II
JOURNAL
U'crmb 1671. Mariilac, mais qu’il n’ainioil pas à estre trompé, et il ne souffrit pas que M. le premier président continuas! à luy en parier.
Le mardy 8 décembre , j’envoyai Novion à Saint-Germain pour faire signer le rôle plus promptement; la quittance du huitième denier fut aussytost expédiée à Saint-Germain pour estre contrôlée le vendredy au soir, qui est le jour que M. Colbert signe le contrôle.
Le samedy matin 11 décembre, je menai M. Salmon, garde des rôles, avec mon fds, à Saint-Germain pour faire sceller les lettres de provision extraordinairement. Arrivant à Saint-Germain, je retirai la quittance contrôlée, que M. de Cestre, commis au contrôle, y avoit laissée. Nous trouvasmes M. le chancelier qui entendoit la messe; il estoit a.ssis, la teste penchée dans son estomac et me parut fort abattu. .Après la messe, M. Salmon luy ayant parlé dans son cabinet, je le saluai et luy présentai mon fils, et il me dit qu’il estoit mon serviteur, et l’on me fit signe de me retirer. M. Boutet, son secrétaire, apporta une liasse d'autres lettres, qui furent scellées avec les miennes, et M. Salmon médit qu’il m'avoit fait retirer pareeque le bonhomme, qui ne connoist plus personne, connoist encore sa foiblesse et a peine quand on la voit; car l’on scella toutes ces lettres, sans qu’il les vist sceller, et clics despendent de la fidélité de Boutet , qui est à présent le véritable chancelier et garde des sceaux.
Au soitir de chez M. le chancelier, je fus au cbasleau et vis avec mon fils M. Le Tellier, qui nous parla de l’histoire du Chastelet jugée au parlement, à la Tournelle, pour un recollement fait par le greOier Le Cointre sans assistance d’aucun jnge; il n’avoit pas voulu y souffrir M. Bonneau, conseiller au Chastelet, et M. le lieutenant criminel avoit signé depuis ce recollement pour l’autoriser, et, sur ce que Messieurs du Chastelet avoient fait signifier une plainte sous le nom du pi'ocureur du roy, il avoit suscité une affaire au sergent, décrété contre luy et l’avoit fait emprisonner; ce qui avoit fait une grande contestation entre les olliciers du Chastelet. M. le procureur général avoit parlé à la Tournelle, et parlé fort rudement contre lé procureur du roy, qu'il avoit traité comme un misérable, et mesnagé le
le
D'OLIVIER LEPEVRE D'ORMESSON.
lieutenant criminel, et, par l’arrest, l’on n'avoit prononcé que contre D,<craib. 1671. le greffier une aumosnc; on l’avoil seul hlasmé et rien dit contre les officiers principaux. C’estoit faveur; car ils s’esloient fort mal conduits et sont l'un et l'autre fort descriés et passent pour des fripons.
Je vis, après, M. Colbert, que je remerciai; il me r&spondit fort civilement. De là, j’allai faire compliment à M. de Turenne sur la promotion de M. le cardinal de Bouillon à la dignité de grand aumosnier. Nou.s montasntes ensemble chez le roy, et, e.stant entrés par le moyen de M. de Rochefort, capitaine des gardes, qui rentra pour le dire à M. de Gesvres, premier gentilhomme de la chambre, je vis prester le serment à M. le cardinal de Bouillon, à genoux sur un carreau devant le roy assis. M. Colbert, secrétaire d'Estat, lut le serment, et le cardinal avoit les mains jointes entre celles du rov; ensuite M. d’Amont, l’un des trésoriers du marc d’or, mit le sennent de commandeur de l’ordre en main dudit sieur cardinal, qu’il lut luy-mesme, et enfin luv attacha la croix au col avec le cordon bleu.
Le roy paroissoit fort gay et fit toutes ces grâces avec des termes fort obligeans. Après, m’estant trouvé sy près de luy qu’il crut que je voulois luy parler, il s’avança à moy, et je le remerciai de 1a grâce qu’il avoit faite à mon fils de l’agréer pour une charge de conseiller au grand conseil. 11 me dit ; « Il me servira bien. • Après, chacun se retira , et il ne resta que ceux qui sont du conseil des finances.
J’appris que le roy avoit donné au prince de Marsillac La Rochefoucauld le gouvernement de Berry, dont M. de F..auiun estoit pourvu.
De là, je fiis voir M. Pellis.son, chez qui estoit M. Salmon, où je mangeai tin morceau, et ensuite nous revinsmes à Paris avant quatre heures, et je remenai M. Salmon chez luy avec beaucoup de remerciemens de l’honnesteté avec laquelle il en avoit usé.
