XXII
INTRODlJCTfON.
insiülc daii» pliuioiint IntUvsudrc^si-e» A laldic Koiiquvl. « Je rroù, lui écrivaitil , qu'il est im|>ossil>lc que le rc|>o> et l'obéissance envers le roy puissent s'ajuster avec le séjour du cardinal de lletz à Paris. Il donnera des méfiances et embnrrasscni, autant qu'il |iuuiTa , l'esprit de S. H. pour l'emiK-sclier de s'uccouimodcr et de sortir de Pai-is cl, en cas qu'elle y soit contrainte, il n'oubliera rien, nlin qu'elle ne s'en éloigne pas. et fera de continuelles cabales jiour le faire revenir et pour troubler les all'aires plus qu'elles n'ont jamais este. Je vous prie doue de <lirc à .M. le procureur général qu'il faut s'ap|iliquer .séricuseineut h ceci, comiiic i la chose qui, A mou .avis, est la plus importante. Il n'y a personne qui le connoisse mieux qui- vous, et vous savci si j'ay rien négligé pour l'obliger & cslrc de mes amis . et i|ue toutes mes diligences et ses paroles ii'out alKiuli i rien, parce que le fonds de la probile n'y est pas. Si ou le pouvoit envoyer A llonu-.coniine il a faitolfrir lui-mesme par la Princesse Palatine (Anne de Gonxague] d'y aller quand le roy voudroit, ce scroit un grand coup; mais je ne crois (las qu'il s'y résolve jamais de son grc. Je vous prie d'en conférer avec .M. vosire frère et de dire a])ri-s A la rcyno, de ma part, tout ce que vous aurer. jugé A propos sur ce sujet.
0 Comme vous estes des témoins irréi>rochablcs de tout ce qui s'est passé entre iuy et moi, et que vous savex son peu de fui et ses mauvaises inteolions, jo sais qu'il vous appréhende fort, et que, sur ce que vous marquiez quelque chose A son <lésavantngc dans vostre lettre qui a été inlcrceplce. il a dit qu'il se vengeruit de vous. A quoi je vous conjure de prendre bien garde; car c'est un homme dont l'humeur et la conduite vous doivent faire croire que, s'il eu avoit la facilite, il le feroit encore pluslosl qu'il ne le dit. »
I/abbé Fouquet et le procureur général agirent avec la vigueur que demandait Mazariii, et contribuèrent A l'arrestation du cardinal de lletz*. Ce fut un courrier de l'abbé qui l'annonça au ministre exilé. En lui ré|>ondaiit , Mazai'in cherclic A dissimuler sa joie, mais les éloges qu'il prodigue A l'abbé Fouquet et A son frère parlent assez haut:* Je ne puis .-lsscz louer, lui écrit-il le a8 décembre iGâa, l'application avec laquelle vous embrassez toutes les
' A cctle époque le duc d'OHéaiu avait ' Ce fut le 19 dcccnibrc i65a que le déjà quillé Paris, mai.v Mazarin n'en avait cardinal de Ileli fut arrêté et cnfcmié A pu reçu la nouvelle. Viuccnn».
INTUODUCTIOK. xmi?
occasions d»git pour le semer du roy. sans que la considération des ennemis (pie vous |K)(ivct vous nielln* sur les bras soit capable de vous refroidir; mais ce nest pas perdes paroles qui! faut tesinoigncr le gré qur l'on vous en doit savoir, vous estant obligé au point que jo suif des marques (TaDiilié que vous me donnei tous les jours sans aucune réMrrve. » En ctTet Masarin. rentrant en France vainqueur des deux Frondes, nouhiia pas les services que lui avaient rendus le procureur général et son frère l'abbé Fouquet.
aicoLAS rocQCRT, siiaiSTcanAirT des piNSKrKs(i653-i66t).
Pendant la Fronde, le rôle de Nicolas Fouquet avait été utile et mériic honorable. J1 n'avait eu aucune de ces défaillances qui aiiattent souvent les courages 1rs plus fermes aux époques de crise. Toujours fidèle é la cause loyale, qu'il ne séparait pas de celle de Masarin, il avait déployé, pour la servir, de l'habileté et du courage. Le moment de la n’compense était arrivé, et foccasion ne sc Ht pas longtemps attendre. Le surintendant dcslinances. dur de La Vicuvillc, mourut le a janvier i6S3. Aussitôt sa place devint l'objet de nombreuses convoitises. Nicolas Fouquet, averti un des premiers, écrivit é Masariii la lettre suivante ' :
« J'altendois avec impatience le retour de Vostre Éminence pour l'entre' tenir à fond de tout ce que j'ay connu de la cause des désordres passés et des remèdes; mais, comme la mauvaise administration des finances est une des principales causes du décri des affaires publiques, la mort de M. le surintendant et la nécessité de remplir sa place m'obligent d'expliquer à Vostre Éminence, par ccUe-ci, ce que je m'estois résolu de luy proposer de bouche à son arrivée, et luy dire l'importance qu'il y a de choisir des per* sonnes de probité connue, de creidit dans le public et d’une Bdélité inviolable pour Vostre Éminence. J'oscrois luy dire que, dans fappiication que j'ay eue, en m'informant des moyens de faire cesser les maux prèsens et en éviter de plus grands h favenir, j'ay trouvé que, le tout dépendant de la volonté des surintendans. peut-estre ne serois-je pas îiiuliie au roy cl à
' Celte lellrr, eo date du a janvier (Arcb. des affaire» etmng. PnsNCK, l (X, i6&3, e>< aulographe et «a partie chiffrée pièce i8.)
