‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 3 sur 83 · IM · texte numérisé non relu

IM

INTRODUCTION

meillcu^l^ j'ose respoiidrc qu'il sen rs»n;ntira. estant résolu de chercher toutes les oec.-isions de faim quelque chossr de solide |K>ur lui, et de l'obliger par ce moyen  estre de mes ami.s sans aucune réserve. • Pesi de temps après, le cardinal étant rentré en France, Turenne lui donna une preuve irrécusable de son dévouement : il vint lui oirrir(i" février i65a)son épée, qui vahait une armée entière, et, dans la campagne qui .suivit, les savantes nianauvre.5 du maréchal tinrent en échec l'année du prince de Coudé, et linircnt par en triompher.

Eu ré.sumé, le.s .services rendus au cardinal par les deux Foiiquet, en itiâi, étaient ronsidérahles; ils avaient relevé son courage, contribué éiieigiquemcnt à rompre la coalition des deux Frondes, cl gagné à la cause de Marariii quelques-uns des hommes les plus iiiniieiils du parlement, de la boiiigeoisic , dt la noblesse et du clcigé. Aussi le cardinal acrahlait il l'alibé Fonquet, qui était le correspondant ordinaire pour les dmix frères, de protestations de reconnaissance et d'amitié, u Je suis extresmemeiit marri, lui écrivait-il, de vous estre tous le.s Jours de plus en plus obligé, s:ius vous estre utile à rien, d Plus loin : o Je vous suis de plus en plus obligé de l'affection que vous nie tosmoignez-, j'ay toute conliuiicc eu ruus. » Et encore : «Je vous suis obligé de tant de marques que vous me duniiez de vustre amitié, et je vois qu'il est mal aisé de broncher devant vous en ce qui me concerne, u

Cependant le retour de Mazarin et les premiers succès obtenus par ses troupes étaient loin d'avoir termine la lutte de la cour et des princes. Pendant que Tiu'cmic soutenait la guerre sur les bords de la Ixiire , il fallait tenir tète dans Paris aux frondeurs du parlement et achever de ramener la bourgeoisie, en lui montrant que le salut de la France dépendait du triomphe do la cause royale, et qu'elle iic devait attendre de l'année dos princes <(uc pillages, meurtres, incendies. l-« prociu^ur général Nicolas Fouquet, et son Aère l'abbé furent encore, dans ccUc nouvcllo période de la crise , les auxiliaire.s les pins utiles do Mazarin. Us sc croyaient sûrs de M*" de Chevreuse et, |iar clic, du coadjuteur. Ils tentèrent de nouveaux «•(forts pour séparer le duc d’Oi’léans du prince de Condé, mais ce fut en vain qu'è leur instigation la cour lui envoya Ruvigny et Damvillc. Caston d'Orléans, secrètement dirigé par un des ennemis les plus h.abilcs de Mazariu , par Chavigny , prétendait à un rûle au-dessus de sa capacité. Il voulait

INTRODUCTION

former un tiers parti entre Masarîn et le prince de Coodé, afin de s'assurer une position indépcmiante et presque souveraine. Nicolos Fouquet cl l'abbé, son frère, ne pouvant gagner le prince, s'assurèrent d'iuie partie des hcmimes qui avaient sa confiance et parvinrent ainsi à fannuler. Goiilas, secrëtsiire drj coiiiniaiideiiicnls du duc d'Orléans; Choisy, son chancelier; b ducheaK' de Clievreuse , qui avait une grande influence sur Gaiston ; enfin Marguerite de Lorraine, sa femme, étaient dans les intérèb de la cour ot de Masarin. Le procureur général et son frère réussirent & combattre et enfin paralyser, par les conseils de ces partisans du ministre , l'influence hostile de Chavigny Gaston d'Orléans, naturellement indécis, hésitait entre cos avis opposés et restait inactif. I#n jalousie avait surtout prise sur son esprit, et on ne manquait pas do l'aigrir contre le prince de Condé en lui rappelant ses victoires et sa liauteur. Aussi Mademoiselle, fille aînée de Gaston. sefrorça-t*ellc vainement de 1 entraîner è Orléans et à la (etc des armées; elle put è peine obtenir la permission d'aller elieHnème défendre l'apanage do son père.

Tout ce qu'il fallat de souplesse cl d'habilclé pour former autour d'un prince ombrageux comme Gaston, et sous les ycuv d'un politique aussi habile que Ciiaiîgny , un cercle d'intrigues mystérieusement tissues et de plus en plus fortement serrées , ne peut s'apprécier que |>ar la lecture des lettres de Mazariii et de ses coiifidenU.

Dans d'autres négociations, les deux frères marchèrent plus è découvert; ils gagnèrent la plupart des présidents du paricment : Novion , de Mesmes, Le Coigneux. Perrot. Bon nombre de conseillers cédèrent aux in.slances, aux rnenaf'es. aux présents de b cour. Il n'y eut plus que les jeunes conseillers des enquêtes et quelques anciens frondeurs qui s'obstinèrent a repousser Mazario. Cependant, malgré tous leurs efforts, les deux frères ne purent empêcher U vonto de la magnifique bibliothèque que Mazarin avait rassembiéo à grands frais. Vainement le procureur général fit opposition à b vente au nom du roi ^ et annonça que l'intention de l,ouis XIV était

* Les lettre» de IbiArin à l'aUié FoU' quel en dnlo du 3i jsnricr i6&3. do Soc* lolire. etc. rournûsent U preuve de oes assertMfis.

’ ioiuiwif dê Dnè«fjJM'dtbt«iM/. à Ift

date do 6 février iCSs : «M. Foor|aet.

procorcor géoeral, a préstnlé requesie aos ÛEU de s'oppoaer à La veule de la UioUiéque du cardinal Mniorin . ronuDO en «ysot ckiorge de U part du roi . de U port

INTBODL’CTION.

lit

de faire de cette riche collection une bihliothique publique. Tout fut inutile; et Maiarin hti-niÆme écrivait, le lo février, à fabbcKouquet : «Pour la hibliotlièqiie, c'evi une affaire i laquelle il ne faut plua aoiiger, puitqu'eUc cat aana remède. *

La boui^eoiaie ic montra , pendant toute la Fronde, plus raiaoniiabicque le paricment. 11 était important d'entretenir et d’accroitre ses bonnes dispn sitiuns. On s'était déjà assuré , comme nous l'avons vu plus liaut , du marél'hal de L'Ilèpilal. Le procureur général et l'ahlié Fouqnrt g,ngnèrent le prévôt des marchands . qui était le véritable clief de la bourgimisie. Le payement régulier des rentes (chose rare k cette époque) contribua aussi k ramener les habitants de Paris, et le» lettres de Mararin prouvent que l'ahhé Fouqucl s’était occupé tout spécialement de celte alTaire ' ; » Pour le* rentes. Sa Majesté donne plus de cré.ince i ce que vous mandes de la part de M~ de ChavTeuse et de .M. le coadjuteur qu'à toutes les autres lettres qui sont s'enues de Paris, lesquelles, quoique de plus fraische date, ne repi éscntenl pas fémotion des esprits grande, ni les affaires en si mauvais est.il que vous feites. Le roy a donc ré;olu de restahlir les rlwses comme elles estaient, et l'on enraie l'arrcsl sur la inimité que M. cfAligre en a

dressée J'ay emporté la chose, et je crois que vous ne nianqiierei |>as de

la bien faire valoir, afin que j'en acquière quelque mérite envers ceux qui y sont intéressés. • F.t ailleurs ; • Par les nouvelles que nous avons de Paris, il parais! que fon a satisfaction de ce qui s'est fait luuchant les rentes, cl cffccliveincnt je ii’oinet' aucuns soins (wmr empeschcr que le payement n'en soit discontinué , dont il ne sera pas mauvais que l'on informe le publie, comme vous avez déjà fait. »

En opposition avec le» bienfait» du gouvernement, le procureur général et l'abbe Fouquet montraient Lsmice des princes aifainanl Paris, appelant les F.spagnols et les Lorrains, livrant les cam|>agncs à une soldales(|ue effrénée . dont les excès rappelaient les violences de la guerre de Trente ans

<lu4|UL‘l U J repré»euté une leUre «le ca> diel. Swrquoy gr«mi bruit sot lee

enqoeilesvouUnt que l’on aclt«va>( U <lé* iibèrâlion. L1»€ur« p«»s^s ou « rc* mi» la «iéItbàralkMi k meTcred)f, 7 février. • —A Iftilale du 7 Cerner, on voit doiu le

u>L*me journal que Fouquet >*oppUM en* cor« k la vente au nooi du roi , < <|u‘il dit Tonloir faire nnc Inbliothèque qu’il donne

AU putHe. •

' Voy. la lettre de Ma&ariu à Tabbe Fonquet en date du 31 janvier i6Ss.

