‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 67 sur 83 · II. io · texte numérisé non relu

II. io

APPENDICE

1(13. en l'armée de M. le mareschal de La Meilleraye, et qu'il l'avoit présenté audit mareschal en cette qualité. Tout le monde le jugeoit trop peu expérimenté pour cet employ. Nous verrons comme il s'en acquittera.

O Le vendredy, i la Passion du pire de La Haye, aux Petites Cordeliires qui fit connoistre les douleurs intérieures et extérieures soulTertes par Nostre Seigneur en sa passion , et prit pour texte : Attendile et videte si est dolor sicttt dolor meus.

O L'apresdisnée , aiu rémissions chex M. le chancelier, où estoient MM. de Léon, Colmoulins, d'Orenesson, Barin, Moricq, conseillers d'Estat; d'Orgeval, l,a Porté, Amelot fils, Monnoury’, abhé de Gaillac; de Bordeaux, Lotin , sieur de Martilly ; d'Onnesson et de Bernières , maistres des requestes. Je remarquai la diversité des esprits sur un mesme fait, les uns jugeant le crime rémissible, les autres non. 1,'on présenta des lettres de rémission pour le marquis de Bonnivet, exposant que, s'en allant i Saint-Germain sur un coureur, avec un valet mal monté, qui ne l'avoit pu suivre, il fut rencontré par le comte de Belin, bien monté avec un des siens, qui, prenant un pistolet, le tira, mais sans le bles.ser, que, le valet dudit sieur de Belin venant aussy sur luy, il fut obligé de tirer un pistolet dont il tua ledit comte de Belin, et, au mesme temps, fut frappé par le valet d'un coup de pistolet dans l'espaule. La rémission fut admise, pourvu que le roy l'cust agréable.

a Je vis, chex M. le chancelier, le lieutenant criminel , é qui je demandai s'il estoit vray qu’il eust pris un homme qui se disoit avoir la sapience universelle de Salomon, la médecine pour pouvoir faire revivTe les morts et quantité d'autres connoissancca ridicules, mesme l’avoir fait alTicher par les rues, dont j'avois vu un placard entre les mains de M. Pichotel. Il inc dit qu'il l’avoit pris prisonnier, ne l'avoit pas encore interrogé, mais qu’il croyoit que c'estoit un trompeur.

U Le samedy matin, à Saint-Nicolas faire nos pasques. L'apresdisnée, avec mon frère, aux Minimes, entendre complics, où Je vis M. de La Vrillière, socrétaire d'Estat, et nous promenasmes quelque temps dans la librairie des Minimes. Nous vinsmes promener au jatdin de Morin, où je vis MM. Le-

' Le couvent des Petites Cordelières ' Ailleurs co tuaitre des requêtes est avait été établi, en iG3a, dans la me des appelé Afaoenry, ahbé de Gailtac,

Franca-Bouigeuis , au Marais.

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vasseur frères. Au retour, l’on me dit que M. de La Vrillière achetoit le A*ril i643. cordon bleu de M. d'Achères cinquante-cinq mille cscus, et que M. de Guénégaud en vouloit donner soixante et cinq.

«I.,e dimanche-, jour de Pasques, à la messe à la Mercy, où Je vis M. de Saint-Poange, qui me dit que M. de Grandlieu estoit mort à Blois, l'avoit fait exécuteur de son testament; ({u'il estoit cousin de M°” du Mesnil, à qui il avoit laissé ao.ooo livres pour marier sa fille; qu'il occupoit une petite maison derrière l'iiostel de Guise, fort belle , et qu'il croyoit que ladite dame scroit peut-estre bien aise de prendre cette petite maison et nous bailler la sienne, qui nous accommoderoit fort, n’y ayant que la petite ruelle de M. de Novion entre deux. Je le priai d'y vouloir contribuer autant qu'il pourroit. Je ne sçais si cela réussira; mais ce seroit une grâce de Dieu bien particulière de nous donner un si heureux rencontre dans l'estât où nous nous trouvons.

«Le lundy, j’allai avec mon père à Ormesson, dont je revins le inardy pour me trouver en une assemblée de nostre quartier •, qui se fit chez M.de La Fcrté, où je fus, et cusmes grande collation à l'issue, et je jouai après avec M. Ardier et les autres jouant à prime.