\x\tv
lNTnOUU(;TION.
Vostrc Kiiiincncc, si elle avoit agréable de ni'y employer. J’ay examiné les nioyenx <t'y réussir; je .sais que ma ehai^e ' nVst point incompatible , ut plusieurs de mes amis, qui m'ont donné, celte pensée, m'ont oll'crt d'y faire de.» efibrts, [Wiir le service du roy, assez considérables pour n'esire pas négligés , de sorte ipie c'est à Vostrc Kminence & juger de la capacité que dixbuit années de service dans le conseil en qualité de maistre des re<|ucstes et PU divers emplois me peuvent avoir acquise; et pour ralfectiuii et la lidélilé i vostrc service, je me flatte de la pensée que Vostrc baninenec est persuadée tpi'il n'y a personne dans le royaume à qui je cède. Mon frère en sera eaution, et je .suisasscuré (pt’il né vondroit pas en donner sa parole à Vostrc b‘mincnce, quelque intérest <pi'il y ail en cc qui me tourbe, s'il ne voyoit clair et dans mes intentions, et dans la conduite que j'ay tenue jusques ici, et si nous n'avions parlé & fond des intéresls de Vostrc. Kminence dans cc rencontre; et je puis lui protester de nouveau qu'elle ne sera jamais trompée quand elle fera un fondement solide .sur nous, pui.stpic personne au monde n'a plu.s de léle cl de |)assion pour les avantages et la gloin- de Vostrc Eminence. Je la supplie que personne au monde n’eiitcnde |>arler de cette alfaire (|u‘elle no soit conclue^.»
Malgré la reconnaissance de Mazarin pour les services que lui avait rendus le procureur general, il hésita longtemps entre les divers candidats è la surintendance, lin journal inédit de l'époque’ énumère les jsersonnages qui prelenduicnt à cotte charge : « .M. le président de Maisons se fondoit sur l'injure qu'il avoit reçue d'en avoir esté ostc. .M. Sem'en alléguuit scs longs et fidèles services. M.M. les marcschaux de L'Hospital et de Vilicroy ajuutoient aux leurs quantité de raisons partiiailièrcs et de bienséance. M. de Rordcaux, intendant des finances, se mettoit aussi sur les rangs et préteiidoit y avoir bonne part. M. Fouquel mesme, procureur général au parlement, n'y renonçoit pas, ni qiielque.s autres encore. »
Parmi ces candidats, un des plus autorisés était .Abel Serviun, qui avait rendu d'cim'ncnts services dans la diplomatie cl pendant la Fronde. Il .se plaignait de n'en avoir pas été récomjtensé, et il écrivait è Mazarin, le
‘ Lt clisrgc de procureur ginéral, que Nicnins Fouquel avait obleour en i65o.
’ A U suilcdccellc lettre, il s'en trouve
une, cgaiemciil.-iutographe .del'abbe Fouquet, qui se |>ortc caution |K>urson frère ’ Bibl. imp. ms S. F. n.AS c htt, r.Aai .
INTRODUCTION
\Xi\
i" jBiiviiT i653* : Il Pour moi, je ne manquerai jamais 6 mon devoir, quoi qu'il arrive-, mais resccmpledu Iraitcment que je reçois, chacun voyant comme je sers, pourra refroidir beaucoup de gens. Je n'ose |>as dire é Son Éminence tout ce que j'ai dans l'amc sur ce sujet, et combien je serois malbeurcux si ceux qui ont plus de crédit que moi sur l'esprit de la reyne pouvoient cmj)cscber que mes services ne fussent agréables à Sa Kiajesté. Son Éminence sait bien que le plus grand de tous les déplaisirs est de serrir y no agradSr^. Je ne lairai pas d'avoir la patience qu'elle m'ordonne; car, outre quelle ne peut pas estre bien longue 6 un homme de soixante ans, il ne scroit pas bien séant d'en manquer ,1 Cet ége. Je suis le seul du royaume (pii, depuis vingt ans, suis allé en rétrogradant, et qui, niesme dans un temps ob tout le monde s'avance et s'establit avec tant de facilité. n’ai ni charge ni aucun establissemcnt solide après trcnto-six ans de fidèles services, et, si je l'ose dire, assez considérables pour un homme de ma condition, h
Un des partisans dévoués de .Mazarin insistait vivement en faveur de Servien Après avoir signale les vices de l'administration financière et les qualités nécessaires dans un surintendant, il continuait ainsi : a Je sais qu'il est rare de trouver un homme avec ces belles qualités; mais si je ne craignois moi-raesrac de passer pour intéressé, j’en nommerois un qui pourtant ne m'a jamais fait ni mal ni bien, et je pourrois bien jurer avec vérité que j'en espère si peu, qu'il y a plus d'un mois que je ne l'ai vu ni ne suis entré dans sa maison. Vostre Éminence se le peut déjà imaginer, c'est M. Servien, qui a déjà la voix publique et pour qui je sais qu'oii a fait publiquement en ce rencontre des vœux dans la chambre des comptes et à la cour des aides; mais on ajoute qu'il ne les aura pas, parcequ'il ne fera point d'olfres; je sais aussi qu'il se défend d'y prétendre; mais quand mesme il n'en voudroit pas, les plus sensés que j’entends discourir disent qu'ils ne voient pa.s comment, estant si homme de bien, si capable et si avant dans les affaires. Vostre Éminence peut se dispenser de les lui offrir. »
Cependant Mazarûi hésitait toujours, et, sans contester le mérite de
' Lettre autographe en partie chiftrêc. ’ AfTairer étrang. Fai.scx, l. (iXLIX, (Areh. des «ff étrangères. FatNce,!. CL, pièce i A. Cette lettre est datée du lojan-
pièce g.) ricr i653
' Servir et non agréer.
