I.a» Ir^r* de l'aurore aai ri*e» <tv couebaBt . etc
’ Épilrol”, vers iü5 :
J'eofeodt frémir les dnu men étooBca De voir lears fliM» aai» au {«ad dt»
* Ane. ioù/mnfaUet, U XIX, p.
* Cbrislinede Pi»«n, coU. Pflilol, t VI, 1" série, p. 16.
* Isaac LolTciniu, édrcAiVe* curieoies,
t. XIV, p. M.
’ Ms. Bibl. imp, registre des dépêches concernant le commerce, petit fonds Col* bert, f* io4 verso.
INTRODUCTION. cxxi
tous les lieux où ils voudront les envoyer, à des conditions aussy avanta* gcuses que celles de terre, n
C elait beaucoup douvrir au commerce de nouvelles voies de communication et de vaincre les obstacles opposés par In nature; mais il était encore plus urgent d’abaisser les barrières que le système féodal avait multipliées à l'intérieur du royaume. Déjà, du temps de Henri IV, on se plaignait de ces douanes qui rompaient les veines et les artères de la France’ : malheureusement ces entraves du commerce étaient maintenues par des préjugés opiniâtres et par l'intérêt de quelques provinces. Colbert parvint cependant à diminuer le nombre des douanes intérieures; douze provinces, qu'on appela les cinq grosses fermes, consentirent à ouvrir de libres communications pour le commerce intérieur. C'étaient l’Ile-de-France, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, la Bresse et le Bugey, le Bourbonnais, le Poitou, l’Aunis, l'Anjou, le Maine et la Touraine. Elles purent commercer entre elles avec une entière liberté *. Le reste des provinces fut divisé en deux catégories : les unes étaient réputées provinces étrangères, les autres traitées comme pays étrangers. Les premières, qui étaient la Bretagne, l'Angoumois, la Marche, le Périgord, l’Auvergne, la Guienne, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, la Flandre, l’Artois, le Hainaut et la Franche-Comté, n'avaient pas voulu se soumettre au tarif établi par Colbert pour les provinces des cinq grosses fermes; elles avaient conservé leurs douanes intérieures. Les secondes étaient la Lorraine, l’Alsace, les trois Evêchés (Toul, Metz et Verdun), le pays deGex, les villes de Marseille, Dunkerque et Lorient. Libres dans leurs relations avec l’extérieur, ces provinces étaient traitées par le reste de la France comme pays étrangers pour l’importation et l'exportation. Colbert fut obligé de subir eette division bizarre. créée surtout par le régime féodal, dont la France portait encore l'empreinte; mais, du moins, il atténua les inconvénients de ces entraves artificielles. Il lit pour douze provinces de la France ce que, de nos jours, le zoUverein a accompli pour une partie de l’Allemagne.
Colbert s’efTorva d’ouvrir au commerce français des débouchés extérieurs. Il déclara Dunkerque et Marseille ports francs’, et envoya le ehcvalier de
‘ Discours cité par Forbonnais, RcrAer- ’ Ane. Ivit Jrançauci , l. XVlll, p 4>.
ches sur la finança, t. 1, p. 4u-4z. ’ Ibid. p. ai.
CXXtl
INTRODICTION.
Clenille dans les porls de Normandie et de Picardie pour consulter les marchands cl négociants sur les moyens de «rt'Ublir le commerce, qu’il avoit trouvé entièrement ruiné n Partout on répondit à l’envoyé de Colbert «qu'il ne fafloit que de l’ordre, et puis encore de Tordre.* Sans dé daigner ce conseil, qui convenait k ses idées de iVgularilé administrative, Colbert fit preuve de vues plus neuves et pins hardies pourcteiidiy le corn merce extérieur de la France. Il réorganisa les consulats^, et demanda à tous les consuls des rapports détaillés sur les produits des divers pays, sur la nature des imporUitions, sur les contrées d’oii on les tirait, sur les moyens (renriehir notre pays de ces branches de commerce. Rien de plufs précis et de plus complet que les instructions de Colbert aux représentants de la France pour ouvrir de nouvelles issues aux produits de l’industrie française^ Un grand nombre de dépêches attestent scs elfoi ts pour faciliter le transport à l'étranger des vins cl autres denrées de la France. Il écrivait le 17 mai i669Àrabbé de Grave!, résident pWs de l'électeur de Mayence^:
il Monsieur,
« Il s’est icy respandu un bruit que les Hollandois faisoient beaucoup de diligences pour traiter avec tous les princes qui ont des péages sur le Rliin , soit pour s’en rendre leurs fermiers , soit pour les diminuer si considérablement qu’ils pussent tirer les vins qui croissent le long de ce fleuve et s’en servir pour leur commerce au lieu des vins françois. Encore que ce bruit nayt aucune apparence de vérité, et mesme quand ilseroit vray, que les lloh landois nen pourroient tirer aucun avantage par diverses raisons qui seroienl trop longues à vous d« sduirc, néantmoin.s, conunc il est important au roy de sçavoir les démarches que iesdits Hollandois font de toutes parts, .Sa Majesté m’a ordonné de vous escrire ces lignes pour vous dire qu'elle désire que vous vous informiez soigneusement et secrètement, si les dits
' Ms Bihl. iinp. des &00 de Colbert, n* 1^3. — V'oy. aussi, clans ici ritnictnei tle rkist. de a* série , t. X .
