‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 45 sur 83 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

Peu de jours aupara%*ant l’on fil & Nostre-Daroe un service pour <k|>icinb.i67u. M. le duc de Beaufort, lue en Candie; loulcs les compagnies souveraines s’y Irouvèrenl. M. de Mascaron, père de l'Oraloire, fil l’oraison funèbre furl bien el avec beaucoup d’eslimc. Il avoil fail peu de jours auparavanl celle de la reyuc d'Anglelcrre dans un service parlicedier, tpii avoil eu lieu aux religieuses du Vai-de-Grace.

Le jeudy 4 seplembre, je menai M. le procureur général voir les labicaux el les auliques qui sonl dans le palais Maxarin. De là nous fusmes à la chasse au-dessous de Monlmarlre, où l’on voit des perdrix el des lièvres, une infinité. Au retour, je soupai chei luyavec M. le premier président, lequel remenant le soir chez luy, il me tesmoigna peine de ce que la cour ne faisoil rien pour luy après tout ce qu'il avoit fait pour le roy au parlement; et il est vray qu'il avoit fait vérifier le nouveau code criminel au parlement avec beaucoup de facilité, et dans toute la discussion de cette ordonnance el dans les conférences il avoit acquis une extresme réputation de capacité el d’habileté d’esprit. Ses ennemis mesmes ne pouvoient s’empescher de l’avouer.

Le samedy au soir 6 septembre, M. de Lamoignon me vint voir et me dit que M. son père avoit esté le jour précédent à Saint-Germain, (|uc prenant congé du roy, qui luy tesmoigna beaucoup de satisfaction, Sa Majesté luy demanda s’il n'avoit plus rien à luy dire, et qtie M. le premier président luy ayant dit que non, le roy avoil répliqué ; I El moy, j'ay à vous parler; je vous donne une charge de conseiller de la cour, qui est en mes parties casuelles, pour vostre fils avec dispense d'age. • M. le premier président, après avoir fait des remcrcicmens proportionnés et vu M. Colbert, estoit revenu à Paris fort content.

J’oubliois encore que, le roy, estant fort mal satisfait de M. le duc de Ixtrraine , avoit envoyé des troupes pour le surprendre dans Nancy; cl, en effet, M. de Fourilles, qui les commandoit, y estoit entré; mais M. de Lorraine s’estoit sauvé une heure auparavant, et les dames de Lislebonne s’esloient retirées dans un couvent de religieuses. Le

Page 1