‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 25 sur 83 · lOrHNAL · texte numérisé non relu

lOrHNAL

Mao 1604. sur un théàiro rifis sauts périlleux avec une l’orce et une adresse extraordinaires.

Le luiidy 10 mars, le matin, à la cliambre où je fis rapport de mon procès-verbal sur des demandes de M. Fouquol. Mon avis fut suivi, cl l’on approuva ma conduite, <|ui parut fort droite et sans afTcclalion.

L’apresdisncc, chez de Gucnégaml, où nous acheva.sme.s ses papiers. M. Boueberat dit que le roy avoit fait opiner sur l’alfairc de MM. les maistres des recjuestes; que M. le cbanccdier avoit supplié le roy de le di.spenser d’en dire son avis; <pie M. Colbert avoit opiné le premier, exagéré l’abus et dit que le roy devoil maintenir son règlement, et avoit parlé longtemps. M. de I.yonne n’avoil osé prendre un autre avis. MM. Le Tellier, de Brienne le père et le mareschal de Villeroy avoient parlé assez bonestement pour me.ssieurs les maistres des rcquestes, et que le roy avoit dit qu’il vouloit que le règlement fust exécuté par provision, et que, selon que messieurs les maistres des rcquestes se conduiroient, il verroit ce qu’il auroit à faire^

Ce mcsine jour, M. Foucault se plaignant de la santé de M. le cbancelicr, me dit qu’elle n'estoit point bonne; <pie de ce jour il .s’e.stoit mis au lait tout pur et pour toute nourriture; qu’il avoit les jambes enflées et qu’il se sentoit aflbiblir.

Le mardy i i, le matin à la. chambre, où M. de Noguès continua le l'apport de l’alTaire contre I.,a Buellc.

L’apresdisnée, je fus travailler chez M. Cbahu* pour faire la description des papiers de M. de la Bazinière; il ne s’y passa rien à remarquer.

Le mercredy 12 mars, le matin, je fus à la Bcaslillc pour faire retirer les coffres où esloicnt les registres de l’espargne pour en faire la description avec les autres de la cbainbre.

' Cf. le Journal de Foucault, t. IX, f a.î4 v°. sq<[.

’ Voy. plus liAut. à In page 7a, l'imlication de ce règlement, qui décidait qu'à

l'avenir les maîtres des requêtes ne pourraient faire de rapports que pendant leur quartier de service.

’ Comniis de la Ra?.iniere.

Mar» 1664.

L'apresdisnée, je fus conlimicr chez M. Chahu.

Le vendrccly 1 4 mars, je fus travailler le malin chez \1. Jeamiiu. Le sieur Guyot, commis, ayant dit qu’il n’y avoit que les iiiiiiules des rùles, et qu’il falloit demander i M. Jeannin où ils estoient, je dis à M. Chamillart qu’ayaift rencontré M*” de Guénégaud, elle m'avoit fait la iiiesmc response. M. Gbamillart, qui manque de connoissauue, croyoil qu’il y avoit de la finesse à ne pas représenter les rôles; il envoya, sans me rien dire, l’huissier Desjobars à M. de Guénégaud; et, dans la suite, m’ayant fait une réquisition assez mal concertée, je te fiscscrire, et, voyant qu’il s’embarrassoil, je luy dis qu’il seroit mieux qu’il concertast les choses, et qu’il agissoil avec raoy d’une manière fort peu honncsle ; et je luy fis connoislrc que j’estois olTcnsc de sa conduite, et, l'hÿissier estant de retour do la Bastille, je luy dis qu’il ne devoil pas y avoir esté sans mon ordre.

L’apresdisnée, chez M. Jeannin, où j’achevai la description des papiers.

Le samedy i5 mars, je fis porter le matin tous les coffres de l’espargne à la Bastille, et je travaillai avec M. Fouquet, où il y eut quelque contestation sm- un mémoire baillé par le procureur général pour trouver une remise cotée Berryer, dont j’ordonnai le rapport à la chambre.

Ce jour, après le disiier, je fus à Amboille, d’où je revins le dimanche après midy.

Le lundy 1 7 mars, le malin , à la chambre, où je fis le rapport de mon procès-verbal et fus d’avis de débouter M. Fouquet de sa demande; ce fut l’avis le plus sévère, et il y passa. 11 esloit le plus dans la forme. Je suis bien ayse de ces petites occasions pour osier l’imaginatiou que j’estois trop favorable à .M. Fouquet. Car estant tantost pour et tantost contre, et lousjours dans l’ordre de la justice, on ne sçait quels sont mes sentimens.

.Après le disncr, travaillant à la Bastille, avec .M. Fouquet, à l’ordinaire, il y eut quelques paroles de chaleur entre luy et M. le procureur général; mais M, Fouquet luy en fit des excuses et s’expliqua

jrXJIlNAL

Vl«r» iMS. ensuite de son humeur fort admilenieiK; et [ils] firent ensuite conversation fort amiable.

Le iiiardy l8 inar.s, le matin, à la chambre, où on ne parla que de l’affaire contre les munitionuaires dos vivres, ayaut esté lu des informations et des ititerrogatoires qui ne diffoient rien.

I.'aprcsdisnée, je fus au conseil, M. Chamillart n’ayant pu aller à la Bastille. Là on paria d’une déclaration en faveur des peuples des frontières de Picardie et de Champagne, cjui estoit fort extraordinaire, particidièremcnt en ce qu'elle commettoit le nommé Jeanniii pour di.stribuer les copies et non autres, (iet homme estoit le commis de BciTjer, qui vendoit les copies de celte déclaration et inettoit au bas : F’our servir à un tel et non à un autre, et signoit. .M. le chancelier en fit d’abord du bruit, disant n’avoir aucune connoissance de cette déclaration, commanda à son huissier d’aller quérir ce Jeaiinin; mais, quand on luÿ dit qu’il estoit commis de Berryer, il n’en parla plus. J’ay sçu que le parlement s’en e.stoit plaint à M. le chancelier; et l’on liroit beaucoup d’ai^cnt de cette distribution.

Dans ce conseil, M. le chancelier paila aussy de provisions fausses pour dispense d’âge du parlement de Dijon, et il y a deux ou liois hoiuracs prisonniers pour cela. L’ou dit que ces lettres sont véritables et que l’on a donné de l’argent à M°“ de .Sully Ce discours peut estre une médisance; c'est pourquoy M. le chancelier doit, pour sa réputation, pousser celte affaire à bout.

Le inardy 19 mars, conférence chei M. de Fourcy, pour nostre . arbitrage.

Le jeudy ao mars, le matin, je ne fus pas à la chambre. L’on parla des aflàircs des trésoriers de l'espargne pour les confronter sur leurs interrogatoires. J’ay appris qu’ils .sont gardés à vue.

L’apresdisuée, à la Bastille, travailler avec M. Fouquet, où il ne se passa rien de rcmarcpiablc.

' Pille du cliancclicr Séguier, dont il a C'pouva dam la suite Henri de Bourbon .

été piuMeurs fois question dâns le /otuitol duc de VerneuiK dont on • vu U promo-

d'OIttiVr d’Ormesson. Charlotte Séguier lion cotnoie duc cl p«ir. p. 6&.

nOLIVIF.R 1-EFEVRE D'ORMESSON. III

Ep vendrcdy 31 mars, 1p matin, ilia chambre, où l’on ordonna la \Ur» i6fti confrontation des trésoriers <le l’cspargnc les uns aux autres et do6 tesinoins ouys contre M. Jeannin.

L’apresdisnee, à la Bastille, à l'ordinaire.

Le samedy 33 mars, le matin , à la Bastille, où vint M. Lhostc; nous avions dessein d’achever, mais cela ne se put.

Le lundy a4 mars, le matin, à la Bastille, où nous ne pusmes encore achever le procès-verbal des six miUions, parce que M. Cbamillart n'y apporta pas les facilités.

I.e mercredy a6 mars, à la chambre, où il nf se fit rien de reinarquahlc.

L’apresdisnée , . ?i la Bastille, où je trouvai M. Fouquet les yeux fort entlésel mauvais visage, et il nous dit qu’il estoit malade. Nous travaillasmrs sans pouvoir encore finir.

Le jeudy matin 37 mars', à la chambre, où M. Chamillart, procureur general, jwrla sur le retardement de M. de Guenégaud à *présenter les minutes des rôles de l'année 1 654, dont il avoit compté; et il parla de sorte que chacun connust qu’il estoit esmu; dit la conférence qu’il avoit eue avec M. de Guénégatid sur cela, et sa responce qu’il avoit hruslé la minute de scs rôles de i654- Ce qui est remarquable est à l’esgard de M. Chamillart; i“de ne m’en avoir pas voulu dire un mut; 3" de faire rapport de tout ce qui s’e.stoit passé comme d’une procédure faite, et il n’y en avoit pas un mot d’escrit, et le tout s’estoit fait d’office et comme de particidier à particulier.

M. le chancelier demanda l’avis à M. Pussort, qui fut d’avis d’ordonner que M. de Guénégaud représenteroit les minutes des rôles de 1667; et, à i’esgard de ceux de i654, joindre au procès. M. le chancelier s’adres.sa à moy pour expliquer cette affaire. Je dis 'ce qui s’estoit passé et fus d’avis que, pour les rôles de i654, M. le procureur général haillcroit la rcqueste, qui seroil communiquée aux trésoriers de l’espargne. Il passa par lè, et, à la fin, chacun s'estonna de la cou-

* Cf. Joumaf de Foaeautl, t. IX , f“ aSy

JÜlRNAI.

Mari isr.i duilc fie M. le procureur général; et je dis à Sainte-Hélène et è Massenau, devant Foucaidt, cjuc c'estuit un eflel de colère contre M. de Giiènégaud, et que, tpiand on estoit animé, on alloit plus loin qu'on ne pensolt.

1,’apresilisnée, M. Foiiqiiet m’envoya avertir qu’il estoit malade et ne pouvoit travailler, et je ne fus pointé la Bastille.

Le vendredy a 8 mars, je fus le matin é AmLoille et je revins le soir à cheval.

f.e samedy matin aç) mars, je fus le matin à la Bastille, où M. Fouquet nous lit des civflilés du temps que nous luy .avions donné de se purger, et qu’il vouloit nous en tesmoigner sa reconnoissanre en avan<;ant et abrégeant beaucoup de choses; (pi’ll auroit pu cmpescher la conclusion du procès-verbal encore trois ou qtiatre jours; mais qu’il ne le vouloit pas et qu’il avoit fait tout ce qui despendoit de luy pour finir ce matin. Je luy respondis que tout ce qui seroit nécessaire p«ur sa santé .seroit tousjours préférable à toutes les alVaires, et que ' le temps qu'on luy avoit donné ne devoit point l’engager à aucune complaisance qui luy fusl préjudiciable. Il me répliqua qu’il e.stoit juste qu’il rc.scompensast le temps que nous luy avions donne. N’ayant pu achever, nous rcloumasmes après le disner et nous fini.smes le procès-verbal à la réserve de quelque réquisitions tjue nous remismes au lundy.

11 faut que j’cscrive icy un mot de M. Fouquet è M. Chamillart, que je crois avoir omis d’escrire en son jour et qui court par Paris. M. Fouquet parlant contre la preuve qu’on prétendoit tirer des registres de l’espargne, M. Chamillart dit qu’il les tenoit tri» fidèles et (ju’il les croyoit aussy véritables que l'Evangile. M. Fouquet luy répliqua : • Cela ne peut estre; car vous maltraite! trop les évangélistes' et vous les tener, prisonniers. < Une autre fois, M. Fouquet se plaignant fort de Berryer et de ce fjui s’estoit passé lors des procès-verbaux de M.’Vl. Voisin et PussorI, et M. Chamillart voulant fort les

' On a vu plus liaul que les tré.soners Baziniérc et Jeannin de Castille, avaient de l'épargne. Claude de Guenùg.-iud. la été arrêtés.

D OLIVIEK EEFfcVRE D'ORMESSON. 113

justifier et s’offensant de ce que M. Fouqucl disoit, M. Fouquel luy A»ril répliqua : «Je ne sçais pas, monsieur, pourquoy vous vous offensez de ce que Je dis. Cela ne vous regarde pas, car vous n’estiez pas encore du complot pour me perdre, • voulant luy marquer qu’il en estoit à présent. Je suis assez heureux pour que l’on parle assez bien dans le public de ma conduite.

