‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 66 sur 83 · II. lOS · texte numérisé non relu

II. lOS

APPENDICE

rtiner >643. disoit qup l’on avoit parl(ï de son mariage avec M"” de Coeslin , flUe de M. le chancelier, mais que cela ne se feroit.

a Ce malin , au conseil , il y cul grande contestalion entre MM. de Moricq et Thubeuf sur ce que ledit sieur de Moricq prisenloit un arresl k la signature, aulreineiit qu'il n'avoit est^ résolu, tascliant à desebarger les vendeurs de inardc d'une taxe de mille escus; sur quuy M. le chancelier ayant dit que son arrest n'estoit pas selon rarrestë, et luy contestant en faveiu' des vendeurs de marée, M. Tliubcul dit bas à quelqu’un : «Les aHaircs du «roy se gastent entre les mains de cet homme, n Ce qui ayant esté sçu de VI. de Moricq, il le releva avec grande chaleur, disant que les aO’aires ne se gasloient point entre ses mains; qu’il avoit esté en meilleur cscole que luy ; qu'il estoit un bel homme. L’on trouva mauvais que M. le chancelier n’interposa point son autorité, cl M. le surintendant ne dit autre chose audit sieur de Moririq, sinon que. dans cette affaire, tout le conseil estoit contre luy.

a L'apresdisnée. je fus chez M. le chancelier, qui conta à mon père tout ce qui s'estoit passé au conseil le matin, mon père n'en sçachaot rien, pour s'estre retiré auparavant M. de Moricq y arriva encoie tout en colère. M. le chancelier, apres avoir donné les audiences, rentra ilans sa chambre, et, ayant scellé mes lettres dans son cabinet, il me fit entrer et me fil prester le sennenl debout et nue teste, mon père présent, et me dit, avectesmoignage d’affection, que je sorois le très-bien venu.

«Sur le soir, J'allai porter mes lettres chez M. de La Nauve, le rapporteur, et le priai de vouloir tesmoigner devant le premier président que Je luy avois mis mes lettres entre les mains, pour n'en parler néantmoins qu'après celles de M. son fils. De lè. Je vis M.VI. Viole, Gonticr, du Tillet, Musnier, Ferrand, Thclis. Je trouvai presque chez tous ces Messieurs le prince de Morgues ', qui les soUicitoil [>our estre re^u au serment de duc et pair de Valentinois, que le roy luy donnoit en rescompense de la forteresse de Morgues’, qu'il luy avoit remise entre les mains.

« Le vendredy. Je fus visiter M. .Volé, président en la cinquième des eaquestes, pour le prier de vouloir estre mou lesmoin et outre pour sçavoir fe.stat des affaires de M. de Champlastreux. Après luy avoir fait VLsile avec

‘ Vov. JoHnttit ft'O/ivwr {tOrmnson, * If y a tforpoar dans le manuscrit: it t. I . p. 6. faudrait profiatilenient A/ueero.

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HW

M. 1.C Maistre, coaseiiler de la cüur, et un gentilhoiume, nous nous FtsricriUS. lii-asmes i part, et U me dit (pic l’on se plaignoit de moy che* le premier président. Je luy dis ce qui s’estoit passé, et il trouva que j’avois raison , et nie dit que M. le premier président estoit le plus estrange esprit du monde; que je ne le connoissois pas; <pi'il ne voyoit que par les yeux de son fils et que, comme mon amy, il ne me conscilloit de présenter mes lettres <|u'aprés M. de Cliamplastreux, croyant que le premier président les aiTesteroit, et cpi'il valoit mieux attendre deux ou trois jours; que M. de Charny avoit acheté une dette de M. de Champlaslreux et s’estoit opposé au sceau de son oflîce de conseiller de la cour pour se venger de luy, ayant fait autrei'ols le galant de sa femme', mais cpie cela estoit levé. Je luy dis que je m’en réjouissois, parce que, par la ville, l’on disoit qu’il y avoit des oppositions pour plus de soixante mille escus; ce qu'il m'asscura n’estre |>as. I.e soir j'achevai de visiter Messieurs de la grand'chambre , qui tous me tirent grand accueil.

a Le samedy, je fus avec mou père chex M. Thubeuf, qui n'y estoit pas.