Le dimanche i3 décembre, je commençai les sollicitations du grand conseil pour la réception de mon fils. Je demandois qu’il fiist reçu, non seulement sans estre interrogé, mais sans luy donner de loy, suivant qu’ils avoient lait à M. Foucault, qui avoit esté pourvu de la charge de procureur général des requestes de l’Hostel. Je
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liftemb. 1671. trouvai beaucoup d’honnesteté sur cela en tous Messieurs, et MM. Du Verdier, de Genouillac et de Chamy se firent une affaire de •ot'* *^tix qui, sous prétexte de rornialité, pouvoicnt y
faire didiculté.
Le lundy i4 décembre, je fus à la grand’chambre pour la réception de M. l’arcbevesque de Klieims, duc et pair. Il y avoit grand monde. Je parlai a M. Le Tellier cl luy donnai un mémoire pour l'affaire du marquis de Mouy, qui e.stoit malade à Nancy, et pour pourvoir à la seurelé des effets mobiliers. Estant auprès de luy, .M. le premier président passa. On luy dit par deux fois qu’il passoil, et enfin il répliqua, • Laisscx-lc passer, • et puis dit qu'il n’y avoit point de difficulté à la réception de son fils, car il avoit l'aage. Je crus que ce mot e.stoit mystérieux, à cause que M. le premier président luy avoit dit ce mol, luy imputant que c'estoit luy qui avoit fait l'affaire de l'aage à M. de Marillac. Enfin, il me parut qu'ils ne sont pas bien ensemble et qu’il y eut affectation de ne se point saluer; car M. le premier président passa sans le chercher et s’arresla seulement à M. de Louvois. Je fis fort bien ma cour à toute celte famille.
M. le Prince et M. le Duc vinrent au parlement; il y avoit dix-huit ducs, et l’on rcmai'qua qu’il n’y en avoit aucun de la famille de M. Colbert, et néantmoins j’y vis MM. de Luynes et de Chevreuse; car tout le monde veut que ces deux ministres soient en rupture ouverte. Les ducs lenoicnt les deux bancs, le banc ordinaire et celuy qui est visà-vis les présidens. M. le premier président ny les présidens ne se levèrent point lorsque M. le Prince et M. le Duc entrèrent par le milieu du parquet, et lorsque M. le premier président demanda l’avis, il n’osta point son bonnet aux ducs, qu’il nommoit du titre du duché, mais seulement aux princes du sang, qu’il ne nommoit point. Les raaistres des requcsles esloienl au banc d’en-haut. Après la réception, au rapport de M. le doyen, M. le Prince et tous les ducs demeurèrent à la cheminée; car ils ne marchcroient qu’après les présidens. M. le Prince me parla avec bien de la boulé. M. Talon vint à celle séance; il avoit esté marié ce jour mesme avec M"' du Boulay-
Favier, et presque au sortir de l’église il cstoil venu au Palais pour iWccmb. 1671. estrc à l’audience.
Le lundy et le mardy, je fis toutes les sollicitations des deux semestres du grand conseil.
Le luercredy 1 6 décembre, je fus avec mon fils à l’entrée de Messieurs du grand conseil; y estoient MM. de Fourcy, de La Grange, de Colanges, de Lezeau, d’Eaubonne et de Lamoignon. Tous .Me.s- .sieurs du grand conseil estant entrés, au lieu de nous donner simplement jour pour mettre le toit monttré sur les lettres, ils dirent qu'estant assemblés ils ne dévoient pas remettre, et nous donnèrent le soit monstré et soit informé. Ce fut une grâce extraordinaire et contre l’usage de celte compagnie, qui ne délibère que sur les affaires pour lesquelles les semestres sont assemblés.
Celte mesme matinée, ils délibérèrent entre eux sur la réformation que l’on vouloit faire de leurs commissions et de les réduire aux cinq cas * et de leur oster la communauté des espices. M. Pussort avoit parle do cela devant le roy et avoil fort appuyé cet avis; mais il lie fut pas suivy, et le roy dit qu’il falloit examiner cette affaire plus amplement. Il y eut grande division entre les présidons et conseillers du grand conseil; car les présidens veulent bien que l’on oste la communauté d’espices, afin d’augmenter leur autorité, et les conseillers dirent qu'ils renonçoient volontiers aux commissions, pourvu qu'ils maintinssent la communauté d'espices, qui conservoit l'union entre eux et qui avoit esté establie avec connoissance par des lettres patentes; ils convinrent de dresser des mémoires.
Le mercredy, à midy, je menai mon fils chez M. Charpentier, M. de La Reynie et ,M. le lieutenant criminel du Chastelet, pour estre tesmoins, et, le soir, M. le lieutenant particulier y fut ainsy que M. le curé de Saint-Nicolas. C’est l’exactitude du graud conseil; car, au parlement, le grelEcr va recevoir la déposition chez les tesmoins ofliciers.
