LES LETTRES PALÉOLOGUE-POKROWSKI
l’absence de Briand et de Thomas qui étaient à la conférence de Rome. Cette lettre, qui ne devait pas sortir des mains de notre ambassadeur (1), n’a pas le même caractère que les lettres officielles échangées à Pétrograd... J’ai toujours fait des réserves sur l’idée d’occuper militairement la rive gauche du Rhin : qui sera chargé de cette occupation? Nous n’en aurons pas les moyens... Les provinces allemandes de la rive gauche sont devenues allemandes, ont leurs intérêts économiques du côté de l’Allemagne. Danger de créer une autre Alsace-Lorraine.
A la Sorbonne réunion en l’honneur des délégations anglaise et italienne : Ferraris, ancien sous-secrétaire d’État des finances, m’adresse un compliment en m’appelant son maître ; ovation de l’assemblée qui dure plusieurs minutes. Le président de la République me dit le lendemain que ma situation est incomparable. Cela ne diminue pas mes difficultés.
(1) Paul Cambon s’était bien gardé d’en faire connaître la substance au gouvernement anglais. En novembre, M. Balfour allait déclarer publiquement que le gouvernement anglais n’avait pas eu connaissance des lettres échangées à Pétrograd et qu’il ne les aui'ait pas approuvées.