II
JOURNAL
S<'ptcmk.i667. qu’il alloil aussytost conclure la vente de sa charge. Je fus voir mon oncle do I.ezeau, qui me parla de me donner la desmission de sa place, à la charge de luy payer ses appointemens par avance. S’il est capable de conlinuer dans cette pensée, ce seroil un grand bonheur pour moy. Le soir, je fus chez M. le premier president luy dire mou aventure; il me retint à souper avec sa famille. C’estoit le lendemain des noces de sa fille.
Le i6 septembre, ma femme estant revenue d’AmboilIc, je signai le traité de ma charge é cent cinquante mille livres par le contrat, cent pistoles pour le remboursement de pareille somme donnée au commerce, et quatre-vingt-quatre mille livres de pot de vin, dont Simouet, notaire, me donna son billet. Les raisons qui m'ont porté k prendre cette résolution sont: le prix considérable par le pot de vin audelà de la Gxation, qui fait qu’au lieu de perdre sur ma charge, j’y trouve cinquante mille livres de profit; la crainte d’un règlement pour arrester ces pots de vin, qui rendent la fixation inutile, et la pensée que ce règlement seroit, selon toutes les apparences, la première occupation de M. Colbert au retour de la campagne, et la certitude que, par la cessation dn droit annuel, qui finit dans un an, il arrivera quelque changement dans les charges, dont on a résolu de réiliiire encore le prix d’un cinquième; qu’il estoit de la prudence ou de prévenir tous ces règlemcns, ou de garder ma charge pour la donner é mon fils, c'est à dire huit ou dix ans, mon fils ne pouvant estre reçu conseiller que dans quatre ans; que, .selon les apparences, les charges seroient hors de commerce durant tous ces règlemcns, et que si, durant ce temps, la place de mon oncle dans le conseil venoit à vaquer, comme il estoit à craindre, courant sa quatre-vingtseptième année , et si je l’obtenois, je ne pouvois esviter une perte considérable sur- ma charge; et si je ne l’obtenois pas, je ne pouvois plus demeurer maistre dos requestes avec satisfaction; que de m’opiniastrer à garder ma charge pour mon fils, je perdois assurément un gain présent par le pot de vin; je perdois un revenu considérable, qui pouvoit en quelques années me faire un fonds pour acheter une
autre charge à mon cadet; qu’il n’y avoit plus ny grâce, ny gratifica- Sepicmb i«f. tion à espérer dans le serv'ice, et qu’il ne rcstoit que l’économie pour augmenter son bien; que j’estois obligé de songer à l’cstablissement de sept enfans; que j’avois assez de bien pour moy, mais que je ne jKjuvois, gardant ma charge, donner à mon fils une autre charge ou le marier, sans diminuer beaucoup mon revenu; que les raisons contraires estoient la solitude et l’oisiveté dans un âge où je pouvois travailler, et la diminution de considération, et que ma charge me pourroit donner des occasions pour rentrer en grâce et la facilité plus grande pour avoir une place dans le conseil. A l’esgard de l’oisiveté, je pouvois par l’estude me donner de l’occupation, et, pour la place du conseil, elle despendoit plus desaflaires passées que des présentes; car, si le chagrin continuoit, la considération de ma charge ne feroit pas changer; si, au contraire, la douceur revenoit, je m’estois assez signalé, et les paroles données seroient assez fortes pour faire penser à moy. Ceux de mes aniis é qui j’avois parlé de mon dessein convenoient do cette proposition, et ne craignoient que la solitude, et je n’ay pas eu peine sur cela é me résoudre.
M. de Guénégaud ayant désiré le secret pour voir M. Colbert, il se passa plus de huit jours, après lesquels je fus le dire i M. le chancelier, qui me dit que, s’il pouvoit l’empescher, il le feroit de bon cœur, et me tesmoigna beaucoup d’amitie, et tous les siens me dirent que cette nouvelle l'avoit fasché. Tout le monde fut surpris de cette résolution; beaucoup de gens la condamnoient sur ce raisonnement que qui quille la partie la perd, et que je ne devois point quitter que je n’eusse une place au conseil, et que les gens en charge trouvent des occasions de se raccrocher que les autres n’ont pas.
Beaucoup me tesmoignèrenl de l'amitié en cette occasion, et je ne dois pas omettre que je reçus de ceux de mon quartier toutes les marques d’estime que je pouvois espérer, ayant effectivement regret de me voir quitter par bleu des raisons.
J’ay cessé d'escrirc chaque jour les choses considérables, et ainsy je dirai en gros ce qui est arrivé de plus important. Un mercredy de la
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(«lohre 16117. lin de Septembre ou du coimneiiccment d'octobre, M. le Priuce allant de Cbantlllj, où M. le Duc estoit malade, à .Saint-Germain, le roy le fit appeler dans son conseil et luy dit qu’il le prioit d'une grâce i|ui estoit de vouloir commander une armée de vingl-cinq mille hommes en Allemagne, et que, s’il voidoit, M. le Duc seroit son lieutenant. A quoy M. le Prince ayant fait les reincrciemcns et tesnioigné que M. le Duc n’esloil pas capable de celte charge, le roy luy répliqua qu'il commanderoit donc la cavalerie. Ce retour sy surprenant en grâce donna bien de la joye à M. le Prince, cl fil raisonner tout le monde. L’on dit que c’c.stoit M. Colbert et M"' de Chevreusc qui l’avoient fait pour opposer M. le Prince à M. de Turenne, qui avoit pris le dessus à la campagne et les avoit fort mesprisés.
Environ vers ce mesme temps, l’on dit que M“ de Janvoy avoit mis sa fdle en religion à cause de M. de Mesnars, beau-frère de ■ M. Colbert, qui la rccbcrcboit. Comme cette histoire est très eUra-
ordinairc, je la veux escrire, selon que .M. Dor.it m’en dit, au Palais, les particularités, et ce «pii a esté fait depuis. M. de Mesnars ayant fait demander de Janvoy en mariage, la response fut qu’on ne la vouloit marier <(u’à dix-huit ans. Nonobstant celte respon.se, la rccberclie ayant continué, et M. de Mesnars ayant affecté de se trouver dans toutes les églises où alloll M"“ de Janvov, et d’avoir de grandes heures ou un chapelet, enfin il luy escrivit une lettre fort extravagante, pleine de soumission et de menaces, et luy faisant connoistre qu’il avoit en main de quoy la contraindre à Iqy donner sa fdle, et tousjours, au bas de la lettre, Vosire 1res obéissant fils. M°“ de Janvoy ayant mis sa fille en religion, crainte de la violence, Mesnars r.umineiiça à dire qu’il avoit des lettres et une promesse de mariage de la fille , et oIVrit de les représenter. Il fait parler à M. le premier président par M. de l^igues, croyant que M. le premier président pensoit i celte fdle pour son fils; mais il dcsclara n’y avoir aucun engagement. Il fait ensuite parler M”" de Sully et beaucoup d’autres, qui trouvent une mère et des parens dans la dernière indignation de supposer des lettres, la fille n’ayant jamais escrit. Enfin M. le président de
D OLIVIER LEFÈVRE DORMESSON.
Périgny va au couvent des Hospitalières de Saint-Gervals, par ordre Soiemb. i(>G7. du roy, pour parler à la fille et sçavoir sa volonté. Elle desclara nettement qu'elle n’avoit jamais escrit et ne vouloit point de M. de Mesnars. Depuis, sur ce que l’on raconta que M. de Périgny avoit dit qu’il ne sçavoit pas si cette petite (illc estoit M"*' de Janvoy, M. farchcvcsqiie de Paris y alla sans en faire avertir la mère, et y mena la petite lille de M. Beriyer, laquelle ayant fait entrer en présence de M"' de Janvoy, sous prétexte qu’il ne la counoissoit pas, la petite Berryer demanda à la petite Janvoy si elle n’avoit pas escrit à M. de Mesnars et si elle ne l’aiinoit pas; ce qu’elle desnia. Sur cela arrive M"“ de Janvoy, qui, ayant trouvé la petite Berryer eu cape et sa coiffe baissée, qui sortoit du parloir, luy leva la coill'e et la fit descendre fort vite, et dit ensuite à M. farchevesque tout ce que la colère luy suggéra, et fut encore plus outrée quand elle sçut que M. de Mesnars estoit en bas, et Cl reproche k M. farchevesque de l’avoir amené. L’apresdisnéc, elle s’alla jeter aux pieds du roy, qui luy dit :
«Madame, vous n’avei point sujet de vous plaindre de M. farchevesque; c’est moy qui fay envoyé. Vostre fille ne veut point de Mesnars; je ne m’en meslerai plus. » Cette visite de M. farchevesque a fait murmurer contre luy.
Le I 5 octobre, je fus é Amboille, où j’ay demeuré jusqu’au 1 3 novembre, et j’y ay fait faire le papier terrier par M. Giiy, clerc de M. Simonct, notaire;
Le G octobre, je fus voir M. Bignon, maistre des requestes, chez luy, où j’appris que le samedy 5 octobre M“" la duchesse d’Anguien ' estoit accouchée d’un garçon fort heureusement, dont M. le Prince avoit une extresme joye.
Le dimanche i4 novembre, je revins d’Amboille à Paris. Le lendemain, j’allai chez M. le premier président; j’appris que le Gis de Patin, médecin, qu’il appelle Carole, estoit en fuite*, parccque l’on
' é\nnedc Bavière, princesse palaline. de son fils CltaHcs; Ü indique les livres
* Guy-Patin fait souvent allusion , dans saisis chei son üls dans une lettre du
ses lettres, à U persécution et à la fuite 7 mars i6G8.
JOUUNAL
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VoïCTiib. 1667, avoit trouvé chez, luy des livres imprimés en Hollande, comme le Bouclier d" Estai, fait contre les droits du roy sur la Flandre, et autres livres delTcndus. Knviron vers ce temps, M. l’archevesque de Paris fit dell'ensc de lire, à peine d'excommunication, la version du Nouveau Testament, par les jansénistes, imprimée à Mons et approuvée par l’iirchevesque de Malines. Contre cette version, le père Maimbourg', jésuite , a prcsclié hautement et avec un concours de monde très grand.
Au mois de novembre, il fut rendu sentence, aux reqiiestes de riiostel, entre M. le Prince cl le nommé Marie, cessionnaire de Dubuisson, en opposition d’une sentence par delTaul obtenue par Marie. M. Foucault, procureur du roy, ayant parlé avec préparation et soustenu que, suivant le code, il falloit desbouter M. le Prince, nous trouvasmes cette sentence si mal obtenue et si injuste, que nous reçusmes l'opposition, et mon avis fut suivi de desclarer la procédure nulle pour justifier no.stre sentence. Ce jugement fit csclat. M. Pussort l’ayant sçu, dit qu’il falloit brusler le code et l’abandonner, nonobstant qu’on luy fist connoistre la nécessité de recevoir les oppositions. Cette affaire estoit le sujet de la conversation, ensemlile tous les inconvéniens qui sc trouvoient dans l’exécution do cette nouvelle orilonnance.
Le mardy a a novembre, au conseil, on se trouva fort embarras.sé pour les despens, dans une instance sur une évocation générale entre la comtes.se de Bioidle et les consuls de Villeneuve. M. d’Estampes ne pouvoit se résoudre à la condamnation de despens; la dame de BiouUe soustenant de bonne foy cette évocation générale jusques à ce moment, qu’elle venoit d’estre révoquée dans une autre instance avec le baron de Puzols. M. Pussort dit qu’il s’estonnoit que M. d’Estampes fist cette difficulté; que tous les inconvéniens avoient esté proposés devant le roy, et que la nécessité de condamner aux despens n’estoit fondée que sur le bien de l’Estat et pour empcschcr les peuples de plaider.
' LcAiis Matmbourg. jé»uile, né en grand nombre d'ouvrag(>»biiton<|aes. (Cf. i6iO. mort en i6S6. U a composé un Guj-Patin, lettre du 18 octobre 1G67.)
DOLIVIER LEFEVRE Ü ORMESSÜN.
Le dimanche 37 septembre, après midy, chez M. d’AIigre, pour .Nomnb. iSS;. l’arbitrage entre M“ la mareschale d’Hocquiiicourt et monsieur son (ils, avec MM. Robert et Montelon, avocats, M. de La Reynie et M. d'Aligre.
Le lundy a8 novembre, le matin, au parlement, aux harangues, où j’estois en place près de M. l’oncet. M. le premier président fit fort bien sur le discernement pour l'cloquencc; M. Talon parla bien et fit l’éloge de M. le procureur général, et dit ce mot ; Patemos saperavit honores, œqnavii avitos. M. de Lezeau me vint dire que, dans sa famille, on n’approuvoil pas la proposition qui luy avoit esté faite. Le soir, M. de Turenne me vint voir avec mille tesmoignages de bonne volonté et me dit qu’il parleroit au roy dans peu.
M. de La Iloussaye ensuite me dit qu'au conseil de la réformation, chez le roy, M. Pussort avoit parlé au roy tout bas d’abord; qu’ensuitc le roy avoit parlé des contraventions au code, et que M. Pussort avoit dit que la sentence des requcstes de l’hostel estoit une contravention qu’il estoit nécessaire de casser, ou d’abandonner l’ordonnance; que luy ayant esté respondu qu’il avoit esté des juges et de l’avis de la sentence, il en avoit rendu raison; que, l'alfaire mise en deslibération, M. Pussort avoit esté d'avis de casser cette sentence par arrest du conseil et de faire deifenses, etc. que luy avoit esté d’avis de ne rien dire, la sentence e.stant dans les règles; MM. V'oisiu, Hotman, Colbert, de mesme; M. Poncet, d’examiner de nouveau; M. Le Tellier, que la sentence estoit dans les règles, et néantmoins estoit d’avis de faire des deffenses en général; que M. de Villeroy et M. le chancelier avoient approuvé la sentence, et que le roy avoit dit qu’il falloit mander le doyen pour l’entendre sur cette affaire. Les difficultés sur l’observation du code font l’entretien de Paris à présent.
Le mercredy 3o novembre, feste de Saint-André, le matin, au lever et à la messe du roy. L’on disoit que M"* de Mazarin, qui avoit esté remmenée à Chelles depuis le retour de son mary, avoit cru que son mary la vouloit enlever, et que M. le Comte et M. de
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lAirrniii. Bouillon y avoicnt couru avec leurs amis (ouïe la nuit. Je fus ensuite voir M. (le Bcringheii. Je donnai à disner à M. Le Brun, avec M. et M“ Besnard, M. l’abbé de Colanges et M*'' Doublet.
Le jeudy l" décembre, je ftis au Palais entendre plaider M. de Basville pour Van Gstat ', sculpteur hollandois, pour sçavoir si la prescription annale pouvoit eslre alléguée pour l’exclure d’un payement qu’il demandoit. M. de Basville a fait une très belle action sur la peinture et la sculpture, pour justilier que c’estoil un art libéral et non mécanique.
Le vendredy a décembre , au parlement , pour entendre les bai angucs des mercuriales. M. le premier président fit, à son ordinaire, fort bien. M. de llarlay, procureur général, lit une belle action sur la vertu, bien composée, avec ordre et jugement, en beaux termes et bien prononcée, en sorte que tout le monde en fut content. Le soir, chex M. Bouclicrat et chez M. de Turenne, qui a la goutte. M. Marin m’a dit que le roy avoil fait les fonds pour l’année procliainc, sur le pied de cinquante mille hommes en campagne, vingtcinq mille dans les garnisons et vingt mille sur les vaisseaux; qu'il y aiiroit quarante grands vaisseaux mis à la mer, et que les bastimens .seroient continués.
Le 8 décembre, l'este de Nostre-Dame, M. de Montmort fut ouy, dans le conseil de réforination de la justice, sur la sentence des re^ questes de l'bostel, cl le roy, après avoir fait deslibérer, et l’avoir fait rentrer, luy dit, Fappclant monsieur, qu’il estoit très content de la justice que les maislres des reque.stes avoient rendue en celte occa- -sion, et uéautiuoins qu’il dist à sa compagnie que, lorsqu’elle trouveroil quelque dilficulté dans l’interprétation de son ordonnance, elle s’adressasl à luy pour sçavoir son intention.
Le dimanche i i décembre, le malin, aux Minimes entendre la messe; j’y appris que M. de Caumartin Saint-Port estoit mort. De là,
‘ Adrien Van Oslade, peintre célèbre, leur, car on ne cilc d’Adrien Van Ostade ne en 1610. mort on iti85. C’est par er- aucune œuvre de sculpture. rcurqu’Olivierd'OrmesBon l'appelle ren/p-
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cbei M. de Turenne, qui me dit qu’il seroit en estai d’aller le len- Déccmb. 1667. demain au Louvre. De là, chez M. Le Tellier, qui me lesmoigna bonne volonté et me dit que personne ne pouvoit affirmci- que j’au- . rois cette place ny que je ne l’aurois pas; qu’il craignoit que M. Colbert ne la prétendist pour son frère, le maislre des requestes. De là, au Louvre, faire ma cour; j’y vis MM. d'Orgcval et Pinon.
Après le disner, chez M. Grandin, entendre disputer mon fds. Le soir, chez M. de Fourcy, à une conférence avec M. le duc de Mazarin, fabbé d'Efliat, M. Bpucherat, et MM. Isatis et Lcgalis, pour résoudre ce qui estoit à faire sur la demande de M™ de Mazarin, qui a présenté requeste à la seconde chambre des requestes, à fm de séparation de biens d'avec son mary. L’on y régla la procédure pour aller à la première chambre des requestes et éviter la seconde, qui estoit affectée, et l'on régla aussy les dclfenses. C’est une affaire très fascheusc, et qui peut avoir de grandes suites et beaucoup 'l’csclat.
Après, je parlai à M. l’abbé d’Effiat de la place vacante du conseil; il me promit que M. de Mazarin en parleroit à M. Colbert.
Le lundy la décembre, M. Le Pelletier vint, du matin, me dire ce que M. Le Tellier luy en avoit dit, et qu’il estoit à propos de demander toutes les places qui viendroient à vaquer. Au Palais, M. de Guénégaud, mon résignataire, fut reçu au parlement et aux requestes de l’hoslel.
Après le disner, je vis M. de Mazarin, qui me dit avoir escrit un billet à M. Colbert, et qu’il alloit luy parler au Louvre. Do là, chez M. le chancelier, qui est malade, à cause que ses sueurs ont presque cessé. L’on me dit qu’il avoit soustenu devant le roy, avec une vigueur extraordinaire, un arrest qu’il avoit signé et que M. Colbert vouloit ’ faire casser; que M. Colbert luy avoit fait une grande visite depuis.
Le soir, chez M. de La Rochefoucauld; après, chez M. Colbert, où M. Pecot me dit que M. de Noguès avoit bonne chance à la place vacante. M. Colbert me reçut honnestement, me dit que M. de Mazarin luy eu avoit parlé, et qu’il me serviroit en ce qu’il pourroit.
