LES PRKHIKRS MOIS DR
étaient beaucoup trop considérables. Monté, équipé et cheval nourri, chaque garde du Roi devait avoir 84 livres par mois, tandis que, d'après le règlement des princes, les officiers et gentilshommes formant des compagnies se montant, s'équipa nt et s'entretenant eux el leurs chevaux, ne devaient toucher que 75 livres par mois. Mais, en ce moment, tout le monde est réduit au même embarras. Les princes ont cependant bien reçu des secours de quelques puissances, mais se fiant sur des promesses qu'on n'a pas tenues, ils ont continué à faire une dépense ridicule. Tout cela ne laisse pas de contribuer à la fermentation qui se manifeste à Coblentz sur les demandes mortifiantes du ministre Sainte-Croix. D'ailleurs, il ne faut pas se le dissimuler, l'énorme émigration a amené ici une foute incroyable de mauvais sujets. Indépendamment de ceux que le royalisme n'a pas rendus meilleurs, il en est arrivé une grande quantité qui, par leurs propos et leur conduite, semblent être des émissaires de la démocratie. Les uns et les autres se rassemblent la journée entière dans l'auberge des Trois Couronnes, où il s'est établi un café et toutes sortes de jeux. C'est le plus infernal tripot qui ait jamais existé. C'est le rendez-vous de tous les fripons et de tous les aboyeurs et frondeurs subalternes de tout ce qui se passe à Coblentz. Il s'y fait des motions comme au Palais-Royal. Les princes ont eu beau demander la suppression de cet infâme lieu, ils n'ont jamais pu l'obtenir. On sait si bien à Paris 'ce qui se passe à Coblentz qu'en ce moment il se joue, sur les tréteaux d'un des petits spectacles de la capitale, une farce intitulée Le Café des Trois Couronnes et ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que les scènes en sont généralement vraies et exactes. Mais revenons à la situation critique du moment
Cependant, malgré les demandes continuelles de Sainte- Croix, ni le départ des gardes du Roi ni celui de beaucoup de gentilshommes, que les princes ont engagés à rejoindre les cantonnements assignes aux diflerent.es compagnies, ne paraissent avoir diminué le monde qui était à Coblentz, et les réclamations de l'Assemblée finissent par devenir a peu près nulles et d'aucun effet. Cela prouve que Sainte-Croix s'est contenté d'une faible apparence et ne
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chicane pas sur te kit. Il mène ici la vie la plus triste, ne sortant de chez lui que pour aller, selon J'uaage, dîner mie fois la semaine « la résidence ; il se dit malade. Oh est, avec raison, étonné qu'il se laisse mortifier ainsi. Ce n'est sûreuienl pas l'intention, de ses mandataires.
Le prince de Nassau est parti d'ici le 7 de ce mois. 11 va à Vienne, de la part des princes, demander à Léopold ce qu'ils peuvent attendre de ses promesses. De là, il doit aller à Berlin pour connaître égalesaeut les &spositjoae du roi de Prusse, et probablement il ira ensuite jusqu'à Pétersbourg et sera de retour au printemps. Il faut rendre justice au prince de Nassau : il est impossible de témoigner plus d'intérêt à notre cause et de donner plus de preuve* d'attachement à H. le comte d'Artois qu'il ne le fait depuis six mois. Jouissant de la plus grande faveur auprès *Ae Catherine, dont il a le droit d'attendre use brillante fortune, il n'a pas hésité à s'ea éloigner pour se rendre auprès des princes, risquant de voir diminuer cette faveur si précieuse pour lui. Le prince Po ternit in, le seul qui eût plus de crédit que lui auprès de l'impératrice, «st mort il y a quelques mois et, comme l'un sait, les absents ont toujours tort.
Les nouvelles de Paris sont plus que jamais à la guerre, L'Assemblée paraît s'y disposer très sérieusement. t£Ue rend un décret par lequel elle accorde à l'empereur jusqu'au i" mars pour se décider à la paix ou à la guerre. Le nouveau ministre de la guerre, Nanbonne, fait une tournée des frontières pour en constater l'état et es rendre compte a, l'Assemblée. Mais il semble qœ dans tout le royaume il règne la plus complète anarchie. Les régiments sont tous en insurrection. Tous les officiers qui en sont partis sont remplacés par des soldats. 11 y a des troubles dans toutes les provinces. Les gardes nationales ont de la peine à se décider à marcher, ainsi que les troupes de ligue. Ils manquent de chefs pour les conduire, liais il faut convenir cependant que leur artillerie est la meilleure et la plus complète de l'Europe. Jusqu'à ce moment, il n'a. passé de ce côté que très pan d'officiers de ce «orps et M. le marquis de Tèùboutot, lequel était député du pays de €aux et membre prononcé du côté
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