I.e lundy 3i mars, le matin, 6 la chambre, où M. Ifutman médit qu’il admiroit ma conduite, en ce que, depuis pins d'un an que je parlois d’une affaire très délicate, pas une des parties ne se plaignoif de moy ; et luy ayant dit que je ne regardois que la justice, il me répliqua que je faisois comme ce Turc qui marrhoit sur une corde, qui ne regardoit fixement qu’un mesine point. Je luy répliquai que je marchois sur une corde bien déliée et que j’estois en estât à chaqtic pas de tomber; mais que je faisois le contraire du danseur de corde; car il regardoit fixement le bout de la corde où il vouloit aller, et moy je ne regardois point le bout de crainte de m’esbloiùr; mais que je ne regardois qu’à chaque pas que j’avois à faire pour le faire sûrement et dans les règles, sans m’inquiéter où il me conduiroit, et que je ne regardois qu’à la justice de chaque jour sur chaque incident.

Le lundy après midy. je fus à la Bastille, où M. Fouquet me jjariit fort gay, ayant commencé à rire en nous abordant et ayant continué toute l’apresdisnée à parler agréablement et d’un visage riant sur toutes choses. Il nous bailla par escrit sa réquisition qu’il avoit fait 'mettre au net, nous monstrascs minutes et nous dit favoir fait le soir précédent d’une suite, ayant veillé jusques à une heure; et cela est fort bien composé, fort nettement et sans rien omettre. A la fin, je fis mettre dans le procès-verbal les dires de M. Dejean sur la représentation des rôles par M. deGuénégaud, pour marquer sa diligence cl prévenir les desseins qu’on a contre M. de Guénégaud, que M. Chamillart a fait resserrer pour cette affaire.

Le mardy i" avril, estant à la chambre pour rapporter le procèsverbal des demandes de M. Fouquet, M. Fôucault me dit qu’il avoil *

vu le matin M. Colbert, qui avoit trouvé les demandes de M. Fouquet 11. iS

■lOlJltNAL

\.ril lütii l'onsidérables ol avoil souliniti^ que j’en difTérassi; le ra|ipurt, afin d'avoir le temps d'y faire réflexiion. J’ay répliqué que je le voulois bien; et j’ay esté avertir M”” Fouqiiet, qui estoienl à la porte, que mon rapport estoll remis. Sur ce ledit Foucaidt n’a osé me jvarler .si j’y trouvoi.s quebpie diflicullc , et je me suis mis en estât qu’aucun d'oux ne me parle .sur mes sentimens ni mcsnic .sur l’all'aire, me laiss.vnt la liberté entière, sans me foire entendre leurs raisons pour ou contre.

L’apresdisnée, h la Bastille, où je donnai défaut au pronircur général contre le conseil de M. Foiiquct et ordonnai la réassignation au jeudy, bien que le procureur général voulitst que je la donnasse au lendemain.

Ensuite je vis M. F'ouquet et luy lis délivrer beaucoup de copies qu'il avoit demandées. Il se plaignit de la piécipitatimi de l'assignation pour travailler avec son conseil.

A la sortie, je reçus la conte.station du procureur général et les responses du sieur Dejean sur la représentation des minutes des rôles de itiSyct i654.

Le mcrcredy a avril', le matin, aux Minimes, où je parlai 4 M. l'arcbevesque de Paris. De là, à la chambre, où M, Chainillart me dit • que le lendemain je pourrois rapporter mon prOcè.s-verbal et qu’il soidiaitoit expliquer .ses rai.sons.

L'apresdisnée, je fus aux Minimes.

Le jeudy avril, je fis rapport à la chambre de mon proces-verbal contenant les réquisitions de M. Fonquet*. M. Cbamillart Int ony,

(pii s’cslendit fort sur les raisons du fonds pour monsircr que M. Fou-

‘ F«'ledeS'*Fr*nç.de Paule. (V, Inlrod.)