p. 19. un ouvrage intitulé: Cifnduitede la cotir de f rance.
* Ms. Bibt, imp. O* aoè . }>ctit fonds de Colbert, P a recto; registre des dépêches concernant le commerce.
* Voy.dansForbofmaU«f{ccAcrcAef, etc.
1. 1 , p. 4 1 1 , • le Mémoire servant d’instruction au sieur évesque de Béziers s'en allant aiiiltassadcur en Espagne sur le fait du commerce. •
* Ms. Bibl. imp. des 5oo de (Colbert, n* ao4 , f* 9^ recto.
INTIIODÜCTION
csxiii
Hullandois tiaitent sur ce point avec les dits princes on non, et en nicsme temps que vous vous infoi mies aussy de la quantité et qualité' des péages qui se lèvent sur cette rivière depuis Brisarh jusques à ce qu'elle entre dans les pays de l'obéissance des États-Généraux , des noms des princes i qui ils appartiennent, de combien ils sont soit |iar chacun ceiit de marchandises ou de foudres ou de tunneaiLx de vin; que vous fassiez, s'il est possible , la réduction des mesures et des espèces à celles du royaume, et enfin que vous fassiez un tel csclairrisscmcnt sur tous ces points que Sa Majesté en puisse estre clairement et scurcment informée par les mémoires que vous m'enverrez.
Il II seroit mesme très avantageux que vous pussiez sravoir s'il estoit possible, la quantité de foudres de vio et d'autres marchandises qui passent en chacun péage par chacun an. Vous pouvez vous adresser h trois ou quatre marchands dilTércnts pour tirer ces csclaircissemens. Mais , comme il est très-important que qui ce soit ne pénètre pour quelle raison vous les rechercherez, prenez toutes les précautions nécessaires pour vous cacher, et, si vous estimez à propos pour y mieux parvenir que vous fassiez quelque voyage ven le Bas-Rhin, Sa Majesté m’ordonne de vous dire que vous pouvez prendre quelque prétexte spécieux pour le faire.
« Il sera bon que vous remarquiez aiissy dans vos mémoires les lieux où sont les plus grands vignobles et les meilleurs, et les provinces et pays où les dits vins se consomment ordinairement. »
Colbert, dans scs efforts pour ranimer le commerce français et félever audessus de celui des nations voisines, avait surtout à lutter contre la Hollande et f Angleterre. Avec ces nations il n'y avait pas de transaction possible. Il protégea l'industrie nationale et la marine française par des tarifs de douane, que la science moderne peut critiquer, mais qui semblaient nécessaires pour favoriser les premiers développements de l'industrie française cl en face de peuples qui avaient une supériorité marquée. Bes lettres du ministre à Colbert, amb,issadeur en .Angleterre', à M. de Pomponne, ambassadeur en Hollande®, annoncent une résolution inébranlable de maintenir les tarifs protecteurs. Il n’en est pas de meme avec des pays
' Ms. ao4 des &0O de Gilbert, f” 9, * Ms- ao4 des 5oo de Gilbert, P' 1 1,
18. 54, 60, 6G, y4. 100, 118, etc. 3i,44. 5t, 53, 63,70, 71,93, 99, 13 4, etc.
