d'arrêt ; on en ble 1 10 pages in-i6°, avec de nombreuses achètera 3 ou 4 avec chaque « Pomona », en illustrations.
même temps qu'un minimum de 25o à 3oo L'auire a pour titre : General treatment
pieds de tuyaux, de '/2 pouce de diamètre. of insect pests. (Remèdes généraux contre
« Le jet de Vermorel est supérieur à tous les insectes); in-i6o, 35 pages.
Extrait du rapport de M. J. Jones:
« Le pulvérisateur à vapeur, de Merry- Weather, paraît être la machine la mieux appropriée aux conditions des très grandes citronneries: elle peut alimenter une longueur de 2.000 pieds de tuyaux, portant 18 jets doubles de Vermorel.
« Les vergers de moindre importance pourront s'arranger du pulvérisateur « Pomona », monté ainsi que le réservoir sur un chariot système Henderson, avec pneumatiques de 3 pouces '/2' En terrain plat, cette pompe est capable d'alimenter 5oo pieds de tuyaux de V2 pouce de diamètre, portant 3 ou 4 jets doubles de Vermorel.
« Enfin, pour les coteaux et pour les petites citronneries, on se trouvera bien du
NO 29 Nov. 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE