rOÜRNAL
K<>ri»r i5(>4. ((u’il scroit miciix de faire un procèwerbal tout nouveau. .M. Fouquet dit aussytosl qu’il estoit vray, et que, si M. le procureur général vouloit se despartir de ccliiy-U, il consentiroil qu’on en fist un autre. Le procureur général répliqua qu’il se despartisi aussy de sou inscription de faux. Foucault voulut faciliter cet acconimodenicnl! M. Fouipiet dit : • Pui.squo M. le procureur général fait toiisjoiirs le premier scs réquisitions, qu’il parle, et puis je respondrai; sinon, il faut suivre la mesme manière qu'au procès-verbal des oclroys. » Le procureur général répliqua qu’il y avoil bien de la dilférenco , et, s’onibarras-sant pour l’expliquer, M. Fouquet luy dit : • Il n’y a autre différence, sinon qu’à celuy des octroys vous parliez tousjours, faisiez des réquisitoires, et qu’à ccluy-cy Vous ne dites plus mol. • M. Chamillart voulant répartir, M. Fouquet luy dit : • Si vous vouiez me faire consentir à quelque chose, dites tousjours le contraire; car je suis persuadé que le contraire de tout ce que vous voulez m’est avantageux, croyant que vostre intention n’est pas de me faire plaisir. • Après • je continuai de travailler à l’ordinaire.
Le uiardy 1 9 février, à la chambre , on continua la visite du procès des deux sergens. L’apresdisnée, à la Bastille, à l’ordinaire, où je trouvai sept ou huit lignes du procès-verbal entièrement fausses, n’y ayant rien de semblable dans les registres, et je ne puis comprendre comment on peut inventer des choses qui ne sont point et les rapporter comme si elles estoient , et d’autant plus qu’elles ne servent de rien et ne changent point le fonds de l’affaire. Le procèsverbal l’expliqtie au long.
Foucault voyant la longueur de M. Fouquet à respondre sur un article, tÿsmoigna impatience et dit ; «Si l’on met un jour à la visite de chaque article ... • M. Fouquet répliqua : « Je vois bien que vous vous impatientez et que vous avez grand zèle. • Le procureur général voulut dire aussy quelque chose sur ce que dictoit M. Fouquet, comme estant trop long. M. Fouquet répliqua que, tirant sa detfense de l’inspection des registres, il falloit bien qu’il les cxpliquast sur l'heure; car, après qu’il ne les auroit plus, il ne pourroit plus véri-
fier ce qu’il disoit; et il avoit raison, et il parut chaleur et pique tVvri« i6g>. entre le procureur général et liiy.
Il faut que je remarque encore icy que lotit le monde parle de la mort de M. le chancelier fort prochaine; que l’on la souhaite, parceque l’on croit qu’elle apportera quelque changement; et par la hayne qu’on a contre ceux qui ont à présent l’autorité, on souhaite le salut de M. Fqnquet. L’on dit que M. le chancelier a les jambes enflées; qu’il diminue tous les jours; qu’il a une enflure en forme de bourlct au ventre. L’on dit qu’il aura peine é passer le i5 d’ami; les autres «lisent le m^s de mars. Néantmoins il fait bonne mine. Il a pourtant dit à Boucherai qu’il se sentoil aCfoiblir; qu’il ne vivroil plus guères et qu'il perdroitun bon amy. Ayant bier demandé à M. de la Chambre' comment se portoit M. le chancelier, il me dit : • Il ne faut point parler de cela; il e,st bien fascbeu.x d’avoir soixante-seize ans.» J’ay sçu qu’à la cour l’on compte sur sa mort et l’on prend des mesures pour cela.
Le mcrcredy ao février, le matin, à la chambre, où l'on continua le procès des deux sergens, dont je me retirai. L’apresdisnée , je ne fus point à la Bastille, M. Fouquet ayant demandé ce jour pour se purger a]^ant le caresme. •
Le jeudy ai février, l’apresdisnée, à la Bastille, où nous travaiU lasmcs à l’ordinaire. A l’entrée, M. Chamillart me dit que le roy avoit donné arrcsl pour déposer les coffres des registres ès mains de M. d’Artagnan. Après le travail fait, je crus que faisant sceller les , coffres à l'ordinaire, M. le procureur-général déclareroit son arrest; mais il n’en voulut parler, et nous sortiSmes. Dans l’antichambre, il déclara i’arrest, et je commençai à verbaliser, ayant tesmoigoé assez de chagrin de la manière dont cet arrest avoit esté rendu, et qu’il estoit assez de conséquence pour avoir esté concerté. Je n’en dis pas davantage et je fis exécuter l'arrest n’ayant pas voulu m’attirer une affaire par le refus de le faire exécuter; mais je pris toutes les précau-
' 11 »'agit probablement de l’abbé de la et qui a cotupoaé l’Orairoa fanèhn de mei- Chambre, f]ui était attaché au chancelier. lire /barre Sdgmer.
JOURNAL
Fë»riir i66i. tions pour la scurcté des registres, suivant mon procès-verbal. Je revins fort en colère de cette conduite à mon esgard et sans m’en avoir parlé.
Le vcndredy a a lévrier, je fus à l’Arsenal, où la chambre se tenoit, pour juger les deux sergens. Pavois dessein de faire rapport de mon procès-verbal du jour précédent; mais n’y ayant pas vu de disposition , • je n’en parlai pas. Je tesmoignai seidcmcnt i M. Foucault <pie j’estois fort offensé de ce procédé.
L'apresdisncc , à la Bastille, où M. Fouquet fit de grandes plaintes de ce qui s’estoit passé. Le procureur général n’avai^ rien voidu dire, je me trouvai a.sscz vengé de sa mauvaise conduite et de ce qu'il me donna occasion de faire mon devoir en soustenant l’affaire et sup pléant ce qu’il devoit dire, et ainsy faisant connoi.stre que j’estois audessus de mon ressentiment, outre que naturellement la chambre connoistra toute cette affaire, sans que je l’aye affecté, tout cecy n’c-stant qu’tme fantaisie du procureur général , qui, ayant fait cette réquisition et ne l’ayant pas obtenue, a voulu l'emporter par un arrest du conseil. Après les contestations sur le fait des registres, nous continuasmes le procès-verbal à l’ordinaire. Le soir. Foucault me dit que ces deux sergens évoient esté condamnés à estfe pendus et renvoyés sur les lieux, y ayant eu qucjques avis aux galères.
Le samedy s3 février, l’apresdisnée, i la Bastille, où les choses SC passèrent à l'ordinaire. A la sortie, M. Pecquet m’ayant demandé . de ne point travailler le mercredy apresmidy, je luy dis en riant :
> Je vous donnerai congé; faites-moy une épigramme. ■ Foucault la demanda aussy; et l’on en rit.
Le dimanche a 4 février, je fus à Amboille et revins le niardy matin par un très beau tems.
Le mercredy 7 y février, je me dispensai d’aller à la Bastille et pour cause, et j’en donnai avis à M. Foucault, qui me respondit un billet fort civil et qui marquoit que l’on estoit fort satisfait de ma conduite.
Je ne m’arreste pas à ces sortes de complimens; au contraire, je ne crois pas donner toute satisfaction, pareeque je me liens fort réservé
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el ne tesmoigne ni chaleur ni empressement pour leurs sentimens, F^rritr i664. et l’on m’a averti que Foucault dit que je fais toutes les raisons de M. Fouquel bonnes, et que je suis bien ayse de tirer ce procès en longueur pour éviter la décision et d’en dire mon avis.