HWI
/NTRÜDUCTION,
Scrvieii , prétendait qu'il clait peu propre i l'adminutratian dej> fiiiairm. uCest un qrand inaUicur pour moi. écrirait Serrion, le a 5 janvier, i l'un des ronlidents de Mar,arin que .Son Kniincnce, qui a vu de tout temps des emplois plus pénible» que rsdui li réussir a.»ei iieiireuaement entre mes mains, juge le soin des finances trop laborieus |K)ur moi. Cela veut <liiv quelle ne me juge pas capable de graud'cbose, n’y ayant (M)int de rliarge mi il faille moins de travail, et l'exercice de celle<i consistant plus é avoir de la prévoyance, de ta fenneté et de la probité qu'é csire laborieux, dont il ne faut point d'autres preuves que l'exemple de M. Bulliuii, qui l'a fort bien faite de son temps , quoiqu'il n‘en ail jamais su te didail , qu’il ne le Iravaillusl presque jamais et qu'une des principales parties lui manquasi , qui est la probité. M. d'Kfliat ii'avoil |uis aussi beaucoup irappticatioii aux aHairirs, et travailloit fort peu. M. d’Émeiy et M. de .Maisons doniioient plus de leur lem[» aux intrigues de la cour, à l'enlrctieii des dames, aux fissUm, au jeu et aux autres plaisirs qu'au travail des affaires, dont ils se reposoieni sur de.s inférieurs; et, pour vous dire le vTai . il faut ronidure qu'un hnnnne, qui n'est pas capable de faire la charge de svu'iiitendanl, est indigne pour jamais de toutes les grandes charges du royaume, où il faut nécessairement apporter plus de travail et cTassiduilé qu'en celto-lé. »
.'\u milieu de toutes les sollicitations qui assiégeaient .Maiarin et qui étaient si inanifesteDient intéressées, on aime A entendre le consr-il d'un homme alors obscitr, mais destiné A réparer les fautes des surintendants se» prcdi-cesseurs. J. 0. Colbert, simple intendant de .Maxarin, lui ■•crivait le A janvier 1 653 * : «La reyiie me fit hier l'honneur de me dem.rnder si .M. le surintendant défunt avoit fait de si grandes affaires pour Voslre kinineiice , et de telle nature que , pour les tenir secrètes , elle fust obligée de laisser les affaires en l'estât quelles estoicnl, sans donner l'autorité aux directeurs *, afin de la conserver i M. de Bordeaux. Je fis respoiisc à Sa .Majesté qu'il ne s'estoit passé aucune «Ifaire dont je ne fisse le rap|H>rt à Sa Majesté en présence de deux mille personnes. Elle me dit qu'elle le croyoit; mais que M. Oiidedei*. avec la Princesse Pabtine, lui avoient voulu persuader le
Aixh. iJea affaires etraag. Fasai.e, en ce nsomeiil MM. d'Aligre H de Mn- I. C.VLIX , piété lÿ. ruigi».
* /èid. I. CL, |Mcce s5. * Zcmga Ontlccfet. erèque de Fr^aa.
* Les directeurs des tsnacicei étaient était un des parents de Maiarin.
INTRODUCTION- jivïvii
contraire. Je ne ferois pas ce discours À Vosirc Éminence »il n'avoit été fait par U reyne mesme, de qui Vostrc Éminence le p<;»t savoir, et je crois estre obligé en conscieocQ do lui laire rapport d'un discours de cette nature. Je U supplie seulement que personne ne voie ma lettre.
