‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 22 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

JOURNAL

Ff>ri«r i6ni. vez-vous ce (jui s’esl passé? • Il me dit : « Ouy, et j’en pense encore plus. • Je luy répliquai : • Cela nie suffit. • M. Pussorl -souspirc, .se fasclie, gronde contre la longueur et s’en prend à tout le monde.

Après la séance, chacun approuva ma conduite, et, me plaignant é MM. l’oncet et Brillac du traitement de M. le chancelier, ils me dirent que je devois liiy en dire un mot. A quoy je répliquai que je ne luy en parlerois pas; que j’estois fort offensé contre luy, et (ju’aprés vingt-deux ans de services auprès de luy dans le conseil il me devoit fort distinguer *d’un homme venu depuis trois jours, et que, s’il m'attaquoit encore, il n’y trouveroit pas son compte, et que j’estois fort ayse qu'il le seusl. Ils me dirent qu’il ne falloit pas, etc. J'avois dit cela exprès.

Après le disner, je retournai k la Bastille cl parlai assez longtemps avec .M. Chamillarl sur la terrasse d’entrée, en attendant Foucault. Il me parla a.ssez raisonnahlemcnt de toutes choses, me di.sant force louanges de M. Colbert et en parlant comme d’un saint sur terre, des conférences qu’il avoir eues avec le roy, etc.

F.stant avec M. Fouquet, je luy expliquai qu’il n’estoit pas raisonnable qu’il voulust mettre tous his raisonnemeys qu’il avoit à faire, et qu’il falloit s’arrester à vérifier le fait. Ce qu’il fit, et nous travaill,-ismcs fort bien toute la séance sans contestation, le procureur général estant fort changé, ne parlant prcsrjue plus et se laissant conduire. * Ainsy, je sortis de cette séance fort .satisfait, et Foucault me tesinoigna que je devois prendre la conduite et retrancher toutes les réquisitions inutiles du procnrciu- général, M. Fouquet, dans tout ce travail, estant fort libre et appliqué à tout observer et mesnager tout le temps, sans néantmoins le faire paroistre, de crainte de donner à la chambre du dégoust de sa conduite et une impression qu’il veuille se delîendre plus par la fuite que par de bonnes raisons.

Le samedy a février. Teste de la Chandeleur, rien de considérable, sinon que j’appris que M. le chancelier avoit parlé fort avantageusement de moy à sa table, et qu’il avoit dit à mon père que j’eslois un fort habile homme. L'on parloit aussy fort bien pour moy

D'OUVIEU LEFEVRE irORMESSON.

du desme»lc que j’avois eu avec M. le chancelier, et que je l’avois fé.ri.r lOCj. souslenu avec beaucoup de vigueur.

Le lundy 4 lévrier, le matin à la chambre, où l’on continua la lecture de M. Fouquet sur le fait de Belle-Islc.

L’apresdisnée , i la Bastille, à l’ordinaire. M. Cbainillail ayant trouvé que dans le procès-verbal on avoit omis la signature de Servien‘, et que l’on avoit mis: signé Séÿuier et Foiu)urt, quoyque dans l’ordonnance il y eust signé Séyuier, Servien, Foaquet, le mol et estant à la fin de la ligne entre les mots Sè^uier, Fouquet, il crut qu’il y avoit etc. et que c’estoit à dire Servien. Il en fit la réquisition, laquelle il fit escrii'e. A quoy M. Fouquet répliqua que la fausseté estoil visible; que l’on avoit supprimé le mol Servien avec dessein; que dans aucune langue le mot etc. ne signilioit Servien; que l'invention du procureur général ne pouvoit la eouvrir; que scs copies portoient et, et non pas etc. et fit valoir fortement toutes ses raisons. Sur quov ayant fait voir au procureur général qu’il se trompoil, il avoua sa mesprisc; et par mon ordonnance je rectifiai cela.