De U, chei M. d'Émery, que nous vismes, et puis saluer M. le surintendant’, qui d'abord nous dit qu'il estoit bien fasebé de ne nous pouvoir accorder les deux, mais que, pour ccluy de maisire des requestes, il nous le dunnoit de bon coeur’, et nous tesmoigna très-grande amitié et que M. riiubeuf luy en avoit parlé. Mon père le remercia, et nous nous rebrasmes. De là, mou père alla au Louvre, et moy chez le premier président, où je vis M. de Cliamplastreux , qui me dit que son aOairc estoit faite et qu'il auroit ses lettres, qu'il avoit traité avec .M. .\mclot moyennant ipiatrevingt mille livres d'argent comptant et cent mille livres payables dans trois mois, lacpiellc somme M. de Maisons fut obligé de prendre |iour aigent comptant et en descharger M. Àmelot.

«De là, je fus chez M. de La Grange, luy dire la gmee que nie faisoit M. le surintendant. Il me dit qu'il l'avoil cru sur ce qu'estant la veille chez

' Ce passage con&nne ce que dit Tallemanl des itéaux au président de CliamplSlreux.

’ On a vu, dans te Jounot d’Olivier d'Omemiit que le surintendant était alors Claude Le Ikiulhillier.

• On voit dans le Journal d’Olivier etOrmvuoa, L 1, p. lo, qu'il s'agissait de l'exemption d'un droit appelé le qnart-denier, que les nouveaux magistrats payaient au Trésor.

lOl.

APPKNDICK.

Mân i6iJ. ledit sieur, cl luy ayant dit que j'iivoi» iriiil# et luy deniaiiderois une gracp , il dit en riant qu'il le sçavoit bien et qu'il failoit que je payasse estant ass«’i riche. Je l’cn remerciai, comme y ayant beaucoup contribué.

» l.’aprcsdisnée, je fus visiter Messieurs les conseillers d'KsIat, qui tous me firent grand accueil et tesinoignérent l'amitié qu'ils porloicnt tous A mon père.

Il I^e dimanche i5 février, je fus encore visiter Messieurs du conseil, et, le soir, chea M. de La Nauve, qui me mit le soit monslré sur ma requesie, et me dit qu'il en avoit autant donné é M. de Cbamplastrcus. J’allai de lé voir M. d'Aligre, conseiller d’Estal, le prier de vouloir déposer pour inoy; de là, chei M. le procureur general, qui me donna aussylost ses conclusions.

• Le lundy matin, j'allai voir .M. le curé de Saint-.Nicolas pour le prier de tesmoignrr pour moy; de là au Palais, où je vis M. de Champlastreux . qui presta le sermeul, ayant fait son information dés le matin. De là, je fus chez .M. .Molé, queje priai de tesmoigner pour moy. Nous passasmes la matinée ensemble.

SÉASCES ET JlBIDlcnOS DC CONSEIL D'ÉTAT; AHRÈTS gH » SO.NT EENDU5; MAiTRE.S DES BEQl'ÉTES; LEURS ATTRIBUTIONS; LEURS .ISSRMBLÉBS . ETC. (eÉVRIER-

.novembhb i6i3),

«Le meiTTcdy matin -a.! febvrier i(>43‘, au conseil au Louvre, où sc présenta M. Fremiii, intendant en Limnii.«in, qui se plaignit des accusation.s que l'on avoit avancées contre luy, au rapport de MM. de Moricq et Busanval, en demanda réparation, et que reus qui avoieni présenté requtwte contre luy fussent tenus de se rendre priies; parla contre les rapporteurs. M. le eliancclier dit qu’il failoit faire avertir ses parties à venir au lendemain |vour les escouter.

«Le inercredy à mars, conseil de finances, où M. Fremin fut ouy, et contre luy un greffier. Darfeuilic (ou Darfevillc). se plaignant d'avoir esté

' Vny. 1. 1 lia Joumat d Otirier ttCh-rnwoK , p. i o , 1 1 et i a.

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eniprisonné sans cause et sans decret, par la buuche de Gaultier, avocat. M«i» i6l3.

Ledit sieur Eremin ne se put nettement justifier, et vniliarrassa sa justification de faits hors de procès. Enfin M. le chancelier nUt les pièces ès mains de M. Eusanval, rapporteur, pour en coininiiniqucr à M.M. .Aubry, Le Bref,

Favier, Courmouliii, d’Ormesson (André).

«Le mcrcrcdy i i mars , conseil de finances, où je remarquai que .M. le chancelier fil deux doyens, en ce qu’il demanda l’avis, après tous Mes sieurs du conseil , ü M. de Bellièvre , sous-doyen , sans oster son chapeau , et après à .VI. de Léon, un Postant i son ordinaire (j’ay veu depuis qu’il ne l’observe pas tousjours). L'on donna, au rapport de .M. Turgol, la préséance àM.dc Villers-Dcscajcidx sur le sieur de Saint-Michel , tous deux présidens en la cour des aydes de Rouen, qiioyque Saint-Michel eusl esié le premier reçu, à cause que Saint-Michel avoit promis par cscrit de ne point s’oppo.ser i la réception de Villers, et néantinoins, le jour du serment, fon avoit mis es maiiu du rapporteur un décret d'ajournement personnel contre Villers, et, pendant qu'il travailloit à faire lever cet ajnurncmcnl, Saint- Michel, sans luy en rien dire, s’esloit présenté et asoit esté reçu.

«Le veudrctiy malin ao mars, conseil des parties, où M. d’Aubray rap porta une instance contre Gallois, capitaine des gardes de M. le Prince, et d'autres créanciers d’un président de la chambre des comptes de Dijon. Ce président avoit traité de sa charge moyennant y3,ooo livres. Gallois s'estoit opposé au sceau, et, à cause de ce, demandoit la préférence. Les autres créanciers avaient saisi entre les mains du résignatairc et deniaiidoicnt <|ue les deniers fussent distribués par hypothèques. Il y avoit plusieurs avis: l’un, que tous opposans ou saisissans seroient colloqués conjointement au sol la livre; les autres, selon fordre des saisies, mais que les opposans au sceau seroient préférés; les autres, que les opposans et saisissans, auparavant fexpedition des lettres, seroient colloqués par hypothèque; les .autres, qu’enb'e tous les créanciers il falloit suivre fordre d’hypothèque. Enfin, api-ès beaucoup de contestations, il (lassa par l’avis du rapporteur, qui estoit de colloquer les opposans et saisi.ssans auparavant l’expédition de.s lettres, par préférence aux autres saisissans, par contribution, au sol la livre. .M. le chancelier estoit d'avis de préférer les opposans au sceau aux autres saisissans,

jusques à ce que le roy, attendu que les charges sont la plus grande part •

des biens des officiers, réglast, |>ar sa déclaration, que les deniers des

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aiA

<>U cli.irg(>s saisies sc distrilnieroient par hypolliéqiie-s, et en leroit «les inimeu blés, for.s et excepté que les hypothèques ne suivraient point ta charge, si elle estoit scellée sans oppositions et sans saisies entre les mains du nouveau titulaire. Chacun jugeoit cette alTaire de grande importance et qui avoit besoin d'un règlement, attendu la diversité des arrests. De là j'allai . avec mon i>èrc, disncr chez .\l. de l.èon pour luy communiquer d’une noblesse prétendue par Jean de La Nolle, sieur d'Andion. ([ui fut trouvée bonne.

aLe liindy i3 mars, au matin, mon père médit que M. Le Grand , sous doyen du quartier d'avril, estoit mort. Cela me lut conlirmé au Palais, et, ceimme il estoit fort honnesie homme, il estoit regretté de tout le monde.

«Lesainedy aS mars iGè3, au conseil, il y eut une audience entre .VI. de Courcelles, .M. de Monpipeau et .M. de Muntescot, plaidée par Bataille, llylaire et Bluet, avocats, pour la résolution prétendue par M. de Courcelles, d'un contrat d’eschange avec M. de Monpipeau, coniine héritier de M. de Bullion, conseiller, de sa charge ancienne de conseiller avec celle dudit sieur de Bullion, nouvelle *, et vingt-sept mille francs de retour. ■M. de Mon|>ipcau avoit au inesme temps vendu celle de M. de Courcelles à M. de Montcscot. Les lettres avoient esté scellées des deux offices sur les procurations remplies des noms; mais M. de Courcelles les avoit retirées |>ar adresse et ne vouloit plus entretenir i'cscliange. Sur le mesconlentement et reproche que luy en avoient fait ses confrères, il fut jugé tout d'une voix qu'il venoit à tard; que I’cscliange estoit parfait |)ar l’imposition du sceau, et fut condamne à rendre les lettres. Il fut dit, par M. Le Bret, que l'eschange et les bénéfices se jugeoient par mesme règle; qu'il y avoit lieu à la pénitence auparavant l'accomplissement du traité, qui estoit le sceau pour les offices, et la procur.iliuii admise pour les bénéfices, outre que M. de Comx-elles ne perdoit ny rang ny qualité, et que fon ne devoit pas croire que ia nouveauté de son office le pust rendre odieux.

• A l'issue du conseil, M. de Montescot et M. de Courcelles prièrent mon père et mny de les vouloir accommoder, et M. de Montescot dit qu'il s'en rapporloit à nous. Il sembloit qu'il ne prétendoit que quelques dommages et intérests et ne se soucioit pas de la charge. Pour nioy, je conseillai à M. de Courcelles de prendre résolution de conserver la nouvelle création

' C'esl-à-<fire, de nouvelle création.

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et tirer encore quelque chose, outre les ly.ooo livres, et non pas sortir ,643 de l’argent de sa bourse pour n’avoir pas plus (|u’il avoit, outre que desdommager M. de Montescot, il falloit encore desdommager M. de Monpipeau; i quoy il falloit beaucoup d’argent. Nous nous séparasmes sans résolution.

« Le dimanche matin a 9 mars, é Saint-Nicolas. L’aprcsdisnec, au .sermon du père de La Haye. A l’issue du sermon, M. de Montescot me vint trouver, et, pour conclusion, je luy proposai de donner mille escus à M. de Courcelles pour avoir ses lettres et se délivrer de peine. Il me remit au lendemain pour me rendre response certaine. Après, J’allai pour voir M. de Courcelles et M. Molé, mais inutilement. Le soir, M. Mole vint nous voir.

«Le lundy 3o mars , je fus solliciter, dès le matin, M. de llodic, président en la cinquième chambre, qui me promit audience pour le lendemain.

Je fis respondre ma requestc, et pour passer une heure de temps jusques à ce que l'on se fust assemblé au Palais, j’allai entendre le sermon i Saint- Ihirthélemy, où preschoit un jésuite nommé de La Barre; de là au Palais, où M. de Montescot me vint trouver, et me dit que, pour la considération de mon père et de moy, il donneroit mille francs à M. de Courcelles, et rien de plus. Je luy promis de voir M. de Courcelles et luy rendre response.

« L’apresdisnée, M. de Courcelles me vint voir, qui désiroit sortir d’all'aire tout d’un coup , et ainsy qu’il falloit liquider ce qu’il luy devoit à une somme.

De là, au Palais jusques à sept heures, d’où, chei M. de Montescot, où je luy fis la proposition et qu'il falloit faire que M. de Monpipeau perdisi les trois mille livres; il l’approuva et me promit de m’envoyer Carret, ipii faisoit pour ledit sieur de Monpipeau. Le lendemain , il me tesmoigna grande obligation de mon entremise.

U L'apresdisnée , Carret me vint trouver et m’entretint du procédé de M. de Courcelles, qui estoit très-honteux, n’ayant cherché qu’à tromper, et luy ayant monstré la copie du traité fait entre eux, par lequel il sembloK que M. de Courcelles devoit avoir le restant de ce que la charge seroil vendue au-dessus de 107,000 livres, il me promit me faire voir l’original, et, pour faciliter l’alfaire, de donner cent pistoles. Le soir, M. de Courcelles me vint voir, et. pour conclusion, je désirai qu’il me misi .ses lettres

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AuSi i6^3. <lt> provision onire les mains et inc fist voir l’original de son traité. 11 me promit me les apporter le lendemain matin.

«Le mcrcredy i* jour d'avril, M. <le Coureclles me vint voir, me mit ses lettres entre mes mains avec l'original de son traite, où il avoit ajoute : aura le restant. Ncantmoins il asseuroit i|uc [ces mots] avoient esté ajoutés . lors du traité.

«M. de Moulescot, avec Garrot, me vint incontinent trouver, où, après . avoir cpiclquc temps contesté, je ne pus tirer d'eux (juc cent pistolcs chacun , et ayant fait entrer La Boric, avocat au conseil, qui s’estoit charge des lettres et estoit condamné de les rendre, enfin l’on escrivit un accord que M. de Coureclles donneroit ses lettres, M. de Mootcseol et Carret chacun cent pistolcs et que je dcmeurcrois dépositaire et des lettres et de l’argent, pour le distribuer après que : ou M. de Coureclles seroit reçu ou auroit vendu. Carret me fit voir l’original de son traité, où ces deux mots, aura le restant, n'y estoient point, et cela me donna peine de voir l’infamie deM. de ('.ourccllcs. D'après cette conclusion, je fus voir M. de Coureclles, avec La Boric, et je hiy fis signer cet accord.