INTRODUCTION

xiir

el 80ifipvaie«it contre les princes findi^^tion publique. Des placards composés ou du moins répandus par le procureur général et par son frère attaquaient vivement le prince do Condé. Ils le représentaient faisant de la Guietitie le üiétUre de la guerre, la plongeant dans la dernière misère, puis rabandonnant lorsque les barricades élevées à Agen lui ont prouvé que les Gascons ne veulent pas se soumettre h son jotq*. h II ost venu alors comme un désespéré vers Paiis, ajoutaient les placards, pour tascher d'y exciter la meune révolte, le désordre et la division du royaume estant le fondeinent unique de sa puissance ^ ■ De» dUtribiitions d'argent faites A propos par fabbé Fmiquet. qui était rhommo d’action du parti, contribuaient encore à augmenter le nombre et le sèle des défenseurs de Matarin. Le cardinal, en l'en remerciant, lui disait^:* Leurs Majestés ont une entière satisfaction des diligences que vous frites pour fomenter les dispositions qui comnicii* cent à paroisire danslVsprit du peuple, de demander hautement ta pais. Je n*ay pas manqué de leur frire valoir le zèle avec lequel M. le procureur général et M. le prévost des marchands s'y emploient, h Le rôle de défeuM'ur de Mazarin n'était pas sans danger, comme le prouve une lettre du cardinal é l'abbé Foiiquet, en date du a6 juin : «Par te péril qu’a couru Monsieur VQStre frère (le procureur général), parce qu'il estoil dans vostre carrosse, et, par les autres cirronstances que vous me marquez, je suis dans des transes conUnueKes de ce qui vous peut arriver, et. quoique vos soins soient pins utiles que jamais dans les conjonctures présentes, je ne puis mVmpesctier de vous conjurer de vous mesnager un peu et de donner quelques limites à vostre zèle, en surtc qu'il ne vous fasse pas exposer à des dangers trop evidens*. h

C'était surtout l’abbé Fouquet qui se chargeait du r6le {>éritleux et de la lutte ouverte contre la fretion des princes. Quant à son frère, le procureur général, il avait besoù) de beaucoup de souplesse et d'habileté pour se mé

* M». Bibl. imp. f. Gstgraères.

P 5o. Muartu écrivait à Tabbë Fouquet, le 6 Avril i65a. pour fcngAger à multiplier lea placuni* : • II serait bon de Eure afBchcr dc« pUcird5 conUe M. le Priuce, qui disent pArtkulièreiDenI qu'il veut eropesebvr le retour du ray à Paris .

et jeter, par ce oqo)«<i. les bebiUiu dan» une demiere ruyne. S'il cU nécessaire de diMribucr quelque aigent, je tous prie de le frire, et on te rendra ponclucIlctDCQt. • * LeUredu 91 juin t65a.

' Anèirea étrang. Lettru de Mazarw, I. XXX.ri36.

na^er eut»! la cour et le parlement, et conserver de Tinfluence dam sa rompa^nie, tout en serraul le e«nrdîn»l qu'elle proscnvait II s'en tira è force cTadrcsse. Cliar;gc par le parlennent de faire des remontraikces au roi sur les malheurs de la guerre ^ il prononça une harangue cTun style plus net et plus élégant que celui des discours ordinaire» de la magistrature à cette époque; U sy boriintt à des généralités sur les esc^ commis par la soldatesque. minute de ce discoui*», de la main de Fouquet» est coruenrée dam les manuscrits de 1a Bibliothèque impériale*. C'est uns^iéeimen que je (Tois unique du talent oratoire de Nicolas Fouquet. I..e voici :

• SlRR.

» Voslre parlement de Paris m'a envoyé vers Vustre Majesté pour la sup> plier très- humblement de vouloir accoixicr un jour à scs députés et À ceux des autres coin^nignies pour faire les mnoustrances qui ont esté ordonnées sur l» roiijonclure des affiiires pr4^4*ntes , et sur ta caunr des mouvemens dont l'Eslat est misérablement agité. Outre plus. sire, j’ay esté chaîné de faire entendre à Voslre Majesté l'extrémité de la misère è laquelle sont réduits la pluspart de vos sujets. IjCS rriincs et les excès des gens de guerre nont plus de bornes : ics meurtres, les vioicniens. les incendies cl les sa» criléges ne passent plus que pour des actions ordinaires: on ne se cache plus pour les commettre et les auteurs en font vanité. Les troupes de Vostre Majesté, sire, rivent aujourd'htiy «lans une telle licence et un tel désordre qu elles n'ont point do honto d'abandonner leurs quartiers mesmos pour aller piller et ravager ceux de vos sujets qui se trouvent sans résUtance. 1.^4 soldats forcent les maisons des ecclésiastiques, des gentilshommes et de vos [>rif»cipaux ofiieiers, en plein Jour, à la vue de leui^ chefs, sans crainte d'estre connus et sans appréhension d'estre punis. Les pauvres habiUns de 1a cainpB^nc. misérablement pillés, outragés et massacrés, viennent tous les jours demander justice h vostre parlement, et vostre parlement, dans rimpuûâancc de U leur rendre, la demande à Vostre Majesté pour eux.

U Je n entreprends point, sire, de représenter à Vostre Majesté le grand préjudice qu'apportera celte désolation publique à vos aflaireset l'avantage qu'en doivent tirer les emiemis, voyant les lois les plus saintes fmblique-

’ Voy. les MénotJxi d'Omr raloa. édit. * Foods Gaigfkiéres. o* 2799. f* 396 cl Miebaud et Poujmdai. p. 479 4fto* soiv.

INTRODUCTION

ment violéM, l'impunité des crimes les plu.s énormes solidement establio , in soulcr (le vos linaiices tarie, les alTcctions des peuples altérées et vostre autorité inrsprisér. Je viens seulement convier Vostre Majesté . sire . au nom de son parleiiienl et de tous scs sujets, de se laisser toucher de pitié par les cri» de son pauvre peuple, d’cscoutcr les plaintes et les gémissomons des veuves et des orphelins, et de vouloir conserver ce qui reste et qui a pu eschapper ù la ruric de ces hurbares, qui ne respirent que le sang et le carnage des innocens , et qui n'ont aucun sentiment d'huinanilc. Sire, le mal estgrand et pressant; mais il ii'est pas encore sans remède, si Vostre Majesté s'y daigne uppliquersérieuseincnt. C'est un soin digne de sa générosité eide l'alTcclion paternelle quelle doit è scs sujets.