Après, M. Fouquet s'esclata de rire; M. Chamillart, Foucault et ittoy, et nous rismes de celte niaiserie demy-quart d’heure; et après, pour comble, le procureur général dit qu’il ressembloit à cette femme 'qui ne voulut jamais signer son contrat de mariage, parecque le notaire lisoit etc. faisant allusion à et se taira. Ce qui me paroist encore plus hors de propos est que d’heure en heure M. Chamillart fait des complimcns à M. Fouquet avec des protestations de respect et de service.

Le mardy 5 février, à la chambre , cette histoire fut dite et l'on en rit fort’. ,

L'apresdisnée, à la Bastille, oVi nous continuasmes à travailler à l’ordinaire, sans qu’il s’y passast rien de remarquable.

' Abel Servie», uierquiv de Sablé, ment avec Fouquet; il était mort en négociateur du traité de Westpbalie en ibbq.

ibéS.pvait été nommé Burintendant des ' C(. Joamut de Foucault , t. IX, f** aaS rinancev le 8 février |653, conjointe- v' et aag r*.

JOURNAL

F^rier iC64. Le niercredy 6 février, à la chambre, on a conliuué la lecture de la production de Belle-Islc. \1. le chancelier me gratifie fort.

Après le iiiidy, à la Bastille, où nous avons continue sans qu’il s’y soit rien passé d’extraordinaire. M. d’Arlagnan, me parlant de la conduite de M. Fouquet, m’a dit qu’il avoit esté d’abord trois semaine.' fort inquiet et cslonné, mais que son esprit s’estant calmé, il s’estoit fort possédé depuis et s’estoit mis dans une grande dévotion, et qu’il avoit continué depuis esgalement; que sa nourriture estoit bneuf et mouton, sans aucune autre viande, et qu’il n’en vouloit point; qu'il jeusnoit toutes les semaines le mcrcrcdy et le vendredy, et outre ce, le sainedy au pain et à l'eau; qu’il .se levoit devant sept heures, laisoit sa prière; après, travailloit jusques à neuf heures qu’il entendoit la messe; que son conseil venoit tous les jours é dix heures et sortoil à midy; fpi’il di.snoit cl puis travailloit, et ne se couchoit qu’à onie heures. Pecqucl, son médecin, me dit qu’il avoit pensé mourir à .\ngcrs de sa lièvre triple-quarte.

Je ne puis encore omettre.. de dire que tous les jours il fait paroistre une ei^alilé et une présence d’esprit admirables, ne lais.sani eschapper un seul mot pour son avantage qu’il ne relève.

Le jeudy 7 février', le matin, estant allé avec M. Voisin et deux l'Uii.'cillers, suivant la coustume, recevoir M. le chancelier, il me prit, par la main, me disant qu’il no se pouvoit mieux agir que je faisois; que j’estois fort habile homme et qu'il l’avoit dit. Je luy respondis (|ue jo m’estimois trop heureux que ma conduite luy fust agréable, et que je tascherois tousjours de mériter son approbation. Il me lépliqua qu’il m’estimoit fort, et que nous avions tousjours esté amis. Je répliquai que j’avois^ii tousjours pour luy le respect que je devois, et que je l’aurois tou.sjours. Kstant entré dans la chambre, il lesmoigna que ce qui se passoit à la Bastille estoit fort bien, et que M. le rapporteur avoit réduit M. Fouquet à ne rien dire que sur le fait; que cela estoit en bon chemin, et me gratilia beaucoup.

' Cr. Joanal lU Foucanll, I. IX. f* v*. Il n'y a quelf|uc$ lignes <dc pruro'»-

D'OMVIER LEFÈVRE O ORMESSON.

A quoy je ne respondis rien; mais, estant mon bonnet, je baissai la F^^rritr i06i. leste fort bas.

La matinée $c pa.ssa é la lecture ordinaire de la production de M. Fouquet et à la discussion des pièces que j’expliquai.

