II
EXTRAITS DES MÉMOIRES
Kiïrirr t6ii. MABIAGE D'AIUIAXD PE BOtmiON, PBIKCE DE CONTÏ, AVEC m''' MAETIEOZH, MÈCE
DE M. LE CAEDIVAL «AEAtllN, EAIT, LE 2 a EEBVRIEE 1 654 , DANS LE LOOVRE .
EN pnéSENCE UK LELBE MAJESTÉS
Ce mariage est udc des plus grandes marques de rinconstancc des alTaircs humaines cl do la légèreté des esprits franrois que l'on ait veues de tioslre temps; car, au mois de janvier 1649, lorsque le roy et la reync, assistés du prince de Cundé et du cardinal, principal ministre, voulurent assiéger Paris et réduire le parlement à s'en aller faire sa demeure dans Montai'gis, à eause des barricades de l'année d'au|>aravaiit et de la résistance du parlement aux volontés de Leurs Majestés, le prince de Conty se vint rendre dans Paris pour estre chef de parti contre Leurs Majestés, contre son frère et ledit cardinal, lequel fut déclaré, en sa présence, ennemi du roy et de l'Eslal*. L’accommodement ayant esté fait, le prince de Conty se remit avec le prince de Condé, son frère >Tisné, et le duc de Longueville. Ils se. rendirent, eux trois ensemble, si puissans et si odieux 4 la rcyne et au cardinal, qu'ils furent arresics prisonniers et menés dans le bois de Vinccimes, de l'avis dudit sieur cardinal et du duc d'Orléans. Le prince de Conty, ayant esté délivré avec son frère et son beau-frère, demeura tousjours à Paris, ledit cardinal estant ab.scnt du royaume, et il se trouva a la majorité du roy, qui fut le y septembre i65i *; son frère ne s'y voidul pas trouver, demeurant lors dans sa maison de Sainl-Maur, et depuis il s'en alla en Rerry et en Guienne, dont il avoit le gouvernement, au lieu de ccluy de Bourgogne, qui fut donné au duc d'Espernon, qui avoit eu le gouveniement de Guienne. Le prince de Conty suivit le parti et la fortune de son frère et SC retira avec luy dans Boixleaux, avec la duchesse de Longueville, .sa sœur, et ils y firent tout ce qu'ils purent contre le service du roy, jusques à faire entrer les Espagnols, nos ennemis, dans toutes leurs places.
M. le Prince quitta la Guienne pour venir au secours du duc d'Orléans et laissa son frère dans Bordeaux, qui tint contre le duc de Vcndosnie et le duc de Caridale commandant l'armée du roy. Mais, 4 la fin, les habitans
' A/ifmoirei d’/lad™ <i’Orm««on, f’ .138 1. 1, p. 620, 6a3, et surtout yaa, à la date
recto. du au raan 1649.
* Voy. Journal d'Olttier d'Ormeuon, * Voy. t. U, p. 6S0.
Digifized b
D’ANDUÉ IVOnMESSON.
de Bordeaux, se lassant de la guerre, traitèrent avec le roy. Le prince de Conty, ne les pouvant plus retenir dans la rébellion, fit sa paix et s'en alla quelque temps demeurer è Pezenas, pendant lequel temps il imta, à bon escient, avec M. le cardinal et luy déclara qu'il vouloit espouscr sa nièc<*, M** MnrlinoziiL Cette proposition a eu son effet, car il l'espousa le aa febvrier i65è, ayant auparavant résigne tous ses bcncfices è M. le cardinal Mazarin, sur lesquels il a retenu deux coût mille livres de pension. Estant marié, il fut logé dans le palais du cardinal paré et accoustré inagnifique' ment, le prince de Condé, son frère, estant parmy les Espagnols et auquel on fait le procès dans le parlement de Paris, et sa sœur, la duchesse de l^onguc ville, réduite dans les religieuses de Sainte-Mario de Moulins avec la duchesse de Montmorency. Sc peut-il voir de plus ostrange changement que d'espouser la nièce de son ennemi juré et déclaré? de plus estrange que d’abandonner le parti de son frère et aimer celuy qui luy fait son procès? Après cet exemple, il ny a plus d’ennemis irréconciliables, il n’y a plus de ferme amitié parmy les frères; et. sur ce sujet, M. de Laffemas fit une petite rime assez bien reçue :
Par Tonihre d’Armand* averty,
L'autre Armand au roy se veut rendre;
Mais bien qu'un peu tard converty,
11 n’a rien perdu pour attendre.
La Fronde en a le desmenly*;
Le coadjuteur sVn vent peiulrcL Condé ressent ce coup en Flandre.
L'un se perd; l'autre est garaoly.
Jamais le prince de Conty Meilleur t^nseil ne pouvoit prendre Que d'embrasser ce b:>n party.
Fait et cscrit ce lundy, lapresdisHée, i6 mars iCSèL
' .^nnc-Marie Martînoui.
* • Le cardinal de Richelieu se nommoil Armand, avoit esté parrain du prince de Conty et lui avoil donné son nom. « (iVofr ^André d'Ormetson.)
’ * Le prince de Conty avoit, auparavant, aspiré au mariage de de Cbe-
vreuse, lonqu’il esloit prisonnier. Lstani en liberté, U n’en voulut point et se moqua d’cltc. ■ (Aoto d'André
* «Le rcNidjuteur, cardinal de Rets, estoil prisonnier dans le bois do Vincennes • (Idem.)
* André d'Ormosson ajouta, en 1661,
Fétrior »6âi.
68^1 EXTRAITS DES MÉMOIRES
\sr\t DI5COÜBS SÜR tk rORTL'SE Dt CAHDIÏi.U. DR am‘.
Mesâirc Paul (le Gondy, fils d'Einmaimel de Gondy* autrefois comte de Joigtiy et gcoéral des galères, mamteuant prestre de l'Oiatoire, fui bien insUtué dans les bonnes lettres, fil son cours de théologie et fut reçu doc* tcui'. li prosciiüit fort bien; mais, estant ne d'un esprit inquiète et ambitieux, et fait coadjuteur de son oncle M. l'archcvcsquc de Paris, ü aspira au cha* peau de cardinal et à gouverner l’Estal; et, Â cet elTct, ayant recherché les bonnes grâces de la i*cyne et du cardinal Mazarin et ne les ayant pu obtenir, il devint ennemi du cardinal et se mil dans le nombre de ceux qui le vouloient ruiner. Lorsque les barricades arrivèrent dans Paris, en aoust i868, il voulut s'eutremedre, auprès de la reyoe et du cardinal, pour pacilicr les troubles, et en fut mesprisé; ce qui augmenta sa baync contre le cardinal; et, lorsque Leun Majestés soi tirent de Paiis pour 1 assiéger, en janvier 161^9, il ne bougea de Paris avec le prince de Conty et autres princes et seigneurs qui prirent la deflensc de Paris et du parlement contre la reyne, le duc d'Orléans et M. le Prince, qui sousteiioient la cause du cardinal. I) ne bougeoit du parlement et estoit foit animé contre le cardinal, contre lequel il prcscha publiquement dans 8aint*Paul, pendant le siège.
La paix faite, le roy rentra dans Paris. Le coadjuteur, estant dans (e parti des frondeurs, fut accusé, par M. le Prince, d’avoir conspiré contre luy. pour le faire tuer sur le Poiit*Ncuf, à sept heures du soir, et M. le Prince le poui'suivit au parlement avec le duc de Beaufort et M. de Broussel^, Tout à coup le coadjuteur se remit bien avec le cardinal Mazarin, qui fit emprisonner les trois princes de Condc, de Conty et de Longueville (janvier 1 65o). Pendant leur prison, estant gagné par M** de Chevrousc, il porta l'cspiit du duc d'Orléans et du parlement k leur délivrance et à chasser le cardinal du gouvernement. Ce qui fut fait, et, lorsque les trois princes rentrèrciit à Paris, au retour de leur prison du lïavrc de-Grace, il se plaça dans leur carrosse avec le duc do Beaufort.
la noie suirante : • M. le prince de Conty a un nu issu de ce mariage, lequel est nourri â Paris et s'appelle le comte de Qermont; le prince esi en Languedoc,
son gouvernement, avec sa femme, en ce mois de janvier 1663. »
’ Mémoires J’ A ndré d'Ormesion , f * 3& 1 . * Voy. J'Oiiv. d'Ormeu. 1, 784.