' Ces cinq CSA étaieni probablement les sonnes; les interdictions; les servitudes, matières bénéficiales renvoyées aux ofB- et les appositions ou levées de scellés, ciers royaux : les questions d'état de per- (Voy. Claude de Ferrière, Uict. dê droit.)
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Mrrnib i«7i. Le jeudy 17 décembre, au grand conseil, on ordonna que les semestres serolent assemblés pour le jugement de l'information au samody. Je fis enregistrer mes lettres de vétéran et demeurai à l’audience. Ce jour et le vendredy, je fis exactement toutes mes secondes visites.
Le samedy 19 décembre, mon fils fut reçu au grand conseil tout d’une voix, sans loy ny examen, et cette grâce se fit le plus honnestement que je pouvois désirer. La compagnie me fit entrer et prendre ma place avant que de le faire entrer; ainsy je luy vis prester le serment. Jamais on ne put tesmoigner plus d'estime et d'amitié que ces messieurs nous en tesmoignèrent à mon fils et é moy. Au sortir du grand conseil, M. Oiarpentier, doyen, et rapporteur de mon fils , estant fort gay et content, alla cbex M"* d’Amours luy dire cette réception; il s'y trouva mal, revint chez luy et tomba en apoplexie, dont néantmoins il s'est sauvé.
Durant mes sollicitations, ayant esté saluer M. le cardinal de Bouillon, M. l'arebevesque de Paris y vint. M. le cardinal de Bouillon prit la droite sur luy, et, après un quart d’heure de conversation, il .sortit, et M. le cardinal de Bouillon, voulant le reconduire, sortit le premier de sa chambre; mais, après bien des civilités, il n'alla pas plus loin.
La nuit de Noël, à la messe de minuit à Saint-Nicolas. L'on parloit fort d'un voyage du roy, qui devoit partir le 5 janvier pour aller en Champagne voir ses troupes. M. de Louvois estoit parti pour aller dans toutes les places frontières.
Le jeudy dernier jour de l'année 1671, je fus au collège d'Harcourt à une sahatine que sousienoit le second fils de M. Colbert, abbé. 11 n’y avoit que peu de personnes, n’y ayant eu aucune thèse distribuée. De là, à l’acte de M. l'abbé de Novion' en Sorbonne, desdié à M. Colbert. Je trouvai en sortant M. l'archevesque de Paris qui y alloit, et j’ay sçu depuis que M. le cardinal de Bouillon ,. ayant esté averti (juc M. l’archevesque disoit qu’il ne prètendoit céder à qui
' Jao|ues Potier, qui devint évéque de Siueron et eneuite d'ÉvreuK.
D OLIVIER LEFÈVRE DORMESSON.
que ce soit dans Paris, et que l'on croyoit que, par celle raison, luy, Jamicr 1671. cardinal de Bouillon, esvitoit de se trouver avec luy, il avoit fait observer quand M, l’archevesque sortiroit de chez luy pour aller à cet acte, et aussytost estoit monté en carrosse pour y aller; et, en eflel, peu de temps api-ès que M. l’archevesque fut entré dans la salle et eut pris place, M. le cardinal de Bouillon estoit entré sans s'arresler aux civilités qu’on luy faisoit pour trouver M. l’archevesque en place, lequel se seroit levé en voyant entrer M. le cardinal de Bouillon, et, sans se rasseoir, se seroit retiré.
Ce jour-là, je fus disner chez M. le duc de Chaulnes avec Madame', et y disna rabl>é de Grammont de Toulouse. L'on dit que M. l'ambassadeur d'Angleterre estoit parti en poste pour l’Angleterre, et qu’il y avoit quelque raison extraordinaire.
Le vendredy premier jour de l’année 1673, le matin à Saint- Nicolas faire mes dévotions.
Le samedy a janvier, le malin, en Sorbonne, à l'acte du iils de M. d’Arbon. De là, chez M. Le Tellier. L’on dit que M. de Cbarost avoit reçu des nouvelles qu’il y avoit de grands désordres en Angleterre; que le traité de Suède avoit esté conclu avec M. de Pomponne, c’est-à-dire la neutralité jusques à ce que l’Empereur commence à armer, et, s’il arme contre nous, les Suédois se déclarent pour nous.
L’on me dit que l’interdiction de M. le président NicolaP s’accommodoit; qu’il avoit subi l’interrogatoire devant M. Pussort, et qu’au premier jour il seroit restabli. Il a désiré un ordre particulier du roy pour estre interrogé. Ce jour-là, MM. Le Laboureur disnèrent avec nous, et l'abbé nous dit plusieurs choses curieuses sur les généalogies de plusieurs familles de Paris’.