V Faites, sire, faites connoislie la tendresse de vostre bon naturel dans le commeuecnient de vostre règne, et que la compassion que vous aurez de tant de misérables attire les bénédictions célestes sur les premières années de vostre majorité ‘, qui seront sans doute suivies do grand nombre d'autres beaucoup plus heureuses, si les souhaits et les vwux de vostre parlement et de tous vos bons sujets sont exaur.és.

«Qu'il plaise à Vostre Majesté, sire, en attendant ce grand et seul remède è nos malheurs présens, que demanderont au premier jour toutes les compagnies de vostre bonne ville de Paris, faire vivre au moins les gens de guerre en quelque sorte de discipline, faire observer les ordonnances, contenir les soldats et leurs olTieiers dans les quartien, punir les criminels, et enfm obliger les chefs et coimnandans, sans distinction des personnes, i livrer les coupables è la justice pour estre chastiés , ou demeurer responsables, en leurs propres et privés noms, de tous les désordres qui auront esté commis. Ce sont les très-liumblos supplications que vostre parlement de Paris fait i Vostre Majesté par ma bouciic. »

Ces remonlrance.s ayant produit peu d'elTel, le parlement renvoya les gens du roi è Saint-Ccrmain , oii était Louis XIV, et les chargea de demander expressément que les troupes fussent éloignées à dix lieues au moins de Parû'^

’ La oujoriie de Looû XIV avait été prodamée su pirlement le 7 sapleinbre iC5t. (Voj. à bCn deocvolum*, p.65o, dans les Extraits du Ménairu dCArtiri

ÎOrmtmn, l'article intitulé : Majtrilé <la roi Louis XIV.)

' iVéatocrerd'OaiarT'aloR.édiLMicIiaod et Poujoulat . p. 48o.

ÏNTKODliCTION.

Nicolas Fouquct rendit compte au purienintil de cette iniMiou. 5« rrb« tien, écrite tuut entière de sn main ^ est conçue en ces termes :

« Nous partisines veiidrcdy ^ au soir, M. B. (Bignon) et moy pour aller à Saint'Cf. (Germain), en exécution de Tairtst rendu le mesine soir, et .nrri* vasmes fort tard. Nous ne peusmes voir M. le garde des sceaux qu’il ne lust près doiixe heures, au retour du conseil. Dès cc sotr là nous fismes en> teiulre à moudict sieur le garde des sceaux le sujet de nostre >oyage et rintentiofl de la compagnie pour l'esloignemcnt des gens de guerre, et par> ceqiie nous avions appris depuis nostre arrivée qu’il y avotl eu des troupes commamlées pour faire, cette niiit-li mesme, Vaifat^ue du pont de Sainte Clottd^, nous fismes nos clforts pour faire changer cette résolution <lans l’appréhension que nous eusmes que les affaires ne se portas>enl dans l'aigretir à cette occasion. Nous ne pusines obtenir, pour ce soir, ce que nous demandions pour ce qu’il estoit trop tard, et que l'on nous dit la chose trop engagée et peut-estre faite; mais on nous fit espérer de faire sunecur ce «pii restoroit.

«Le lendemain, nous eusmes nostre audience entre trob cl quatre [heures] après midy , et fusmes conduits de b chambre du sieur Duplcssb, secrétaire dEstat. par le sieur Sainctot. maistre des cérémonies, dans le cabinet du roy, dans lequel nous fusmes introduits par ledit sieur Duplessis. Dans le cabitiel, le roy estoît assis et la reyiie à oosté. ,V. le duc d^ Anjou * y ejfoi'/, M. le ÿiirde des tceaax» \f, le prince Thomas, MM. de Ihuilhn, de Villeroy, du PUssis-Praslin , Senien, M. h surintendant*, les (fuutre serritairts (TEstat^, Nous nous approcbasmi» du roy et luy fismes entendre en peu de mots le sujet pour lequi'l nous estions envoyés, suppliasmes Sa Majesté de vouloir délivrer sa bonne ville de Paris de l'oppression en bqu«dle elle se trouvoit réduite par le séjour des troupes dans son voisinage, d’agir la bonté de les csloigner de dix lieues k b ronde au moins, et par cc moyen

' Ms. f. Gaigaieres. n* 1799. f**

3oi.

* 10 toai i65a.

' M«uli»eu Molé.

* Ces tnoU suDl MHÜ^^nés «Um U n*la> lioQ QMnuMrrite-

* Frète du roi; il porta (dus tard le

Dom de «inc d'Orléans. — * Marquis de La Vicavill».

* Midsel Le Telller. Loménie de Brirnne. BuplesMS-Gucnégaud H Phelypeaiu de La VrtUiére. Celte ptirase est également soulignée dans la relation ma* nuscrite.

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INTRODUCTION

faciliter le passage des vivres, la librrt** du commerce et restablir ralM>ii* dance nécessaire â un si grand peuple; que le parlement demandoit seule* ment Tesécution de» paroles portées, au nom de Sa Majesté, par M. le marescJiai de L'Hospital, puis<|ue l'occasion pour laquelle Icsdiics troupes s'esloieni approchées oessoit au moyen de la dcclBnition faite le jour précédent par M. lu Prince, en l'assemblée des chambres du parlement, tant au nom de M. le duc d'Orléans qu'au sien, de retirer en mesme temps te» troupes sur lesquelle» il» ont pouvoir; cpie , pour le surplus de ce qui nous estoit ordonné louchant la pacilication des troubles de son royaume, la cause et les remèdes, nous ne pouvions rien adjouster aux remonstrances lailt^ depui» fieu par les député» du |uirlement, dont nous estions chargés de «lemander la response et supplier Sa Majesté do la vouloir rendre un pluslosl.

«Le roy nous dit que M. le garde des sceaux nous feroit entendre sa volonté, lequel incontinent nous dit que le roy estoit dans la volonté de donner h sa Imnnc ville de Paris et  ririterccssion du parieiiieiit toute la satisfaction que l'on pouvoil alteudre |Mjur l'esloignement des gens de guerre, les<|uels ne s'en fussent point approchés si les autres troupes ne se fussent saisies des passages, [n'eussent] empesché le commerce ordinaire, pris des prisonniers , obligé d'avoir des passe-ports pour venir trouver le roy; qu'il ne liendroit pas & Sa Majesté que l'on ne fist cesser tous ces actes d1io»lililé dedaïui Paris et cbin» les dix lieues à la ronde, et que l'abondance, la paix et la tranquillité fussent restablies. Néantmoins, avant que nous rendre la response précise, puisque Sa Majesté apprenoit, par l'arrest du parlement, que le maresclial de L'Hospital et un député, de la part de M. le duc d'Orléans, dévoient venir pour le mesme subjcct, que Sa Majesté enenverroit l'ordre audit sieur mareschal et un passe-port, le nom en blanc, pour celuy que Monsieur voudroil nommer, et ce pendant que nous eus* sions à ilemeurer jusques é leur arrivée; que l'on avoit eu regret que ralTaire de Saint-Cloud fusl engagée avant oostro arrivée, mai» que, si nous estions \enus par le chemin ordinaire, nous avions peu voir Hier les troupes, qui estoicnl commandées longtemps devant, et que, pour ce qui resioit à exécuter, le roy feroit surseoir rcxécution des ordres qui estoient donnés.