Diaitized by (
Ü ANDRE D'ORMESSON
Le cardinal Maiarin rcdiiit dans Cologne, le coadjuteur traita avec luy An-il i6Stpour le faire revenir à la cour et gagna tellement ses bonnes gi-accs et relies de la reync, par ralTection qu’il lesmoignoil envers le cardinal, que. Leurs Majestés avant escrit au pape en sa faveur, il fut fait cardinal et reçut dans |
Paris tous les lionncurs dus é cette haute dignité. Il travailla tellement au retour de Leurs Majestés dans Paris, ayant porté la parole pour le cleiyjé, comme tous les corps de Paris et comme tous les colonels firent aussy de leur |>art, que Leurs Majestés rentrèrent dans Paris avec l’acclamation universelle de tous les peuples et liabitans. Le cardinal Mazarin estoit lors absent de la cour et habitoit vers Sedan. Il revint quelque temps après. Le roy et toute la cour allèrent au devant du luy jusques au Bourget, et il rentra dans Paris dans le carro.ssc du roy, après avoir esté détesté dans le parlement et sa teste mise par arrest è cinquante mille esciis, ses meubles et livres vendus pour en composer cette somme et la donner à celuy qui apporteroit sa teste, tant il y a eu d'inconstance dans les esprits des Parisiens en ces derniers temps I Or le cardinal de Retz, ne se contentant pas du chapeau et aspirant A entrer dans le conseil d'en haut, donna de la jalousie au cardinal Muzariii, lequel, craignant d'estre supplanté par le cardinal de Retz, homme de grand esprit, fort liardy et déterminé et de hautes entreprises, le fit arrester prisonnier dans le Louvre, le i 9 décembre 1 65a . et conduire dans le bois de Vincennes, où il a demeuré plus d'un an prisonnier, et n’en est sorti qu’ayant promis de prendre rcscompensc de farchevesché de Paris, qui luy apparlenoit par le décès de son oncle, qui arriva le ai mars i655. Il sortit de prison pour s’en aller à Nantes fort escorté des chevaux- légers du roy, sous la garde du maresrhal de l-a Meilleiaye, le dernier jour du mois de mars i65é’.
Fait à Palis, le samedy 4 avril i654’-
' Le cardinal s’échappa du château de Nantes le 8 août 1 6&4 s et se rendit à Home.
* André d'OrœesBon a ajouté quelque-^ notes à chaque nouvelle lecture de scs mé> moires. « Le cardinal do ReU est encore absent de Paris an mois de juin 1660, et ne jouit point de son archevesebé et se lient cachédepeurd'estrearreaté. M. LeComle,
doyen, fait rolllcc d'archevc-sque. — • En ce mois de juillet i60a. le cardinal de RcU est absent de Paris et a résigné volontairement son arcJievcsclié de Paris, auquel le roy a nonuné M. de Benumont (Hardouin de Péréiixe), son précepteur, cy-devant évesque de Rodez. moYcimani l'abbaye de Saint-Denys, dans laquelle le cardinal de Retz n'ose ny ne veut pas de-
EXTRAITS DES MÉMOIRES
68fi
Urii tG34-
DISCOL'nS scn la rOATl’NR DU PMNCB DE CONDI^^
Ce prince, licrhier des gnmdes charges, des gi'auds biens et des gouver* nemens du feu prince de Condé son père, ayant fort bien estudié dam le collège des Jésuites de Bourges, commença, en l'année i6ia, à porteries annes, et fut pluslost général de t armée du roy que soldat. Il gagna la bataille do Rocroy eu i6û3, aagé seulement de vingt-deux ans. et ensuite gi’gua encore trois autres batailles fort mémorables, Fribourg, Nordtingeii et Lens, cl prit des villes estimées impiTuables et passa pour le plus grand et le plus heureux capitaine de son temps. Ces victoires, signalées avec scs grands biens et sa haute naissance , luy enflèrent le courage , ne prenant pas tous ces grands avantages pour dr;s bornes, mai.s pour des degrés, afin de monter plus haut, il en prit l’occasion, après les barricades de Paris, que la reyne. irritée contre les Parisiens et les ennemis du cardinal Masariii, avoit envie de se venger; car ü s'oflrit à ladite dame et au cardinal et promit d'amener son année victorieuse aux environs de I^aris pour le réduire è la famine, désoler les environs, contraindre les Parisiens à demander miséricorde, la corde au col , et les assujétir è toutes les volontés de Leurs Majestés. En cette considération , on luy donna Stenay, Rocroy, Clermont et autres avantages. 11 fit une guerre cruelle à Paris, soustcoanl qu'il n'appartenoit pas h des sujets de contrôler les volontés de leurs roy s, ny de vouloir chasser leurs favoris, et niaintenoit puissamment la faveur du cardinal Matarin. Mais Paris s'estant deirendu et ayant attiré des villes cl des provinces entières à son parti, la cour fut contrainte, de peur d'une révolte générale, de traiter avec Paris et le pajlenicnt et de s'accorder. M. le Prince, après ce traité, voulant ruiner
meurer, et autres abbaye» jusque» à ta valeur de deux cent mille livres, et il est en estât de ne jamais rentrer dans Part», s'es- Unt rendu sus|icct au roy cl à tous ceux qui gouvernent sous son autorité, pour punition de son ambition trop impatiente et trop haslêe , qui l'a précipité dans ia mi- M*re. • < Au iu>ois de juin i6b4« le car-
dinal de l\etx a vu le roy cl toute U cour; il est entré dans Paris et dans son abbaye
de Saint-Dcnys, cl est retourné à Coinmercy. Il a demandé {>ardoti au roy à genoux. ■ lieu était seigneur, ou, comme on disait alors, darnoiicau de Commercy.
' SUmoxrt* d’André d’Ormeuou, P 3^9 verso. Ce morceau rcproiluit beaucoup de faits déjà indiqués dans les articles précédents; mais la tin contient quelques détails nouveaux ; c'est ce qui m'a déterminé à io publier.
le «lue de Beaufort, le coadjuteur de l'arclievesché île Paris, Paul de Gondj, A<ril |
cl M. de Hroussel , conseiller de la cour, les acf'usa de l'avoir voulu faire assassiner sur le Pont-Neuf. Au mesme temps, il se rendoit importun k la reync i cause de ses demandes et de ses hautes prtitentions, et, le craignant plus<|ue les frondeurs, elle le fit emprisonner dans le hois de Vinceniies, du consentement du duc d'Orléans et par l'entremise du duc de Ueauforl et du coadjuteur, le mardy 1 8 janvier i65o, avec son frère le prince de
Conty et le duc de Ixwguevillc, son beau-frère. 3
Ils denienrèrcnt en prison plus d'un an et en sortirent par la promesse du ^
mariage du prince de Conty avec .M“" de Clicvreuse, laquelle fut signée par 1
ce jtrince dans sa prison. ,\u mesme temps, le cardinal .Maiarin fut contraint de sortir de Paris et il alla délivrer les princes, sans aucune condition, rontj c l'intention de la reync, qui avoit envoyé des déptités pour leur imposer certaines conditions pour le bien du royaume. Le prince de Condé, estant rentré dans Paria avec l'allégresse de, tous, ayant dans son carrosse le due de Bcaufoi t et le coadjuteur, se remit dans la itossession de ses gouvernemens et en plus grande autorité que jamais. Mais, s'estant moqué du mariage de son frère le prince de Conty avec M“* de Clicvreuse, il irrita tellement la duchesse de Clicvreuse, sa mère, qu’elle [irotesta tout haut qu'elle s'en vengeroit, n’estant pas résolue de souffrir celte injurt' et ce mespris. sans s'en ressentir. Klle estoit puissante dame et dame d'inirigne et de hautes entreprises. Elle avoit esté fort familière avec la reync et la gouvernoit secrètement. Le priiioede Condé ayant demandé le gouvcniemeni de Cuienne au lieu de celuy de Bourgogne, on le liiy donna; et celuy de Bourgi^ne fut donné au duc d'Espernon, au lieu de celuy de Cuienne, qu’il avoit auparavant.
Ces broiiillcries du prince de Condé, qui se tenoit dans Paris cl dans .Saiul-Maur sans aller saluer Leurs Majestés, feignant d'avoir crainte d'estre arresté, furent cause qu'il ne voulut pas assister i la majorité du roy, tpii fut le y septembre i65i. Il se retira à Saint- Maur et de l.i é Chantilly, cl se déclarant ouvertement niescontcnt du gouvernement et s'estimant fort puissant pour entreprendre choses grandes, ayant le gouvernement de Berrv avec Monirond et la grosse tour de Bourges, le gouvernement de Cuienne et le gnuvernenienl do Champagne, tenu par le prinre de Conty. Le roy
fnt eonlrainl d’aller en Berry et A Bourges, qui luy ouvrit scs l>ortcs. Le -
Avril prince se retira en Guienne avec son armée cl appela les Espagnols dans
Bordeaux. 11 fui tellcmcnl attaqué par l'armée du roy. commandée par le (Ointe d’Harcourt, qu’il fut lousjours battu; et, craignant que le duc d’Orléans, estant dans Paris, qui esloit de son parti, ne se monstrast foiblc et ne fîst accord A son préjudice, il quitta la Guienne et y laissa son frire et la duchesse de IjOi'.gucvillo, sa .soeur, pour entretenir la guerre et conserver la province contre le roy, par le secours des Espagnols. Estant donc arrivé dans l’armée du duc d'Orléans, il luy redonna des forces et luy inspira un nouveau courage, et, ayant appelé le dur de Lorraine par deux fois à son secours, il maintint la rébellion fort longtemps dans Paris et partout où il avoit du pouvoir. Mais enfin les Parisiens se lassèrent du gouvernement des princes, qui vouloient exiger de l’argent d'eux pour entretenir la guerre et qui firent tirer des arquebusades sur les présidens de la cour et les conseillers qui leur estoienl contraires, pour leur faire changer de langage, et qui tirent mettre le feu dans FHostel de-Ville de Paris et assassiner, A coups d’arquebuse, tous ceux qui en sorloient pour ce qu'ils ne s’estoient pas voulu joindre A leur parti contre le roy, qui furent deux entreprises qui les ruinèrent dans les affections du peuple de Paris et de trois cens des plus notables habitans, qui se trouvèrent enfermés dans les appréhensions de la mort en cette furieuse journée de f Hostel-de-V’ille. Les Parisiens f rent scavoir aux princes qu'ils vouloient reconnoistre le roy et se délivrer des misères de la guerre civile, qui les niinoit.
Le prince de Condé fut contiviint de se retirer de Paris, comme aussy fit le duc de Lorraine avec son armé-e , et ne demeura A Paris que le duc d'Or léans , qui avoit esté déclaré lieutenant général , et M. le Prince commandant les années du roy sous son autorité, qui fut une hardiesse insupportable des princes et un crime inexcusable au priement de Paris. Tous les corps ayant supplié Leurs Majestés de revenir dans Paris, Leurs Majestés y arrivèrent le liindy ai octobre i65a. Le duc d'Orléans fut contiaint d'en partir le lendemain de grand matin et d’embrasser l'amnistie pour sa seurcté. Il s'en alla, avec sa famille, A Blois, où il est encore. M. le Prince se retira A Stenay et sur les frontières de Champagne avec les Espgnols, et il a tousjours depuis fait la guerre A la France avec le duc de Lorraine et les Eispagnols, commandés par l'archiduc Léopold et le comte de Fuensaldagne. Mais son frère, le prince de Conty, ne pouvant résister au duc de Vendosme et au
D’ANDRÉ D’ORMESSON
duc de Caudale, commandant l’année de Guienne, a esté contraint de s’ac- Avril 16S/1. corder et de remettre la ville de BoHoaux et la Guienne entre les mains du roy, et s’est retiré quelque temps dans Przenas en Languedoc, et la duchesse de Longueville dans Moulins, auprès de M”' de Montmorency, le duc de Longueville ne la voulant pas recevoir auprès de luy, s’estant mal gouvernée en sou endroit, luy estant demeuré paisible dans son gouvernement de Normandie et lousjours bon et fidèle serviteur de Leurs Majestés.
Pour le regard du prince de Conty, estant fort mal content du prince de Coudé son frère, et, pour le bien de ses afl'aires et s’acquérir du repos, il a recherché l’alliance du cardinal Mazarin ; espousa sa nièce au mois de febvrier 1 654,et consomma, dans le Louvre, le mariage avec M®*Martinozzi, qui estoit fort belle. Après il alla loger dans le palais du cardinal Mazarin, paré et orné des plus riches tapisseries et meubles de France. Au inesme temps, le roy, voyant que le prince de Coudé persistoit tou.sjoui's dans sa rébellion et félonie, envoyoit en Espagne |>our avoir de l'argent et des gens, envoyoit en Angleterre pour exciter Cromwell, protecteur, et les Anglois A nous faire la guerre et se joindre avec luy, fut conseillé de luy faire son procès dans le parlement de Paris et d'y appeler les pairs de France et d’y observer les formes accoustumées en telles occasions. En ayant esté appelé avec tous ceux qui ont leur séance au parlementé je m’y suis trouvé en toutes les assemblées qui s’y sont faites en la présence du roy, assisté des premiers pairs de France, marcscliaux de France, conseillers de la cour, où présidoit M. le chancelier, où tant a esté procédé que, par l’arrcst intervenu le •x’j mars i654, le prince de Condé a esté privé du nom de Bourbon et de la qualité de prince du sang, condamné à souffrir la mort telle qu’il plalroit au roy de l’ordonner, et autres clauses ordinaires dans tels arrests. Quatre furent condamnés à estre décapités, le président Viole, le sieur Lenct, Marsin et de Persan; quantité d’autres en prise de corps.
Voilà l’estât auquel est réduit maintenant le prince de Condé, ayant perdu le gouvernement de Guienne, le gouvernement de Berry, la grosse tour de Bourges, qui a esté abattue, Montrond pris et rasé, Bellegarde, en Bourgogne, pris et rasé, des commissaires donnés pour recevoir le revenu de tous ses biens confisqués et de tous scs duchés et grandes seigneuries. Il
' V oy. |>lu> Imui, p. G79.
EXTUAITS DES MÉMOIRES
Avril i654. ny a plus que Rocroj. Slcnay, Mouioti et Clermont qui tiennent pour luy.
Madame sa femme, princesse de Condé, est tousjours dans Rorroy avec le duc d'Angiucn, son iils, aagé de dix ans, le prince tic pouvant avoir d'autre argent que celuy d'Espagne qui luy vient fort cslroitement, les Espagnols ii'cn ayant guère et ne se fiant guère en luy, veu la légèreté ordinaire des esprits franrois et que le roy d'Espagne ne luy scauroit donner autant en le servant, roniine il en espère en France pour son service. Sçavoir ce qu’il deviendra à ravenir, il est diOieilc de le prévoir*, mais le prince de Condé n'est pas maintenant sans gi*andc peine d'esprit 11 n'oscroil traiter avec nous, de peur d'estre arresté par les Espagnols, à l'exemple du duc de raine, ny se fier au roy, qu’il a tant olTensc. De continuer la guerre, il sera mal secondé des Espagnols qui se deflGent de luy et ne se plaisent pas d'obéir à un prince fran<;ois, avec la jalousie des capitaines csjiagnols. Il faudra qu’il s'expose à tous les périls pour conduire tous les autres aux combats. Je crains que sa fortune, qui a beaucoup de convenance avec celle de Cbarles de Bourbon, connestable de France, n’ayt une fin pareille, ayant tous deux eu la fortui>e très favorable en leur jeunesse et fort ruineuse à la fin. Dieu le veuille ramener à son devoir et disposer l'esprit de Leurs Majestés à luy pardonner toutes scs fautes et luy faire la grâce de les réparer par ses bons services à l’avenir.
