‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 36 sur 83 · I.‘uB dit que Sapbo foopire Pour k ÀkIo PcUiuoa · texte numérisé non relu

I.‘uB dit que Sapbo foopire Pour k ÀkIo PcUiuoa

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l’amitié possible sur Thistoire du procès de M. Fouquel. Je leur mon- Péfow i6«e. (rai mes escrits et mes avis, dont ils furent fort contens.

Le jeudy lo février, mon fils fut reçu au Chastelet avec toute l’honnestcté possible. Messieurs ne luy ayant pas fait prendre de loy et luy ayant fait presler le serment. Après son information jugée ,

MM. les présidens de Fourcy, de La Grange, de Lezeau, conseiller et abbé de Colanges , d'Eaubonne , nous assistèrent à l'entrée de Messieurs avec bien de l'amitié. Enfin mon fils entre dans cette charge avec toute l’estime et la réputation qu’on y puisse entrer. Je prie Dieu qu’il l’augmente par sa bonne conduite. M. Marcais luy dit ces mots : Itoc soluin (juaso ut maximum lui expectalioncm implcas.

Après inidy, remercier le dit sieur Marcais et M. le lieutenant civil, et de là chez M. Le Brun pour achever mon portrait, où vint M. Besnard pour le jrortrait de M. le premier président, et il ne l'obtint pas.

J’ay omis d'escrire en leur lieu deux fascheuses adaircs arrivées aux pères Jésuites, l’une du père Le Clerc, procureur général de leur ordre, qui avoit grand crédit parmy eux et qui esloit choisi pour estre confesseur de la duchesse de Savoye, lequel estant mesme averti que sa mauvaise conduite estoit descouvertc, ne laissa pas de revenir icy, croyant dissiper par sa présence tout ce qui avoit esté dit; mais il fut retenu prisonnier à Orléans, et l’on a vérifié qu’il avoit consommé plus de quatre à cinq cent mille livres, et qu’il entretenoit une fille desbauchée dans la rue des EscoufOcs et se conduisoit mal.

L’autic du père Faverolles, cpii estoit un prédicateur fort estimé dans leur maison, lequel, dans des conférences qu'il avoit eues avec M"' Du Tillel, s’estoit desbauché et faisoit une vie scandaleuse avec elle, et s’estoit retiré des Jésuites. Mais, comme il avoit fait ses vœux, les pères Jésuites le firent prendre prisonnier, il y a environ quinze jours, et il fut pris chez la dite dame, le matin, y ayant passé la nuit, et fut conduit au collège des Jésuites, nonobstant que cette dame voulus! donner deux mille escus à l’exempt pour le laisser sauver. Les ennemis des Jésuites font valoir ces accidens fascbeiix, dont les grandes comnumautés ne se peuvent pas garantir.

JOURNAL

F<«ràr i6«fi. Le vendredv i t février, ma femme fut, avec M. et M“ de Bar, è Saint-Dcnys, pour assister au service de la reync mère. Mon fds y fut avec les olBcicrs du Chastclot. Le soir, j'appris que les compagnies du parlement, en robes rouges, de la chambre des comptes, cour des aydes, hoslcl de ville, Cliastelel et Université, s’eslant assemblées dans Sainl-Denys et ayant pris leurs places, M“ la duchesse d’Orléans, Mademoiselle et M“' d’Alençon, représentant le deuil, arrivèrent menées par Monsieur, M. le Prince et M. le duc d'Anguien; que les dames, toutes couvertes de deuil, s’estoient mises dans les premières chaires du chœur, à la droite du costé du chœur, et le parlement au-dessous du mesme costé, quelques chaifes vides entre deux. De l’autre costé, à gauche, s’estoienl rais les trois princes, et la chambre des comptes au-dessous, plusieurs chaires entre deux. Les évesques, en grand nombre, estoient .sur un eschaflaud 4 la droite, et les amba.ssadeurs de l’autre costé. M. l’archevesque d’Auch, grand aumosnier de la rcyne mère, avoit fait le service, assisté do deux évesques et de grand nombre de prestres revestus. I,e sieur Sainctot, raai.strc des cérémonies, lors de l'oITrande, ayant fait révérence pour venir quérir le deuil, après avoir salué l’autel, le corps, le deuil, avoit salué les évesques, puis les ambassadeurs, et ensuite le parlement et les autres cours, dont Messieurs du parlement se tenant offensés, M. le premier président avoit dit fort haut, « Sainctot, la cour ne reçoit point vos révérences, puis<|ue vous ne les faites pas comme il est accoustunié, • et s’estoit reloiumé et couvert. Le deuil, allant et revenant de l'offrande, avoit suivi le mesme ordre de révérences. M. le premier président les avoit reçues, et avoit salué Monsieur le bonnet à la main. Après l’offerte, M. l’évesque d’Amiens' avoit fait l’oraison funèbre fort mal, ayant dit raille choses peu judicieuses, et avoit parlé plus de cinq quarts d’heure. Knbn, le semee estant Gni après quatre heures. Messieurs du parlement avoient marché à la suite du deuil, et MM. les évesques estoient sortis par

' Le père Faure, auciun coréclter, qui fut «ucceasiveiuent 4vCquc de Glandève et d'Amien.1.

D OUVIER LEFÈVRE D'ORMESSON.

la porte à costé du chœur. Toutes les cours avoient esté conduites Fé*ri»r 1666. dans les lieux où elles dévoient manger, mais avec grande confusion , et, comme on n’avoit pas cru qu’elles dussent disner si tard, nV ayant point eu de lumières préparées, on avoit esté réduit à les faire escloirer avec des flambeaux de poix, que les laquais avoient portés, et tous ne revinrent qu’à neuf heures au soir. Voilà ce que j’ay appris de plus remarquable; le reste de la cérémonie sera sans doute imprime fort exactement.

L’ordre de ces révérences, et ce mot, Sainclol, ont fait bien discourir depuis. Monsieur mesme s’est plaint que les présidons ne l'avoient pas salué, lorsqu'il avoit salué le parlement; uéantmoins il est convenu que M. le premier président l’avoit salué, mais que les autres ne l’avoient pas fait. Le parlement se fonde sur l’exemple du service fait au feu roy Louis XIII. Les évesques allèguent d’autres exemples précédons. Enfin, l’on prétend que cet ordre nouveau est l’ouvrage de M. Le Tellier avec M. l’archevesque de Sens, et par la considération du clergé assemblé, et pour tousjours mortifier MM. les présidons à mortier.

Le dimanche i3 février, je fus le matin, avec mon fils, saluer M. le duc de Vemeuil dans l’abbaye de Saint-Germain. De là, chez M. le Prince et M. le Duc, qui nous reçurent très obligeamment.

Il est arrivé, il y a quelques jours, une histoire qui fait du bruit.

M. l'abbé Amelot estant, avec des dames de condition, à la comédie des machines, et M. de Vassé y e.stant arrivé, une femme qu’il entretient luy ayant dit que ces dames l'avoient ostée de sa place, il s’emporta contre .M. l'ahbé Amelot et luy dit cent sottises, auxquelles l’abbé ne répliqua pas. Ayant laissé passer quelques jours pour attendre sy M. de Vassé luy en feroit satisfaction, il en fit informer sourdement, et ayant obtenu un décret de prise de corps contre un quidam nommé Vassé, il avoit fait arrester Vassé et escrouer au Chastclet, d'où il avoit esté tiré une heure après par M. le lieutenant particulier. Les plaintes en avoient esté portées au roy, qui avoit

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