« Le roy fit souvenir ensuite M. le garde des sceaux de parler de M”** de Bouillon, lequel nous dit que Sa Majesté trouvoit estrange qu'elle fust re-

ivni

INTHODUCTION

Ipime priaonnl^rc ri qu'on rust soiiirert qirunr |>ri'snnnr dr m romiilion. MorUnt dr I* ville soubs la foy des paue-porls, ftisl maltraiter roiiiinr elle iivoit esté. Nous rrspondisiiics au ray que ccito alTairc n'estoit point dr nostre ronnuUsaiirr , rl que le paririiiriil n’y avuit point dr part; mais, puisqu'il plaisuil au ray nous l'urdunner, nous en ferions rapport A la ronipagnie.

n Nous fusmrs visités dr grami nombre de |»rrsonnes dr qualité et dr l.i plusparl de crus que nous avons norauiés, qui composent Ir conseil du roy, lesquel» voulurent rendre leur» rrsjM'cls et leurs rivililés au parlement en no» pei-sonnes. Nous passsisinr» ainsy le sabnirriy et le dimanche malin, altendanl M. le manus bal de I.'llospital, U*qiirl n’arriva qii'envirnn le inidv avec le sieur cotnlr dr Uéthunr , envoyé par M. le dur d'Orléans, cl vinrent ensemble sur le» triiis heures, par ordre du roy. elle* M. le ganir tirs sceaux, oii nous avions disné. |N«ir cnnférer avec niondiet sieur le garde sirs sceaux, M. de Bouillon, M. le marrsclial dr \ illrroy, les sieurs la- 'l’eltier et Duplessis-Guénégaud . secrétaires des coniinandrmeiis du ray, lesquels avoirnt eu ordre pareillement de s’y trouver.

<• Apri'S que nous rusmrs de nouveau fait entendre le contenu en l’aiTcsI de la cour et la supplication que nous cslion» chargés de làirc au ruy, d'esloigner toutes les Iroiiprs dix lienes ü la ronde dr Paris, et que M. lo ma rrsehal de L’Hospital ciisl insisté i la inesnie proposition, Irdirl sieur comte [de Betbune] lit cniondre qu’il avoil ehaige de M. le duc dl^lëaiis et de •M. le Prince d'asteurer le roy qii'aussytosl que. les traupe* seroienl retirées, ils feroienl ausav retirer celles qu’ils avoient dans Paris et és environs, en leur donnant les passc^ports cl escortes nécessaires [Kiur aller en seureté i Ksiampe» A quoy fut resi»ondu, |iar M. le garde des sceaux, que c'esloit une condition nouvelle dont .M. le Ihincc n’avoit point parlé dans le parlement; qu’il estoit juste de donner susdites troupes passe-ports et escortes, mais de les conduire à Estampes, il n’estoil pas raisonnable, puisque c’esloit une place attaquée, ou qui le scroil dans peu de jours; et que, s’il rotdoil dire le nombre d'hommes pour l'exprimer dans les passe-ports, que. suivant la quantité de trouftes. on aviseroit du lieu oh elles scroient conduites.

quoy ledit sieur comte de Béthune ayant reparti qu'il n’avoit aucune connoissance du nombre d'hommes, et qu’il ne le pouvait apprendre sans aller ou envoyer un exprès é Paris, et que d’ailleurs son ordre portoil ce

INTRODUCTION

qu’il Bvoit (iesjii dilpourïUUmpcs, et ne pouvoit s'en relaseiiiT en aulrunc manière, .M. le garde des sccaiu «lit qu'il en feroit son rappuri an roy pour cuniioistre sa volonté.

• Le lendemain, mardy matin, nous liiüines adveiiis que le roy nous donnrroit audience à l'issue de son distier, et , sur les trois heures, nous fusmes conduits dans le rahinet «lu roy, en La mesme manière, et où esloirnt les mesnies jiersonnes qui estoient la première lois. Le roy nous dit que nous verrions son intention dans un cscrit qu1l nous mit entre In mains, et ensuite, après avoir pris rongé de Sa Majesté, nous partismes le mesme jour et vinsines coueher en cette xille. h

D'après les Mimoirtsd Orner 7'«i(<<n ', le roi consentit è éloigner ses troupes pourvu que le due «TOrléans et le prince de Condé en lissent autant; mais toutes ces nt'goriations, eonduites sans lionne foi et sans amour sincère «le la paU, n'aboutireut i aucun résultat. Loin do là. les armées se rapprodièrvnl de plus en plus de Paris, et, vers la lin d«^ juin i(iS'j, tout aunonça l'approrlic d'une crise décisive. I,es deux partis redouhlèrent d'ellorls pour s'assurer la viiHoire. I.C procureur général , apprenant que l'armée des priiu^cs voulait entrer dans Paris, se hâta d'avertir Maiario par la lettre suivante, qui n'est pas signée, mais q«d est tout entière de la main de Nicolas Fuuquet ’ :

• On donne avis important et pressé que farmee des princes a passé sous la porte Saint-Honoré, au pied de la sentinelle, par le milieu du Cours et a délilé par la Ville-L'Évesque, et va, tout autour des faubourgs, gagner Charentun [et] passer la rivière. Ils ont sept pièces de c^aiiun que l'on a comptées et marx heiit dans le plus grand désordre du monde, les troupes et les équipages pesle-mesle, en sorte que cinq cents chevaux envoyés en diligence pimvent tout défaire aisément si l'on veut. Cepi'inlant nn amuse le roy avec peu de gens qu'on iàit paroistre. Il but se haster; ils ont deux défilés à [sasser; pourvu qu'on parte promptement, on y sera assex tost. •

Les princes, vain«ms au combat de la porte Saint-Antoine, voulment régner dans Paris (>ar la terreur. Des soldats, di^uisés en ouvriers, soulevèrent la canaille et tentèrent d’incendier l'Hôtel-de-Ville, où le prévôt des

' Edit. Micinud et PuajouUt, p. àôà. t CXLl, pièce 1 13. Ce volume ml rempli ' Arch.dsssfiisiresétraiigéres.FaAXCi. de lettres adressées à Maxarin.

IMllüDUCTION.

mardiauds avait convoqué les notables bourgeois (à Juillet). Otic émeute fit de nombreuses victimes ’ cl aches’a de perdre une cause qui s'élait déji^ désbonorce en appelant en France les Espagnols cl les fjorraiiis. Le procureur générai * et les diefs du parlement quiltômit Paris. Nicolas Fouquel ne cessa dès lors de provoquer la translation du pai'lemcnt tout onlier hors de la capitale. Dans un mémoire destiné A être mis sous les yeui du <*ardînai, if combatlait cnei^iquemcnt les irrésolutions qui com|>roinellaieiit la cause royale, et indiquait les moyens dentmlnor les |>rinrq»aux iiiciiibrcs du parlement. Voici ce memoire^ :

U Je vous prie de. lire è M. le cardtiial ce mémoire : la pluspart de ceux qui sont à la cour aussy bien que ceux de Paris, voyant toutes les afl’aires daiu rirrésoliitiun et dans rincertitude, s'entretiennent des deux costés, ne sçaehantpas ce que les airaircs deviendront; ec qui ne seroilpas ainsy si les rés4)lutions estoient certaine» cl assurées de façon ou craulrr, et les sentimens du roy agiroient av<M* plus de vigueur.

■iNous apprenons de Paris que, nonobstant la response du roy il y eut hier plusieurs avHs dans le parlement à faire runîon du parb-incnt avec les princes et les peuples, et d'escrire à tou» les autres |sarleincns et è toutes les villes. Nous savons que Ion propose de faire un garde d<>» sci'aux, et qu’il y a des gens de condition qui désirent oet employ. Le rkouveau prévint des marchands^ ordonne des fortifications et des levées, et peut-estre, au premier jour, parlcra-t-on de faire un regent et de déclarer le roy prisonnier.^ Toutes les négocîulioos et irrésolutions fortiiîcnt ce |)arti« et il l'st certain que tant qu’on flatte les peuple» on les aigrit, vt ils croient qu'on les appréhende ; de sorte qu’il est nécessaire ou de s'accouimuder avec M. le Prince en prenant des seuretés pour le retour, et cc bien prompteiiieni.