Fait à Paris, ce vendredy 3 avril i654 ^
Juin t65i. LE SACRE DO ROY LOUIS XIV, FAIT i RIIEIUS , LE DIMANCHE J JUIN }6S^'^
Vis h vis la chaire du roy estoit une tribune pour la rcyne Aune d'Au-
* Noies ajoutées succe.ssivemcnt par grandprinrnlCeinercredyaSjam i66o.«
André d’Omiesson : • En cc mois de juin •— « Dans oc mois de juillet iG6a, il eivi
i66o, le prince do Condc est en France, tousjours auprès du roy dans Saînt’Ger-
ayanl veu et salué Leurs Majestés et M. le maln-en-Laye, allant souvent à la chasse
cardinal Masarin. 11 a esté reslabli en tous avec Sa Majesté, sc rendant fort sujet et
ses l>iens et toutes scs cliarges suivant le exact à faire sa cour, ayant son ftls, le duc
trailéel lapais géiièrate de France et d’£^- d'Anguien, tousjours auprès de Kiy, et
pagno (traité dcsPyrènéiM). lia esté veu el M** la Princesse, sa fenuue, à la cour ou
salué é Paris . après avoir salué Leurs Mn- dans Paris. »
jestès. Aînsy Je voiU remis dans son dex'oir, * Mémoirtt (TAndré d’OmtfSicn, P 4
tant la fortune a esté inconstante envers ce recto.
D’ANDRÉ D'ORMESSON
Irichp, où estoient aussy la reyiic d'Angleterre, les ducs d'York cl de Glo- Juin i65«. cestre, ses fils, et la princesse sa fille avec la princesse palatine, et, i l'autre coslé, la princesse de Conly, la duchesse de Vendosme, la dame de Senecey et quelques autres, et derrière Sa Majesté estoit un haiic pour 1" prince Thomas et un de ses fils. De l’autre costé estoient le nonce du pape, les ambassadeurs de Portugal et de Venise, le commandeur de Souvré, ambassadeur de Malthe, et le sieur Bartet, résident de Pologne. R y avoit un banc pour les cardinaux Mazarini et Grimaldi, au dessous du banc des pairs ecclésiastiques. Derrière la chaire de Sa Majesté, il y avoit un siège pour le niarcsclial d’Estrées, qui représentoit le connestable ; un autre pour le chancelier de France, Séguicr; derrière, un autre banc pour le niareschal de Villeroy. qui représentoit le grand maistre de France; le duc de Joyeuse, grand chambellan, et le comte de Vivounc, qui représentoit le premier chambellan. Dans les hautes chaires, le marescbal de L'Hospital , gouverneur de Paris. A la gauche estoit un autre banc pour M. d’Anjou, frère unique du roy, représentant le duc de Bourgogne, le duc de Vendosme représentant le duc de Normandie, le duc d'Elbeuf représentant le duc d'Aquitaine, le duc de Candale représentant le comte de Champagne, le duc de Roannei et le duc de Boui-nonville représentant les comtes de Flandre et de Toulouse.
Le roy estant devant l'autel en sa chaire, ayant à ses costés le comte de Noailles et le marquis de Charrost, capitaines des gardes, la sainte ampoule fut apportée par le prieur de l'abbaye de Saint-Rciny, en habits pon tificaux, monté sur un cheval blanc, sous un dais de toile cfai-gcnt soustcnii par quatre religieux, précédés par quelques habitans du Chesne-Pouilleux, à cause qu’ils recouvrèrent autrefois cette sainte ampoule, et suivis des marquis de Coaslin et de Richelieu, et des sieurs de Mancini et de Biron, fort bien montés, avec leurs guidons ou estendarts aux armes du roy et de la ville. A l’arrivée de ce saint présent du ciel, l'évesque de Soissuns (Simon Legras), et M. le coadjuteur de Rheims, et plusieurs autres evesques en habits pontificaux le furent recevoir k la porte de l'église de Nostic-Damc avec les cérémonies ordinaires. Le roy, au mesme temps, se leva de sa chaire pour révérer cette sainte ampoule, qui fut mise sur le grand autel.
Puis l'évesque de Soissons s'alla reveslir pour dire la messe, et estant revenu, le roy se leva pour hiy faire honneur. L'évesque s'approchant, le roy
EXTRAITS DES MÉMOIRES
l.ii» i65l. fit le serment de conserver toutes les dglises A luy sujettes. Le mesme prélat demanda aux seigneurs et au peuple s'ils l'acceptoient pour roy, et, les acclamations faites, il prit de luy le serment du royaume , que Sa Majesté fit les mains sur l'Évangile, qu'il baisa. L'evesque dit ensuite sur le roy les oraisons accoastumées , puis il bénit fespéc, laquelle le roy prit et l'oITril k Dieu cl ensuite la déposa entre les mains du marescbal d'Estrées, qui la porta toute nue pendant la cérémonie. Puis l'évesque prit la platine de saint Remy, sur laquelle il mit du saint chresme et de f builc de la sainte ampoule avec une aiguille d'or, les mcsla ensemble et, les prières dites, commença d'oindre Sa Majesté par le sommet de la teste, sur la poitrine, entre les deux espaules. sur l'espaule droite, sur l'espaule gauebe, au pli du bras droit et au bras gauche. Il prit ensuite des gants bénits, et la bénédiction se fit de l'anneau , par lequel Sa Majesté espousa le royaume. Cet anneau est de grand prix et a servi au sacre des roys ses prédécesseurs et au mariage de la rcync. Puis l'évesque bailla le sceptre k la main droite du roy et la main de justice en la gauche, posa sur sa teste la couronne de Charlemagne avec les pairs laïcs et ecclésiastiques , qui avoient esté appelés par le chancelier de France. Sa Majesté s'alla seoir sur son trosoe, suivie du chancelier, du grand maistre et du grand chambellan.
L'évesque, luy ayant fait la révérence , le baisa , comme firent aiissy tous les autres pairs, avec Ica cris de l'ite le roy! et le bruit des canons. On lascha cinquante douzaines d'oiseaux et les hérauts firent largesse au peuple de pièces d'or et d'argent, où estoient, d'un costé, la figure du roy couronné; de l'autre , la ville de Rheims avec la sainte ampoule.
L'évesque de Soissons dit la giand' messe. L'Évangile fut présenté à baiser au roy par le cardinal Grimaldi, Le marescbal de L'Hospital, le marquis de Souvré, le sieur de Saint-âiinon portèrent k l'olfrande le pain d'or, le pain d'argent et une bourse de velours rouge, où estoient treize pièces d'or et un vase de vermeil doré. Le roy communia sous les deux espèces, dans le calice qui servit k saint Remy. au sacre de Clovis.
Le roy, avec l'évesque de Soissons, dans les mesmes habits, alla disner dans la grande salle de l'archercsché.
Le sieur de Rhodes estoit grand maistre des cérémonies et le sieur Saiiictot maistre des cérémonies.
Le lendemain, 8 du mois de juin, le roy, fort paré, fit, le matin, sa
l) AM)KK irOHMESSON. 0«3
cavalcade depuis Nostre-Dame jusques A IV'glisc de Saiiil-Remy, accompagné Jién ■«$>. de tous les seigneurs de la cour fort parés, pour ce que le roy cstoit entré en carrosse, dans la ville de Rheiins, au lieu d'y entrer à cheval, comme avoient fait ses prédécesseurs. L'aprcsdisnée, Sa Majesté reçut, dans l'église Nostre-Daine, l’ordre du Saint-Esprit de la main de l’évesque de Soissons, et puis Sa Majesté le donna à M. le duc d'Anjou, son frère.
Le tnardy g juin, le roy alla entendre la messe dans Saint-Reiny. assisté du cardinal Grimaldi, qui faisoit la fonction de grand aumosnier en l'ahscnce du cardinal Antoine Rarberin. Puis Sa Majesté toucha trois mille malades des escronelles.
Cinq conseillers d'Estat se trouvèrent à cette cérémonie et eurent place honorable: MM. de La Poterie, de Vcrtamon, de Villemontée . de Sève et ' de Caumartin, et neuf maistres des requestes : Laffemas, d'Oigcval, Manoury, Boucherat, Lamoignon, Bouville, Meliand, Courtin, Vertamon.