«Pour ce qui i»l de l'esUblisscment ^ à faire, Vostre Lminence voit et coiinoist fort bien tous les sujets qxii en sont dignes, et je voudrais que personne ne se mrslast de lui donner son avis sur une matière si délicate. Ma raison est que je vois peu d'avis qui no soient fort intért^^s, et Je le connms si bien qtie, crainte que, si jen disois quelque mol à Vostre Eminence, le mien ne fust mis au rang des autres, j ainve nnieux m'en taire tout à lait, joint que je crois certaimimenlique Vostre Éminence choisira beaucoup mieux , quand clic aura l’csfïrit libre et débarrassé de tous les avis et de tous les rafiports de personnes intéressées à pro[K>ser et i exclure. Je iie puis |K)urtant lu'einpescher de lui dire cet deux mots, quelle se dorme de garde de ceux qui sont d'esprit ü sacrifier et à donner i>eaucoup aux subalternes pour avoir plus de facilité de troiii]>er le principal. Cest en deux mots le désordre du temps passé, (pli est celui de tous qui peut apporter le plus de préjudice aux alTaires de Son Éminence et à l'Estat. »
Mazarin se décida enlin (B février) à nommer deux surintendants. Abel Servien et Nicolas Fouquet. l«e second reçut en même temps le titre de mi nistre d'État; mais, pendant plus d'une année, il eut peu de pouvoir. t<e choix de Nicolas Fouquet avait été loin d'obtenir U même approbation rpie celui de Servien. Ee cardinal, voulant donner quelque s.itisraction aux can didats évincés, multiplia les charges de finances. Il adjoignit aux deux surintendants trais dircctcura des finances, un contrôleur général et huit intendants. O Leurs appointemens, dit fauteur du journal que j'ai déjà dté^, et les gratifications ordinaires qu'ils recevoient ne consommoient guère moins d'un miltioii de livix» par an. *
l>a commission donnée par le roi aux surintendants est datée du 8 février i653. Elle ne subordonne point Fouquet à Servien, comme fa prétendu un historien, dont l'exacUtude ordinaire s'est trouvée ici en défaut^. Les
' Colbert enleml par là la pl*c« de sur- «Uos l'IntrodurtkMi au tome 1 du Joarun/ iiUendam. /OfiviVr d'Omanon, p. lxxvji.
' Dibl irap. ms. S. P. n* i a58 c (èû) , ’ flufarc dr ta France U miait*
t* Il a «té queiiMMi de ce journal râm de Werantt, par M. Bazin, L II. pw 3o^
«\»vin
INTKODÜCÏION.
trésoriers de r«|)ergiie ont ordre d'obetr à Tun comme è f autre. L'accord lie dura pas longtemps entre les deux surintrmUnts. et il fallut cpi'un arrêt
(êdii. On trouve le teste ilo U
ot^inmission Ktyalc <Uits un manuMrrit de U BihUiilKèque impériale de^ cifX| cenU de rolbert. n* a35. Comme il »‘r*t élevé <|ueiqu« doute aur ce pniol, je pubh>f«i ici «n note le texte niésne de U cwuntf- »ion : • LOI 15, per U grâce de Dieu» mjr de Franoe et «k Navarre» à nœ omet et léaux les sieun comte Senrien. marquU de Bobdau|dMn et de Sablé, rommaiMteur et Mirintejvdant dea ftnanres de m» ordres . l'un de nos mimstrea d'Lstal . et Fouc«|uet . eonaciller en onslrc coasril d'EUtat et iMMire pnicuieur général en noetre cuur de parlement de Pari», salut : 5i U pmbitc et la sciesKT «ont 1m verlu* iiéressairrs ptmr parvenir é la promotion des grandes ebargea, et si rlles demandent de longiira expérietktn |M>urs*eD acquiUeravec U Ude- Ulé et le bon ordre que les alSaires roquié' rent , il nous a semblé ne pouvoir fairL* un meilleur eboît que de vos personnel pour rxerrer celle do surintendant de n«« fiiianoe». qui e*t à présent vacante par la nsort du sieur doc dé La Vieuvttte, le* grands emploi» qui sous ont mccsaammrfU occupêi dedans et dehors le rojaulme pour le bien de cet le» preuvea que
vous avex luusjours dosinèes de «os Ire xéle et expérience pour en soustrxur lea inlérests et U grandeur iKm-t coDrimsent dons retle créance ci nou» Sont espérer que vcMt» vous acquitterez si dignenveot de celle imporlanlu ndininnlralioa que le public n'aura pas moin» de sujet d'en c«tre satisfaici que nous. Kot-s, pour ce* causes et autre» cunsidéeatiuns à ce nous mou- «ani. vous avons constitué», ordonnés et
establis. cooalituons, ordoiinuiis et e*lablissun» parce» |>r«»enles sigiict>» de oostre main, pour faire et extrti r U charge de surialrndans de nos Bnances, avec un plein et entier pouvoir dVn ordonner H de les admùsMlrer ain»v qu en vos nin' scienoes vous jugcrci estre necessaire pour lé bim de nostrr service, cuuMoe ausaj pour jouir de ladirle clsarge aux mesme» boiftieurv, autorités. prérogative», prééminencM, fonctions, ntab et appoinlemen»