Le mardy 1 3 décembre, je fus, le matin, au lever du roy, pour
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Dccnnb. 1667. porlci' njon placel avec les autres. J’en donnai un à M. de Vcrvins pour le mettre sur son rôle. J'attendis l'iieure des placets, qui furent remis après la messe. Je fus à la messe, et, le roy estant rentré dans sa chambre, la grande porte fut ouverte. Tous les demandans entrèrent en foule. I.c roy estoit debout devant une table, au pied de son lit, siu- laquelle chacun laisse son placet. Je présentai le mien comme les autres, et il me sembla que le roy sourit. Beaucoup de prétendans i cette place du conseil parurent là. Voicy tous ceux dont j’ay cunnoissance : .MM. d’Orgeval, Pinon, de Tbou, Talleinant, procureur général du grand conseil, La Terrière, Noguès, Besnard de Bezé, Foulé.
Le mercredy i4 décembre, le matin, à Saint-.Nicolas, au service de M. de Caiimarlin, puis voir les enfans de M. de Caumartin. Le soir, solliciter pour M. de Mazarin et chez M. le premier président, qui me dit que Be.snard avoit demandé la place; qu’il ne croyoit pas qu’il me pust nuire, et que, sy je ne pouvois l’avoir, il valoit mieux qu’il l’eu.st que Noguès. Je reçus cela comme je devois, et je dis en riant à M. Besnard, présent, que j’aimois mieux l’avoir (|ue luy, et qu’il l'eusl qu’un autre. Il me dit que M. l'évesquc de Coutanc.es avoit parlé à M“ de Chevreuse, pour parler è M. Colbert en ma faveur; qu’elle l’avoit refusé, parcequ’elle luy avoit parlé pour M. de Caumartin, et que M. Colbert luy avoit dit qu’il estoit engagé. M. l’abbé d'EfRat me vint voir le soir, me dit la mesme chose de M" de Chevreuse, et que M. Colbert avoit parlé fort bien de nioy à M. de Mazarin. M. le premier président me manda, par un billet, qu’il avoit avis que Noguès y avoit la meilleure part, et que j’en avertisse M. do Turenne.
Le jeudy >5 décembre, le matin, chez Bouchcrat, qui me dit que la vérité de la conversation de M. de Mazarin et de M. Colbert, sur mon sujet, estoit que M. Colbert avoit dit Irés volontiers; mais ne s’estoit pas estendu sur mes louanges. De là, chez M. de Turenne, que je vis dans le lit; il me dit qu'il alloit exprès au Louvre pour prendre son temps pour parler, et que, le jour précédent, il n’y avoit
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pas esté à cause de sa goutte. De là, chez M. Le Pelletier, qui me wcemli. if>67. dit la demande de M. Besnard et scs raisons, que j’approuvai. La cause de M. de Mazarin fut plaidéc à la première cliainbre, et il fut ordonné, sur les offres de M. de Mazarin, que madame viendroit loger dans l’Arsenal. Le mesme matin, je fus à Ormesson et revins le soir. Après, M. Besnard me vint voir, et puis M. de Thon.
Le vendredy |6 décembre, le matin, chez M. l.e Nostre; de là, au lever du roy, où M. le comte du Lude m'a fait place, en sorte c|ue le roy m'a fort bien vu. Il a dit que les placets estoient remis à l'apresdisiiée. M. de Turenne m’a dit que le jour précédent ayant |>arlé au roy de la mort de M. de Caumartin, et ayant dit que c’estoit une place vacante, le roy l’avoit regardé aussytost, et qu'il avoit cru qu’il m’aiiroit fait tort s’il avoit parlé de moy, et que le roy avoit bien entendu tout ce qu’il pensoit sur cela. M. de Bar m'a dit qu’il croyoit que la place seroit pour M. Colbert, qui vouloit quitter l’intendance de Picardie.
Le samedy 17 décembre, M. Besnard me dit, au Palais, que M. Le Pelletier avoit dit que les placets avoient esté lus; que le roy n’avoit pas parlé, ny aucun des ministres, et que l'on croyoit que ce seroit, ou le frère de M. Colbert, ou M. Nogués.
Le dimanche i8 décembre, après le disner, chez M. le président de Fourcy, où vinrent M. le duc de Mazarin, M. fabbé d'Efbat et M. Bùucberat, où l’on discuta, avec M. Isalis, les moyens de sa cause, qui devoir estre plaidée le lendemain.
Le lundy 19 décembre, le jubilé fut ouvert, et il n’y avoit qu’une visite d’église d’observation. Ma femme commença ses stations. Le soir, chez M. le premier président, à son assemblée.