M. le chancelier estant de retour, nous l'allasmes saluer, mon frète cl moy. Il nous dit qu'il composeroit un livre qui contiendroit fort exactement toutes les cérémonies du sacre et qu’il feroil faire quinze ou vingt planches de peinture qui les repiésenteroient. Ce livre sera fort recherché.
Eiscrit è Ormesson, le dimanche 1 1 juin itiSi.
J’oiibliois les six pairs ecclésiastiques : l’évesque de Soissons (Legras) représentoit l’archevesque et duc de Rheims (duc d’Aumale et de Nemours); l’évesque de Beauvais (Choart) représentoit l'évesque et duc de Laon; l'évesque de Noyon (Baradas) représentoit l'évesque et duc de I^angres (Zamet); l'évesque de Chaalons (Viallart) représentoit l’évesque et comte de Beauvais; l’arcbevesque de Bouiges (de Levès-Vcnladour) représentoit l'évesque et comte de Noyon; l’archcvcsquc de Rouen (de Harlay) représentoit l’évesque et comte de Chaalons. Les évesqiies pairs précédèrent les archevesques non pairs, qui ne faisoient que représenter les absens; ils ne voulurent pas leur céder et iU avoient raison.
ESTAT DE LA l'EASCE LE S 4 JUIN I CôA
Le roy, après avoir esté sacré é Rheims avec les cérémonies et magnifi-
' Mémotm d'André rf'O^eûon. f* h.
EXTRAITS DES MÉMOIRES
luin i85à. cenccs ordinaires, c»toitall(^ à Sedan avec la eonr, le duc d'Anjou, son frire, et le eardinal Maxarin. I/armëc du roy. comniandée par les mnresebaux de Tlircnne et de La Ferlé, estait aux environs de Stenay, appartenant à M. le Prince; le capitaine Falierl l'assiégeoit. Le roy avoil vingt mille hommes eircctils. M. le duc d Orléans estoil lousjours dans Blois avec sa faniille. Il n'avoit mille envie de revenir i la cour, veu les choses passées, ny la cour aucun désir qu'il y revinst. M. le Prince estoit tousjours panny les Espagnols dans ünuclles, fort empesché de sa pei-sonne et ne disposant pas des Espagnols à sa volonté; ils ne se fioient pas beaucoup i luy, craignant qu'il ne fist sa paix i leurs despens. L'archiduc Léopold cl le comte de Fuensaldagne commandoicnl les forces d'Espagne. Le duc Charles de I^orraine estoit lousjours prisonnier dans la càtadelie d'Anvers, soupçonné d'avoir voulu livrer M. le Prince au roy, avec quelques places, et d'avoir fait sa paix avec le roy à CPS conditions. Le duc François, son frère, avec scs deux eiifans, estoit en Flandre , dans l'armée de son frère. M'"" la Princesse et le duc d' Anguicn, son fils, estoient dans Rocrov. Elle avoil présenté requeslc au parlement pour venir demeurer en France avec son fils, demandant ses conventions matrimoniales, M . le Prince ayant esté condamné et ses biens confisqués , la requeslc de M'” la Princesse fut renvoyée au roy, qui n'y a fait aucune responsc favorable. M. le prince de Conly, marié avec M”" Marlinozzi, nièce du cardinal Maxarin, estoit allé commander l'armée du roy en Catalogne, assisté du duc de Candale.
Le comte d'Harcourt, qui estoit malcontent dans Rrisach, aroit fait son accommorlemeni avec le roy et luy avoit rendu la ville de Brisach. Il s’estoit retiré à Pliilipsbourg,
Mademoiselle faisoit sa demeure ordinaire dans Saint Fargeau. Ip duc de Beaufort, tant aimé autrefois dans Paris, estoit souvent auprès du duc d'Orléans, n'osant plus revenir dans une ville qui n'en feroit pas grand (tampte, le peuple n'ayant plus aucune affection pour luy. M. de Vendosme estoil tousjours k la cour, jouissant paisiblement de son amirauté. Il avoit signé le rontiat du duc de MerccBur, son lils , qui ,ivoil espousé M"" Mancini, il y avoit plus de deux ans '. Le duc de Meremur est tousjours en Pro-
' Le duc de Mcrcceur avait épousé Laure Manripi dès t65i. 11 le reconnut
i la sé«nce du 7 aodt, en plein parlement.
D'ANDRE D'ORMESSON
vence, dont il est gouverneur. M. de Guyse se prépare à quelque cipédition Juin i6St. de grande conséquence . mais il ne sçail pas encore où il sera employé. Le duc de Joyeuse, sou frère, colonel général de la cavalerie légère, fait un esquipage magnifique pour aller, en cette qualité, servir dans l'armée du roy, 11 avoil esté gratifié par le roy du duché d’Angoulesme et du comté de Pontliieu , dont jouissoit son beau-père, lequel don avoit esté vérifié partout où besoin avoil esté. Le cardinal de Retz, arebevesque de Paris par le décès de son oncle, estoit dans le cbastcau de Nantes, en la garde du marescbal de La .Vlcilleraye; il y avoit esté mené du cbastcau de Vincennes, où il estoit prisonnier.
r.HANCELir.as n usaor.s des scesix ne i5iù \ i656'. lôisà iStit.
Antoine du Peat, chancelier, cardinal, légat et arebevesque de Sens. 1S14. Antoi.ve ou Bodhg, chancelier. ,j35.
Gciuladme Povet, chancelier, disgracié en l'an i5ùo*.
Ebançois DI Montholon, président de la cour, garde des sceaux. ,SAu.
Pbançois Aihault de Chenans, garde des sceaux. ,3S,.
Ebascois Olivier, premier président de Paris, chancelier de France, par iSA5. la destitution du chancelier Poyet.
Jean Beetrahd, premier président au parlement de Paris, fut fait garde liâi. des sceaux par la disgrâce du chaccelicr Olivier; il mourut cardinal et archevesque de Sens.
Le chancelier Olivier, estant rentré dans l'exercice de sa charge sous le roy François second, moumt à Amboisu, en l'an i56o.
' Mémoirts d’André d'Ormeston, f 11 iioniin,ition de Jean de Montholon cooiiiic
verso cl siiivants. gardo des sceaux. On assigne généralc-
* On place ordinairement en i5éa la ment à la nomination d'Airault, ou Er-
dtsgricc du chancelier Po^el ainsi que la raull, la date de i5é.A.
EXTRAITS DES MEMOIRES
io$o. Mcssire Micuei. de L'HnsHTti., conseiller de la cour, puis maistre des requestes, suriiilendant de la chambre des eomples de Paris, chancelier de Marguerite, duchesse de Savoye, fut fait chancelier par le décès du chancelier Olivier. Il fut disgracié de la cour en l'an 1 568.
Mossirc Jeas de Mobvilliebs, évesque d'Orléans, ancien conseiller d'Eslat et employé aux plus importantes affaires, fut fait garde des sceaux en l'an i568 et les rendit volontairement, et d’une générosité sans exemple, en l'an 1 570, demeurant tousjours dans scs emplois cl sa première réputation et auctorité.
li-o. RENé UE Bibagie, Milanois, président de Turin, fut fait garde des sceaux, lorsque M. de Morvilliers les rendit. Il assista è l'entrée de la reync Elisabeth d’Autriche, fdle de l’empereur Maximilien et femme de Charles IX. dans Paris, et précéda le parlement, encore qu'il n'en eust pas le tilire. Le chancelier de L'Hospital estant décédé dans sa maison de Relesbat, le 3 mars 1673, René de Ilirague fut fait chancelier de France; mais, estant aagé, il remit, en 1577, les sceaux, qui furent baillés è messire Pliilippe Hurault de Chiverny (ou Cheverny). René de Uirague fut fait cardinal sans bénéfice, acheta la terre d'Amboille et fit bastir l’hostel de Saint-Paul près de l'église Sainle-Calhcrinc, où il fut enterré solemnellement en l'année 1 583, en habit de pénitent rayé, le roy Henry III assistant à son enterrement avec tous lespéuitens. Il disoit de luy-mcsme qu'il estoit cardinal sans tiltre, prestre sans bénéfice, courtisan sans faveur, docteur sans science, chancelier sans sceau, et se disoit chancelier du roy et non chancelier de France.
