SOLUTION DE LA QUESTION DU HAUT COMMANDEMENT
LA PRÉTENDUE DÉMARCHE DU ROI d’iTALIE AUPRÈS DE l’ AUTRICHE. FIN DE l’ AFFAIRE SIXTE.
7 mai.
La question du haut commandement revient à l’ordre du jour. — Pouvons-nous aborder les Chambres sans l’avoir résolue? Maginot est d’avis qu’il ne faut pas trop tarder.
8 mai.
Audition par la commission des relations extérieures de la Chambre ; la commission se montre satisfaite.
9 mai.
A la commission de l’armée du Sénat. Painlevé expose toute l’affaire de l’offensive du 16 au 20 avril. Il est dur, trop dur pour le plan de Nivelle : il s’expose à ce qu’on lui dise : Pourquoi alors avez-vous laissé faire cette offensive? pourquoi n’avez-vous pas accepté la démission du général en chef? L’impression est bonne néanmoins. De Selves m’interroge sur nos intentions pour l’avenir : j’indique ce que nous voulons faire pour réorganiser le quartier général et restaurer l’autorité dans l’armée ; je lis la note des généraux et le procès-verbal de la conférence de Paris (Lloyd George, Ribot, Painlevé) ; je reçois des félicitations.
JOURNAL d’aLEXANDRE RIBOT
10 mai.
Je propose au comité de guerre de nommer Pétain au commandement des armées et Foch chef d’état-major général. Maginot accepte ; réserves de Malvy et de Bourgeois : néanmoins la décision est unanime.
Painlevé convoque Nivelle : il me fait savoir que le général consent à demander lui-même qu’on le décharge pour raisons de santé ou pour faciliter la réorganisation du quartier général. Je dis à Painlevé que demain tout sera changé : il aurait dû exiger une lettre.
11 mai.
Tout est, en effet, changé.
Le général a vu Briand et Malvy : il refuse de se retirer.
Lettre furieuse de Berthoulat à Poincaré ; menaces au président de la République et au président du Conseil ; lettres de Reinach.
Le président pense qu’il ne faut rien brusquer, mais tâcher de ramener les opposants en les éclairant. Maginot veut, au contraire, aller vite dans l’intérêt de l’armée. Je ne dis rien au Conseil des ministres.
Sur la demande du président, le comité de guerre se réunit, l’après-midi, pour éclaircir avec le général Nivelle la question des pertes et celle de la prétendue intervention du président de la République (1) et du ministre de la Guerre (2) dans les opérations : triste attitude du général qui équivoque sur les faits...
Le général dit qu’il ne se retirera pas : ce serait un crime contre le pays; on décide d’attendre jusqu’à mardi, jour de réunion du Conseil des ministres.
12 mai.
Je crois qu’il faudra en finir mardi...
Entretien avec Barthou : il ne m’en veut pas de ne l’avoir
(1) Incident Ybarnégaray.
(2) Incident du fort de Briment.