Le dimanche 3 janvier, M. de Cbarost me vint voir, et, ne m’ayant
' Éliubelh'ChaHolte de Bavière, ma- Louis. balUi de Hunlmorcnd, mort en riée, le 16 novembre 1671, à Philippe juin 1679, et Jean, prieur de Jui|tnè. d'Orléans, frère de Louis XIV. mort en juin 167b. Le premier a laissé
* Voy. plus haut, p. 56 1, de* poèmes médiocres, et le second d'u*
‘ Ia>s deus frères Le Laboureur, dont tilea et savanu traités sur divers points do parie souvent Olivier d'Ormesson , élaieiit l’histoire de France.
Wier 1671. pas trouvé, il me fit dire que le voyage du roy estoit rompu. Toutes les troupes marclienl en Allemagne et chacun raisonne sur le dessein : les uns disent que c’est pour Juliers, que le roy achète, les autres pour Cologne, en faveur de l'archevesque. L’on nous dit que M. Le Camus ', procureur général de la cour des aydes, estoit nommé premier président de cette compagnie, et qu’il en recevoit les complimens. C'est un très bon choix, estant habile et très instruit des aflaires de cette cour.
Je fus voir M. de Pomponne, revenu de son ambassade; il avoit vu le roy, en avoit esté reçu très agréablement et estoit entré en fonction de secrétaire d’Estat et de ministre. M. de Louvois revint, au mois de janvier, de son voyage en Allemagne auprès de l'électeur de Cologne et de Lévesque de Munster, où il avoit establi dix mille hommes de troupes du roy et leur avoit fait prester serment de fidélité à M. de Cologne. A son retour, le roy, estant très content de sa conduite, l’a fait ministre d'Estat et l'a reçu dans le conseil secret avec MM. Le Tellier, Colbert et de Pomponne.
Le jeudy janvier, mourut à Saint-Germain, à sept heures du soir, M. Pierre Séguier, chancelier de France, apres trente-neuf ans de service dans cette charge, depuis le 10 février i633, qu’il reçut les sceaux vacans par la disgrâce de M. de Chasleauneuf; et, en 1 635,
[il eut] la dignité de chancelier de France par la mort de M. d'Aligre, décédé en sa terre de La Rivière’. Depuis quelques années, ledit sieur chancelier estoit fort deschu de la vigueur de son esprit, et, sur la lin. il ne connoissoit plus ceux qui l’abordoient et avoit perdu la mémoire; mais, dans ses derniers jours, l’esprit luy estoit revenu entier, et il est mort avec beaucoup de piété et de connoissancc. Sa famille avoit reporté au roy les sceaux queiijucs jours auparavant. Le roy les avoit reçus avec bien de l’honnesteté et avoit dit qu’il ne les vouloit garder qu'en dépost et pour les rendre è M. le chancelier, lorsqu’il seroit revenu en santé.
' ^icotaB Le Camus fui reçu premier 167a; it mourut en 1716. — ' Cf. te» ' president à la cour des aides te la février extrailsdesMémoiresd'.-tndred'Ormesson
'Olgrtiga
Dans ce mesmc temps, M. Barin de La Gallissonnière', maislre des Fftricr 167a. requesles, intendant à Rouen, a obtenu une place de semestre dans le conseil, vacante par la pi’omotion de M. de Pomponne, et ce par le crédit de M. de Mont.ausier*.
La vacance de la charge de chancelier fait beaucoup raisonner sur le choix que le roy fera pour remplir cette place. D’abord, l’on a dit que c’estoit pour M. Le Tellier, depuis pour M. le premier président, et chacun nomme celuy qu’il luy plaist. Mais le roy ne se descouvre point, sinon qu’à son disner ayant este dit qu’il y avoit eu des chanceliers gens d’espée, l’on a prétendu qu’il vouloil choisir un homme d’espée.
Le jeudy 5 février, estant chez M. Boulanger d’Hacqueville, il me monstra un paquet qu’il venoit de recevoir de la part de M. d’Aligre.
C’estoit un réglement fait par le roy, par lequel il dit que, S. M. ayant résolu de retenir les sceaux, elle fait sçavoir ses intentions sur ce qu’elle entend estre observé jusqu’à ce qu’elle en ayt autrement disposé; qu’elle donnera sceau un jour chaque semaine; qu’elle a fait choix des sieurs d’Aligre, de Sève, Poncet, Boucherat, Pussorl et Voisin, conseillers d’Estat, pour y avoir séance et voix délibérative, avec six maistres des requestes dont elle fera choix au commencement de chacun quartier, et le conseiller du grand conseil, grand rapporteur en semestre, et choisit pour le présent quartier les sieurs Barentin,
Le Boulanger d’Hacqucville, Le Pelletier, de Faucon, de Lamoignon,
Pellisson. Les conseillers d’Estat seront assis selon leur rang, et les maistres des requestes debout autour de la chaire du roy; les grand audiencier et garde des rôles seront debout après le dernier conseiller d’Estat, et le chauffecire ensuite, et le contrôleur au bout; les gardes-quittances et autres officiers derrière les chaires des conseillers d’Estat. Les lettres de justice seront rapportées les premières, remplies du nom de celuy qui en aura fait le rapport et par luy signées en queue. Le grand audiencier présentera ensuite les lettres
' Jacques Barin , seigneur de la Gucr- * M. de Montausicr remplissait les foncclie cl de La Gallissonnière. lions do gouverneur de Normandie.