Le jeudy a 8 février, je fis rapport à la chambre de mon procèsverbal sur le fait du dépost des registres de l’espajgne. Lecture en ayant esté faite, ensemble de l'arrcst du conseil rendu sur la requeste du procureur général, M. le chancelier prévint, disant que la chambre ne pouvoit toucher à ce qui avoit esté ordonné par le roy, et, m'ayant demandé mon avis, je dis que je ne croyois pas pouvoir opiner sur le fonds de cette affaire, puisque le roy l’avoit décidée, et ainsy que je no parlcrois pas des raisons sur lesquelles la chambre s’estoit fondée, lorsqu’elle avoit jugé cette question par deux arrests contradictoires confirmés par arrest du conseil; que je ne rcleverois pas aussy la forme, qui me paroissoit fort extraordinaire, le procureur général ne pouvant pas se pourvoir au roy contre des arrests de la chambre, ny demander l'exécution d'un arrest du conseil, sans le faire enregistrer à la compagnie; mais que, sans examiner traités et considérations, j’estois d'avis de mettre ès mains du pro- ^
cnreur général l'arrcst du conseil et le procès-verbal fait en exécution pour le porter au roy et en ordonner par sa majesté ce qu’il luy plaira.
MM. Le Féron etGizaucour furent du mesme avis, M. Pussort s’estant estendii au fonds pour monstrer que l’arrcst e.stoit juste étayant esté d'avis de débouter M. Fouquet de ses dires, je fus obligé de parler après luy du fonds, et je dis les choses de fait et les arrests.
Après, il parla encore et persista. Beaucoup de Messieurs parlèrent fort contre cet arrest et furent d’avis que l’on expliqueroit au roy les raisons de la chambre et que ce seroient les rapporteurs; que le procureur général n’y estoit pas propre, pareeque c’estoit luy qui avoit obtenu l’arrest dont on se plaignoit. M. le chancelier fut de l’avis de M. Pussort, et MM. Voisin, Ferriol, Noguès, La Baulme, qui suivent tousjours l'avis de M. Pussort. 11 passa à mon avis, qui fut d’envoyer le procureur général.
104 ■ JOURNAL
Février 1661. L'apresdUnéc , à la Bastille, oii M. Cliainillart voulut fort justifier MM. Voisin et Pussort, et , avec imprudence , dit • qu’ils n’estoient pas de si bonne foy ■, pour dire qu’ils n’avoient pas de bonne foy signé ce que Berryer avoit fait; ce que M. Fouquet releva et dit de bonnes choses de leurs emporteniens, et particulièrement de M. Voisin, qu’il avoit vu tousjours emporté.
L’apresdisnée, je fus en Sorbonne, à l’acte de M. le duc d’.Mbrct ’, neveu de M. do Tiircnnc. M. l’arcbcvesquc de Paris’ presidoil. Le respondant se couvroit quelquefois, comme estant prince, et la chose avoit este ain.sy résolue en Sorbonne, dont les jeunes bacheliers do condition estoient fort oITcnscs et avoient fait ligue entre eux de ne pas disputer. J’ay sçu depuis que M. de Marillac’, seul des bacheliers de condition, avoit disputé, M. le premier président Payant voulu absolument pour obliger M. de Turcune; que les autres luy en avoient fait reproche, et que l’abbé Le Tellier* s’estoit le plus signalé ayant dit beaucoup de cho.scs fort désobligeantes.
Après avoir esté demy-heure à cet acte, et avoir vu M. le Prince, M. le Duc et M. le prince de Conty, j’allai à la Bastille, où je Gs lire ^ à M. Fouquet Parrest de la chambre rendu le matin, et je travaillai
à la vérification à l’ordinaire. M. Cbamillart y avoit apporte, selon sa cou.sturae, des papiers à voir et des requestes pour y mettre scs conclusions. 11 entra sur cela en conversation avec M. Fouquet, et leur conversation fut à l’ordinaire. M. Fouquet luy dit qu'il estoit de l’ordre de luy communiquer la plusport de ses requestes, pareequ’il donneroit des lumières utiles pour la justice; offrit d’en consentir une qui concernoit un menuisier qui avoit travaillé à Saint-Mandé, et Gt sur la forniabté plusieurs propositions difTérentes et raisonnables.
‘ Emnianuel-ThèodoseéelaTourd'Auvergne, abbe^luc d'Albret, dans la suite cardinal de Bouillon et grand auœénier de Franco, raort disgracié en 1716.
* Harduuin de"Pérélixc.
* ü s'agit probablement ici de Louis de Marillac, prieur de Langey, qui devint
dans la suite curé de Saint -Germain l’Amerroia, puis de Saint-Jacquos-dc-la- Boucherie, et mourut en 1696.
