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706 EXTRAITS DES MÉMOIRES
i6S4. I)c nouveaux intendans fiirpnt establiâ en i65à : Paget, Houssuy. Brisacier, Boisiève.
l65C. ENTRÉE DE LA REYNE CHRISTINE ÜE .SüèUE DANS PARIA* (9 SEPTESIERE l656).
La reyne Christine de Suède fit son entrée magnifujue dans Paris le vondredy 9 septembre 1 656, jour de la iiatiWté de Nostre-Dame, accompagnée du duc de Guyse, qui Tavoil esté i*eccvoir à l'entrée du royaume de la part du roy. Elle alla faire sa prière dans l'église de Nostre-Dame et alla descendit; au Louvre pour loger aux apparlemens du roy. Elle avoit esté en Flandre, Allemagne, Italie et h Rome, où elle embrassa nostre religion catholique entre les mains de nostre pape Alexandre VU. Toutes les cours souveraines et autres corps avoient ordre de l'aller saluer et de luy faire luirangue. I.e clergé avoil depesché M. Godeau, évesque de Vence, pour luy porter la parole. Elle devoit estre visitée pendant le temps qu'elle demeurerait è Paris de toutes les princesses et dames de qualité.
Le roy, ce pendant, estoit è Compïègne avec la reyne, M. d'Anjou son fi'ère et M. le cardinal Mazarin. Ils l'attendoicnt pour luy tesmoigner toute leuralTeclion et luy faire rendre tous les respects et honneurs dus à sa qualité et à son mérite et encore à la parfaite alliance qui a esté cy-devant entre nostre feu roy Louis XIII et ie père de cette reyne, le grand Gustave, roy de Suède, qui a fait de grands progrès en Allemagne contre l’empereur et la maison d'Autriche, y a gagné de grandes batailles et a esté tué, dans la dernière qu’il donna, combattant valeureusement. Il est mort victorieux, plein de gloire et de bonheur, laissant un nom immortel et mis au nombre des princes les plus illustres. 11 n’a laissé que cette reyne Christine, qui a
’ ^Umoires d'André d'OnifssoH, Mio I verso. On ne doil |nis s'étonner de trouver au cmumeiiceniciit du manuscrit de ces raéuiotres tes derniers morceaux écrits par André (fOrmesBon 11 avait laissé en blanc plusieurs feuillets, qu'il a remplis dans les dernières années de sa vie. Outre le morceau que je donne sur l'entrée de la rcino Clirisline à Paris, André d'Ormesson a
inséré dans scs .Mémoires une lettre du duc de Guise, où ce prince fait le portrait de U reine de Suède. Elle est intitulée Üf4criplioH de la rrynt de Soét/r, rnwyée par k dac de Gujse à an sien ami à Parit, Elle commence par ces mots ; «Je veut, dans le temps que je m'ennuye, etc.»
Cette lettre a été publiée.
D’ANDRÉ D’ORMESSON. 707
résigné sa couronne à son cousin et a mieux aimé estre libre et voir tous les pays de l’Eumpe.
Paître samedy matin 9 septembre l656^
' Note ajouter par André il'Ormesson :
«Elle demeura dans Paris jusques au vendredi i5 seplenihre qu'elle est partie pour aller à Cliantiliy et de là à Compègne trouver le roy. Pendant son séjour, elle vil tous les palais, les belles églises, les bibliothèques el tout ce qui estoit digne
d'estre visité. En partant, elle vit Montmartre, dont la sreur du duc de Guyse est abbesse, et régiiso de Saint-Denys. Elle avoit reçu dam Pari» toutes sorit» d'hon* neurs , et le peuple se presaoit partout pour U voir et conaidércr à son ayae. •