tels et aemhtâblcs qu'en a joui ledict feu sieur de La V»eu«iJlc et le» autres qui i*4»nt précédé dan» cette diarge. »an» que de ladicte sdnûnislrelson vous soyez tenus d'en irndrc raison à neutre chambre des comptes nv ailleurs qu'a noetre personne, dont nous vous avons dr nmitrr gnsoe spéciale. piriiie puissance et autorité royale relevéa et di^nsés, relevons et dM|tcnson» , par ces dictrs présrnir» , de ce Esirr , vous avons donné et donnons plein pouvuer. autorité» comnuMion et nsandemenl spécial. Msivnoxs cl oanoaxoxs aux Iréso rien de oostre esparypie prévena et a «enir et autre* nosollirier» des rinanrps et comptables gétirmlemcnt quelconques qu'il ap' parliendra» qu'en ce faisant il vous obéissv'nt et entendent cLIigemment aux clmsc*» t-oncernani ladkie dtarge : deffenduos aux susdicts cnmpiaMf» darqnitb’r aucunes ^tardes de domouaulrmient queiroiique»
acquît* qui leur en soient expédiés, s'il» ne sont visés et acoompagné* de vos ordonnances particulières, aituy qu'il a tousjour» C4tè pralicqué et observé- Man dons auzdicts trésoriers de nostre espargne de vous payer, dtacun en l'antvee de son
INTnODUCTION. xuu
du Conseil diktat déterminât nettement les fonctiotvf de clt&cun d eux. I) fut rendu le i4 décembre i654 *. Servicn était chargv* exclusivement des dé pen.<ies, et Fouquet des reeetles; ce dernier traitait seul avec les fermiers des impôts et les fmanders qui faisaient des prêts à l'Ftat. Ainsi toute la partie délicate du système financier était exclusivement attribuée 4 Fouquei. Cétait ocllo oii l'on pouvait lo plus facilement se livrer à des malversation!*. Comme il importe de préciser ce point, je dterti tcxtueüemcnl le passade de l'arrêt du a 4 décembre qui concerne Fouquet :
H 1^ dit Fouquet pourvoiora au recomrement des fonds et des sommes de deniers qui devront estre portés à fespai^ne. et à cet elfect le dit sieur Fouquet fera l'omplcr les fermiers et tmitans, leur alloiiaiu en de4f>ens«' tout ce qu'ils auront payé, en vertu des quittance» et billets de l'espar^ttie expédiés 4 leur dcscharge sur les ordres desdits sieurs surinlondaiis. 11 arres> tera aussi tous les traités, prests et avances, examinera les propositions de toutes les affaires qui se présenteront, fera cpie les édits, déclarations et arrests nécessaires soient dressés, en fera poursuivre l'enrcgistrcnicnt partout 0<i besoin icra.n Ainsi Fouquet était seul chargé de fournir les sommes, dont Servie!) râlait IVmpfoi.
A cette époque d'anarchie administrative, où les traitants profilaient de la détresse du Trésor pour prélever des intérêts usuraires «t amasser des fortunes scandaleuses, las surintendants faisaient preuve d'une rare probité en repoussant les ofl'res des financiers. Fouquet n*eut pas ce courage. Il mit son génie, souple et fécond en expédients, à la disposition du principal ministre, qui avait sans cesse besoin d'argent. En n>éme temps, il se servit des dangereuses ressources dont il disposait pour satisfaire ses passions. Le crédit de son frère contribua pendant quelques années à le soutenir dans cette fortune brillante et pénlieuse. L'abbé Fouquet ne s'était pas
exercice, les estiU, pensions et appointeiisens qui vous serom artiofinés, et que nous voûtons «sUc pesiés et alloués en la Hespense de leurs comptes per nos ^més et feaux les gens de nos comptes â Paris, auxquels nous mandnns ainsy le taire sans difficulté; car rat car Morras sLatsta.
Doimé k Parts le buitiènie jour de febvrier.
fan (le grâce i653, et de noslre n^ne Je dtiiimo- Signé LOCIS, et plus bas. par le roy. ne GotaÙAcn.» Le texte de cette commision a été imprimé dans les Défemrs de Fou^jul.
' On le trouve duu le même manuM-nl à U suite du précédent.
INTIlODLCTION.
oublie dan» la distribution des favcun< Comblé de bénéfires eodé»iast»qups. U fut chargé, sans titre ofliciel. de la police n*cré|e et de ta direction de U Bastille. Sa posilion auprès de Maxarin rappelle celle du père JoM'ph aupr^^ de Richelieu, celèbn* capucin n'avait pas plus de titre oflTiciel «pie l'abhe Fouquel, et cependant les alloires les plus considérables de la France et de l'Europe passaient par ses mains. Avec moins de grandeur, l'abbé Fouquet fut une sorte de minUlre de la police, « liargé tout spécialement de veiller i la sûreté du cardinal et de déjouer les complots qm* le» factions vainni<>s ne manquèrent pas de tramer contre lui.
