‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 20 sur 83 · PaSv'.) ‘y · texte numérisé non relu

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connoissance, qiioyqu'il cnist cela contre les règles, pouvant iiiusine J<u»i« iSbi. y avoir des faits sur lesquels il seroil obligé de s’expliquer au roy ou à la chambre , d'autant qu'assurémeiit on en donneroit copie à tous Messieurs, et que M. Chamillail devoit me voi# sur cela.

Dans ce temps arriva M. Chamillaii', qui me fit civilité, ne m’ayant point vu depuis qu’il estoit procureur général. Il me dit que, sur cette rc(|ueste, il avoit ordre du roy de me dire que, si l’ou m’apportoit cette rcqiicstc, j’eusse 4 la luy mettre entre les mains pour la porter au roy. Il me proposa ensuite de conférer sur ce (|ui estoit à faire sur les requesles de M. Fouquet, afin que ses conclusions ne fussent pas difl'érentes de mon avis. Il me dit qu'il sçavoit que j’y avois fait difliciilté, et mesme que j’avois dit que les sentiinens île la compagnie estoient portés pour cette affaire, et qu’il e.stoit de la prudence de me conformer à leur esprit. Il me protesta qu’il n’avoil autre intention que de faire justice et d’accorder k M. Fouquet tout ce qui pouvoit contribuer à sa deffense. Je luy dis que j’estois fort persuadé de ses bons sentiinens; que je n’avois point parlé do la manière qu'il m’avoit expliquée; que je ne sçavois pas les sentimen.s de ' Messieurs; que jonc les avois jamais estudiés. parce que je n’avois pas prétendu iu’y conformer, et que je disois mes avis simplement, selon que je les croyois estre justes; qu’il estoit vray i|ue j’avois dit que je trouvois celte affaire diflicile, mais que je ne m’estois pas expliqué de mon avis, pareeque je no l’avois pas formé encore et que c’estoit 4 luy 4 m’en donner ouverture par ses coiiclu.sions , etc.

.\insy je ne me voulus point expliquer, estant fort surpris qu’un procureur général fust capable de faire une proposition de cette qualité. Je fus après le disner voir M. le chancelier pour sçavoir de iuvmesme ce qu’il désiroit que je fisse lorsqu’on m’apporteroit cette requesle, parce que je croyois de mon devoir de luy parler 4 luymesme. Il me parla fort pour se justifier do cette récusation; qu’il

' Guy ChamiUart» seignear de Magny. qui, de 1701 à 1709, réunit le* foncavait été reçu maître <lei requêtes ie lions de contrôleur général et de uiî*

aq aoàt j66i. Cest le père du ministre nîstre de la guerre.

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J«nvifr i6«». n’avoit nulle laimitio contre M. Fonquet, et que je pouvois duuncr la requeste au procureur général, puisque le roy le vouloit.

Le lundy 7 janvier M"“ Fouquet in’ayaiilapporté une requeste de réciuialion contre M.*(e chancelier, je fus cher iuy, et, comme il n’estoit pas encore entré en la chambre, je montai h son cabinet, où Iuy ayant dit que la requeste de récusation m’avoit esté apportée et que je la Iuy apportois, il en a lu quelque chose, et Foucault Iuy estant venu dire que M. de Nesmond avoil parlé de cette i-eiiueste, et qu'il avoit ordre de dire epte le roy vouloit qu’elle Iuy fust remise, M. le chancelier Iuy a respondti qu’il falloit que je dise à la chambre avoir cette refjueste et que le roy vouloit quelle Iuy fust portée, et que cela se list auparavant qu’il entrast, et qu’à cet effet il priasl M. de Nesmontl de commencer à travailler.

Foucault s'estant retiré, M. le chancelier m’a parle de l’affaii-e de MM. les maistres des requestes, auiqucls il avoit déclaré, vendredy dernier, que le roy ne vouloit plus qu’ils rapportassent des requestes, opinassent et entrassent au conseil hors leur quartier; qu’il croyoit ' que le meilleur party estoit de se soumetUe et tascher doucement à faire cliànger cette résolution; qu’il falloit d’abord conserver l’entrée, et qu’il ne croyoit pas qu’il fust bon de donner des rcmonstrances, crainte d’estre condamnés contratbctoireinent; que le désordre estoit venu de quelques maistres des requestes, et que, si l’on en rctranchoit une douzaine, tout le reste faisoit bien sa charge. Après quelques discours, j'ay quitté M. le chancelier.

Estant entré dans la chambre et mis au bureau j’ay dit que M“" Foutpiet m’avoient apporté une requeste de récusation contre M. le chancelier; que j’en rendrois compte à la compagnie. M. de Nesmond a dit aussytost qu’il avoit reçu ordre, de la part du roy, de dire à la chambre qtie le roy en vouloit prendre connoissance, et qu’il désiroit que la requeste Iuy fust apportée, et qu’il falloit la mettre ès mains des gens du roy. Ainsy, sans autre discussion, j’ay

* Voj. le Journal de Foucault, t. Ul, f” a8 fus, sqq.

’ Cf. ilfid. I. IX.f 179.

(lit que je la donnerois au procureur généralî cc que j’ay fait iiicoii- iW».

tinent après.

11 ne s’est rien fait de considérable durant cette matinée, sinon (|ue Jacquier a présenté sa requeste pour cstre cslargi; cc que le procureur général consentolt, en baillant caution; ce qui a esté ordonné.

La raison de cette grâce est qu’il a entrepris la fourniture du pain de munition en Italie. On ajoute : et qu’il a déposé contre M. Fouquet et M. Delorme. Sur cela je dirai (pie de plusieurs costés j’apprend.s que l’on fait les dernières menaces aux gens d'aifaircs du temps de M. Fouquet, pour les obliger à déposer contre luy; que M. Chamillart leur dit hautement qu'ils doivent le faire ou attendre toutes .sortes de persécutions.

Le mardy 8 janvier, M. Cbamillart, procureur général, entra en la chambre, dit que M. d'Ormesson luy ayant mis entre les niain.s une requeste de récusation contre M. le chancelier pour estre portée au roy, il fut l’apresdisnéc au Louvre, où, ayant eu l’Iiouneur de parler au roy, il luy avoit dit avoir reçu ordre de la chambre de porter à sa majesté une requeste de récusation de M. Fouquet contre M. le chancelier, et la luy avoit aussytost présentée; que le roy luy avoit tesmoigné estre fort satisfait de la delTérence de la chambre à ses ordres, et, la prenant, avoit dit qu’il la verroit'.

* Le mardy i5 janvier, au conseil des parties, chez M. le chancelier, je parlai i M. de Sève, (jui me dit qu’il avoit le matin chez le roy fait rapport de la requeste de récusation de M. Fouquet contre M. le chancelier; qu’en ce conseil estoient MM. fc marescbal de Villeroy. Le Tellier, Haligre et luy, et qu’il ne me pouvoit rien dire du dcstail, sinon que chacun avoit fait son devoir et que l’arrest ne seroit dressé que le lendemain. M. le doyen du conseil’ avoit esté mandé de se trouver à ce consbil; mais sa goutte, qui le retient au Ut, l’empescha de s’y trouver, et, s’il y avoit esté, il auroit esté d'avis

' Cf. le Journal dê Foucault, t. L\, Ucc lu 9, lü, 1 1, i5 et |6 janvier. (Voy. f 179 V*. Journal du Foucault, t II, f" 34-43.)

' Il J eut séance de U chambre de jus* * André d'Ormesson, père d'Olivier.

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