Non. Il rit en 11». » (Nota du H. d'Eapinelial
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178 JOBINAL »'É«1Q1ATI«N
vuo la famille royale et on répondent but leur tête. Oa sait qu'île traitent le Roi de la manière la plus insultante, gardant leur chapeau sur la tète et l'appelant « Monsieur. > Parmi ces scélérats, se trouve le frère d'un des plus fidèles serviteurs de 3a Majesté et dont le dévouement égale la reconnaissance, Michel Cubîferes, frère cadet du loyal écuyer de la petite écurie, mon ancien camarade el moa ami. Michel Cubières, après être revenu en France avec M°" de Beauharnais, qu'il avait accompagnée à Rome en 1789 et 1790, ce dont j'ai rendu compte dans le temps, s'est, depuis, entièrement voué au parti le plus atroce de la Révolution. Il est devenu le poète des jacobins et des sansculottes, a été juge de paix, orateur de sa section. Il est aujourd'hui un des commissaires de la commune et delà municipalité auprès des prisonniers du Temple. Il est venu faire le rapport le plus atroce sur ces augustes personnages, sur son Roi, dont les bontés pour son frère l'ont fait vivre pendant 20 ans.
Dans les massacres du 2 septembre, j'ai oublié de parler de celui du Grand Chatelet. On y tenait renfermés tous les fabricateurs ou distributeurs de faux assignats et il s'y en trouvait beaucoup de détenus injustement et sur de simples dénonciations. On compte qu'il en périt 214. Les cadavres de ces malheureux couvraient une partie du pont au Change. Les détails en font frémir d'horreur. Enfin, en faisant la récapitulation de tout ce qui a péri dans ces horribles journées, en y comprenant oe qu'on a égorgé à l'hôtel de La Force de malfaiteurs, de gens suspects, de vagabonds, dont il n'est pas question dans la liste des 164 victimes dont j'ai fait mention, on peut évaluer, sans exagération, à dix mille le nombre des malheureux massacrés. A la même époque, il y eut des massacres de pretroB dans différentes villes du royaume et il se passa du nouvelles horreurs, les jours suivants, hors de Paris...
Il me reste actuellement à parler du massacre des prisonniers de la haute cour nationale établie à Orléans. Deux de mes parents et voisins do terre, MM. de Montgon, officiers dans le régiment de Cambrésis, ayant eu le bonheur d'échapper à ce massacre, m'en ont donné depuis quelques détails a ajouter à ceux que je me suis procuré d'ailleurs.
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LES MASSACRES »K IKfTKHBRK il»
La haute cour nationale est un tribunal suprême créé par l'Assemblée Constituante pour connaître des délita des ministres et agents principaux du pouvoir exécutif et des crimes de lèse-nation qui attaquent la sûreté générale de l'Etat et dont le corps législatif se porte accusateur. Elle doit èlre composée d'un haut juré, formé par Si membres, tirés au sort parmi les 166 citoyens inscrits sur le tableau que doit dresser chaque nouvelle législature et dont deux élus par chacun des 63 départements du royaume dans les assemblées convoquées pour le renouvellement du corps législatif. 11 y a quatre grands juges dirigeant l'instruction et appliquant la loi. Deux membres de l'Assemblée Nationale doivent remplir les fonctions d'accusateurs, sous le titre de grands procurateurs de la Nation. Ce tribunal ne doit se rassembler que quand le corps législatif a porté un décret d'accusation, ce qui a eu lieu le 12 novembre 1791 : le SI , il fut ordonné qu'elle serait installée à Orléans. Les quatre grands juges élus ont été : Etienne Albaret, du département de l'Aude, président ; J. Joseph Marquis, de la Meuse ; N. Creusé La Touche, de la Vienne; Ch. Fr. Caillemer, du ta Hanche. Les deux grands procurateurs de la Nation, élus par l'Assemblée Nationale, sont : Jean Philippe Garran de Coulon, député de Paris, et N. Péricot, député des Bouches-du-Rhone.