I>és i663, raniiée même du retour débnitif de Mar-arin en France, des lettres interceptées et portées à fabbé Fouipiet le mirent sur la trace d'nn projet d'assassinat contre le cardinal. Il en découvrit babilcmeiit les auteur», dont fun« grand maître des eaux et forêts de Ikmrgogne, »e iiummail Cliristopbr IWriaut; et l'autre était un aventurier, appelé Ri«'Ou» , qu'on re gardait connue un émissaire du prince de Condé et de. de rbàtillon. 1/abbé Fouquet se diargtîa de les faire arrêter. • Rirons, écrivait-il à Ma zarin le 1 6 septembre 1 653^ est en cette ville (Paris), et s'en ira à Mcrlou^ s'il peut cschappcr. S'il plsist a Vostre Eminence de donner à Du Mouchet. clicvau-lcger, qui s*cst fort bien conduit et avec all'ei'tion. huit des gardes de Vostre Éuiinenre, il ira demain, à la pointe du Jour, à Pierre- Fitte. tpii est un passage où indubitablement donnera Ricous. MouHiet le coniioisl. Jai des csj)ions en di.t endroits pour l'attraper, et, voyant qu'il y va du service de Vostre itminence, je ne fais autre chose que d’y travailliT Jour et iiiiîl, et j'ose dire, avec as.sei de riscpie, puisque estant desroiivert, on n'en veut plus qu'À moi. >•
Ricous fut, en eflét, arrêté ainsi que Rertaut, et tous deux Jugés par une chambre de Justice qui fut établie a l’Arsenal et que présida le chancelier Ségiiier. L'abbé Foiupiet se chargea de presser la condamnation, comme le prouve Je jiassage suivant d'une de ses lettres en date du i o octobre 1 653 * ; «Je verrai auJourtThuy M. de La Marguerie (cétait un des Juges), de la part de Vostre Éminence. Il semble qu'il se refroidisse un peu , à ce «jue m'ont dit deux ou trois de la clmmbre. » Dès li<! tendeinain, la condaiiina*
' Archives des alT. étrangères Framcs . de Chélilloci. ~ * Archivt?s des àS. etrafi- I CL. p. i66. gère». Fassct.t CXUX, piété ix5.
* Terre qui appsiirnait a la <lucbe»e
INTRODUCTION. ui
tion avait ^té prononcée et le jugement exécuté, a Comme je fînis ma lettre , écrivait l'abbé Fouquet le 1 1 octobre à Mazarin ^ des gens que j avois en* voyes pour tenir la main à rcxéculion aont revenus. Tout s'est passé fort doucement. Les lettres ont esté bnislèes par la main du bourreau, et les criinîneU ont esté estranglés avant que d'estre roués, n
En même temps que l'abbé Fouquet déjouait les coinplou contre ta vie du cardinal, il s'occupait de tous tes détaib de radmiiiUtration, sunreîlUit le parlement, faisait payer exiKiemenC les rentejt de l'ittat et signalait avec inquiétude les progrès du jansénisme. Dans un mémoire destiné i servir d'instruction à un des agents qu'il envoyait à Mazarin, il s'exprimait ainsi* : » Après avoir rendu mon paquet à Son Kmincnce. U rinfomiera des allaires de Paris, qui consistent principalement en trois chefs : le premier regarde le parlement , qui se vante d'esclater si la chambre de justice n'est révoquée, pour la révocjition de laquelle le premier président a escrit en cour, à ce qu'ils disent. lisse promettent d'y faire Joindro tous les autres parlement, et espèrent csirc protèges par les mcscontens, qui ne sont pas en petit nombre. Le second reganle fesUt de la religion, qui commence k se brouiller ouvertement, cliacim prenant parti, et cela de la mosme manière que les choses se passèrent en France, lorsque flierétie de Calvin fut condamnée. Â quoy il seroit très à propos de remédier. Si Son Ëmîneiice m'ordonnûit den conférer avec M. le chancelier, qui est fort intelligent et très télé, l’on |M)UiToit trouver des remèdes à ce mal qui deviendra grand s'il est néglige, bien entendu toutefois qu après avoir trouvé les expédient un les communiqueroit k Son Éminence, sans l'ordre de laquelle rien ne seroit exécuté. Le troisième concerne l'cstat du peuple, que l'on suscite par tCMites sortes de voies en semant dans leurs esprits do très pemicieusos opinioas sur la conduite des alTaires, sur resloignemcnt du roy, sur son éducation et sa manière de vivre particulière. Il arrive id tous les jours des gens de M. le Prince, surtout depuis que M. le prince de Conti et M** de Longueville ont liberté d'y envoyer qui bon leur semble. «
Le zèle et l'habileté que ne cessait de montrer l'abbé Fouquet attirèrent de nouvelles faveurs sur lui et sur sa famille. En i65i, il obtint la survi-
* Arcb. des •0ftire?té(rangèfe». Fasses, est reujki à une leUrecUtèc du a5 sep* L CXLiX, pièce i3i. IcmlHV i6â3>
' HùL i. CL, pièce 178. Ce méoioire
INTRODUCTION