Le luardy ao décembre, après le disner, voir M“ Besnard, qui me dit que M. Ferriol estant venu disner chez elle, comme elle le trouvoit fort changé, il luy dit qu’il estoit saisi au cojur; qu’on luy avoit manqué de parole; qu’il avoit opiné au procès de M. Fouquel en sa conscience, mais qu'il voudroit qu’il luy en eust cousté un bras et n’avoir jamais opiné à la mort; que M. de Sainte-Hélène luy avoit
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IWcenib. 1667. (lit quR, sytost qu'il eusl achevé d'opiner, il s'estoit senti frappé au cœur, avoit perdu le goust et l'appétit et n'avoit pu en revenir; qu'il estoit de mesme; car il n’avoit plus d'appétit. M" Besnard me dit encore qu’il y avoit un homme qui avoit prédit la prison de M. Fouquet sis mois devant; que M. Fouquet l'avoit fait mettre en prison pour cela, et que depuis cet homme avoit dit qu’il sortiroit de prison dans l'année 1668 et rentrerait dans les affaires. Nous rismes bien de ces imaginations, et encore plus sy l’on donnoit la place du conseil à M. de Noguès, parcequ’il estoit seul à rescompenser des neuf qui avoient opiné à la mort. Le soir, M. Boucherat, M. et M” de Fourcy vinrent disner au logis.
Le mercredy a 1 décembre, je commençai mes stations à pied, et je trouvai é Nostre-Danie les gardes du roy, pareeque le roy y devoit venir aussy à pied.
Le jeudy a a décembre, M. de Montmort me dit que l’on avoit fait l'opération de la transfusion du sang sur Saint-Amand, qui estoit h M” de Sévigny et qui estoit tombé pour la troisième fois en folie, estoit furieux et couroil les rues; que l'on luy avoit tiré tout son sang et fait entrer celuy d’un veau; qu'il avoit dormi la nuit, ce qu'il n'avoit fait depuis six semaines, et qu’il en espérait un bon succès.
Le vendredy a 3 décembre, la cause de M. de Matarin fut achevée après quatre jours de plaidoyeries, et il passa de huit à six que, dans huitaine, il rapporterait l'inventaire fait après le décès de M. le cardinal Mazarin, et que les notaires auraient à luy en deslivrer une expédition.
Le mardy a 7 décembre, je ramenai Fanebon aux Jésuites, où je vis tous ses inaistres. J'appris la confirmation de la nouvelle de Portugal, qui estoit que la rcync, mal satisfaite de la conduite du roy', s’estoit retirée dans un couvent de filles, d'où le roy l’avoit voulu retirer de force; que le peuple s'estoit soulevé, mal content du roy,
' Alphonse VI, roi de Purlugal, fui dé- ccre, où U mourut en i6d3. Son frère, ttùné par sa fctmnQ, Marie de Savoie* Don Pedre. fut cliargc de l'adminislralion Nemours, et conüné dans Hle de Ter- avec la reîno Marie.
en faveur de la rcyne; que le roy avoit esté arresté et desclaré inca- Janvier i66s. pable de gouverner; qu’il avoit signé sa desinission du royaume en faveur de son frère, qui avoit esté reconnu roy, et que l’on vouloit faire le procès à son ministre.
Le mercredy 38 décembre, au matin, chez M. d’Aligre pour l’affaire de M. d’Hocquincourt; de là, chez M. le chancelier, qui me reçut avec amitié; il se portoit bien.
Le vendredy 3o décembre, à Ormesson pour voir travailler à un labour.
Le samedy 3i décembre, soir et matin au Palais pour juger plusieurs affaires, tous Messieurs m’en ayant convié fort obligeamment.
A midy, je promis au jardinier de M. Amelot, à Sucy, de ne le point mettre à la taille d’Amboille.
Le dimanche, premier de l’an i668, à Saint-Nicolas le malin et l’apresdisnée; ce jour, M. l’abbé de Chavigny prescha dans l’église de Saint-Louis en présence du roy et satisfit fort. Le soir, je fus chez mon oncle de Lezeau, qui avoit esté fort mal; il se portoit mieu.v. De là, chez M“® Le Pelletier et M. de La Guigneraie.
Le mardy 3 janvier, feste de Sainte-Geneviève, le matin chez M. de Turenne, qui me tesmoigna beaucoup d’amitié; de là chez M. Le Pelletier, chez M. le baron de Bole et chez M. Courtin; puis chez M. Le Tellier, que l’on ne vit pas. Après le disner, à une conférence chez M. de Fourcy avec M. de Mazarin et l’abbé d’Efliat, sur leur affaire. M. le duc [de Mazarin] me dit qu’il avoit parlé à M. Colbert pour moy, et qu’il luy avoit respondu fort honnestement, et il croyoil que je le devois voir. Ce que MM. Boucherai, Fourcy et njoy ne trouvasmes pas à propos, pareeque assurément M. de Mazarin ne disoit que des généralités.
Le mercredy 4 janvier, le matin, au lever du roy, ov'i la coiu" estoit très grosse. J’entrai des premiers et me fis assez voir. M. de Bar s’expliquoit avec M. l’évesque de Seez sur son déiiieslé conti'e M. l’évesque d’Amiens pour la marche de ses officiers de justice autour de luy à la procession avec scs domestiques. 11 avoit présenté son placet
JOÜRNAI.
