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au-dessus de Bue. M. Hébert est mort un mois après, sur la fin de Octobre 1671.
septembre. (
Le diniancbc 4 octobre, M™' Le Pelletier la présidente mourut, estant grosse, après huit jours de maladie de la petite vérole. M. Le Pelletier me manda cette nouvelle à quatre heures du soir. J'en fus fort surpris, ayant appris le matin, è sa porte, quelle se porloil mieux.
C'est une grande perte à M. Le Pelletier, ayant dix enfans vivans.
M** la procureuse générale estoit aussy malade de la petite vérole à Stains, estant grosse. M. le premier président estoit revenu de Basville pour elle '. M“' la procureuse générale mourut le 9 octobre.
M. le procureur général vint aux Pères de f Oratoire; M. le premier président à Sainte-Geneviève. Je les fus trouver, et j’assistai à fentrevue de toute la famille, qui vint voir M. le procureur général. Je ne vis jamais rien de si pitoyable uy une si véritable douleiu'.
M. de Lyonne estoit revenu malade de Fontainebleau, où la cour estoit. Il mourut à Paris le [1* septembre 1671]. On raisonna aussytost sur sa charge. L’on dit que M. Colbert vouloit f esebanger avec la sienne. 11 est vray que M. de Bemy’, quoyque reçu eu la charge '
de son père, se sentant trop foible pour la soustenir, oITrll au roy de "
la remelti e, et qu’il donna lieu au roy d’en disposer. L’on croyoit que le roy luy donneroit un homme capable pour la faire et qui le conduiroit, et qu'il choisiroit M. l’archevesque de Toulouse, cv-devant évesque de Beziere’. Mais tout d'un coup le roy déclara secrétaire d’Estat M. de Pomponne*, ambassadeur en Suède. L’on dit que,
lorsque le roy le nomma dans le conseil, M. Colbert prétendit qu’il
estoit la créature de M. Fouquet et qu'il estoit pauvre. Ce qui ne destouma pas le roy de son choix. Chacun en fut surpris et satisfait; car il est habile et bonneste homme. Je fus faire mes complimens chez
' La femme du procureur généra) * Pierre Bonzi, qui fut dans la $iuib!i car- Adbilie de Harlay élaît fille, du premier dinai et archevêque de Narhoiiiie. (Cf. le» préaideol. (Vojr. plus haut, p. 530.) Mém. de S*tint-Simon3 1. IV, p. i$4clsuiv.)
* Loui»*Hugues de Lyonne, seigneur * Simon Amauld, seigneur de Pom- >
do Bcmy. (Voy. ce qu cil dit Saint-Simon, ponne, fut secrélaire d'Élat de 1671 à
t. IV, p. 35 1] 167g; il mourut en 1699.
JOURNAL
.v'a.nnh, 1671. Ladvocat, où je vis le bonlionmir d'Anclilly’, qui dcvoit le lendemain aller à Versailles remercier le roy.
Le vendredy 3 3 oclohre, je fus à Basville, y estant mandé pour ni'v trouver, lorstpie M. le procureur général y viendroit. M. l’archevesque de Sens y vint le inardy, et nous dit qu’il venoit de Beaumont, et que M. le procureur général ne viendroit que le jeudy. Durant ce temps, M. le premier président travailloit avec M. Fourcroy* à des articles sur toutes les questions de Palais; c’est un beau travail.
Le jeudy 39 octobre, M. le procureur général arriva à Basville, y passa le vendredy, en repartit le samedy, et moy je revins ce jour-là à Amboille, blessé à la jambe d'une chute. Je disnai à Villeneuve avec les enfans de M. Le Pelletier; il plut tout le jour. Mon lils estoil avec moy. Ayant vu nn billet de la mort du petit-fds de M. Auianel, conseiller au grand conseil, je songeai à acheter sa charge, en escrivis à M. Isalis, qui me manda que M. de Brillac vouloit l’acheter. Je revins pour cela à Paris; mais je trouvai M. de Brillac parti pour Basville. Je luy escrivis, et par sa response il nie manda que c’estoit pour moy qu’il avoit parlé à M. Auzanct.
Le 13 novembre, je revins à Paris, et, par l’avis de .M. le premier président, je priai M. de Brillac de conclure le prix de la charge de conseiller au grand conseil. M" de Baraillon (sic), qui avoit celle de sou lils à vendre, ne me la voulut bailler qu’à trente mille escus, qui est la iixation, et M. de Brillac lit le niarclié de celle de M. Aiitanet à 88,5oo livres. C’estoit 6,000 livres plus que la dernière vendue du semestre d’esté. Mais celles du parlement estoient à la fixation, et l’on en donnoit des pots de vin au delà. AInsy il fallut suivre le courant du marché. Si mon lils n’eust point espéré de pouvoir avoir la charge d’avocat général du grand conseil de M. de Marillac, il en auroit en une à 63,000 livres; mais il perdit cette occasion.
‘ Arnaulcl d'Anclilly éuil pere d'.Ariiauld do Pompemne.
* Bonaventure Fouixroy ou de Fouroroï, ml à Noyon . mort à Part» en 1693 .
avcK'al cl poeic. — Lca d rWlA du premier préaident de Lamoignon ont clé iropnméa en 1703 el réirapriméa en 1781 el
by-'v-^)OgIe
Le dimanche i3 novembre, je fus voir M. de Cliaulnes et le priai .Vovrmb. ,671. de parler à M. Colbert, parcequc je ne pouvois le voir. Il cstoit en- (
fermé cher, luy; personne ne luy parloit, et l’on disoit qu’il cstoit mal en cour, et que M. de Louvois luy avoit poussé de rudes coups, et qu’ils estoient i qui se perdroit l’un l’autre. M. de Cliaulnes me dit le liindy au soir qu’il luy avoit parle, et qu’il l’avoit trouvé eu bonne disposition à mon csgard , mais qu’il luy avoit dit qu’il luy parleroit une autre fois de moy avec plus de loisir, et qu’à présent il ne luy parloit que de mon fils, pour lequel un ne luy demandoit point de grâce.
Le inardy 17 novembre, je signai mon traité avec M. Auaanct à 88,000 livres payables à ma volonté, et ce pendant l’intérest au denier 13. Nous portasmes aussytost ce traité à M. Du Metz pour luy faire voir et remettre en ses mains ma démission. Ce jour-là, M. Colbert estuit allé à Versailles après une visite que M. Pussort y avoit faite le jour précédent.
Le lundy ig novembre, le roy et toute la cour retournèrent à Saint-Germain.
Le samedy 31 novembre, je fus avec mon fils à Saint-Germain, pareeque je sçus que M. Colbert devoit parler de mon traité au roy, à cause d’un nouveau règlement qui avoit esté fait pour empescher les pots de vin. En entrant, M. de Cba.steauneuf me dit que le jour piéccdent le roy avoit dit au conseil des dépesclies qu’il avoit esté bien informé qu’il y avoit trois maistres des requestes qui avoient esté reçus n'ayant pas l’aage, et qu’il leur feroit observer le règlement et perdre leurs charges, et que c’estoient Marillac, Bretciiil et Bignon, et l’ordre fut donné à M. le chancelier de ne les souffrir faire aucune fonction de leurs charges. M. le marescbal de Villeroy me dit la mesme chose, et qu’il n’avoit point vu le roy plus en colère. Je présentai mon fils à M. Colbert, luy dis qu’il avoit l’aagc, n’avoil point de parens au grand conseil, et que j’avois acheté moins que la fixation. Il me dit qu'il y avoit un règlement; je luy respondis que j’estois prest à l’exéciiler cl à faire porter aux parties casuelles, ou le prix de la fixation.
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JOL'llNAI.
Noicmb 1671. OU celuy dont j'estois convenu. Il me dit qu’il en rcndroit compte au roy. Je menai mon (Us faire plusieurs visites cliei; M. Le TcUier et M. de Louvoi.s, qui nous reçut fort agréablement, et nous di.snasmes avec M. de Condom. M. Colbert ne put parler ce jour-là de mon alTaire, et je revins à Paris.