vïinc** de U chaîne de procureur général au parlement de Paris *. En même temps son frère , Nicolas Fouf|uet, entrait dans le plein eaerrire des fonctions de surintendant, et la |>arUgeail complètement avec le comte Servien. Il était surtout chargé de fournir au canlinal rargent quVxigeaîent les dépenses de la guerre, rorrespondancc du cardinal Maxariti avec J. B. Colbert, qui était alors son intendant, eu fournit de nombreuses preuves*. Il lui écrivait le i6 mai 1667 ; «Je vous envoie deux ordormatices [>our [>réH*iiterà M. le procureur i^néral, qui ma promis de donner ordre pour leur expcnlition. Vous lui direz que celle pour le pain de Catalogne * a esté diminuée de ÂiS.ono livres de l'année passée, etc.» II y avait aussi des fonds secrets, |KHir lesquels insistait Mazarin; on les apjiclait alors c^rdonnances de comptant, le roi, ou plutôt le ministre, écrivait sur lordonnanrc de (sacrement s Je sau le motif de crtte dépense. On voit qiion en dérobait, autant que possible, le contenu à Sers‘ien; qtioique ce mmblre fût spccialemciit cliargé des dépenses, cétaîl Fotiquet qui en avait le secret, Masariii écrivait é Colbert, le ao mai 1657 : «Je vous envoie une ordonnance de comptant de 3oo.ooo livres, de laquelle vous vous servirez auprès de M. Servien, <^mme M. le procureur général voiu dira, prenant garde qu’autre personne que luy nen ait connoisaance. Cette ordonnance regarde en partie M. Le Tellier^; maU vous prendrez tel prétexte avec M. Servien. que vous concerterex avec ledit sieur procureur général, afio qull paroisse que cela regarde lc9 alfaires générales plus que les particulières des pers<3nnes que le roy O résolu gratifier. »
Dans la même lettre, le cardinal insUtait encore |>our le pavement de diverses sommes, et entre autre» de celles qu'il avait perdues au jeu. C'était toujours à Nicolas Fouquet que Colbert devait s'adresser. «Je crois, lui écrivait Muzarin, que cette lettre vous arrivera plus tost que le mareschai deOrammont, qui vous présentera deux billets de ma part et plusieurs ordonnances, desquelles vous recevrez ci-joint un mémoire que le sieur
te pàio desliné à l'Himèe de CaUlogne. La franco mUv^eiMÎt alors dc»t Ur>upo« dans cette pmviivco , dont clic avait conquu une partiki.
* Mic]Mï)L.eTel|»nr«taU»er.rétaired'Élat H cliargé du itépartaokent de la guerre.
' Journal ms. Bibl. iaip. 9. F. n* ia58 d(ftu).F i85.
* Lm lettres nriginaio. pour la plupart intngraphea . setrouveni dans le Rinds Baiute, a la Bibliotbôqnc impériale, ms.
* C'csl-a-dirc. l'ordoonancc pour payer
INIROÜICTION.
XUII
de ViJlaoerr * fail. Un des billeU «st pour payer huit mille et tant de livre» qu'il m'a gagnées, et vous reprrndrei cette somme sur le fonds que je vous ai mandé; l'autre est pour parler, de ma part, i M. le procureur général, pour faire acquitter les ordonnances qui le regardent sur le courant de ce mois et du prochain, etc. s Ues exigences de Maiarin embarrassaient souvent Fouqurt. Colbert, qui é cette époque, gérait les affaires du cardinal un peu aux dépens du Trésor, pressait le surintendant de retnhourser les avances faites par le ministre pour l'entretien des garnisons, et entre antres de celle de Brisach. Colbert écrivait à Maiarin le i3 mai : q Je ne manquerai pas de proposer i M. le procureur général d'assigner les 3 16,000 livres pour une année de Brisacli, sur l'aliénation des rentes sur les entrées-, ce que Je ne doute point rpi'il accepte, puisque cela le deachargera d'un grand argent (^'il serait obligé do donner. J'ajouterai à cola que je trourois (|ue Vostre Eminence aroil dans sa maison asseï de bien sur le roy. » Mozarin lui répondit en marge : <11 scroit bien mieux d'avoir de l'argent comptant; mais, au defaut de cela , une rente sur les entrées ne sera pas mauvaise , parce que mesme on la pourra vendre. Souvenex-rotis seulement que pour cela M. le procureur général ne lairra pas de donner le reste comptant, ainsi qu'il a promis faire depuis longtemps, s
Fouqnet, sans refuser positivement les rentes, montrait la difficulté d'en procurer immédiatement. • J'ai parlé i M. le procureur général , écrivait Colbert i Masarin, le si tuai de la même année, pour me donner des rentes pour les 3 16,000 livres de la garnison de Brisach, en déduisant les So,ooo livres d'argent comptant qu'il a promises il y a longtemps. Il ma dit qu'il payerait dans peu Ica 5o,ooo livres, et pour les rentes qu'il aurait beaucoup de peine à en pouvoir donner pour ce qu'elles estoient distribuées entièrement, et qu'il aUoit néantiiioins travailler à en retirer pour la plus grande somme qu'il luy Scroit possible. »
Colbert, qui administrait avec liabileté la fortune du cardinal, le voyait avec peine s'engager dans des entreprises de foumiltu-e , qui donnairnt de grands embarras et rapportaient peu de bénéffees. .\prés avoir parlé d'autres affaires analogues, il ajoutait ; «J'oserois dire la mesme chose du pain de munition' de l'armée de Catalogne, qui asseurémenl donnera du desplaisir
' 11 T a (Uai Le leste paim de inaaioe; niH» c'est sens doute une ebrévielion pour mm- Rséoit.
ÏUV INTKODUCTION.