JaDiicr 1668. au roy, el M. l'évcsque d'Amiens y avoit respondu. M. d’Aligre estoit là pour remercier le roy de l’évesché d’Avrancbcs, devenu vacant par la mort de Boisiève, et que le roy avoit donné à son Gis le religieux. De là cher le duc d’Orléans, à qui je Cs la cour; il me reçut avec .son honnesteté ordinaire. Après le disncr, en Sorbonne, à l’acte du fils de M. d’Arbon, desdié à M. Le Tellier.
Le jeudy 5 janvier, à trois heures du matin, l’on m’envoya quérir de chci M“” de Nogent, qui estoit très malade; elle me dit qu'il falloit mourir; que je sçavois bien ce que je luy avois promis, et elle me fit mettre en main un petit coflie où estoit son testament, dit à M”' Carrère qu’elle m’en donnast un autre, me pria de les voir et de supprimer celuy qui estoit inutile. Toute la famille escoutoit avec une grande alarme. Je leur parlai dans la chambre proche; je leur dis qtie je ne sçavois pas ce qui estoit dans ce testament, pareeque M“ de Nogent l'avoit retiré de mes mains, et je ne sçavois sy elle l'avoit changé. Je leur fis ensuite une exhortation à la paix; personne ne répliqua, craignant quelque disposition en faveur do M"" de Bannes, qui estoit la bien aimée et le sujet de jalousie. Les voyant tous dans cette disposition, je crus qu’il estoit bien que je visse ces testamens pour les faire changer à M“' de Nogent, s’ils me parui.ssoient injustes, et luy dire mon avis; mais je voulois qu’ils me priassent de les lire. Je dis au marquis que M“' de Nogent m’avoit dit de lire son testament; mais que j’eu faisois difficulté. Aussylost il m'en pressa, le dit à Vaubrun, et le chevalier et Ramhures s’y joignirent, jugeant qu'il n’y avoit que ce remède pour eux. J'appelai M. de Bannes, que les autres regardoient comme leur ennemy commun, el, du consentement de tous, je lus seul ces deux testameus et trouvai que l'uii estoit la copie de l’autre, et qu’il n’y avoit rien qui me fust nouveau. Estant rentré, je fus aussylost entouré de tous. Je leur dis que ces deux testamens ii’estoient que le mesnic, et que madame leur mère leur lais.soil la paix, cl que je ne croyois pas qu’aucun eusl sujet de se plaindre. Cela rassura un peu les esprits. Je crus ensuite devoir dire au maixjuis, à l'oreille, qu’il n’y avoit aucune disposition qu’en
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faveur du chevalier. Cela calma tout, et, sans cette conduite, les janiier i6CS. esprits cstoient sy eschaulTés qu’ils auroient fait quelque esclat fascheux, et chacun demeura fort content de moy. J’y restai jusques à sept heures du matin.
Le matin, je fus au conseil des parties où les despens faisuient la difficulté de toutes les aflaires, et M. Pussort les soustenoit fièrement, disant que le roy ne le souffriroit pas; que c’estoient des scrupules mal fondés, etc. J'allai emiiite chez M°” de Nogent, qui me demanda si j’avois lu les testamens et bruslé l’un, et si j’y trouvois quelque chose i redire. Elle avoit l’esprit très libre et dit à ma femme tendrement qu’elle ne la vist plus, et ensuite à moy. Après le disner, chez M. de Lezeau, qui se portoit mieux.
Le vendredy 6 janvier, tous les enfans de M°“ de Nogent s’engagèrent de me croire seul, et je m’expliquai sur ce qu’ils auroient à faire, dont ils furent conlens. M“" de Nogent mourut à six heures et demye du soir, fort doucement*. Je rompis un premier pas entre M. le marquis et M. de Rannes, qui estoit capable de tout gaster, et ils se visitèrent les uns les autres. Je fus chargé de toutes les clefs potir UC point sceller.
Le samedy 7 janvier, je fis chez M. de Nogent la lecture des testamens eu pré.sence de tous, et je les fis embrasser. Ce qui se fit avec assez de tendresse, et les choses sont disposées à se terminer avec douceur. M" de Nogent me donne un diamant de deux cents louis d’or, et à ma femme des chenets d’argent, qui luy ont esté envoyés à l’heure mesme.
Le lundy 9 janvier, le matin, à l’enterrement de M“ de Nogent, qui fut portée à Saint-NicoIas-dc.s-Chainps, les domestiques vestus de deuil, portant trois douzaines de flambeaux de poing , de cire blanche , et n’y ayant à la .suite que les seuls enfans, frères, sœurs, neveux et moy.
On commence à parler d’un voyage chi roy et de la cour è Sainl-
' Vo^cz plus liaut, ï5S, les note* ion) et sur .ses filles . M““ (te lUmbures a et 3 sur M”* de Nogent (Marie Cou- et do Rannes.