U Le mercredy matin 8 avril, je retournai à Ormesson et revins le vendredy matin pour aller chez M. de Montmort, à l'assemblée, qui nous donna à disiicr magnifiquement^, et pour travailler après. L’assemblée finie, l'on parla de travailler lundy après le disner, et M. Amelot me nomma.

Je ne respondis rien; mais M. Turgot dit qu'il ne falloit pas, attendu que je logeois chez mon père et qu'il ne falloit pas qu’il sçust nos assemblées, et nomma M. Talleinant. Je leur tesmoignai regret du changement qu'ils faisoient, prenant à honneur de les recevoir.

«Le samedy matin, je fus voir M”' de Nouveau pour sçavoir quelque accommodement pour loger mes chevaux. M. Melson vint au logis, qui me dit que M. de Noyers avoit son congé, et qu’hier au soir, sur l’avis qu'il en eut, il alla trouver le roy et luy demanda permission de se retirer, et le roy

' Du quartier des maîtres des requêtes.

* «J'ay oublié 4 remarquer que nous estions treiieé table, et que .M. de Moraiigis le remarqua. J'aurois regret que le discours se trouvast vmy et qu'il en mou-

rust quelqu'un. L'on me dit, de plus, que M. do Noyers «voit obtenu du roy l'évesebé d'Agde pour M. de Cliampigny. chanoine de Nostre-Dame. > (Note marginale d'Olivier d'Urmesson.)

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Airil i6U. la luy donna i la seconde instance qu'il luy en fit qu'il estoit parti pour sen aller à Pontoise cl de là à Dangut; que M, le chancelier avoit esté mandé cl estoit parti à quatre heures du matin. M. Pichotel me confuma cette nouvelle, et que sa disgrâce venoit pour s'estre opposé k la reyne, que l'on avoit parlé de déclarer régente, et je ne m'estonne si ceux du parlement nommés cy-dessus’ s'estoient déclarés contre la reyne, estant tous créatures de M. de Noyers. L'on croit que ce coup n’en demeurera pas là et que M. le cliancelier ne durera guère après, et que l'on commencera à rechercher la famille du cardinal de Richelieu; qu'il n'y avoit que deux jours que M.M. le chancelier et de Noyers avoient mis d'accord et concerté ensemble la transaction. M. Josse ajouta à cette nouvelle que ledit sieur de Noyers estoit allé à Bourges, et qu'il ne seroit regretté que des intéressés à sa fortune.

«Le veiidredy là avril on espéroit bien de la santé du roy ’. 11 fut dit qu'il y avoit une prophétie qui disoit que, dans le mois d'avril, le roy seroit très-malade, rccevroit l'extresme onction, guariroit (sic) et vitToit encore dix-huit ans, et mourroit le jour des noces de M. le Dauphin. Dieu le veuille! .M. de Collanges m'a dit avoir veu un almanach où, à la fin du premier quartier de lune (commençant le i6 avril), il mettoit mort d'an personnage très-nécessaire. M. Pichotel en avoit veu un pareil chex madame sa mère.

• I,c dimanche matin, je fus à Chilly, avec M. de Pourcy, voir la marcschalc d'Elliat, qui nous reçut bien. Le marquis y arriva après nous, nous disnasmes ensemble, et ses gens et les miens mangèrent à l'hostcllcrie. Au retour, je vis Berny. Ce soir, les nouvelles continuoient de la meilleure santé du roy. Tout le monde estoit revenu à Paris.

■ Le inardy i8 avril, le conseil ne fut tenu que pour l'audience d'entre M”' la mareschalc de I.ai Chastre et M. de l.ai Fcrté-Saint-Nectaire (Sennetcire), pour sçavoir si l'on esliroit un tuteur à la petite de Rhodes, de la condition de laquelle il estoit question , ou si l'on renverroit les parties au

' Cf. le tome 1 du Journal ttOlmer tons et de Nesmond. et le procureur gé-

d'Ormesâon f p. l3 et suiv. itéra) (Mé)iend}.