* Cf. Journal He VoacuaU, t IX. f** a37' a4o. • Les rèquîsitions faileu par M. Fou- ({urt. Tune d’icellcfi tendant à ce que la représenlalion des minutes des prooèsverliaux des octruyi^ et de iordunnance des six mUHon> •tous le nom de Charles Duvai , laite par les sieurs Voisin et Pussort, que htdit »ieur Fouquei prétendojt

arguer de faux, luy fust accordée; l’autre, à ce qu’il luy fust permis de faire extraire des registres de l’es^targne les urticles jus tif^alirs de la rérîuble consommation des deniers du roy procédant des romU mentionnés au procés-verbaJ de vériGoation qui en a esté fait, ensemble des remon>'' traiMeji et réquisitions du procureur gène-, ral mentionnée» audit procès-verbal. •

Digilized oy

D’0UVIE1\ LEFÉVKE ü'OIliîlESSÜ.N.

quel estoit coupable, et n’expliqua pas la dilficullé véritable et lit cou- .wü ifie* iiolstrc qu’il ne l’entenduit pas. .\prcs qu’il se lut retiré, j’expliquai la difficulté véritable et fi.s connoistre qu’on ne pouvoit pas refuser à M. Foucjuet d’esclaircir, par les registres de l’e.spargn^, les faits qu’il avoit posés», mais qu’il falloit le réduire A un temps certain et luy donner huit Jours. .M. de Sainte-Hélène estoit absent A cause de la goutte. M. de Gizaucour opina, .sans coni])rendre la dilficulté, et fut tl’avis de joindre cette demande au procès, disant qu’il e.stoit persuadé du fait allégué par M. Fouquet.

Je pris la parole ensuite et dis que, si M. le procureur général vouloit convenir de ce fait, M. Fouquet se désistoit de .sa réquisition, et que le procès-verbal le portoil. M. Pussort opina A son ordinaire avec emportement, entendant bien la difGculté, mais soustenant que M. Fouquet ne pouvoit tirer avantage du fait qu’il alléguolt, disant (jue c’estoit comme si un homme accusé d’avoir tué un homme s'en delfendoit en di.sant que ce mesme jour il en avoit tué deux, et dit toutes les raisons du fonds avec la mesme chaleur qu’il avoit jugé le procès et condamné M. Fouquet, et alléguant que ce travail seroit infini, nonobstant que M. le rapporteur eust pris parole de M. Fouquet. Mc sentant offensé de cette parole, je le laissai achever, et puis oslant mon bonnet, je luy dis : « Monsieur, en justice, je ne prends point de parole et je n’en donne point'. • Il ne me répliqua pas un mot.

M. de Rocquesante opina, entendant fort bien la difficiilté, et l’expli(|ua bien; et néantmoins il fut d’avis de joindre. M. Ferriol, idem.

MM. de Noguès et Hérault furent de mon avis, sans entendre l’affaire.

M. de la Toison et La Bauline, sans entendre aussy, furent A joindre.

M. du Verdier, de mon avis; M. de Massenau, A joindre; MM. Fayet,

' Lfi procè.s-vcrbal de Foucault continue le récit d'Olivier d'Ornicssun, mais on supprimant tous les details qui donnent du rinterét et de la ]ili)'siunomic à cette Nccne ; • M. Pussort fut de l'avis do M. de Cuissotte (de fiûaucour), ajoutant qu'il

-ne s^avoit pas si M. le rapporteur sc faisoit fort de la parole que luy avoit donnée le sieur Fouquet, mais qu’il ne croyoit [>as (|ue l'on y dust prendre une grande confiance. — M. d'Omiesson ,1 reparti qu'il n'avoil point donné uy reçu de parole. •

116 * joijUnal

Airii iMi. Oatinat, Le Féron, Le Bossu, Moussy, Brillac, Regnard, Bcsnard, à mon avis; M. Voisin, à joindre, ayant opiné avec une chaleur et un emporteincnt fort grands, traitant M. Foiiquel comme un homme très coupable, *cjui ne cherchoit c(ue des fuites et désillusions. MM. de Ponicharirain cl de Nesmond, de mon avis. M. le chaneclicr, après avoir parlé pour mon avis ', louniant tout d'un coup et ne sçaehant ce ^

(ju’il vouloil dire, projKJsant (pie dans huitaine if. Fompiet seroit tenu de donner ses inductions, enfin fut de l’avis de M. Pussort , de joindre.

L’apresdisnée, je fus è la Bastille, où M. Pussort vint pour retirer (pielques papiers. Après, le conseil de M. Fouquet ne venant point,

MM. Chamillart et Foucault me pressèrent de donner defaut contre le conseil et de procéder à la vérification tant en présence qu’absence.