Le maidy novembre, je retournai à Saint-Germain avec M. de Cordemoy. Je vis M. Colbert avant le conseil, luy donnai mon traité, l’extrait bapti.slairc et un mémoire. Au sortir du conseil, m’ayant vu dans l’antiebambre, et que j’avois passé dans la salle des gardes, il vint à moy et me dit qu’il avoit parle de mon affaire, et qu’elle estoit résolue comme je le pouvois désirer, et luy ayant demandé ce que j’avois à faire, il me dit que j’avois à faire porter aux parties casuelles le prix dont j’estois convenu, et qu’il signeroit le rôle et feroit le reste. Après la messe du roy, je fus dire à M. Le Tcllier ce qui avoit esté fait sur mon affaire. Il me retint à disner avec luy, et n’estions à table que luy, M. de Louvois, M. le duc d’Awmonl et moy.
Le bruit estoit grand de la division des ministres, et qu’ils estoieni aux extrémités l’un contre l’autre, et l’affaire des maistres des requestes en estoit une preuve; car il est certain qu’elle a esté faite contre M. Colbert, et que l’on avoit dit au roy qu’il se moquoit de l'exécution des règlemens pour ses amis, et qu’il avoit laissé passeï ces maistres des requestes, quoyqu’ils n’eus.sent ps l’aagc. Ce bruit de mésintelligence a fait dire cent nouvelles ridicules du retour de M. Fouquel.
Le mercredy novembre, M. de Lauzun fut arresté prisonnier à Saint-Germain par M. de Roebefort, ses cassettes prises, et le lendemain conduit parM. d’Artagnan avec cent mousquetaires à Pigncrol' J’appris cette nouvelle le jeudy matin chez M. Le Nain; la cause en est inconnue. Cette conduite à Pignerol fait encore dire mille visions, que l’on va mettre M. Fouquet en liberté, et que dans le mois de janvier Ton verra de grands changemens.
‘ Coini'urei le» MémoireMte Madeiuoi. moire# ■ Anecdote» de Serrai#, ei Sainl- »e!le, à l'année 1671. Voyex a«»i le* Me. Simon. I. XX, p 4-,
D OLIVIER I.EFEVRE D'ORMESSON.
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Le vendredy ay novembre, je fis porter aux parties casuelles iiicfuib. 1671. 88,5oo livres, et 2,700 livres pour le droit de résignation. J’ay emprunté entièrement cet argent.
Le dimanche ag novembre, M. Du .VIeU me dit qu’il avoit prévenu Colbert qu’il avoit reçu mou aident, et que M. Colbert luy avoit respondu qu’il en parleroit au roy.
Lesamedy 5 décembre, je fus au parlement pour M. Le Camus', lieutenant civil, qui fut reçu maistre des requestes honoraire, n’ayant que trois ans de service. M. de Fieubet fut aussy reçu maistre des requestes honoraire à dix-huit ans’. Je sçus que M. le procureur générai avoit obtenu du roy que la dispense accordée .*1 M. de Flarlay pour la charge d’avocat général du grand conseil luy serviroit pour estre conseiller de la cour.
J'ay oublié cy-devant qu'à la ün d'aoust M. Le Camus, maistre des requestes, avoit esté déclaré lieutenant civil, moyennant cent mille escus pour les héritiers de M. d’Aubray, et qu’à la fin d’octobre le roy avoit donné à M. de Fieubet une place de conseiller d’Estat semestre, et dit en mesme temps à M. Pellisson’ de traiter de la charge de maistre des requestes; qu’il ne luy avoit pas promis de la payer, mais <|ue l’on croyoit qu’il la payeroit en quatre ans.
Le lundy 7 décembre, M. Du Mets me manda qu’il avoit reçu Tordre de payer à M. Auzanet les 88,5oo livres, et faire expédier le rôle, et que M. Colbert en avoit parlé une seconde fois au roy au conseil du samedy, et en eifet, ce mesme jour .samedy, M. le premier président estant allé à Saint-Gennain, M. le marescbal de Villeroy luy avoit dit que mon affaire estoit faite, et M. le premier président me favoit dit. Sur quoy j’ay sçu qu’il avoit parlé au roy de falfaire de M. de Marillac, et que le roy luy avoit dit qu’il estoit fasché que cela fust tombé sur une personne du mérite et de la naissance de M. de
' Jean Le Camus, seigneur de Beau- dix-huit ans de services comme maître UK's et du Port, avait été reçu maître des des requêtes.
requêtes le juillet 1667. * PcUîsson fut reçu maître des requêtes
' Olivier d'Ormessoo veut dire après le it décembre 1671.