' Voy. sur le JiiasMcre de l'HMcl-de- Villr k» Hémoirti de Canrarl ci ceux de M"* de Muulpensier. aiosi que U reUUoo du greffîef de la ville, <Uim le»

de Vffdtel de- Ville pcAdnet la Ffttade, ouvrage pubik par Ia Société de l'hùtotru de Fmice.

* On lil dan» le Joarnal 4* /MèsiéoA- /tekfiey, • b date du 8 juillet l6àa :

«Le procureur général a'e»l «ujourd bu^ abeenté ci retiré cd cour. •

* Ardi. des afrairevéirntigèrea. Fa.t»€K .

t. CXLI, pièce 79.

* Le nouTcau pnévôl des marcboiub était le conseiller au parleoient. Pierre Brouaai'l, qiu avait été imputé à rilôlelde- Ville par le parti d^ prioce». le tî juillet

INTHODIXTION. Ml

ou bi«n d’agir avec vigueur, et fjiic cimcuii s<;»chc que le roy veut devenir le maistre et rcstablir son autorité.

O Les plus iutcliîgQns mandent que te calme cat maintenant dans Paris pour oc qu’ils ont tout ce qui leur fait besoin , et que les auteurs des séditions sont les maislres et feront ce qu’il leur plaira.

•I 1^ journée de mardy a&t à craindre, et, si on n’esl pas d accord, il est é propc»de prévenir les résolutions qui sc prendront ce jourd^ par un parlemctil cl un corps de ville, qui demeure tousjours dans l’approbation du rov, puisqu’il n a encore rien paru de cuniraire.

• Si Ion veut donc se déteruiiner, il faut dresser une lettre de cachet en forme de maiiireste, pour faire connoistre aux babitan.s de Paris et i toutes les villes de provinces le juste sujet que le roy a de se plaindre des princes et de ceux de leur parti, i<*aquels n ayant tesmoigné désirer autre cIhmc jusqn’ü présentqu'une asscuraiice de l’e sloignement de M . le cardinal Maxarin , dans la pensée qu'ils avoient que le roy ne se rclaschcroit pas et n ’accorderoit pas h ses sujets une demande de oette qualité, néantmoins Sa Majesté ayant voulu donner cette marque de sa bonté et de son alTcction à ses pi^pics pour Diirc cesser les prétextes, les princes ne veulent pliLS exécuter ce qu'ils ont f»romis, au contntire ont pris de nouvelles lûtisons avec les ennemis qu'ils attirent au de«lan.s du royaume, et veulent que le roy ayt en« tièreincnt exécuté de sa (>art ce qu’ils souhaitent avant que sc mettre en devoir de donner aucun ordre pour Texécution de leur parole; ce qui fait a.ssex connoistre leurs intentions; partant exhorter à 1a fidélité et à so> courir le roy.

•I Si on envoie un escrit de cette qualité pour prévenir les lettres-circulaires qui seront escrites au premier jour, ü n’en faut pas faire l'adresse au corps de ville de Paris pour ne le pas approuver; au contraire, il est bon «l'exagérer ce qui s'eat passé dans Paris pour parvenir à as change* ment ^

U Ou peut aussy adresser au parlement tpielque chose de semblable, et dès à présent faire response aux députés par escrit conforme à ce que dc^us et leur dire que le roy escrira à son parlement qu’ils ayentau premier jour, toutes choses cessantes, k obliger tes princes de députer vers le roy, suivant

' L'adcniniMnition muaiapale de Paris atait ë(é changée le 6 jatHel.

XXII INTRODUCTION

cc qu'il leur a esté mamie; aulrx'mcnt, leilil jour |iaué, que tous les oITicieni liudit parlement qui restent à Paris ayent ü se rendre pr^s de Sa MaJesttI |Miur y rcccx’oir scs ordres et délibiTcr en sa pixisence sur le refus fait par lesdils priiM i's.

« Pour cet elfel, il faut faire défenses aux dépiilds de reloumcr à Paris ei de désiMnparer la cour, et prendre garde particuliérement que U“s présidens ne s'y en retournent pas', [Kiur ce qu'il est de la «lernièrc importance qu'il n'y ayl point là de présidons, si l'un veut establir le parlement ailleurs; ce qui est absolumonl nécessaire pour conserver l'autorité du roy; autre ment il ne faut pas limiter que tous les |>euptes ne suivent il la fin un parti oii le parlement de Paris, le corps de ville cl les princes du sang seront unis. Mais s'il s'establit un autre parlement, les alfaires seront bien balancées, l'autorité du roy sousienue dans les provinces. Ceux de la cour, qui ont des grâces A espérer et qui se mesnagent avec le parlement pour ce qu'ils en ont besoin ne rcconnoistroiit plus [lour parlement que ccluy qui sera autorisé par le roy, où seront tous les prwideiis et le procureur général, qui sont ceux qui font le cnr|>s.

«Dans cette |Knsée, avant que le roy s'esloigne et que la dilliciilté des elicniius s'augineiitu, il fniidroit, sans perte de temps, que chacim travaillas! .A mesme dessein, et obliger ceux qui sont A la cour d'cscrirc A leur» ;imis : .M. le garde des sceaux^, i son lils, son gendre et ceux sur qui il a jmiivoir, M. de Villeroy, A M. de Sl-vc; M. Scrvicii, A M. b'raguier; M. I.e Tellier, à d'antres; .M. Perrot, à M. Resnard et A d’antres de sa chambre; .M. de Rragclonne , à sou beau-frérc ; Bonneau , A sou fils et A son neveu ; Bicliebourg , des gabelles, à son lils et A son gendre, liiscrire. A Mesnardeau pour lu) et sou frèn'. Un mot A MM. Sevin, Tbybeiif, Prévost, Doujat et autres qui ne sont retenus que p.ir le calme présent et l'cspérancc d'un jirompt aix'oiimiodcmcnt. M. de VerÜiamont, qui est A la cour, à son frère et d'autres, scs parens.

iiEiifm, il n'y a pcisomie qui n'ayt pouvoir sur quelqu'un, et cette allàire mérite une application prompte, et il ne liiut |>as douter qu'en deux fois vingt-quatre heures on n'en fasse sortir grand nombre, le,squcls, dés le

' Ln députation du parlement dont il (Ut ici question avait re^u la réponae du roi le 1 1 juillet.

’ Le garde der oroaux était alors Matthieu Mulé. qui était en même teiups premier prcaidcnl du parlement.

Wlll

premier jour que l'on voudra, avec M. le ganle de» sceaux, le.s ducs et pairs que l'on pourra avoir, les conseiller» d honneur, quatre maistres des requestes, feront un corps très-considcrable, letpiel sera cslabli par le roy mesme au lieu où il sera, et, apr^ quelques jours le numhrc augmentant, sera envoyd dans telle ville qui sera concertée, et ne s'appliqueront qu’au service du roy, et, estant unis dans une mesme volonté et dans le parti légitime, serviront très-utilement.

nC'est nostre avis, auquel vous estes conjure de faire rcsfionso prompte; autrement, si on ne prcml celle résolution <le bonne sorte, ou qu'on ne s'accommode promptement, cliacun s« crovaut inutile s’en va eliei soy. et ceux de Paris se porteront tous dans les intérests des plus forts.

• Renvoyet-moy ce mémoire et la response. laquelle je vous ferai rendri-. si vous le voulea.

«n est esirange qu'hier tous les ojiposans à M. de Rohan' firent défaut et que le roy n'ayt pas fait former une opposition par mon substitut; ipie M de Bouillon n'ayt pas fait trouver un avocat qui ayt plaidé trois hcuies durant sur la prééminence de Chasleau-Thierry et de s«» autre» terres"; que tous les autres gens de la cour n’ayent pas le cœur de traverser une aHaiie par la cliicanc , laquelle est contre le service du roy présentement et contre leur intérest, pour ce que les princes falfcctiannent. Il sera re^u demain si 011 n'y donne ordre avant l’entrée du palais ".