JOÜHNAI,
dont il sera chargé; le garde des rûles, les provisions des offices, et les secrétaires du roy feront lecture des lettres de grâce , qui seront délibérées par les conseillers d’Estat et maistres des requestes, et résolues par Sa Majesté. Le.s procureurs et syndics des cinq collèges <les secrétaires du roy auront entrée, et il en sera choisi de chacun collège, sçavoir : huit de l’ancien, quatre des cinquante-quatre, autant des soixante-six et un des vingt de Navarre. Le procureur du roy des requestes de l’ilostel et procureur général des grandes et petites chancelleries aura entrée et place derrière les maistres des requestes. Voilà ce que contient ce règlement en neuf articles dont j’ay copie, fait à .Saint-Germain-en-Laye, le 4 février 167s. Signé LOUIS, et, plus has, Colbert
Ce règlement fait raisonner; on ne l'approuve pas, ne pouvant pas durer longtemps ny les alfaires s'expédier. L’on dit que la raison de ce règlement est pour avoir le temps de réformer tous les abus que l'on prétend estre dans la chancellerie, et diminuer l'autorité et la fonction de cette charge de chancelier. Car, comme on a pris pour maxime de supprimer les grandes charges, celle de conncstable, d'amiral, l’on veut aussy, sinon supprimer, au moins anéantir celle de chancelier et donner toute l'autorité aux ministres; et, sur cela, l'on m’a dit que M. le Prince avoit observé que l’on n’avoit supprimé ces deux grandes charges que pour faire M. Colbert amiral et M, de Louvois conncstable; et, comme M. Colbert fait depuis dix ans la principale partie de la charge de chancelier, en distribuant tous les employa aux maistres des requestes, en proposant seul au roy les personnes propres pour remplir les charges qui viennent à vaquer, les donnant toutes à ses parens, comme celle de premier président de la cour des aydes et de lieutenant civil à M. Le Camus; celle de procureur général de la cour des aydes à M. Du Bois’, fds du premier
^ C« reglement «e trouve tetluellcmcnt dan» un maniucrii de U famille d'Ormesson conservé B la Dibl. imp. f. Sorl>onne, n* i38o. f” 337 V*. Il n’a pas été publié
dan.» le recueil de.s Anciennes lois françaises.
* Claude Du Bois, ou Du Bosc, fui rc^u procureur général à la cour des aides le 33 février 1673.
commis de l’cspargnp, son parent; de premier président à Rouen i Fi*ri»r i«7i- M. Pelot, qui a espousé une Camus; estant le maistre de l’agrément pour toutes les charges de la robe, dont on ne peut estre pourvu que par son ministère, à cause de la consignation du prix, M. Colbert, qui a usurpé tout cet employ par la foiblesse du défunt, ne veut pas le perdre par l’establissemeut d’un nouveau cliancclier, qui voudra faire sa charge.
Le lundy 8 février, le roy tint le premier sceau, où le réglement fut observé exactement. Les niaistres des requestes rapportèrent, et le roy escuuta toutes choses avec une attention et une connoissance sui'prenantes.
M. d’Allgre tint le lendemain le conseil dans le chasteau et lit les mesmes fonctions que le chancelier, ayant pris sa place et signant les arrests comme luy. Il y a eu pour cela un réglement qui dit seulement qu’en attendant que le roy ayt pourvu à la charge de chancelier, M. d'Aligre, comme doyen, fera les fonctions de chancelier pour l'expédition des alfaires de justice et des finances.
Le i6 février 167a, ayant esté averti fort incertainement que le roy prenoit M. Fleury pour le mettre précepteur auprès des princes de Conty', qui avoient perdu madame leur mère d’un transport au cerveau quelques jours auparavant’, et que le roy vouloit faire eslever auprès de M. le Dauphin, et ayant sçu depuis que eetavis estoit certain, je fus, le mercredy 17 février, avec mon fils voir le père Ferrier, qui nous dit comme la chose s'estoit passée ; que M. de Montausier en avoit fait la première proposition à M. Fléchier’; que le roy luy en avoit demandé avis et dit d’en communiquer avec M. de Condom, et que le loy s’estoit déterminé à M. Fleury; qu’il sçavoit qu’il
' Le prince (le Conti, mort le si février 16G6, avail laissé dent fils; Louis, mort le p novembre i68a, et Prant;ois- Louis, prince de Lu Itoclic-sur-Yon, qui devint, après la mort de son frère, prince de Conti. et roi de Pulogne en 1697; il mourut en 1709. (Vovex les Mémoirtt
de Saml-Simoiif l. VU, p. 8a et suiv.)