1577. Philippe Hcradlt, comte de Chiverny, garde des sceaux en l'an 1677, fut fait ehancelier eu fan i583 , par le décès du chancelier de Birague, et tint les sceaux jiisques en octobre 1 588, qu'il fut disgracié. Le roy Henry III donna les sceaux è François de Montholon, fils du garde des sceaux de Montholon, ancien avocat de la cour et avocat de Ludovic, duc de Nevers, lequel n’avoit jamais veu le roy ny la cour. Après la mort de Henry III, en aoust 1589, il fut demis de sa chaige, et les sceaux baillés en garde è Charles, cardinal de Bourbon, puis au marcschal de Biron, Armand de Gontaut, qui les garda Jusques en Juillet 1 890, que le roy Henry IV les rendit audit
’Dlgiti^Ëd by GôogU
D'ANDRE D'ORMESSON
comte et chancelier de Chiverny, qui demeura dans sa charge jusqiies A sa iS«3. mort, qui fut au mois d'aoust 1 699 , en sa maison de Cliiverny, près de Blois.
Messire Pouponne de BaLLièvEE, fils de Claude de Belliévrc, premier pre- lâ^g. sidciU au parlement de Grenoble, ayant este president au parlement de Paris, surintendant des fmanees, employé en plusieurs ambassades' et A la conférence de Siiresnes, fut fait chancelier de Krauce en aoust lâqg. au décés de M. Chiverny , et exerça cette charge . avec grande intégrité , jusques A sa mort. Il rendit, en aoust i6o5, les sceaux, qui furent baillés A M. Nicolas Brusiart de Sillery, et mourut au muis de septembre 1 607, et fut enterre, dans sa rhapelle, en l'église de .Saint-Germain-de-l’Auxerrois.
.Messire Nicolas BaDSL.iaT, seigneur de Sillehi, fils de Pierre Brusiart, 1607. président de la troisième chambre des enquestes, après avoir esté con.seiller de la cour, président aux enquestes, ambassadeur en Suisse, ambassadeur A Rome, président de la cour, conseiller d'Estat fort employé, fut fait garde des sceaux au mob de juillet de l'année 1 6o5 et chancelier en septembre 1607. par le décès de M. de Bellièvre. Il exerça cette charge paLsililemeiil ju.sqiios au mois de mai 1 6 1 G, qu'il fut renvoyé en sa maison, et les sceaux baillés A M. Du Vair, premier président de Provence, en avril 1617, après la mort du maréclial d'Ancii’ cl la ilisgrace de la rcync mère et de toute sa bande. Il fut restabli dans la première place du conseil, les sceaux estant tenus par MM. Du Vair, Mangot, Du Vair, une seconde fois, de Luynes, de Vie et de Caumartin, après la mort duquel les sceaux luy furent rendus en janvier i6a3. Il fut de rechef disgracié en febvrier i6a4 et mourut, en sa maison de Sillery, au mob d’octobre i6aA, et a esté enterré à Marines, sa maison, près de Pontoise.
Messire Guillaume Do Vair, conseiller d'église au parlement de Paris, puis mabtre des requestes de création nouvelle, en i6i4, puis premier
' André d'Omiesson a mis en noie ijue six places de Picardie avant esté rendues Bellièvre fui employé, entre autres ambas- par les Espagnols aux François, s Bellièvre .sades, • au traité de Vervins.où fut conclue avait aussi élè envoyé en Ecosse, en ifiBG.
la paix entre 1a France et l'Espagne, en pour engager Élisabeth à ne pas faire pé-
ibgB, à l'avanlage de la France , cinq ou rir Marie Stuart.
■I. as
698 EXTRAITS DES MÉMOIRES
■6i6. president de Provence, fut appelé, au mois de mai 1616, pour estre garde des sceaux. En novembre suivant, les sceaux lu^ furent ostés. Au mois d'avril 1617, ils luy furent rendus, et il les tint Jusques il sa mort , qui arriva , au siège de Tooneins, le 3 aoust 1611. Son corps fut apporté à Paris et enterré dans une chapelle des Bernardins.
Messire CLAtma Makcot, après avoir esté conseiller de la cour et commissaire en la seconde chambre des requestes du Palais , maistre des requestes dix-huit ans, nommé premier président de Bordeaux et avoir exercé par commission la charge de secrétaire d'Estat, fut nommé garde des sceaux en novembre 1616, par la disgrâce de M. Ou Vair, et les rendit le 1 à avril 1617, le jour que le marcschal d'Ancre fût tué. Il mourut en i6aé, sans avoir esté restabli en sa charge.
Messire Chablxs d'Albibt, duc de Ldinbs, connestable de France, tint les sceaux après la mort de M. Du Vair, en avril i6ai, et scelloit en présence du roy et des officiers du sceau , recevoit le serment des officiers et fit toutes les fonctions de garde des sceaux jusques au jour de sa mort, qui fut, le là décembre i6ai, au siège de Monbeurt. Son corps fut porté et enterré à Maillé, en Touraine, qu'il avoit fait ériger en duché et à qui il avoit fait porter le nom de Luynes.
M. Msat DE Vie, frère de M. de Vie, grand capitaine, gouverneur de Calais, après avoir esté conseiller de la cour, maistre des requestes, ambassadeur en Suisse, ancien conseiller d'Estat, fut fait garde des sceaux, le 20 décembre 16a 1, après le décès du duc de Luynes, le roy estant lors à Bordeaux, où ledit sieur de Vie avoit esté envoyé vers messieurs du clergé. Ledit sieur de Vie mourut le 2 septembre 1622. Son corps fut enterré en sa terre d'Armenonville , près do Senlis.
En attendant que le roy eust choisi un garde des sceaux, furent commis pour sceller six conseillers d'Estat qui estoient à sa suite , au siège de Montpellier: MM. de Caumartin, de Bullion, de Léon, Viguier, Préaux et Halligre.
Messire Louis LerEavaE, seigneur de Caumartin, après avoir esté coii-
D'ANDRÉ D'ORMESSON. 600
seiller de la cour, maùtre des requestes, president au grand conseil, ambassadeur en Suisse, ancien conseiller d'Estat, fut fait garde des sceaux, au camp de Montpellier, le si septembre i6ai, et mourut, en sa maison de Paris, le samedy a i janvier i6a3, et fut enterré, le dimanche suivant, en la chapelle de l'église Sainl-Nicolas-des-^hamps, où j'assistai. ^
Le lundy a3 janvier i6a3, le roy rendit les sceaux à M. le chancelier DE SiLLEET, â l'instance de M. de Pisieux , son fils. Ainsy, après sept ans et six gardes des sceaux, il rentra dans la pleine et entière fonction de sa charge de chancelier jusques au second jour de janvier, que le roy luy osta les sceaux, qu'il bailla è M. Halligre, le samedy 6 janvier i6aè; et, au mois de febvrier ensuivant, ledit chancelier de Sillery fut renvoyé en sa maison deSillery', où U mourut d'une dyssenterie, le i"octobre iGaè. Son corps fut apporté et enterré en sa terre de Marines, près de Pontoise.
Messire Eshenne Halligiie, natif de Chartres, après avoir esté conseiller au grand conseil, en l'an ■ 588, fut fait intendant de la maison de Charles de Bourbon, comte de Soissons, entra dans le conseil du roy en l'an 1 6io, et, après plusieurs emplois dans les provinces de Languedoc et de Bretagne, il fut fait garde des sceaux le 6 janvier 1 6aà et chancelier le 3 octobre audit an, par le décès du chancelier de Sillery; il estoit aussy surintendant de la maison de la reyne. Il fut renvoyé en sa maison de la Rivière, près de Chartres, le premier jourde juin i6a6, où il mourut le mardy 1 1 décembre 1 635, et y est enterré.