«Mandei-moy des nouvelles des armées, si vous en savea; de Lorvaiiie et d’Bspagne , et du lieu où le roy doit venir, si c’est chose qui soit résolue et que l'on veuille bien dire; des nouvelles de b santé de M. de Mancini*; assures Son Éminence do mon service. «

La lettre suivante de Nicolas Fuuquct, en date du i5 juillet, peut être considérée comme le complément du inéinoire précédent " ;

«J'ay reçu vostre billet fort lard; nos Messicur»* estoieni disperses et

' Bohiri'Cbabot , un des parÜMDs du pfince de Conclu. doaMixUit que porkuienl enr«giairèl ms lellm de duc <sk |>oir.

* Les IcUres-palonlo» pour r^rection de Cbéleau-Tfaterry en duebé n'«va>CDk pas enenro enregistrées par le perlemcnl.

* Le duc de Roban fut reçu le i5 juil* iet Ce œcnxNro aérait done du lé-

* Faul Mancini . blcasê au combat de la porte Saint-Antoine; U mourut des suites de celte blessure.

* Celle lettre, qui esl autograplic, ae trouve aux arduTcs des affaires étrangères , FiuacB . L CXLI.

* n «'agit toujours des tuembre» du parieoseot qui négociaient avec la cour.

UIV

fNTRODLCTIO.N.

cniç.igés en divers lieux, en sorte qu'Ü s'est passé du temps à les rejoindre, lis n'ont pas cru pouvoir «illr'r ce soir à Saint^lXn^fs. tant pour ce quil ti'y a point icy d'escorte et qu'il eust fallu bien du temps d'en rnvo)rr quérir une à l'année, qui est ii qualie gnindes d'icy. et qu'il ri'y a

point de scureté; mais la principale raison est ((u'ils rrotenl qu'il est ini- (wssibte d'aller sans csti'e vus. et d'estn* tus sans estre suivis, tout le jour et la nuit mesnie. de diverses personnes qui lev voudront retenir h souper et coucher, chacun scacliant bien qu'ils n'oiil point de gisle. Ouïr'* qu'y Otant allés avant<hicr, et ajanl dit piibliquenieitt (piîls reimircHHcnt cher i*ux et ne vouloieiit |ias demeurer à cxmchrr. il est impovsibic que le soupçon ne toinbasl sur eux. et ce k la veille d’um* response au f»arle ment. Outre i{iie Peiitrée dans la maison de 7*3 ^dr Muzurin] Otant exposée à la vue des députés qui observent tout et qui 1rs aurutcnl fait observer toute la nuit, en l'estai oii sont les alTaires, ils estinirnt que le service qu'ils poiuroient rendre dans une telle conférence ne s«Toit pas SI grand que le préjudice qu'ib apportcroiciit cl aux alhiircs publiqui>s et aux leurs en parliculier. si la cimsc estoit dcscouvcrte. comme ils nen doutent pas. M. de Chainplastmix, d'ailleurs, ayant mande qu'il vi«*ndroit les voir cette apresdisnée ou demain matin . sur un hilU-t ({u'tls luy avoienl escrit, ils ne sçavent quel prétexte ils |)ourroiciit avoir pour un <diangemcnt si subit, et cent autres raisons qui leur font croire le s<‘cr«l impossible.

U Nous estimons que les ordres sont à présent donnes au [parlement. S'ils ne le sont pas et que l'un eust dessein d'avoir leur avis Ià*drssu5. ils n'en peuvent prendre d’autre que «xdui que je vous ay iiiandi*, qui est «renvojer au parlement dés la pointe du jour une lettre de cachet du roy pour leur faire savoir les intentions de Sa Majesté; lesquelles intentions doivent estre réglées sur la résolution k laquelle on se déleniiînera; ce qu'il faut faire présentement, [>our ce qu'en tcupporisant et en négociant tout périra inévi< tabicment.

«Si l'on croît que 7a (Maiarin] puls.se demeurer et les forces du roy capables de résister k celles des ennemts. il faut retrancher toute espérance de paix et d'accommodctncnt , abii que chacun prenne son parti et que le roy appuie son autorité de tout ce qui y [Kiurra contribuer; et, en ce cas, il faut que la lettre de cachet porte la juste ind^iiiiUon du roy du refus qui

INTRODUCTION. xxv

ft C9té fftil de faire venir des députés de b part des princes et mander tout le reste du pariement

N Si au contraire [Matarin] est dans le doute de pouvoir résister et qu'il ait quelque pensée do se retirer, il faut dè'S aujnui'd’hiiy , plutost que demain, s'accorder avec M. le Prince soÜdement, pour ce que dans peu de joun il ne le pourra peut esire plus ou refusera les asscuranccs de son retour, et, les peuples devenant insolens, M. lo Prince n'en sera plus le inaistrc.

« En un mot, il n'y a personne en tout le royaume, de tous ceux qui ne sont point intéressés en cette afl'aire , qui ne dise lu mesme chose : prendre une résolution certaine; il vaut mieux quelle ne soit pas si bonne, pourvu qu'elle soit certaine et que chacun sçnche sur quel fondeiiiont il a à trax'aiiler.

M Sytost que nous aurons des nouvelles de ce qui aura esté fait demain au parlement, nous vous manderons nos seiilimetis dessus. Cependant nous nous reposons dans rasseurancc que nous serons avertis du temps du départ et de la marche du roy,

«Si mon frère’ est de retour, que ya [Matarin] nous l'envoye bien instruit de ses instructions. Nous conférerons avec lui de tout ce qui se peut faire.

« J'escrirai ik mes gens dès ce soir pour ce que vous me mandez; niais ce ne peut estre que |>our après demain au plus tost, encore si les lettres ne se perdent point. Je suis en peine d'un paquet envoyé pour cet effet.

«J'ai regret de Testât où vous nio mandez M. de Manciiii

« Il est nécessaire que M. le garde des sceaux mande icy MM. les niaistres des requestes du quartier du conseil pour venir faire leur quartier é b suite du roy, et que Ton transfère b juridiction des requestes de Thosti’l au mesme lieu où sera le parlement.

«11 faut travailler à faire sortir le plus grand nombre qu'il se pourra des officiers du parlement. M. Sainctot peut presser M. son frère; Bonneau peut escrire é son fib; M. Jeannin è ses beaux-frères. Escrirc à M. Prévost, sa présence estant plus nécessaire que tout c« qu'il peut faire; faire donner

' L'abbé Ftniquel. «u combat de la porte Saint-Antoine, ne

' Ce neveu du ceidinsl Matsiio. bbieé tards pets è suocoenbér.

ItVI

INTnODUCTtON-

foiids de «il mille livm «i moins, jwr l'ordre de M. de Guéiiégaud, pour ecui qui voudront partir; «n suite de quoy ledit sieur Giién<%oud viendra.