cwiv
INTRODUCTION
en décadence ou dont Tîndustrie est cncoit* arriérée. A Htalie , Colborl s’eflToroe de ravir son industrie de glaros et do soieries* ; il continue J’omvre de SuUy, et ouvre des débouchés aux produits de rindiistrie française*. Mémos olTorls on Espagne et en Portugal Sur les bords du Rhin et en Allemagne, il assure securité aux marchands français*. Dans le Levant, il obtient des conditions aussi avantageuses cpic celles des nations les plus fa> vorisées
L’organisation d’une marine était une dos premières conditions de la régénération du conimorcc. Une ordonnance ennoblit le commerce de mer et ponnil aux gontilshommes de sy livrer sans déroger®. Colbert institua des compagnies do. commerce, à l'imitation de la Hollande et do rAngleterre. Il fit soUicitor partout des souscriptions pour ces établissements et parfois môme Jos imposa , comme le prouve le Journal d'Olivier d'Ormesson''. Cinq compagnies se formèrent successivement, sous les auspices do Colbert . pour le commerce des Indes-Occidentales et Orientales, du Levant, du Nord et do l’Afrique (Sénégambie) *. Jamais les colonies françaises ne furent plus florissantes. Le Canada, l’Acadie, Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon formaient la A’ouic/fc-f rnncc. dans l’Amérique septentrionale. Réné-Robert Cavalier delà Salle pénétrait dans la Louisiane, et en prenait possession au nom du roi de France®. Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe, Tabago, la Barbade, etc. formaient aux Antilles un empire français, dont il ne nous reste que de faibles débris. Cayenne dans la Guyane, Port-Louis au Sénégal, Pondichéry aux Grandcs-lndcs, Bourl)on et Madagascar sur la côte orientale d’Afrique , étaient les entrepôts d’un commerce qui soutenait sans désavantage la concurrence de la Hollande et de l'Angleterre.
Une puissante marine militaire protégeait les colonies. I^a France en dut
' M». ao4 de» 5oo de Colbert, f" aai verso, a5S.
* Ibtd. f" i5, 46.49. 68. 1 18, etc.
’ Ibid. 5, 71 ,96, 106, 10g. 1 16, etc.
* Ibid. P* i5o. 18a. iga. ai4. aaë.
a4i. a43, etc.
‘ Ibid, f” 4a, 77. lao, la», a63, a64, 307, 3o8, 3ng, etc.
* ylnc. ioitj^nçaûei . t. XVllI, p. 317.
’ Journal d'Ulivier d'Ormesmn, L II.
p. 196. — Voy encore p. 399. 3oo, 3.33.
* Aw. loti Jninçauet. t. XVllI. p. 35, 38. ai I,
’ Life 0/ La Salle, by M. Spirke» of Cambridge, Massaebuseta. ~ Hiit. et deseripUott de la Nourelle-France , par Cbarlevoii (1744}.
INTRODUCTION
cwv
surtout l'orgiiiiisation an gouvcrncraciit de Louis .\IV et A riulluenre de Colbert. A la mort de Mar.arin, la marine française était dan.s un état déplorable. Il n'y avait dans les porl.s que dix-huit bàlinicnls de trente & soixante et dix canons. .Avant de créer une marine, il fallait réparer le désordre des fînances. Mais Louis XIV avait le eœur trop haut pour subir l'outrage qu'avait toléré Sully et abaisser le pavillon de la b'ranec devant des vaisseaux anglais. On ne saurait trop rappeler la lettre qu'il écrivit à son ambassadeur à I,ondrcs , et où respirent de si nobles sentiments* ; « Ce que j’ai remarqué dans toute la teneur de votre dépesrhe, c’est que le roi mon frère ni ceux dont il prend conseil ne me connoLssent pas encore bien, quand ils prennent avec moi des voies de hauteur et d’une certaine fenneté qui sent la menace. Je ne connois puissance sous le ciel qui soit capable de me faire avancer un pas par un chemin de cette sorte ; il me peut bien arriver du mal , mais non pas une impression de crainte. Le roi d'Angleterre et son chancelier peuvent bien voir à peu près quelles sont mes forces ; mais ils ne voient pas mon cœur. Moi , qui sens et connois fort bien l'un et l'autre, je désire que , pour toute response à une déclaration si hautaine, ils sachent par votre bouche, au retour de ce courrier, que je ne demande ni ne cherche d'accommodement en l'affaire du pavillon, parce que je saurai bien .soutenir mon droit, quoiqu'il en puisse arriver.» Pour que ces grands sentiments ne fussent pas une fanfaronnade , il fallait une puissante marine. Louis XIV s'occupait de l'organiser. <rJe prétends, dit il dans la même lettre*, mettre bientôt mes forces de mer en tel estât que les Anglois tiendront à grâce, que je veuille bien alors entendre A des tempéramens touchant un droit qui m'est dû plus légitimement qu'à eux. »
Les pensées du roi furent admirablement comprises et réalisées par Colbert, qui, sans avoir la marine dans ses attributions avant 1669, s'en occupait cependant avec activité. On trouve dans sa correspondance un grand nombre de lettres qui en sont la preuve*. Les vieux vaisseaux
' <Ce que vous couvristes sagement,!
disent à SuUv les secrétaires qui écrivent sous sa dictée [Economies rqyo/er, édition Petitot, t. IV, p. 397).