Depuis son installation, ce tribunal avait reçu un grand nombre de prisonniers, mais l'esprit s'était conservé asses boa dans la ville d'Orléans pour empêcher le jugement d'aucun des détenus, dont je rendrai compte successivement, et malgré les désirs du complaisant et cruel Garran de Coulon, que les jacobins sollicitaient de faire immoler quelques victimes, il n'y avait pas eu de condamné avant le 26 août. Plusieurs même avaient été acquittés malgré Garran de Coulon. Cependant, les jacobins, à la tète desquels était Briasot, voulaient absolument voir tomber les têtes des grandes victimes qu'ils avaient envoyées à Orléans, telles que Lessart et le duc de Brissac. Danton, ministre de la justice, reçut par un décret l'ordre d'envoyer deux commissaires & Orléans pour examiner l'état des procédures et des prisons. Ces deux commissaires furent choisis parmi les scélérats qui composaient la nou*
velle commune de Paris. Le plus marquant des deux fat Bourdon de La Crosnière. Dans le même temps, 200 Marseillais se mirent en marche pour Orléans, sous le prétexte d'aller garder les prisonniers dans la crainte qu'on ne les enlevât. Ceux qui les avaient fait partir parurent, pour la forme, leur défendre de continuer leur route, ce à quoi, comme on peut le croire, ils n'obéirent pas. L'Assemblée ordonna, par un décret, au pouvoir exécutif d'envoyer sur le champ à Orléans une force parisienne d'environ 1.200 hommes pour s'opposer au prétendu enlèvement des prisonniers et contenir les 200 Marseillais, avec lesquels on était si bien d'accord que le brigand Fournier, commandant du détachement de 1.200 hommes, se réunit à eux avant d'arriver à Orléans, où la haute cour martiale avait condamné a mort, le 26, un sieur du Léry, capitaine dans les fermes, accusé d'embauchement pour CoblenU. La troupe arrivant de Paris entra le 30 à Orléans et aussitôt les 200 Marseillais tirent exécuter le malheureux du Léry et demandèrent le supplice de Lessart et du duc de Brissac. Ils forcèrent la prison, volèrent l'argenterie du duc de Brissac, une grosse somme en assignats et tous ses papiers, et prirent également à chaque prisonnier tout ce qu'ils purent trouver. Ils excitèrent une grande fermentation dans Orléans et, malgré un nouveau décret de l'Assemblée Nationale qui ordonnait de conduire les prisonniers à Saumur, les chefs de la troupe résolurent de les ramener à Paris.
Le 4 au matin, on établit tous ces malheureux prisonniers sur des chariots découverts, à raison de 8 sur chaque voiture. Les deux frères de Montgon obtinrent d'être seule même chariot que le duc de Brissac, qui avait désiré les avoir avec lui. Le convoi partit sous l'escorte d'environ 1.500 hommes, commandés par Fournier, ayant pour second un cousin de Santerre, appelle Becare. Fournier avait décoré le poitrail de son cheval de neuf croix de Saint-Louis, prises aux malheureux prisonniers. Arrives le 6 à Etampcs, de nouveaux ordres de l'Assemblée leur enjoignaient de ne pas aller plus loin. Mais les assassins et les Marseillais n'en tinrent aucun compte, et le cri ■ A Paris ! » prévalut sur les décrets de l'Assemblée et les
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LKS MASSACRES DE SKPTKMBRK U1
ordres des ministres. Les commissaires se retirèrent, promettant aux prisonniers de leur envoyer une force suffisante pour les protéger et faire respecter la loi. Fournier les fit séjourner le 7 à Etampes, sous la condition de les conduire à Versailles. Le 8, ils arrivèrent à Arpajon, où il s'était déjà rendu d'autres assassins de Paris, qui ne parlaient que de couper des tétas. Le duc de Brissac passa la nuit dans une écurie du château.
Le 9 septembre, c'était un dimanche, on se remit en marche pour se rendre à Versailles. Sur la route, on vomissait mille imprécations contre ces infortunés et on leur annonçait la mort qui leur était destinée. Le convoi, arrivé à Versailles, fut conduit jusqu'à la grille de l'orangerie où il s'arrêta. La grille se trouva fermée. Fournier eut l'air de se donner du mouvement pour la faire rouvrir ; pendant ce temps une vingtaine de tueurs crièrent : • A bas les têtes ! » Le convoi revînt au carrefour des quatre bornes, où il s'arrêta encore . L'escorte entière était sous les armes, mais ne fit pas la moindre tentative pour empêcher les tueurs d'égorger ce qui était dans la première et la dernière charrettes et successivement dans les autres. Il était trois heures après midi. Le massacre dura environ une heure. MM. de Montgon m'ont dit qu'il se fit de sang-froid et qu'on n'entendait pas le moindre bruit. Le bonheur voulut pour eux que la planche qui fermait le chariot s'étant détachée en route on y avait substitué une corde. Pendant qu'on massacrait devant eux le duc de Brissac et les autres qui se trouvaient sur la même charrette, des gardes nationaux plus compatissants leur firent signe de se glisser entre 1b corde et les sauvèrent. On ne- peut avoir vu la mort de plus près. Les détails qu'ils m'ont racontés de cet horrible massacre ne peuvent se concevoir. Ils furent obligés de se promener le soir déguisés avec les lueurs, de voir porter devant eux les têtes et les membres de leurs malheureux camarades. Us restèrent sous la garde de leurs libérateurs, qui ne voulurent cependant les mettre entièrement en liberté que d'après un ordre de la municipalité de Paris. Dans le nombre de 53 prisonniers amenés à Versailles, il y en eut seulement 1 de sauvés. Les autres furent égorgés.
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