* Anne-Marie Martinozri, princesse de Conti, était morte lu 4 février 167a.
' Esprit Fléchier. né en 1 63s , dans la suite évéque de Lavaur et de Nimes , mort en 1710. 11 est surtout célèbre par ses oraisons funèbres.
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vrirr i(>7i. logcoil Bvec moy el «ju’il avoit dil que je ne serois pas faschc de le luy donner, et qu’il me couscilloil d’aller voir le roy sur cela.
Le vciidrcdy ig février, je fus à Saint-Germain avec mon fils, et nous alla.smes d'aLurd voir M. de Condom, me plaindre de ce qu’il ne m’avoit pa.s averti de cette proposition. 11 nous expliqua comme celte affaire s’esloil faite : que M. de Montausicr avoit nommé d’abord M. Fléchier cl, après, M. Fleury; qu’il avoit fait au roy l’affaire de M. Fléchier dilücile, elque le roy, croyant que c'csloil un homme qui faisoit le difficile pour se faire mieux acheter, avoit pris la résolution de choisir M. Fleury; qu’il avoit sçu qu’il logeoil chex moy; qu’il luy en avoit parlé, et, enfin, il me lit connoistre qu’il n’avoit eu part k cette affaire que par l’avis que le roy luy en avoit demandé, ol enfin nous noua séparasmes avec bien de l’amitié.
Je fus chez le roy, el, prenant le temps qu’il regardoit au miroir son tour de cheveux, je luy dis que le père Fcrrier m’avoit dit l’honneur qu’il faisoit à M. Fleury do le mettre auprès de MM. les princes de Conty, el que je venois le luy offrir et luy tcsinoigner ma joye qu’il y cust quelque chose dans la maison qui luy fust agréable; que M. Fleury esloit un homme de grande probité et de capacité; qu’il y avoit cinq ans qu’il estoit avec moy et que j’espérois que Sa Majesté scroil contente de sa conduite. Le roy entendit cela agréablement et me dil qu’il estoit bien ayse du bon tesmoignage que je luy rendois de Fleury, et que je luy avois fait plaisir de luy en parler." M. le cardinal de Bouillon el quelques autres me dirent apres, qu’ils avoient remarque que le roy m’avoil parlé agréablement, et le cardinal me dit, ayant sçu ce que j’avois dit au roy, qu’il avoit eu grande envie d’avoir Fleury et luy en avoit fait parler.
Je vis, après, M. de Turenne et M. Le Tellier, qui sçavoient le choix de M. Fleury. Nous visines aussy M. de Montausier, qui nous parla de cette proposition comme l’ayant faite. Je mangeai un morceau chez M. de Turenne, vis M. de Pomponne et revins de bonne heure à Paris. '
Le lundy a 2 février, le soir, M. de Condom estant venu à Paris
pour parler à M. le Prince sur l'alTairc des princes de Conly, je Inÿ FSyrifr l6^7. menai M. Fleury, cl ensuite nous fusnies voir M. le Prince, auquel je présentai M. Fleury; il le reçut bien et me lit beaucoup d'amitié, et M. le Duc aussy.
Le mardy a3 février, M. Fleury estant allé voir M. lamcclot* faire la leçon aux princes de Conty, je le fus quérir et saluai ces deux petits princes, qui me parurent avoir bien de l’esprit. De là, je menai M. Fleury cher. M"” île Longueville, qui le reçut assez froidement, estant fasebée de ce que, la princesse de Conty luy ayant laissé par son testament l'éducation de scs deux enfans, le roy les luy ostoit et faisoit maison neuve, no pouvant souffrir M. Lancelot ny aucun janséniste auprès d’eux*.
J’ay appris que toutes les grandes cérémonies qui se dévoient faire pour l’enterrement de M. le chancelier estoient changées, et qu’il ne s’en feroit aucune; car les héritiers avoient prétendu qu’un prince du sang devoit mener le deuil, et que M. le Duc ne l’avoit pas voulu faire; les quatre derniers présidons de la cour estoient d’accord de porter les quatre coins du poile.