L’apresdisnée , à la Bastille, où nous contimiasmes à travailler à l'ordinaire. M. Cbamillart m'avoit dit, avant que d'entrer, que le procès-^erlial estant achevé, il ne prétendoit plus rien requérir pour faire extraire les omissions, et qu'il s’en rapporteroit à la cbaïubre, et que mesme sa présence n'csloit plus nécessaire et qu’il pourroit, pour achever, envoyer un subsljtul. Je luy dis que cela ne se pouvoit; que • sa présence estoit nécessaire et qu’il estoit juste de travailler aux omissions, suivant l'intention de la chambre; et M. Foucault estant venu, je le luy dis, et il fut de mon sentiment. Il ne se passa rien avec M. Fouquet è observer, sinon sa liberté d’esprit, ayant remaïqué des fautes d'ortbograpbc que fai.4bit Foucault en e.scrivant, et faisant i:banger les mots ou répétés ou intpropres, afin que le discours fust fort pur, et n'omettant d’ailleurs aucun mot pour sa delTense.

Je finis la séance, ayant laissé exprès un article à achever, afin d’éviter de faire paroistre aucune contestation du procureur général en présence de M. Fouquet, et réservant à sçavoir à la chambre ce i|ui estoit à faire. Je dis au sortir à M. Pecquet que si M. Fouquet avoit besoin de quelque journée pour sa santé et se purger, qu’il me le dist et que nous cesserions de travailler. Je le dis atissv à VI. d'Artagnan.

Après estre .sortis, M. Cbamillart me dit aussy qu’il auroit soubaité que j’cus-sc achevé pour mon interest, afin de faire voir ma diligence.

Je répUquai que je ne me conduisois ps par ce principe, et que l’on crust de moy ce qu’on voudroit, je no m’en souciois pas.

Le vendredy 8 février', avant la chambre, M. Foucault m’ayant dit que la cbambre n’entroit point le lendemain samedy, et que si je voulois, travaillant matin et apresdisnée è la Bastille, j’avancerois bien

* r.f. Jmrnnt de Foitcmll, t. IX, aa9-s3o.

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Février i66i. les ailaires; qu’il avoit vu le matin M. Colbert; que l’on" esloil très satisfait de ma conduite; que le roy en estoil informé et que je ferois chose fort agréable, je luy dis : • Vous sçavez que je vous'dis des hier (jue je ne pouvois pas et que j’estois bien ayse de profiter de cette matinée pour moy, et que je voulois me reposer et survivre au procès; que, pour toutes ces douceurs de la cour, qu’il les disl à M, Chamillarl; qu’il le feroit courir par là et le feroit crever; mais q^’tin vieux barbon ne donnoit pas dans ce panneau et que cela ne me feroit pas haster, parceque je ne le pouvois pas. •

, Dans la chambre, je proposai l’estât du,procès-verbal et demandai

les ordres pour ce qui restoit à faire. M. Chamillart fut ouy sur la reconnoissance des escritures. La chambre approuva ce que je dis et pour extraire les omissions et pour la reconnoissance, aprè.s la déclaration du procureur général, qu’il ne prèlendoit pas les contester.

La lecture de la production de M. Pouquet fut achevée et la rcqueste du procureur général, et il ne reste plus qu’une production nouvelle • du procureur général sur les despenses de Vaux*.

L’apresdisnée, à la Bastille, après avoir passé à r.Arsenal et vu •M. l’ahbé d'Effiat sur la mort de M. le mareschal de la Meilleraye, qui estoit décédé le matin à quatre heures. Je trouvai M. Hervart*, avec M. Chamillart et M. Foucault, qui estoit venu pour reconnoistre si la marque, qui se trouve pre.sque en toutes les ordonnances, estoit de sa main; lequel, après avoir vu cette lettre, dit quelle n’estoit point de luy, nous fit voir la marque qu’il met en teste des ordonnances ; et luy ayant demandé s’il n’enregistroit pas toutes les ordon-

' Ce château avait coûté à Fouquel <les domines énonnes, que Voltaire porte k rlix-huil niillions de monnaie du temps.

