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n’indique pas, ce qui ressort surtout du Journal cl’Olivier d’Onnesson, la conduite des juges et les incidents du procès. Aussi, quoique beaucoup plus long que notre Journal , le registre de Foucault fait moins bien connaître les hommes et les événements.
Il était d’autant plus nécessaire de publier ce Journal d’ Olivier d’ Ormesson , en le complétant par des extraits du journal de Foucault, que les historiens modernes les mieux informés n’indiquent môme pas avec exactitude les magistrats qui composaient la chambre de justice1. Avec d’Ormesson . au contraire, nous suivons toutes les vicissitudes de ce tribunal. Dirigé d’abord par le premier président, Guillaume de Lamoignon, il reste longtemps absorbé par les immenses détails d’une procédure qui embrassait toute l’administration financière depuis 1 6 3 5 , et dont les ramifications couvraient la France entière. La chambre était en effet autorisée à instituer dans tout le royaume des subdélégués, qui jugeaient en première instance pour certaines affaires et pour d’autres prononçaient en dernier ressort2. D’Ormesson fait grâce au lecteur de cette multitude de procès, dont on trouve le résumé dans Foucault. Il se borne à indiquer les faits saillants, la négligence de Denis Talon, chargé des fonctions de procureur général près de la chambre de justice3, les em barras qui en résultaient, et le remplacement de ce magistrat par Chamillart etHotman4. Chamillart, qui était spécialement chargé du procès de Fouquet, se peint par ses actes et ses paroles comme un homme incapable, manquant de tenue et d’intelligence5. La partialité et l’impatience du chancelier, qui craint de ne pas durer autant que le procès6; les emportements de Pussort, toujours grondant contre les lenteurs des magistrats7; la servilité de Voisin, le respect du président de Nesmond pour les formes légales; en un mot, toute la physionomie de la chambre de justice se dessine dans le Journal d’Olivier d’Ormesson. L’auteur lui-même nous initie à ces piques d’amour-
1 Ainsi M. P. Clément, Histoire de Colbert, n’a pas fait mention de Pussort ni de Gisaucour parmi les membres de la chambre de justice. 11 n’a pas remarqué non plus les changements que la mort fit dans les rangs des juges. Un conseiller du parlement de Grenoble, nommé Francon, mourut en 1662 et fut remplacé par un autre conseiller du même parlement, ap¬
pelé La Baulme. — 3 Voyez la commission royale, citée plus haut, p. lxxvi et suiv.
3 Journal, t. Il, p. 25, 46.
4 Ibid. p. 60-61.
6 Ibid. p. 7 1 , 79, 83 , 86 , etc.
0 Ibid. p. 157, i58, 224, 227, 229, 23i, 270, 290, etc.
1 Ibid. p. 89 , 90 , etc.