Le roy continua de tenir le sceau tous les lundys avec le mesme ordre. M. Pussort y parle beaucoup et forme toutes les diiïicullés, comme estant le maislre; mais souvent il est seul de son avis, et, dans une contestation qu’il eut contre Boulanger d’Hacqueville stm une lettre de réfusion*, Boulanger l’interrompit, luy résista fortement, et, par la délibération, Ct passer la lettre. L’on a dit qu’un secrétaire, lisant une rémission, le roy avoit rebuté, disant:* Ce sont des co<{uios qui ont manqué de parole et n’ont pas donné à mes gens . ce qu’ils avoient promis. • Sur quoy le .solliciteur de la rémi.s-sion ayant parlé au secrétaire ct luy au valet de chambre du roy, et le
* Claude Lancelot, né à Pfiria en 1616, mort en i6g5. Il fut le principal aulcur des grammaires dites de Port-I\oval. On a également de lui des Estais de momie.
' Voy. sur les relations do du Longueville avec les jansénistes. lePorÿ-/lc^a/.
de M. S**-Beuvc, t. IV, p. a5g, 5i4 etsuiv.
* Tenue de pratique. On disait réfusioa de difpens pour indiquer les frais d'uii jugement par défaut, dont on était obligé de rembourser la partie, avant d'ètrc reçu à SC pourvoir contre le jugement.
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Airil i67>. valet ayant dit au roy que les sommes promises seroient payées, le roy lit lire la lettre et l’accorda. Cette histoire a esté publique. L’on m’a nommé les gens, et il est vray que l'on avoit promis cinq cens pistoles aui valets de pied du roy.
Le .samedy 27 février, M. Fleury nous quitta et alla, avec les princes de Conty, s’establir à Saint-Gennain.
Le samedy 2 avril, mourut assez promptement madame la duchesse douairière d'Orléans; elle estoit sœur du duc de Lorraine. Peu de temps auparavant, le roy avoit donné à M. de Caiimartin et à M. Bouchu deux places de semestres dans le conseil, vacantes il y avoit longtemps.
Le dimanche 3 avril, je vis M. de Lislebonne, qui estoit venu icy négocier pour .M. de Lorraine, et je luy présentai le martpis de Mouy, L’on me dit qu’il s’en retoumeroit sans rien faire, et que leroy, sçacbant que M. de Vaudemont estoit allé servir en Flandre avec des troupes, avoit dit que, quand le duc de Lorraine auroit retiré ses troupes de F'Iandre et osté ses garnisons de Bitsch et de Hombourg, il entendruit parler d'accommodement.
Le mardy 5 avril, mourut M. de Morangis, âgé de soixante-treize ans passés , ayant esté peu de jours malade. Ce mesme jour, les nouvelles arrivèrent de la mort de M. dcNesmond*, malstre des requestes, â Limoges, deux mois après son arrivée comme intendant; il est mort du poumon. Ce mesme soir, ayant fait collation avec .M. le premier président, je fus voir \1*^* Chalucet, que M. de Basville espouse*. C’est une Me de condition de Bretagne, à qui on donne trois cent mille hvres argent comptant, soixante mille livres en une terre et quarante mille livres en bagues et bonnes denrées.
Le mercredy 6 avril, le parlement, les chambres assemblées, vé-
* Henri du Nesmond 7 seigneur de Saint' DUanl cl de breteuil, maître de» requête» depuis i6G5.
* Nicolas de Lamoignon, marquis de Bàvilte. épousa Anne -Louise Bonnin de r.Ualucel, (ille du marquis deCKalucel.
lieutenant de roi pour les ville et ch&teau de Nantes. Le marquis de Bâville est sur* tout célèbre par son rôle en Languedoc, dont U était intendant, ou pluU^t roi, comme dit Saint-Simon. (Voy. les Mémotns de Saint-Simon, t. XV, p. dSq.)
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rifia cinq édits avec liberté de suffrages. Ils avoient esté la veille exa- A»rii 167a. minés par des commissaires nommés de toutes les chambres. Le roy sera bien satisfait de cette vériücation; car il craignoit d’estre obligé de venir au parlement pour les faire registrer en sa présence.
Le i8 avril, je fus à Amboille avec ma famille et le marquis de Mouy, et j’y demeurai jusques au dimanche [a/j avril]. En arrivant, j’appris qu’il y avoit eu démesié à la cour, et que les mareschaux d'IIumières et de Bellefonds estoienl renvoyés chez eux pour n’avoir pas voulu obéir à M. de Turenne, et que le roy avoit donné les sceaux à M. d’Aligre.