’ Voy. dans le» CBotira de Lonù XtV, t. 111, p. 67 et suiv. lu lettre nu comte
d'Estrades, en dote du a& janvier i6Ga. * Œuvres de Louis XIV, t. 111, p. 69.
' Bibl. imp, coltecl. verte. — Voy. entre autres les lettres do M. de La Guette, de Toulon, 8 et 30 janvier iG64: de M. Du Terron, 7 et aà janvier i66i; une lettre
cxxvi INTRODUCTION.
fiiivnt réparés, trente-deux achetés des Provinces-Unies et douze construits on France. Le xénal Charles 11 ahandonna à Louis XIV les conquèlos de Cromwell, Dunkerque et Mardick. Une fonderie de canons fut étahlie à Anisterdam pour le compte de la France; on attira des constnictevirs hollandais, des tisserands et des cordiers de liamhourg, Dant/.ig et Riga. Trente mille marins furent classés, le port <lc Rrest agrandi, celui de Toulon creusé. Dés i 665 , le duc de Beaufort parcounit l,i Méditerranée à la U';te d’une Hotte française et détrui.sit les Hotte» de Tunis et d’Alger'. En iC6(>, il commanda sur l'Océan une Hotte de trente-quatre \'ai.<scaux montée par dix mille cinq cent cin(|unnte-six hommes; il devait se joindre aux Hollandais, alliés de la France, pour comhaltre la Hotte anglaise. Le Journal d’Oliucr (l'ürmcsson parle souvent de celte Hotte*, et les détails qu’il donne prouvent avec quel intérêt la France en suivait les mouvements. Il nous apprend que Beaufort n’osait pas encore tenir la nmr en présence des Anglais, et qu’il était réduit à longer timidement les côtes pour échapper A leurs attaques.
On était bien loin de l’époque où les amiraux français lutteront contre les .Anglais et les Hollandais réunis. La France ne parvint à ce degi'é de puissance navale que par des progrès successifs. En 16G7, le nunihre des vaisseaux s'éleva à cinquante-neuf, dont doux, de quatre-vingts canons , étaient montés par six cents hommes d'équipage; les autres, de soixante-six à trente canons, avaient cinq cents à deux cents hommes d’équipage. Il y avait cinq autres vaisseaux en construction, cinq frégates de moyenne gnmdeiir, vingt de quatorze canons; en tout cent dix vaisseaux portant deux milicsept cent treize canons et vingt et un mille neuf cent quinze hommes d'équipage*. La marine française ne prit tout son essor qu’à l’époque où elle passa, en droit eomme en fait, sous la direction de Colbert ( 1 669). En trois années, de 1669 à 167a, le nombre des vaiss«!aux .s’éleva à cent quatre-vingt-seize, dont cent dix-neuf gros vaisseaux, vingt-deux frégates et cinquante-cinq bâtiments légers. Cent soixante mille matelots furent classés, l’école des gardes-marines créée, et le port de Rochefort creusé, malgré les prédictions des ennemis de Colbert, qui prétendaient qu’on faisait une tentative insensée
Hes éclievins <te Dieppe (février 166/1) sur les travaux à faire à leur port, etc.
' Mignot , lS’(^gocmtions relatives à la succession d' Espagne , t. II, p. é8-4p, dans la
culicclion dos Docisments irsédils de l'histoire de Eranee.
’ Journal, etc. l. U, p. 474-475.
’ Mignel, iot. etc. t. Il, p. 48-49-
INTRODUCTION
CKUH
pour forcer la nature *. Colbert obtint, en 167a, que son fiU Scignelay lui fut adjoint au département de la marine, avec droit de survivance. Il avait pris le plus grand soin de l'éducation de ce fils, et n'avait rien négligé pour le rendre digne dos fondions auxquelles il était destiné*. Il surveilla constaniiiient son administration et iic cessa de fanimer de son esprit. Rien ne montre mieux l'activité, l'intelligence, IVsprit pratique de Colbert que sa correspondance avec Scignelay et avec rintendanl de marine Du Terron. On y voit |K)indre la plupart «les améliorations réalisées dans la suite. Un conseil de marine* et un conseil de constructions navales* furent institués à Paris pour éclairer le ministre de leurs avis. Dans les ports, l'administi'ation fut séparée du commandement militaire et conliée à deux intendants, qui résidaient, l'un à Rochefort pour l’Océan, l'aulie k Toulon pour la Méditcn*anée L'unité de poids et de mesure fut établie dans les anenaux de marine^. Des ordonnances multipliées et entrant dans les détails les piu^ minutieux organisèrent le personnel et le matériel des vaisseaux. Colbeii et Seignelay complétèrent cette active et féconde administration par un véritable code maritime qui a été copié par l’amirauté anglaise C'est ic plus bel éloge qu’on puisse en faire.