Messire Michel de Marillac, ayant esté conseiller de la cour en i588, maistre des requestes, conseiller d'Elstat, surintendant des finances avec M. de Champigny, en aoust i6aù, puis seul, en janvier i6a6, fut fait garde des sceaux, le premier juin iGa6, par la disgrâce de M. le chancelier Halligre. Les sceaux luy furent ostés à Glatigny, le roy estant k Versailles, le mardy i a novembre 1 63o ; il finit ses jours dans le chasteau de Chasteaudun, où il mourut au mois d'aoust 1 63a, et fut enterré aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques, dans sa chapelle.
' • Avec M. de Pisieux (ou de Puisieux), secrétaire d'Estat, son fils, disgracié comme lui. » (Note d'André d'Ormesson.)
i63o. Messire Ciiahi.es de i.'Aubespime de Ch.asteainblf, fils de M. de Chaslea»iiciif, doyen du conseil , après avoir esté conseiller d'église , conseiller d'Estat , ambassadeur en Flandre cl en .Angleterre, chancelier de l'ordre du Saint- Esprit, conseiller onlinairc du roy en ses conseils, par le règlement de Cornpiègne, fut fjit garde des sceaux par la disgrâce de M. de Marillac, à Versailles, le la rtovembre i63o, fut aussy fait surintendant de la maison de la rcync, comnte estoit M. de Marillac. II fut arresté prisonnier dans Saintfiermain-en-Layc, le vendredy a5 febvrier i633 et mené prisonnier dans le cliastcau d'.Angoulesmc.
Messire Pierre SéciiER, seigneur d'Autry, fils de M. Séguier, lieutenant civil , et petit-fils de Pierre Ség\iier, président de la cour, après avoir esté conseiller de la cour, maistre des requcsles, intendant de la justice en Guienne, près le duc d'Espemon, president de la cour par la résignation d'Antonin Séguier, son oncle et bienfaiteur, fut fait garde des sceaux par la disgrâce de M. de Chastoauneuf et la faveur du cardinal de Richelieu, le lundy a8 febvrier iG33. Il fut fait chancelier, le 19 décembre i635, par le décès de M. le chancelier Halligre, M. le cardinal de Richelieu l'ayant fait attendre huit jours avant que d'en prester le sennent au roy.
Au mois de juin i643, M. de Chastoauneuf sortit de sa prison du chasteau d'Angoulesme et vint demeurer à Montrouge. Sa tapisserie estoit de fleurs de lys; il portoit le cordon bleu et le Saint-Esprit et la robe de satin. Ne pouvant rentrer dans sa charge, comme il s'y attendoit, après la mort du cardinal de Richelieu, il se résolut de faire sa demeure à Montrouge et de ne point rentrer à Paris en cet estât, la charge estant tousjours exercée par M. Si’guier, qui l'exerce encore en ce mois d'avril 16/16, que j'escris celte page.
Il faut dire aux chanceliers et gardes des sceaux ce que Pauliis Æmilius dit à ses soldats après avoir pris Perseus, roy de Macédoine ; «Exemplum «insigne cernilis, milites, mutationis rerum humanarum. Vobis hoc pne- Mcipuc dico, juvenes. Idco in secundis rébus nihil in quemquam superbe «et violenter consulere decet, nec praisenti credere fortunæ, cum quid « vesper ferai incertum sit. Is demurn vir erit, cujus animum nec prospéra I) flatu suo elTerct, nec adversa forluna infringet ', » J'ay escript cette liste de
’ Tile-Live, XLV, 8.
D’ANDRÉ D ORMESSON
chanceliers cl gardes des sceaux A Ormesson. le iiindy 3o avril iC4C, alin de m’en mieui ressouvenir, les ayant presque tous connus ramiliArcment, depuis M. le chancelier deChiverny, qui me scella des lettres déconseiller de la cour en i Sg8, en vertu desquelles je fus reçu an parlement en 1600', et M. le chancelier de Rellièvre, qui me fit prcsler le serment de maistre des requestes, au mois de janvier i6o5.
André d'Ormesson a ajouté ultérieurement des détails sur les changements qui arrivèrent pendant la Fronde et jusqu'A la mort de Mathieu Molé ; Le mardy 1“ mars 1 65o, VI. de La Vrillière (Phelypeau*), secrétaire d'Elstat . alla reprendre les sceau» de M. Seguier, chancelier de France, lequel se retira A Pontoise, près de la mère Jeanne, sa soeur, religieuse carmélite, et puis à Rosny, chet son gendre. Le mercredy 1 mars, jour des Cendres, la reyne régente remit les sceaux entre les mains de M. ne CiissTEScxEt'r, qui prit la qualité de garde des sceaux et ne fit point de nouveau serment, estant rentré dans son ancienne charge et n'ayant point esté interdit ny condamné, mais seulement emprisonné. Le 3 avril t65i, M. de Chasteauneuf rendit les sceaux, qui furent à l’instant baillés A M. le premier président^ duquel on les retira, le i3 avril, pour les rendre A M. le chancelier.
Le jour de la nativité de Nostre-Dame, le jeudy 8 septembre i65i, .M. le chancelier fut renvoyé en sa maison. M. de Chasteauneuf fut fait chef de» conseils du roy, et messire Mstuiec MolA. premier président du parlement de Pari», fut fait garde de» sceaux de France cl tint le premier conseil des parties, le mardy ig septembre i65i.
Messire Mathieu Molé décéda A Paris, en la maison du président Séguier, le 3 janvier 1 656, jour de sainte Geneviève. A six heures du matin, et les sceaux furent rendus A messire Pieree SécviEa, chancelier de France, le S janvier i656, A onie heures du matin, par le roy, la reyne et le cardinal Maxarin. VoilA la troisième fois qn’on luy donne les sceaux de France’.
* • Je l’sy ve« auBsy plusieurs foi» «c- ’ Voy. U mort du chancelier Séguier
compaguanl le président d'Ormesson mon dans le tome II du Joamat d'OUvitr père, s (Note d'André d'Ormesson.) meisoa. p. 6i4.
* Matthieu Molé.
l5((S-i65». LES SCBINTESllANS Di:S FINASCES QOE J'AÏ TDS ET COSHDS ' (iSgi-lGSi).
Quand ie roy Henry IV entra dans Paris, au mois de mars iSgl, il fit nipssire Fba.vçois d’O, seigneur de Fresnes, gouverneur de Paris et surintendant des finances, lequel mourut en l'an i SgS. Après sa mort, plusieurs f urent employés aux finances. Messire Nicolas de Harlat, seigneur de Sancy, luy succéda en cette cliargc, et. ayant parlé trop librement au roy sur son mariage avec la duche.sap de Heaufort’, il fut disgracié, et lut mis en sa place, en l'année l5g8^ messire Maximilien de RéruiNE, marquis de Rosny, qui, estant fort rude et fort mesnager, paya les dettes du roy, tant envers les estrangers que les François, remplit son arsenal de canons et d'armes pour armer cinquante mille hommes, et la Bastille, dont il estoit gouverneur. de quantité d'or et d'argent. Il fut auasy grand maisire de l'artillerie et duc de Suilly, et, ayant gouverné les finances avec un pouvoir absolu, lorsque le roy Henry IV décéda , en mai i 6 1 o , il fut disgracié , en i € 1 1 , par MM. de Sillery, chancelier, Viileroy, secrétaire d'Estat, et le président Jeannin, qui ne le pouvoient souffrir à cause de sa nidesse et paroles insolentes.
En la place dudit duc de Suilly, au lieu du surintendant, fut establie ' une direction de finances, composée de sept personnes, de MM. de Chas-
teauneuf. président de Thou, président Jeannin, Maiipeou, Arnauld, Bullion et Villomontéc. Celte direction rapportoit , tous les samedys , ce quelle avoit lait pendant la semaine , devant M. le chancelier de Sillery, où toutes les despenses estoient arrestées. Cet ordre dura jusqu'au mois de mai 1616, que le président Jeannin, lequel avoit tousjours esté contrôleur général des finances depuis i'establissement de la direction, fut fiiit surintendant des linancra, et son gendre, M. de Castille, intendant.
Pierre Jeannin, président autrefois de Bourgogne, fut fait surintendant des finances en l'année 1616 et bailla son contrôle général k Claude
' Mèmoirel tf A ndré d'Ornuuon , folios 9 et I O.