à Voslrc l^mmenrc. l/armec sera mal s«me; le mesnaçe sera peu oonsidénibie» et, par-dessus tout, ii cou&tcm une infinité d'a^'ent à Vostre Kmineiice. Quand j'ai oui parier de ce dessein, j« croyoïs que le fonds de cette fournitun* k payeroit par mois, comme les autres despenses de la guerre ; mais, M. le procureur général ra'ayanl dit qu'il luy estoît tmp04sible de donner autre chose que des assignabons et que Vostre Éminence ne luy avoit deuiandé que cela, je commence é connoislrc que nous avancermis la plus grande partie de cette foumiture et peut-estre tout enti^ avant que nous puissions recevoir aucune chose. Le rei ouvrement des as^ig^lations ne se peut faire ensuite qu'avec quelque mauvais elTet, estant impossible d'empescher que le nom de Vo&lre Éminence ne juiroisse point, et que ceux sur qui on est assigné ne le publient partout, parce qu'ils en tirent quelque considération; par exemple, M. le procureur général m ayant dit qu'il aasi* gneroit cette des pense sur une fabrique de menue iimiinoic que l'on va faire dans tout te royaume, il est impossible cfeinpescher que les traitans m» connoùsent que ces ass^nalions auront esté données pour le remboursement do Vofitre Éininence. et qu'ils ne disent ensuite, dans toutes les provinces, que eeUe fabrique est pour elle. •
Maxarifi, dans sa réponse à Colbert, insiste toujours pour être |iayé en partie en argent comptant. «Vous direz à M. le procureur général qu'îl m'avoit fait espérer de ne donner pas sculeinctit de bonnes assignaUons |>our le pain de Catalogne, mais aussi une partie en urgent comptant, puisque les garnisons ont esté entretenues jusqu'é prescrit et que Ion a fourni du pain i t'aitnée ii y a déjà quelque temps. Je vous prie de luy en parler et de le presser là-dessus, luy faisant coniioistre que, Ion mesme que l'on despense le tiers davantage dans la fourniture du pain de Catalogue. M.M. i<^ surintendans ne sc sont jamais défendus de donner à l'avance une somme d'argent comptant. » Quant à la part <|u'il prenait aux marchés avec les tmitans. Masarin indique un moyen facile de la dissimuler. «On peut rctiiédier à cei inconvénient en faisant paroistre le nom d'Ubert ou tel autre que vous jugerex à propos, estant absolument nécessaire que mon nom ne paroisse pas. n
Le cardinal pressait toujours Fouquet |K>ur le remboursement de ses avances. Il écrivait encore à Colbert le ta juin ifiSy : «M. le procureur général m'a escrit quÜ avoit ajusté avec vous diverses choses tendant à me
INTRODUCTION. uv
rctnbouner« et M. l'abbc Fouquet. qui me rendit m lettre, me confirma la mcamc chose de vive voix. Je scroîs bien aise de sçavoir ce que cest. Et cependont je vous dirai que. par le retour du niesmc abbé, j'ai fort pressé le procureur général de me tenir la parole qui! m'a donnée de me sortir des avances que j'ai faites depuis l'année passée, estant plus qu équitable de le faire au mesme temps que, par la quantité d'affaires qu'on a faites en dernier lieu, lui, procureur général, sort de tous les engagemens où il estoit entré pour 1e service du roj, avec une différence que je n'ai jamais tiré un sol dTintérest de tous les miens. Je vous prie de parler en cette cotiromitlé et presser pour les a 00,000 cscus qu’on a envoyés 00 qu'on doit envoyer en Allemagne. Il in'a escrit aus.si qu'il employeroit Contnrinl et Cenami ' dans la fabrique des petites tnonnoies , et l'abbé a ajouté qu'on avoit mesuagé en générai un donatif, duquel je pourrois disposer. Vous vous infbrmerca donc de la chose, et vous sçaurcs aussi de Cenami si la compagiùr qui veut prendre la chose fera le donatif dont ü m’a autrefois parle, n
La correspondance de Masarin et de Colbert est remplie de détails de cette nature. Il s'agit toujours des avances faites pr le cardinal et de scs instances pour en être remboursé. Je me bornerai à une dernière citation. Colbert écrivait au cardinal, le la juin : «M. le procureur général m’a dit qu’il faisoit estât de donner, sur une affaire qu'il avoit proposée à Vostre Eminence, qui regar<le Ica inlendances des finances, 3oo,ooo lisTes pour le roy de Suède, le remboursement de ce qui reste deu è Vostre Éminence, de l’amicc dernière, et les loo.ooo livres du pain de Piémont. Pour la garni* sou de Brisach . U m'a dît que , toutes les rentes estant engagées . il n'en avoit pu retirer que pour as,5oo lims de renies, faisant iSo.ooo livres en principal, et qu'il me feroit pyer 5o,ooo livrc.s d’argent comptant, n Ces conditions ne satisfont pas encore Maxarin. Il répnd à Colbert : u Vous pourrex dire à M. le procureur généré qu'il eust esté bon que j’eusse esté remboursé de ces dernières avances sur des affaires faites et non ps sur cellos qu'il projette de faire; et il me semble que. sans présomption, je purrois ostre considéré comme les autres qui ont fait des avances, et qui ont esté remboursés sur les dernières affaires qu'on a faites et qui sont pyés des intéresls jusques au dernier sol, pndant que je ne sais pas cc que c'est
' Benquien iuHcns, aaxq\ieU Maurin ttsit confié une prbe de u fortuac.