JOURNAL
Janiirr 1668. Gcrmaîti, (l’où le roy doit aller ailleurs. L’on dit à Metz et vers la Lorraine.
Le jeudy 13 janvier, le matin, au service de M" de Nogent, aux Carmes descliaussés, où son corps est demeuré en depost jusques à cc qu'on le porte avec celuy de M. Nogent, à Nogent.
Le vendredy i3 janvier, le matin, au Louvre, au lever du roy, où j’entrai des premiers, et le roy me vit fort. L’on dit que le comte de Saint-Gcran avoit esté assassiné, la nuit, par quatre hommes; que trois s’estoient attachés à luy et qu'il estoit blessé de trois coups. Le roy donna audience k l'ambassadeur de Venise, au bout de sa gallerie, sur un haut dais relevé de six degrés, sur lequel est sa chaire. Il estoit accompagné en ce lieu de Monsieur, sou frère, et de M. le Duc, de MM. de Créquy et de Saint>Aignan,gentilsliommes de la chambre, et de M. de Soyccour, maistre de la garde-robe, sans capitaine des gardes. Toute la cour demeura au bas des degrés, où le comte de Cbarost estoit, qui me fil mettre devant. L’ambassadeur fut amené le long de cette gallerie, au milieu de toute la cour. Au pied des marches, il fil une profonde révérence; au milieu, une seconde; auprès du roy, sur le haut, une troisième. 11 avoit une grande robe traisnantc, d'eslolfc de soye noire à grandes fleurs, et un chapeau ordinaire. Le roy le reçut debout et descouvert. Après quelques paroles que ranibassadeur dit nue leste, le roy se couvrit et luy après, et en mesme temps M. le duc d’Orléans et M. le Duc, et l'ambassadeur se descouvrant, ils se descouvrirent et le roy aussy. Celte conférence dura un quart d’heure, le roy ayant respondu et l’ambassadeur répliijué. .Après, l’ambassadeur se retira et fil trois révérences comme en abordant. Le sujet parut estre pour le siège de Candie, que le grandvisir en personne veut achever, ou périr. Il est logé dans le fossé du corps de la place. La gallerie estoit parée magnifiquement , la tapisserie de Scipion, les cabinets et les vases d’argent, caisses d’orangers d’argent pleines d’arbres véritables, et le tout avec une abondance extraordinaire. J’appris que le roy alloil attaquer la Franche-Comté.
.Après le disncr, je fus voir M. de Turenne, où viol M. Courtin, et
D'OLIVIER LEFÈVRE D'ORMESSÜN.
nous fusme^ ensemble deux heures, M. de Turcnne nous disanl les Janvier i66s. envies qui s’esloicnt eslevées contre luy durant la campagne , et qu’il n’en avoil jamais dit un mol au roy, et le roy vivant avec luy fort lionnestement. Il vend sa maison aux filles de Sainte-Marie, et il achète celle de M. Fouquet; il nous dit les difficultés du payement de la part des religieuses.
Le samedy i4 janvier, le matin, ches M. de Nogent, pour faire estimer la vaisselle d’argent. U y eut quelque chagrin  cause d’une donation de meubles, que M" de Rannes représenta, et quelque.s paroles de chaleur.
Le lundy i6 janvier, le matin, chez M. de Barillon, qui va intendant en Picardie. M. Colbert est intendant de Paris. L’on ne sçait point encore sy la place de .M. de Caumartin luy est donnée, comme l’on avoit dit. J allai ensuite chez M"” de Nogent pour raccommoder les dames, qui estoient brouillées et ne se voyoient point. M“' de Rannes fit les civilités nécessaires, et, y estant retoumé après midy, je les trouvai ensemble.
Le soir, chez M. le premier président, à l’assemblée', où M. Fleury parla sur Hérodote et satisfit toute la compagnie. M. le premier président me dit après, que les députés du parlement e.stoient mandés au Louvre, et que c’estoit pour faire tirer des registres tout ce qui s'estoit passé durant les derniers troubles. Il me dit ce qui s’estoit pa.ssé sur les propositions de mariage entre son fils et M"' de Neuville, et il ajouta ensuite les raisons qui luy faisoient différer, et à M. de Marillac, le changement de sa charge, qui csloit au plus bas prix qu'elle pouvoit estre, et les charges de maistres des requestes au plus haut; et luy n’avoit point d'impatience pour donner à son fils la charge d’avocat du roy au Chastelet.
Le mardy soir, i 7 janvier, je fus chez M. le premier pré^sident, qui nous dit ce qui s’estoit passé au Louvre; que M. Le Tellier luy avoit parlé il y avoil quelques jours de la résolution du roy de faire tirer
' Comp4rcx« sur Ic9 réunions Ulténirt» Patin, cl, entre autres, um* icllre du du premier président, les lettres de Guy- a8 novembre 1667.