* Cliarles- Maurice Le Tellier. fils de Micbel Le Tellier et frère de Louvois, devint dans la suite arclievéque de Iteims, et mourut en 1710.
D'OLIVIER LRPÉVRE D'OUMÈsSON. 105
Mais M. Chainillart n’osa jamais en agréer aucune, crainte de se mes- M«r« om prendre, estant en defEance de tout.
Le samedy i" mars, je fus le malin travailler à la Bastille, parcefjue M. Chainjllarl devoit, après le disner, porter au roy l’arrest et le procès-verbal shr le fait des registres de l'espargne. M. I.hoste, avocat, y vint pour conférer & son orrlinaire avec M. Fotwjuct; je le fis entrer, et il nous vil travailler. Le surplus .se passa à l’ordinaire.
Le lundy 3 mars, à la chambre, M. Chainillart dit qu’il avoil mis ès mains du roy l’arrest cl le procès-verbal; que Sa Majesté avoil lesiiioigné eslre satisfaite de la defférence de la chambre, et qu’elle luy feroit sçavoir .son intention.
L’apresdisnée, travailler à la Bastille, à l'ordinaire. •
Le mardy l\ mars, je fus voir M. de Turenne sur l’acte de son neveu. Il me parla de l’intrigue des bacheliers, avec grand sentiment que l’abbé Le Tellier se fust dcsclaré chef contre luy, et que M. Le Tellier l’eusl vu demi fois sur cela, ne luy eusl donné ipie des paroles généi-ales et n’eust pas empesché son fils d’agir; que è bien faire des complimcns il en sçavoit amssy faire; mais que ce n’estoit jws lé estre bon amy; qu’il estoit sensiblement obligé à M. le premier président, et qu'il avoit esté remercier M. de Marillac. Je luy dis <[ue chez .VI. Le Pelletier j’avois ouy parler de tout cela; qu’il avoit lesmoigné à M“ de* Marillac', qui y estoit, que l’action de M. son fils avoil esté fort approuvée; qu’il avoit aussy fort désapprouvé celle de M. l’abbé Le Tellier, cl je dis de moy que luv, M. de Turenne, devoit juger que M. l’abbé Le Tellier avoil agi pliistost par emportement que par un dessein de faire injure; car, en ce cas, il se seroit caché et n’auroil pas paru le plus esebauffé. Nous parlasmes ensuite des affaires de la chambre et de M. Fouquet. Il me tesinoigna que tous les bonnc.stes gens estoient fort .satisfaits de ma conduite et m’en fil amitié, condamna celle de M. le chancelier comme d’un Lonuue sans honneur et prostitué. Je fus aussy à la chambre, où M. de Noguès fit rapport de l’affaire de La Quelle.
* Jeanne Palier, tuurU en 1681.
Il- tlt
jouhnai.
M*r»i6ft4. I.’aprasdisnfiC, à la nastillc, Iravaiilcr à l'onlinairo.
Le mercredy 5 mars, à la i haiiibro. M. Lbamillarl apporta l'arrest dii conseil, rendu par le roy sur le fait des registres de Pespargne J'en fis la lecture au bureau el fus d’avis de Pciéruliog. M. (ibamillarl m’en présenta l’arrest k signer avec un empressement eatresme, el je fc signai.
L’apresdisnée , à la Bastille, où M. Foiiquel trouva qiiebpies billets omis à suivTe cotés Berrver, dont il fit de grandes observations. .Après e.stre sorti de la ebambre, j’y rentrai, à la prière de M. Cbainillart, pour liiy parler de l’arrest du conseil, dont on luy laissa copie, et, avant scu que l’on mctloit les registres dans l’anticbanibrc de M. Fou- • quel à la garde d’un huissier, je dis è M. le procureur général que, si quelque bui.ssier l’avoit fasché, il n’avoit qu’à luy donner cette commission pour le mettre prisonnier-. Après estre sorti, M. Cbainillart fit reproche à Foucault qu’il n’avoit pas eu d’avis de cet arrest; et cependant Foucault in'avoit protesté n’en avoir point eu de connoi-ssance. Jamais conduite ne fut si misérable dans une très grande affaire.