' Barthélemy Hervart avait été nommé contrôleur des finances par Maiarin , quoique calviniste cl étranger. Ilcrvarl, banquier à Aiigsbourg, avait avancé l'argent nécessaire pour acheter r.innéc de Bernard de Saxe-Weiraar en 1639. et pour la

retenir, en iGôB, dans le service du roi, lorsque Turenne voulut l'entraîner dans le parti de la Fronde. 11 avança en cette circonstance deux millions cinq cent mille livres do la monnaie du temps. Enfin, à l'époque de la disgrâce de Fouquet, il prêta encore au roi deux millions. 11 mourut simple conseiller d'état, en octobre

nanecs, il dit qu’il les enregislroil la piuspart, mais qu’il n’avoit au- Fiiiricr iG«s. ciinc connoissance de rcnregistrement des fonds, et que depuis i65/j il ne tenoit aucun registre, mais escrivoit sur des feuilles volantes.

Je luy demandai en quoy donc consistoit sa charge; il me dit qu'il estoit sans fonction. Ce discours nfestonna; et j’en fais icy la remarque exprès.

■ Après, nous entrasmes dans la chambre de M. Fouquet, où nous tmvaillasmcs è l’ordinaire sans qu’il s’y passa.st rien de considérable, * sinon qu’au sortir nous lui espliquasmes celte marque et luy dismes qu’elle n’esloit point de M. Hervarl, mais du sieur Marandé, afin que ce fait fust certain et qu’il ne s’engageast pas dans des raisonnemens qui SC trouveroient faux. A quoy, après contestation, il acquiesça.

Le sanicdy matin 9 février, M. de Morangis me vint voir pour me tesmoigner la joye qu’il avoit de ma conduite, et me dit beaucoup de choses obligeantes. Je fus au Palais voir nos confrères, qui s’assem-

bloient pour faire le i"emercieiucnt à M. Foulé de la harangue qu’il /

avoit faite le jeudy au roy, accompagné de soixante m’aistres des requestes au moins, et qui s’en estoit très bien aerjuitté, le rov avant lesiuoigné en eslre satisfait et ayant dit qu’il y feroit réflexion.

En celle assemblée, plusieurs me firent compliment de l’honneur que j’acquérois chaque jour sur l’alTaire de M. Fouquel. Je fus ensuite cbex M. le procureur général. J'appris que les ducs poursiiivoient tousjours leur alTaire contre les presidens et dévoient avoir audience du roy'.

L’aprosdisnée, à la Bastille, où nous continuasmes de travailler à l’ordinaire. *

Le lundy matin 1 i février’, à la chambre de justice, l’on Gt lecture de- la production nouvelle du procureur général sur les despenses de Vaux, bien que les signatures privées ne fussent pas encore vérifiées. Après toutes les pièces vues, M. le chancelier me demanda si

‘ Il s'agissait de queslloni de préséance (Voy. ce Journal à la date du 56 avril

que l'on trouvera exposées en détail dans |664.)

la suite du Journal d'Olnicr d'Ormaion. 'Cf.JoumalJeFouaiail.l.IX.fuSoY’.

96 JOURXAI,

Kt>ri»r i6Si je n’avuis plus rien ‘a faire voir. Je luy resjiomlis cjue j'avois fait rap?

port de tout ce qui estoit produit. Il répliqua, pour reconnoistrc le seutinieiit de la compagnie : ■ Il n’y a «loue qtt'4 juger. • M. de \e.smond prit la parole et dit : ■ 11 reste é vérifier les procès-verhaux de l’espargnc, pareeque c'est le proctimir général qui l'a demandé. • M. le chancelier respondil ; • Il faut donc faire cette vérification. > Et if lit parler de falTaire de M. Delorme. Ain.sy, voilà l alfaire de M. Koé- * quet arrcslcc jusques apres la vérification.

(ie mesme malin, .M. le chancelier parlant des procès-verhaux de l'espargne, me gratifia beaucoup, faisant valoir ma conduite et mon travail. K quoy je respondis qu’on faisoit le mieux qu’on pouvuit.

■Après, je sortis et fus voir M. le duc de Mararin ', et de là au service de M““ de Thon*.