’ Gabrielle d'Eatrees.
* Note d'André d'Ürmcsson : ■ Les inlendans de.s finances d'incarville . d'Ileu-
dicourl. Marcel, de Bussy, Des Barreaux, Senleny, D'Altichy, Devienne, furent supprimés en l'an 1696; MM. de Maupeou.
Devienne, .Arnauld, mis en leur place, sous M. de Rosny s
D’ANDRÉ D'ORMESSON. 7üd
Barbio, iàvori et confident du marcscbal d'Aiicrc, lequel Barbin usur|>a 1616. toute l'autorité dans les Gnances et les aifaires d'Estat, et demeura en ret estât jusqu'au 1 4 avril 1617, que ledit inareschal d’Ancre fut tué sur le pont du Louvre, auquel jour il (Claude Barbin] fut arresté prisonnier et mis dans la Bastille. Le président Jeannin reprit lors la surintendance des Gnances et fit son gcndi'e, M. de Castille, intendant et contrôleur général.
Le e.omtc de Schumbehg fut fait surintendant des Gnances 4 Tours, an mois de septembre 161g, et y demeura jusqu’au mois de janvier 16a 3, qu'il fut disgracié et renvoyé en sa maison.
Messire Charles, marquis de La Vievvills, fut mis en sa place. Il estoit fort entendu aux finances et très puissant dans fesprit du roy et, estant encore fort jeune, faisoit très bien cette charge. U avoit esté capitaine des gardes et lieutenant de roy de Cbainpagne et gouverneur de la ville de Rlieims. Il demeura en grande autorité depuis janvier 1 6a3 jusques en l'an 1 6i4, que M. le cardinal de RicheUeu fut fait chef du conseil, lequel, ayant pris le dessus, le Gt disgracier 4 Saint-Germain-en-Laye, au mois d'aoust 16a 4, et fut envoyé prisonnier dans le cbasteau d'Amboise, dont il se sauva au mois d'aoust i6a5.
Messire Jean Buschard, seigneur de Cbaupigey, et messire Michel ue Marii.lac furent laits lurintendans des finances ensemble , audit mois d'aoust i6a4, et demeurèrent ensemble jusqu’au commencement de l’année iGaG. que ledit sieur de Cbampigny fut mis au conseil des dépesches. Messire Michel de Marillac demeura seul surintendant jusques au mois de juin de l'année i6a6, qu'il fut fait garde des sceaux de France, par la disgrâce de M. le cbancelier Halligre,. renvoyé en sa maison de la Rivière, près de Chartres.
Audit sieur de Marillac succéda Messire Antoirb Rexé, seigneur d'EpfiAT, qui fut fait surintendant des finances, au mois de juillet 1 6a G, par la faveur du cardinal de Richelieu, et exerça celte charge jusqu'en l'an i63a, qu’il mourut mareschal de France, commandant une armée du roy dans l'Allemagne, près la ville de Strasbourg.
70^1 EXTRAITS DES MÉMOIRES
ii>39. Par son décès, furent faits ensemble surintendans messirc Claude Billion. ancien conseiller d'Eslat, et mcssire Claude Bootuiluer, secrétaire d'E.siat. et exercèrent cette charge ensemble jus(|u’à la lin du mois de décembre I I . que M. de Bullion mourut. M. Bouthillier demeura seul surintendant et estuit un des six ministres qui ne |>0UYüicnt estre changés pendant la regence'. Néanltiioins. au mois de juillet i64Â. il fut disgracié, et sa charge donnée à M<>ssirc Nicolas \a: Baiu.ecl, pn^sidentde la cour et chancelier de la l'cyne régente. Claude de Mesmes. sieur d’Avaox, fut fait .«surintendant avec ledit sieur de Bailieii). li fut presque è finstant envoyé à Munster, plénipotentiaire |XHir la paix, avec M. le duc de Longueville et M. SerA’îeii. Il a tousjoiirs esté employé dans les ambassades, vers les princes estrangers. Je ne veux pas oublier de dire que la principale conduite et direction des finances estait, sous M. le président Le Bnilleul, entre les mains du sieur Michel Parlicelle, seigneur d'Émei‘y, controleur général des finances. Les sieurs de Mauroy, de ChaiTon et Mallicr, intendans, n approchoient pas de leur employ et autorité.
Au mois de juillet 16/17. Mcur president Ix* Baiilcul donna sa déiiitssîoii de la charge de surintendant des finances, de laquelle fut pourvu Messire Micuei. Particellb. seigneur d'Émkm, contrôleur général des finances, lequel en presta le spmieril entre les inaiiw de Leurs Majestés, dans la ville d’Amiens, lejeudy 18 juillet 1647. Pour le regard de M. d’Avaux, il estoit encore en ce mois à Munster, plénipotentiaiic pour la |>aix générale, avec M. le duc de Longueville et M. Ser\icn, plénipotentiaires comme luv- Ledit sieur d'Avaux fut disgracié en Juin 1648 et réduit dans Roissy
Le 9 juillet, M. d’Émory fut disgracié et envoyé en sa maison de Tanlay,
' «Le» »ix ministres qui ne (louvoient esire rhangés pendant la régence esloieni monseigneur le duc d'Orléans. mnn.set‘ gneur le prince de Condé, moa»etgneur le cardinal Maxarin, M. le cltuncéliér.
M. Bouthillier. surintendant de» finam-es.
M. BouthÜlicr-Oiavigiij, serrétaire d'Ks*
lai; mais n la cour il n'y a rien de certain et nulle stalniité en la condition M. Bnutliillier ftb est demeun' dans le ninseti d*en haut, mais a esté contraint de résigner sa charge de secrétaire d'Ëstat à M. de l.oménie. comte de Brienne, qui l'exerce encore « (Noled’.\. d'Ormcsvm.)
Diailizc<lby ,C.ioogIe
DANÜRÉ D ORMESSÜN. 705
et le maiesclial ne Ea MeiLi.r.RAyE fait surintendant des finances, et MM. ilalligrc et Morangis faits directeurs lu mesmu jour, le président l,d Camus estant tousjours controleur généi'al des linances, sans crédit, ayant perdu son apfiuy, M. d’Émcry, son beau-frère.
Eu mars 16^9, le marcsrhal de La Mcillcraye quitta la surintendance, et. en octobre lOiq, MM. ui^MEBï et d'Avacx furent restablis dans leurs charges de surintendans, et lors les directeui-s signoient les arrrsts du conseil des finances avec eux; m.ais M. de Cbasteauneuf ayant esté restabli dans la chaige de garde des sceaux, au mois de mars i65o, les directeurs n’ont plus signé les arrests, ny esté appelés aux alTaires de conséquence concernant les finances, MM. d'Avaux et d'Emery résolvant tout sans les y appeler, et toute l'autorité estoit entre les mains de M. d’Emery, encore qu'il fust tousjours malade.
Au mois de [mai] 16S0, M. d'Emery estant décédé, la reyne donna la charge de surintendant des finances, vacante par la mort dudit sieur d'Emery, a M. le président de Maisons (René de Lonoueil), président de la cour, cl, au mesme temps. M. d’Avaux remit volontairement sa chaire de surinlciidaiit entre les mains de la reyne, ne se voyant pas aux bonnes grâces de M. le cardinal Maxarin, qui ne comiiiuniquoit ses secrets qu'audil sieur de Maisons, son bon aniy, et fit une action de prudence et de générosité tout ensemble et a esté fort estimé. Satius est cum dignitale cadere gaam cam ignominia servire.
Le 8 septembre 1 63 1 , M. le marquis de La Vieuville fut restabli en sa charge de surintendant des finances, vingt-sept ans après en avoir esté despouillé, et fut mis en la place de René de Longueil, président de la cour cl seigneur de Maisons. Il trouva huit intendans des finances ; Mauroy. Tillier, Bordier, Foulé, Bordeaux, Gargan, Ilervart et Marin.
Le marquis de La V'ieuville estant décédé le mercredy second jour de janvier 1 653 , MM. Servien et FoeQUET furent faits surintendans des finances le samedy 18 février i653, et M. Mesnardeau-Champré troisième directeur, avec MM. Halligre et Mor,Tngis.