î M- cl M“ de Turenne eseriront à M. de Saint- Martin; M. GuiUtil, i

\ ertliamont, cl savoir ce qn'cstdcvenu son arrest; M, le garde des teeaiix. à scs amis et i son gendre; M. Le Tcllier, h Catinat et à Mario; le Bouitz des requestes. à Janvier du Metz; M. de la Vrillièr*. à Plieljpeaus. Kn Touraine, à quelqu'un de condition, adresser des lettres du rov pour faire donner en main propre é duTronchav et Boniieau-Reliel, et en tirer response; il Bourges, à M. Kraguier. Son Lniinenee peut faire cscrirc à .M. Gaudart; le père Paulin , audit sieur Gaudart et il .M. BesnanI; si M. de Bellièvre veut, M. Sevin viendra; s'il est bien intenlioimé. il faut qu'il lui donne celle preuve. M. Servicn peut faire venir M. de Baiiquemare; si Gargan est bien avec la cour, il faut qu’il envoyé son neveu de Larché, et M. de la Basiiiièrc, Voysin; faire escrire à M. Baillif, maistre des romptes, ou i M. Baillif, avocat général au grand conseil, qui est i Mantes, qu'ils fassent (sic) venir fun de scs gendres, M. le Prostré on M. Ijllemanl. •Savoir du marquis de Morteiiiart, s'il pourroit tenter Foueanit en lui promettant toutes les choses qui le peuvent loiieher. M Mesnardean avodt promis son frère; escrire à M. de Ib'Ilejambe de faire venir son fds. Lefebvrc-la- Barrc a pouvoir sur Le Vasseur et sur Vassan. Le marquis de La Vieuville, h Malo, M. le grand prévost, i Nevelel. son beau-frère.

« Mais il faut parier à tous ces gons-là avec elialcur et s'y ap|diquer fortement, et faire achever de donner ans prosens les mille francs promis, iiiesme i Brelignières et i Bordicr, et auv autres qui restent i payer, et avoir icy un intendant des finances pour veiller à tout. »

• La translation du parlement, que le procureur général demandait avec

tant d'instance, fut ordonnée par un arrêt du conseil du roi, du iBjuillet 1 65i , cl la ville de Pontoise assignée ]K«tr résidence au nosiveau parlement.

’ Il s'y iiislaUa le 6 août, et commenta è rendre des arrêta au nom du roi.

Comme lea conseillers restés i Paris continuaiciit, de leur côté, à s'intituler parlement, le procureur général proposa de publier une déclaration du roi portant ‘ «que le roy avoit eu dessein de tirer son parlement de fop-

' Le ptH^elcle dédarmtion, qui esl look can«enre agi Arclûve* de» oflâife« etmn> «jikier de U nMÜn de NicoU» f(èrea. Fmiicb, i. CL« pièce 3.

INTRODUCTION

prcuion en laquelle il a'est trouvé depoU quelque temps; que, pour cet elTet, Sa Majesté avoit envoyé ses lettres de translation dudit parlement de Paris en la ville de Pontoise , portant interdiction de toute.s fonctions et exercice de leurs charges en ladite ville de Paris , et injonction do cesser toutes délibérations; que Icsdites lettres patentes , après avoir esté communiquées pttr le substitut du procuretir général du roy aux principaux de la compagnie , elles auroient esté par lui portées sur le bureau de la grande chambre , toutes les chambres estant assemblées , lequel leur avoit fait entendre la teneur desdites lettres et la volonté du roy.

a Sur quoy , au lieu de déférer et cesser leurs délibérations , ils auroient pris les voix et, saiu ^lorter aucun respect aux ordres de Sa M,sjesté, auraient arrestr que Icsdites lettres ne seraient point lues , et mesme aucuns d'entre eux auraient esté si téméraires de maltraiter et emprisonner des colporteurs qui vendoient des copies imprimées de ladite translation, pour oster aux peuples la connoissance des intentions de Sa Majesté.

• Que tton-seulement ils ont continué leurs fonctions en la manière Bccoustumée, mais ont fait défense aux eschevins de la ville de déférer aux ordres du roy, ont esté assex osés de casser restablissemcnt du lurlement en la ville de Pontoise, quoiqu'il eust esté fait par le roy en personne; auroient cassé les arrests du parlement légitime, et se sont portés jusques i cct excès d'avoir dressé des actes qu'ils qualifient du nom d'arrests contre ceux des oITiciers et fidèles serviteurs du roy qui ont Icsmoigné leur obéissance et tiennent le parlement par ses ordres, ne se voulant pas contenter d'estre dans la rébellion et félonie, mais voulant intimider les autres et les empescher de demeurer Gdèles, et ce par un mespris et une désobéissance punissables.

a A ces causes, leur enjoindre de se rendre dans trois jours, pour tous délais, en ladite ville de Pontoise, satisfaire é la déclaration du dernier juillet, autrement et é faute de ce faire, ledit temps passé, que ceux qui continueront la fonction et exercice de leurs chaigrs ilans Paris et assisteront aux assemblées tenues par lesdits officiers du parlement, sous quelque prétexte que ce puisse estre, seront déclarés traistres et rebelles au roy. leur prorès lait et parfait suivant la rigueur des onlonnances, leurs biens acquis et confisqués au roy, les deniers en provenant appliqués au payement des gens de guerre, les maisons rasées, les liois abattus et les

XWIII

INTHODUCTrON.

<iflk4!5 supprimés, samq^rUs puUtsent revivre, pour quelque cause et occasioii que ce soit, en faveur d'eux, leurs rés^iuituires, leurs veuves ou hë rîliVp».

M Kt . pour ce qu'il ne seroit pas raisonnable que ceux qui ont obtenu dns survivances fussent punis de la faute quils nauroient pas cuinœise. enjoint à etu de se rendre pareillement dans trois jours en ladite ville de Pontoise pour y exercer les chaires ès quelles ils ont estë reras, au defaut de ceux qui les posMNJent i présent, autrement 1«^ survivances révoquées et les olTices suppnttif's.

• Et, attendu la difTiculté de faire les significations, à <^iaruti des intéri‘sses en p^irttculier, de ladite diklardUon, ordonne que la publication qui en sera faite et les afficbus qui en senuit mises en cette ville de Poiitoi»4> serviront comme significations faites k leur propre personne. •

En même temps, lo procureur général écrivait A ses substituts pour leur enjoindre de sc rendre A Pontoise' : u Messieurs, le roy ayant voulu Iniiisférer le parlement hors de Paris, je crois qu'en qualité de son procun^ur general, je suis plus obligé de suivre scs ordres et exMitt>r ses roiiimati> diuiieiis qu'aucun autre de si» oflîciers et de u% Mijets. et comme vous estes tous obligés de demeurer unis dans un mesme dessein et dans une inesme intention de vous oonfomiorA tout ce que ma charge exige de moy. j'espére qu'il n’y aura aucun de vous qui veuille ny desservir le roy en luy désobéissant , ny me désoliligcr en prenant une conduite «contraire A la mienne. C'est la raison pour laquelle j’ay cru A propos de vous informer que mon intention est de deuiGurcr ferme dans la fidélité que je dois au roy ; foire ma charge dans le parlement au lieu où il lui a plu de re<-tablir pur sa dernière déclamlion, et de vous convier d'y venir rendre le service que vous devez auprès do moy. Ceux qui y viendfTmt me feront plaisir. Je ne suis pa.s si déraisonnable que je prétende appeler ceux qui , par des raisons domestiques, auroient peine A quitter leur familJo si promptement sans en recevoir de Imcommoditc. Je laisse cela eu ht liberté de chacun, cl n'y puis trouver A redire; mais, au moins, je souhaite que ceux qui y de* iiieurcront n'atUent plus au palais et ne fassent plus de fonction de substituts. Autrement j'aurois sujet de me plaindre deux, et ils auroieiU regret de me

' BiLl. Uup. ml. fmvds Gaigniercs, n' >799. f* 39*^-

INTRODUCTION. »ix

lavoir donné. Jo vou» prie de me croire loiwjours, etc. De Poiiloite, ce 6 aouit i65a.»

Quoique peu nombreux, ce parlement de Pontoixe rendit de grands services à l'autoriU monarchique. Les arrêts des magistrats restés à Paris malgré les ordres du roi n'eurent plus do caractère légal. On ne vit plus . dans leur assemblée qu'une troupe de factieux. La cause royale, qui gagnait tous les jours en popularité, l'emporta décidément, lorsque Maxarin, s'éloignant pour U seconde fois de la France, enleva tout prétexte 4 ceux qui prétendaient ne combattre que l'autorité odieuse d’un ministre étranger, et alTcctaient m» respect hy|>ocrite pour le pouvoir royal. Le cardinal ne continua ptss moins de gouverner par rintermediaire des ministres qu il avait laissés prés de la reine.