Sous l'impulsion puissante de Colbert et de Seignelay, la marine française devint la première du monde. Duquesne triompha de Ruyter, et nos vaisseaux , non contents de refuser le salut aux autres nations l'exigèrent de.s Espagnols, bombardèrent Gênes et forcèrent Alger de rendre les prisonniers français. Quel progrès depuis l’époque où le Journal de d'Ormesson nous montre la Hotte de Bcaufurt se dérobant timidement aux attaques des Anglais et cherchant un asile dans le port de Brest 1 Colbert laissa k sa mort deux cent soixante et seize vaisseaux de tout rang. Seignelay continua l'œuvre de son père, et, en 1690, la France avait sept cent soixante-trois hàtiiiients de guerre, do toute grandeur, en mérou sur lc.s chantiers*.
' Voy. le Journal d‘0/rrM/ d’Ormeuotit t. U, p. 613.
’ Voy. les mémoires rédigés par G)lbert pour 2>eigneUy : DocumohU inèdiu dê tkialoirt d« Franco, I. IV des Documents extraits de la Bibi in^. p. 5o8, St 3, Sad, S56, 54t, etc.
^ Ane. loit/fvnç. l. XtX, p. 16S.
* Ibid. p. 118.
‘ Ibid. t. XVIII. p. 43H.
* Ibid. I.XIX, p. 157.
* Hénault . l'W.
de France, année 1681.
* Ces chiifres sont tirés d'un manuscrit
c»»vm
INTRODUCTION
L'activité de Colbert sunitail à plusieurs de nos ministères actuels ; <■ finances, commerce, marine, législation, travaux publics et agriculture, il
1 embrassait cl fécondait toutes ces branches d'administration par l'étendue
de son génie et l'ardeur opini.itre de son travail. On lui a reproché d'avoir négligé l'agriculture; c'est une erreur. Colbert maintint, i la vérité, des mesures prohibitives, qu'on a justement critiquées : ainsi le transport des J grains d'une province i l'autre était interdit. Mais on ne peut rendre ce mi-
nistre responsable d'ordonnances qui remontent 4 une éjioquc fort ancienne; il en .adoucit même la rigueur eu plusieurs circonstances'. Les paysans furent une des classes qu'il désigna .dans son mémoire au roi , comme dignes de la sollicitude et des encouragements de l'État. Il défendit de saisir les be.sliau.\ pour le payement des impôts; enfin, ce qui valait mieux que les plus sages ordonnances, c'était l'ordre rétabli dans la Kraucc. la diminution des tailles, qui pesaient principalement sur les paysans, et la pruterlion assurée aux laboureurs contre les violences des gens de guerre. Aussi W illiam Temple a-t-il signalé, dan.s un passage de ses mémoires que j'ai indiqué, fabondance des produits agricoles de la France : «La richesse de ce pays, dit -il, résulte de la consommation prodigieuse, faite [lar les pays qui l'environnent, des pit)duiLs si nombreux et si riches de sou sol et de son climat, ou du travail ingénieux de ses habilant.s. .\u moyen de leurs vins, de leurs sels, de leurs modes d'habillement et d'équipage, les François font venir de grosses sommes d'argent dans ce fertile et noble royaume, le plus favorisé parla nature, suivant mon opinion, de tous ceux qui sont au monde, o
La police, dans le sens le plus élevé du mot, rentrait aussi dans les attributions de Colbert. Dès 1 666, il fit tenir des conseils [wiir rechercher les moyens de donner 4 Paris la clarté, la propreté et la salubrité. Li satire de Boileau sur les embarras de Paris n'était pas alors une exagération poétique. Il n'y avait ni propreté, ni sûreté dans les rues de cette ville. Le conseil de police fut placé sous la direction de Pussort qu’assistèrent les conseillers d'État Poucet, Bouchcrat, La Marguerie". Il s'occupa inmicdia-
' proveiiant du cabinet de Louis \1V, et pobl. de Bouen, fonds Le Ber, n* 6786.
donnant «n uddeaii complet des forces * IltsI. dt Cotberl, par M. P. Clément,
maritimes de la France à la mort de Sei- P- X77
, gnelay. Ce manuscrit se trouve à la bibliot, * do«rn«/d'0/, d'Omtrsto'i, I. Il, p 476-
INTRODUCTION