I.'apresdisnée, travailler à la Bastille à l'ordinaire, uiiHI ne se pa.s.sa rien de remanpiable. Je ne juiis omettre que l'on croit que M. le chancelier ne verra pas la lin de ce procès. Il dit souvent qu'il voudroit estre" assuré de vivre aussy longtemps que le procès. Je sçais que M. Valol* a dit qu’il ne vivroit pas encore trois mois, et que l'enllurc des jambes a passe le genou. A la cour, l’on croit qu’il mourra l'autoiniie au plus tard.

I.c mardy i a févTier, M. de Giaaucour continua le rapport des infunnatioiis faites contre M. Delorme commencées le jour précédent. Tous les gens il'affaires avoient enfin déposé, et il paroist qu’il y avoit eu quelque négociation pour cela, pareeque tous ont déposé, et fun après l’autre, de chaque fait, et puis ont déposé sur le second fait tous et fun après l’autre, en sorte que chacun d'eux a déposé .six cl sept fois. Ils parlent de gratifications données au sieur Delorme et des jiarts dans leurs traités. Boislève se trouve fort chargé, paroissant qu’estant devenu intendant il avoit fait mettre ses pai-ts sous le nom

* Armand-Chfirtes de la Porte avait ’ Marie Picardel . femme de JaerjuesèpeusC Horlense Mancini, nièce du car- Auguste de Ttou . [irèaidciil aux enquêtes dinal Mazorin , et avait pris te titre de du parlement de Paris, dur de Mazarin. * Médecin célèbre de cette époque.

D’OLIVIER LKFÈVRE D’ORMESSON.

(le Dcsaulnois *son frère, dont il avoit rctirô déclaration, et qui sc Février ■ 06^. Irouvoit aux assemblées des associés.

Après rinformalion, on parla des interrogatoires. L’on dit qu’il falloit voir celuy cpi’il avoit subi à fin civile. Foucault prit la parole, dit que le procureur général ne prétendoit pas le produire. On répli- (|ua qu’il n’estoit pas libre et (pi'il falloit tout voir; car il y auroit peut-estre quelque chose qui serx’iroità la descharge. Foucault lit ce qu’il put pour l’empeschcr; ce qui fut mal reçu, marquant trop d’affectation. On lut la requeste du sieur Delorme à cet effet. L’on opina; et il pa^sa à voir tous scs interrogatoires et informations.

L’apresdisnée, à la Bastille, où à l’entrée M. Chamillart me dit ce qui s’estoit passé entre M. Dejean et M, de Guénégaud* en présence de M. de Besmot, et (pie M. de Guénégaud n’avoit voulu parler audit sieur Dejean qu’en particulier, et que, pour terminer cette difficulté et retirer de M. de Guénégaud sa promesse de Baron pour la repré-, senter à M. Fouquet, je n’avois qu’à mander ledit sieur de Guénégaud.

Après quel(pies discours, je fis venir M. Dejean, et M. de Besmot alla quérir M. de Guénégaud, qui vint en gros manteau gris et justaucorps assez maigre, et me parut changé. Luy ayant expliqué pouripioy je l’avois prié de venir, et qu’il pourroil parler en secret 5 M. Dejean dans la mesme salle où nous estions, ce qu’ayant refusé et demandé qu’il luy parlast dans une autre chambre seul à seul, je dis que c’estoit à M. le procureur général à parler, parcequ’il sçavoit mieux l'estât des affaires. Sur cela, M. Chamillart consentit à cette conférence, et aussytost M. de Besmot les mena dans une chambre haute, où ils demeurèrent seuls, mais fort peu de temps, ledit sieur Dejean ayant eu assez de loisir de donner ou recevoir des papiers.

M. Chamillart fit faute; car empcschant tous les jours que MM. les trésoriers de l’espargne n’aient aucune conférence, pas mesme avec

' Il a ilé quesüoD plusieurs fois de ce étail frère du secrétaire d'état du Plessi.s-

Irésorier de l'épargne dans la première Guénégaud. Sa femme figure souvent (Uns

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