A la tète des confidents de Maiarin exilé il faut toujours placer les deiu Fouquet, le procureur général, siégeant au parlement de Pontoise, et l'abbé Sun frère, résidant 4 Paris, en présence de la faction des princes, contre laquelle il ne craignit pas do soutenir une lutte déclarée. Les (rondeurs avaient pris la paille pour signe de ralliement, fabbé Fouquet lit adopter, par les partisans de Macarin, un morceau do papier, qu'ils portaient 4 leurs chapeaux. Les Mazarim, comme on disait alors, osèrent se réunir au Palais-Royal, en plein jour (a4 septembre i65a], et annoncer hautement la résolution de rappeler le roi dans Paris'. Le duc d'Orléans y envoya * le maréehal d'Élanipes; mais les bourgeois, qui étaient 14 au nombre de trois ou quatre conis, lui montrèrent les papie» qu'ik portaient 4 leurs cliapeaux , en disant que la pmiUt étmi rompue

Le procuj'eur général ne montrait pas moins d'énergie 4 la tête du parlement de Pontoise, et Maiarin l’cri faisait remercier par son frère : « Je vous prie d'assurer M. le procureur général que j’ay une parlàite reconnoiasance do la manière dont il agit. Vous lui manderex qu'il faut que luy et les autres du parlement |X)rtcnt les choses hautement ot avec plus de vigueur que jamais, comme il a esté concerté, parce que ceux de Paris n'oublieront rien pour afToihlir leurs résolutions ou mettre de la sédition entre eux, n'ayant plus d'autre ressource. s Peu de temps après, Maiarin

' Voy. dans les Menwirm Je MaJemoi- Mourio o4 interceplée par les frondeurs, selle (édil. OtarpenLier, t U, p. lyS), ' Voy. leJoumaldeOaAaiiSM.daénMiy, une leurn adressée par l'abhé Fouquet 4 4 U date du a4 septembre.

INTnODüCTîON.

«kriraît au procuroiir gco^rai ^ • Je vous suis trop obli^ du soin que vous

avea voulu prendre de m'infonner de tout ce qui s'est passé à Ponloise depuis mon départ, et de ce que vous «vei appris du costé de Paris. Je nny pas cscril une leUrc à M. voitre frère que je ne laie prié de vous bien assurer de mon amitié et que je me confie de tout eu vous sans aucune réserve. Je vous conlïrme iu mestne chose, et j'ose vous dire que, si vous pouviez voir li-dessus mes véritable* seiitiroeDS, vous en seriez assuréiiient fort satisfait. C'est un mal que Je nombre de ceux qui composent le parlement soit si petit mais c^omme Ton me inaiide de Compïègne que l'on y envoyoit tes maistres des n?questes. qui sont auprès du roy; que je crois que M. de Mi'smes et son ftb partoient pour le mesine eiTot et en très-lM^nne disposition de servir le roy, et que d'autres conseillers dévoient sortir de Paris pour s'y rendre, je m'assure qu'è présent la compagnie sera bien atig mentée. s Mazarin recommandait au procunmr général , vers la lin de cette lettre, de sc tenir en garde contre le cardinal de IleU. qui. disaiidt. a n'a rien de bon dans finie ny pour le roy. ny pour l'EsUt. oy pourmoy.»

On a vu plus haut qu'au commencement de Tannée i65a Paul deCondi avait pani dévoué i Mazarin; U espérait alors le chapeau de cardinal et avait besoin de la cour. Dès qu'il eut obtenu le chapeau, U sefifenna dans une neutralité menaçante. Bientôt même il redevint hostile et fut un de ceux qui exigèrent le second exil de Maxarin. 1^ ministre proscrit voyait en lui son ennemi capital, celui qui, par ses ulcnls et ses vices, était le plus ro- * duutable. «Je vous conjure, écrivait encore Mazarin au procureur général le 6 septembre, je vous conjure de vous appliquci* k rompre par toute* sortit de voies les desseins du cardinal de Hetx. 11 faut bien garder les dehors, et empcscher qu'il ne $ introduise et qu’il ne puisse jouer en apparence ny è la cour, ny à Paris le personnage de senileur du roy bien intentionné; car il est incapable de festre jamais en elTet. Vous naurez pas grande peine avec la reyne sur ce sujet; car elle le ronnoist trop bien pour s'y lier jamais. »

On voit percer, dans cette lettre, Tinquiétude mal déguisée du cardinal.

prolongation de son exil le fatiguait, et il s'avançait vers la frontière dès

' Arcb. <lc9 etrang. Lettres de \fa- * 11 s'iigit toujours du paHeineot de lann. I. XXX, P* i8é-i85 PunlmM.

INTRODUCTION

.\iii

1« commencement d’octobre 1 65i, dans l'espérance d'entrer dans Paris avec te roi. <■ Je vous remercie du conseil que vos» me donnes de m'approcher, écrivait-il, le i a octobre, & l'abbé Fouquct, et du désir que vous tesmoignet que je sois en état de pouvoir accompagner le roy i Paris. Je vous avoue coniidemnient que c’est une chose que je souhaiterois, et pour la dignité de Leurs Majestés, et pour leur réputation, et pour l'avantage qu'en retireroient Messieurs du parlement de Paris qui est il Pontoise, pour le concert avec lequel On agirait en toutes eboses. et surtout par l'intelligence que j'aurois avec M. vostre IHre, duquel je ferai tousjours une estime particulière , et je m'y lie i un tel point que je n'oublierai rien afin qu'il soit toute ma vie un de mes plus intimes amis. Je fais donc estât de partir un de ces jours pour aller à Sedan. Je ne m'avancerai pas plus avant; mais je me tiendrai prest pour me rendre en diligence i la cour aussytost que l'on le jugera nécessaire. >

L'espérance de M,izarin fut trompée. Le roi rentra sans lui dans Pans (a I octobre iG5i). pendant que le prince deCondé allait rejoindre l'armee espagnole et que le duc d'Orléans se retirait é Blois. I,e cardinal craignit que la reine ne restât entourée de ses ennemis , qui auraient prolongé indéfiniment son exil , et c'est encore à l'abbé Kouqnet qu'il fait part de ses inquié. tudes. Il lui écrivait, le lè octobre i65i : sJe suis ravi de la manière en laquelle le ray est entré é Paris, et de la résolution qu'on a prise d'en faire sortir les factieux; maisj'ay bien peur que quelques-uns d'entre eux, ou par l'entremise de leurs amis i la cour, ou autrement, no trouvent moyen d'en éluder l'exécution. C'est pourquoi je vous prie de nouveau de dire A la reyne confidemment, de ma part, qu'il faut faire avec hauteur et fermeté ce qui a este airesté lA-dessus , parce que si on souflroit que quelques-uns de ces cbels d'émeute, comme Brousael ou autres, restassent A Paris, ce seroit y laisser une semence de révolte , et cette tolérance seroit réputée une manifeste faiblesse, parce que Ton verrait qu'en mesme temps que l’on punit quelques séditieux on en espargne les chefs principaux. U n'y a personne qui puisse estre avec raison d'autre avis que celui où je vois que vous estes, et j’en ay beaucoup de satisfaction, m'assurant que c'est aussy le sentiment de M. vostre frère. »

Parmi les cbels de la sédition que Masarin craignait que l'on épargnât, le cardinal de RcU était toujours au pntmier rang. Il revient sur ce point et y

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