Le jeudy 6 mars, le malin, à la chambre, où M. le chancelier parla de l’affaire de Iji Ruelle, et qu’elle avoi testé jugée par arrest du conseil. Les commis de Pespargne et M"' de Guénégaud’ me parlèrent à la sortie.
L’apresdisnée, à la Bastille , où je travaillai as-ec M. Fouquet à l’ordinaire. A la sortie, il fallut exécuter l’arrest du conseil. Les commis firent leurs remoustronces, dont j’ordonnai le refféré à la chambre, et ce pendant je fis exécuter PaiTest; Foucault parut mal satisfait que j’en voulusse parler à la chambre, parceqii’il voyoit les embarras de cet arrest et qu’il les vouloit caebor.
^ Le vendredy 7 mars’, je fis rapport à la chambre de mon procès-
verbal, et l’on connut combien cet arrest du conseil avoit esté mal
' Voyci cet arrêt dam le Joamat de vricr de l'épargne et frère du aecrélaire t'onenuU, l. IX, f’ a3i, sqq. d'état. •
’ Claude- .'Mphonaine Martel, mariée, ’ Cf. le Joumat de Foueagli, l. IX, en iGêy. a Claude de Guénégaud, Iré. f" a33-s34- *
Ü’OLIVIEU I-EFKVRE DORMESSO.V 107
« oiicerté. Mon avis fut suivi de faire un inventaire sommaire de tous Mar. i6«i. les papiers qui seruient portés à la Bastille.
L’apresdisnce , é la Bastille, où M. Fouqnel forma des dillicultés et s'esdiaulTa assez d(? paroles avec M. Chamillart, (pu .se pi<pia aussj de ce que M. Fouquet parloil de complot contre luy. En travaillant,
M. Chamillart consentit une répétition du .commis de l’cspai^ne sur les déclarations. Si je l’eusse faite, j’eusse fait une grande faute; et je jugeai que. si je l'eusse faite, l’on m’auroit imputé le dessein de favoriser M. Fouquet. et, en effet, lorsque je fis le rapport de mon procès-verbal à la chambre, l'on blasma le con.sentcment du procureur général.
Le samedy 8 mars, je fus chez M“" de Guénégaud pour l’exécution de l’arrest et faire l’inventaire de ses papiers. Elle y fut présente travaillant au bout de la table, et me parut fort intelligente en affaires et disant en riant des vérités à M. Chamillart. L’on agit avec hayne contre elle dans ces affaires, et Foucault me dit que je ferois plaisir de travailler d’abord chez M"® de Guénégaud; et il se voit en toutes choses (pi’on a de l’aversion contre elle.
L’apresdisnéc, je fus avec MM. Boucherat, Pelletier, Brissac, d’.^ubray ’ et de Saumery voir les danseurs de corde, où M. le duc d’Orléans, M. le Comte et M“* la Comtesse’ et grand nombre de personnes de condition esloient. Ils sont trois fort extraordinaires ; le premier,
<pii est Turc, monte pieds nus le loiig d'une corde, marche sur une grosse qui est tendue droite, et enfin sur une petite à quarante pied.s de haut, et monte .sur le bout d’un mât et y met la teste, cl les pieds en haut, et il redescend comme il a monté; en un mot, il fait peur à chaque pas qu’il fait. Le second danse fort agréablement et fait des cabrioles et bonds comme un ballon. Le troisième fait mille tours d'estrapade’ et de force de bras sur une corde lâche. Apres, ils font
' Je présume qu'il s’agit d'Antoine d'Aubray, seignour d'OITremonl cl de Villiers. reyu insJtrc des requêtes le 37 no- Tcmbre 1660.
' Olympe Mancitii, niéce du cardinal
Msuirin- (Voy. plusIiAiit. note i.p. 53.)
( Le mot cstrupmfe, qui avait plusieurs sens, servait à désigner un tour de danseurs de corde qui passaient tout le corps etttre leurs bras et la corde qu’ils tciiaicut.