Le lundy a5 avril, je fus le matin à Saint-Germain et j’y menai le marquis de Mouy pour faire sa cour. J’allai d’abord chez M. de Turenne, qui me tesmoigna beaucoup d’amitié sur mes affaires. Je présentai le petit de Mouy à M. le Prince, qui le reçut bien et moy aussy. Je montai chez le roy, qui vit agréablement le marquis de Mouy, mais ne luy dit rien. Je pris occasion de luy demander si, durant son absence. Sa Majesté auroit agréable que j’escrivisse é M. le prince de Ligne sur les affaires de .son fils; il se prit à rire, disant qu’il n’y avoit pas de difficulté. Néanlmoins, je luy demandai s’il avoit agréable de commander qu’on m’en expédiast un brevet. Il me <lit d’en parler à Colbert, ou, comme s’il eust cru que M. Colbert me fust suspect, il ajouta ; « Ou à qui vous voudrez; cela n'importe. » Je vis ensuite M. Colbert et luy parlai, et il me dit de luy en donner un mémoire; ce que je fis. Après, je pris congé de M. de Louvois, qui me reçut avec beaucoup d’honnesteté. Je menai le marquis de Mouy è monseigneur le Dauphin et à MM. les princes de Conty, et disnai chez M. de Condom. Je fis mes complimens à M. d’Aligre, qui avoit esté chez le roy comme garde des sceaux, ayant le mesme exempt Picot et les mesmes gardes de M. le chancelier. Il entre dans cette charge ayant commencé son année quatre-vingt. 11 est fort habile dans les affaires; mais ceux qui le voient travailler disent qu’il baisse beaucoup et s’affoiblit. Par ce choix, chacun juge que M. Colbert est le patron; car M. Le Tellier avoit prétendu à la charge de chancelier et l’auroit
JOURNAL
\ïril 1671. esté, si M. Colbert no s’y fust opposé formellement, ayant dit au roy que, si M. Le Tcllier entroit dans cette charge, il ne pouvoit plus le servir; car il le trouveroit contraire à tout ce qu’il voudroit faire, et si M. de Louvois, estant le principal instrument de la guerre de Hollande, n’avoit pas eu le crédit, au comnienccincnt de la guerre, de faire son pore chancelier, il le feroit encore moins à la lin', et les affaires du conseil prenoient une forme qui ne changeroit que par la mort de M. d’AJigre, outre que le roy avoit donné la place do directeur des finances do M. d’Aligre à M. Pussort. Ainsy, c’estoit l'eslever d’un pas et le disposer é estre pareillement son successeur en la pl ace de garde des sceaux.
J'appris à Saint-Germain l’histoire des marcschaux de France, qui est que le i-oy, ayant jugé que scs armées pouvoient se joindre, vouloir qu’il n’y eust qu’un seul commandant; que M. de Turenne ohéist à M. le Prince, et à luy les marcschaux de France. Le roy ayant pris cette résolution le veudredy îi avril, la proposition en fut faite à M. de Bcllefonds, qui refusa, prétendant que c’estoit le déshonorer, pui.sque les marcschaux de France n’ohéissent qu’aux princes du sang ou au conncstable, et enfin, ayant parlé au roy et estant demeuré ferme, il fut relégué à Tours. La mesme proposition ayant esté faite à M. le mareschal d’iluraières, il dit qu'il suivroit l'exemple de ses anciens, et, afin d’esviter de respondre jiisqucs à ce M. de Créquy eust parlé, il se retira à Mouchy. L’on avoit envoyé un courrier à M. de Créquy, avec ordre de quitter l’armée s’il ne vouloit pas obéir. L’on attendoit sa response.
Le mardy au soir a 6 avril, chez M. le premier président, qui estoit revenu faire les noces de M. de Dasville, son fils. Il avoit esté le matin à .Saint-Germain, avec les députés du parlement, recevoir les ordres du roy. J’appris que M. de Créquy estoit revenu le lundy au soir, estoit allé le mardy matin à Saint-Germain; qu’il avoit parlé au roy,
‘ Ces coiijeclures ne ae réalisèrent pas, Tellier, fut nommé chancelier, le ao ocet 1a guerre de Hollande ayant airennile tobre 1677, peu de jours après la mort crédit de Louvuis, son père, Michel Le d'Éliennc d'Aligro.
D’OUVIEU LEFEVRE D'ORMESSON.
et , après avoir olTert toutes sortes d’expédiens, n'avoit pu se soumettre Airil 1671. à obéir sans se déshonorer; qu’il avoit ordre d’aller à Marines', M. de bcllefonds à Tours et M. d’Huinières à Angers. La chute de ces trois mareschaux est surprenante; les uns les blasment, les autres les plaignent et croient qu'ils n'ont pu en user autrement sans se déshonorer.
Le mercredi 27 avril , le roy partit dès le matin, quoyqu’il ne dusl partir que le lendemain 28*. Le jeudy 28 avril, je vis M” Du Plc.ssis- Bellière sur la disgrâce de M. de Créquy, son gendre.
' Bourg du dèpartenienl de Seintrcl. 6 avril 1672. Il partait pour aller o&siater Oûc. aux conquêtes de l'armée que comman-
' lutuis XIV avait déclaré la guerre A daient Condé et Turenne. la Hollande par un manifeste en date du
Dl JOlHS.tl. D’OI.IVIER LEFÈVRE D’ORMESSOS.