Je ne le voulus pas faire; mais j'ordonnai que M. Fouquet .seroit de rechef sommé, 'etc. sinon procédé tant en présence qu’absence.

Après, j’entrai en la chambre de M. Fouquet, je liiy fis entendre l’iincst rendu le malin et je commençai à travailler pour l’exécuter.

.M. Fouquet dit qu’il remercioit la chambre du temps (pi'ellcluy avoil donné et (p’il feroit voir ce qu’il avoit mis en fait. M. Chamillart n’y entra pas et me pria de le dispenser de se trouver à l’exécution de cet arrest, y estant inutile. M. Fouquet dit qu’il feroit une réqui.sition à la chambre contre l’usage que M. Chamillart introduisoit de parler è la chambre et d’avancer des faits contre la vérité, pareequ’il n’y avoit personne pour le contredire; que c’estoit fellet de la conférence t[u’il avoit eue en cachette avec M. Bcrryer. Pourquoy se cacher et conférer en secret, s’il ne vouloit cpie jnstice? Qu’il avoit vu Bcrryer à Sainl-Nicolas-du-Chardonnet, et (jue cette conduite estoit fort vilaine.

Pistant sorti de sa chambre. Foucault me dit qu’il estoit vTay que M. Chamillart avoit conféré avec M. Berryer, et qu’il estoit surpris comme M. Fouipiet l’avoil sçu; car ils s’estoient cachés avec toutes

' > M. le chancelier a^anl repris les rai- suivant l'avis de M. le rapporteur, t [Pro-

sons de (wrt et d'autre, a esté da l'avis de cés verbal de Foacaull,) — Fouraull donne

M. de CuissoUc; et l'arrest a esté rédigé ensuite l'arréu de la chambre.

ôirf lïaj e

D'OI.IVIER LEFÈVRE DORMESSON.

les précautions imaginables, et cjuc jamais homme n'avoit esté si bien Avni iSSi. sei-vi que M. Fouquel cl qu'il estoil averti à point nommé <lc toutes choses; que les dévots esloient pour luy et que mon curé ' sollicitoit pour luy. Je luy respondis avec négligence qvi’il ne m’en avoit jamais parlé que deux fois, me recommandant ucantinoins la justice sur toutes choses.

Le vendredy t\ avTÜ, le iilalin, à la chambre, je fis le rapport de l’aflairc de M. de Guénégaud pour les rôles*. .Après discussion, il passa à mon avis, qu’il scroit trop long d’expliquer. L’arrest en fait mention*.

L’apresdisnée, à la Bastille, où après quelque temps MM. Auxanct et Lhoste vinrent, (jui entrèrent d’abord dans la chambre de M. Fouquet, d’où estant ressortis, ils me donnèrent Jeur reiiionstrance, par cscril, que je dictai; à laquelle M. Chamillart respondit, et vouloit ensuite que, nonobstant leur opposition, je procédasse à la vériiication.

Mais j'ordonnai un référé, ne voulant point m’exposer à un appel ny prise à jrartio.

Le samedy 5 avril, je fus le matin à la Bastille, où je travaillai jusques à midy, sans qu’il s’y passast rien d'extraordinaire.

L’on me dit que l’on avoit fait une chanson contre le roy, dont il estoit fort olTensé, etolTroit bien de l’argent è celuy qui luy en descouvriroit l’auteur, par laquelle on luy reprochoit qu’il n’aimoit que luy, 4

opprimoit grands et petits et ne considéroit que Colbert. L'on en a fait aussy une fort sanglante contre M. le chancelier, sur son injustice, et qu’il veut estre juge de M. Fouquel pour le condamner.

J’ay sçu que M. Colbert avoit fait de grandes plaintes du dernier arrest au roy, et avoit dit qu’il falloit révoquer la chambre de justice.

' Claude Jolvt curé de Saint vNicolaH' dcf-ChampA. Il avait de la répulalioii ronime prédicateur, et devint dans la suite évéque d’Agen.

* Cf. Jotimal df Foucault, I. IX. f* aAo

V'. aqq.

* L*arrél cité dani* le Journal de Foucaalt, t. IX, f* aét r*. dit que • ic sieur de Guénégaud, trésorier do i’espargne, ^ra tenu de représenter djin.<t quinzaine ie.« minutes des réles de l'année de Km exercice 1657, dont il n'a compté. •

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