«Après, nous fusiiies voir les maisons de Lambert, Ecclin (llesselin). maistre de la chambre aux deniers, elSainctot, que je trouvai magnifiques et plai.santes, estant sur la rivière, et l’on ne peut rien voir de plus poli que celle de M. Ecclin '.

« Api'ès, je fus chez M. de Montescot luy remettre l'accord signé de .M. de Coureclles, qui me lit compter deux mille francs ert dcmy-louis par madame sa femme, dont je ne reçus aucune civilité, luy semblant que je preiiois cet argent pour moy ; mais M. de .Montescot me tesinoigna toutes les obligations possibles, et me dit en secret qu’il avoit traité de la charge deM. do Bernières, et qu’il la rendoilavec cent pistolcs de profil; ainsy, que cet accommodement ne luy coustoit rien. Ainsy fut conclu ce traité, et, quoyqne je parlasse pour M. de Coureclles, je trouvois néantmoins csirange que M. de .Montescot, i|ui avoit perdu six mois de temps, eu beaucoup de peine et d'iu(|uiétude è solliciter, et M. de Monpipeau, qui avoit perdu l’intérest de son aigent pendant six mois, estoit venu exprès pour solliciter, estoient néantmoins obligés de donner de l'argent à M. de Coureclles, qui leur avoit

' Cf. l. I du Jonmnl tf Olivier d'Ormeuon . p i i8, texte clnolc.«.

AI'I’KMMCE.

manqué de parole, avoit cliicaiié contre son escrit, mesnie trompé en Anil i6i3. deux ou trois propositions pour s’accommoder. J’ay mis cet argent avec les lettres et l'accord dans un sac. dans l'armoire du cabinet de ma femme.

«Le jeudy saint a avril i643, au service 4 la Mercy, où Monsieur, frère du roy, assista et fut 4 la procession du Saint-Sacrement, un cierge blanc A la main, qui luy avoit esté présenté par les religieux. Il fut vu avec joyc de tout le monde dans une action si raisonnable; ce qui fait voir qu'il est très-aysé aux grands de se faire aymer en se communiquant le moins du monde.

« Ma mère et ma femme allèrent quérir M'"' la marest bale de (îuébriant pour venir disner au logis, estant sur le point de partir pour aller trouver M. le marescbal de Guébriant, son mary, en Allemagne. Elle envoya demander audience 4 M. d'Avau.x, sans se nommer; mais, s'estiuit douté que c'estoit elle, il vint au logis auparavant que l'on cust achevé de disner et deffendit que l'on le dist. Après le disner, il fit une longue visite et nous entretint de la manière de vie des .Mlcmands, de ces festins où l'on demeure doute heures 4 table, de l'excès 4 boire, et nous fit connoistre qu'un ambassadeur ne s'en peut exempter s'il veut acquérir créance auprès d'eux; nous conta comme aux noces du fils du roy de Danneinarl;, avec la fille [de l'élcctem'] de Saxe, il ne voulut jamais soulTrir aucune dilférence entre l'empereur reconnu et le roy, et marehèrent, s'assirent 4 mcsiiic rang, bu renl leurs santés en verres de mesme grandeur; quelque intention qu'eust le roy de üanncmarli de favoriser l’empereur, il les fit passer cl asseoir toas deux devant luy. Les ambassadeurs d'Espagne cl d'.\nglcterrc ne s’y trouvèrent pas. Il nous dit que l'on parloil 4 la cour d'envoyer M. de Longueville 4 la paix; néantmoins que le roy ny les ministres ne luy en avoiciil point encore parlé.

O Après qu'ils se furent en allés, j'allai aux Minimes 4 Ténèbres.

«Vallier', la demoiselle de ma femme, qui avoit accompagné M" de Guébriant dans scs visites, dans le carrosse qu'elle luv avoit donné pour la remener, nous dit au retour que M. le premier président avoit dit 4 M**de Guébriant que M. de Champlastreux, son fils, estoit intendant de la justice

‘ C’est ta même demoiselle de eumpa- du Journal d'Otmer (tOrmeuon) sous le enie qui a été désignée 4 tort (t. 1, p- 4i nom d'dsnc Tillier.

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