* Voy. iàid. p. ai- Les membres du * Voy. le tome I du Journal d'Olivier parlement cités dans ce passage sont le 'fOrmesson, p. 34.

premier président . les présidents de Msi-

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parlement de Grenoble où ralTairc avoit esti renvoyée par le roy, par les .Mai i6iî. *■

lettres patentes de propre mouvement, sur le partage arrivé de ladite affaire

au parlement de Toulouse. Langlois plaidoil pour M. de La Cliastrc, et fa

fit une belle action-, Hilaire pour M. de Saint Neclaire. L’on commença ù

opiner; mais M. le chancelier fit remettre la délibération, soit qu'il fust ji.

pressé d'aller !> Saint-Germain, ou qu'il vist que M. de Saint-Nectaire perdroit sa cause, et se leva sans signer les arresis. Chacun parloilque le roy

estoit très-mal. ^

O Le saniedy a may, l'on me dit que les prétendans [i la charge de lieutenant civilj estoient Ivon, Hervé, conseiller i la cour; de Bordeaux, maistre des requestes, fils du secrétaire du conseil.

« Le lundy au soir 1 1 may, M. de Collanges nous dit qu'ils estoient bien empeschés à la cliambre des comptes : M. des Rues, qui avoit esté reçu en la charge de maistre des comptes, créée au lieu de celle de Monsigot, supprimée, estant décédé, ses héritiers avoient vendu sa charge é M. de Rouillac, secrétaire de M. Bouthillier, surintendant , moyennant quarante mille escus; qu'i sa réception s'opposoit la femme de Monsigot; que M. le surintendant prolégeoit Rouillac, et M. le Prince aussy, i cause de M. de Nesmond,

pourveu de mesme. Monsieur, sous main, faisoit entendre qu'il prolégeoit ^

Monsigot et vouioit qu'il fust restabli. Sur re. Messieurs de la chambre dif- i

féroient de rien décider et avec raison.

«Le jeudy i6 may, M. de La Bistrade, conseiller au grand conseil, me vint voir et me conta une fasebeuse affaire qu'il avoit pour faire créer un curateur à une M“ Lambert, veuve d’un maistre dos comptes, qui, par sa foiblessc , se laissoit piller é des estrangers. Il me dit que M. de Champlastreiix n’alloit point intendant de justice à l'armée de M. le grand maistre, é cause que ledit sieur grand maistre luy avoit voulu donner un intendant des finances et des vivres, sans aucune despendance, contre l’ordre, qui estoit le fils de Bautru, conseiller à Rouen, nouveau, depuis deux ans.

«Le dimanche 17 may, M. Le Mérat [maistre des comptes] dit à mon père que, passant avec M. Aimeras, maistre des comptes, dans l'hostcl de Guise , le sieur de Sannes, gentilhomme de chci Monsieur, les avoit abordés de sa part et dit qu'il leur avoit commandé de les aller trouver pour leur tesmoigner qu'il souhaitoit le restablissement de M. de Monsigot, et qu'ensuite il estoit allé trouver M. de Rouillac, chez M. le surintendant, et qu'il

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Juin iHi. lu^ avoit dit que Monsieur désiroit qu'il cessast la poursuite qu'il faisoit pour SC faire recevoir dans la charge de Monsigot, et avoit fait après le mcsino discours à M. le surintendant, qui avoit dit qu'il estoit aysë de donner contentement à Monsieur en recevant llonillac présentement, et pm's restablissant et créant la charge de .Monsigot. A quoy Sannes avoit répliqué qu'il valoit mieux créer une charge pour Rouillac et conserver celle de M. de Monsigot; que M. le surintendant estoit venu voir Monsieur et luy avoit promis toute sorte de coutentement. Ce coup doit donner peine à M. de Nosmond, qui a la charge du Coigneux, et à Palluau, qui a celle de Payen.

« Le mercredy 20 may, conseil de finances au Louvre, à l'ordinaire. Je commençai à rapporter ma première instance entre Thibault, fermier des aydes, et Chandonnay, fermier général; elle estoit pleine de justice. Néantmoins M. d'Émery, à qui j'en avois communiqué, vouloit maintenir Chandonnay par son avis et alléguoit un fait faux. J'opinai pour Tliihault, et M. d'Emery, au contraire. Estant tard, l'aifaire fut remise.

«Le mercredy ay may, conseil de direction; je rapportai l'instance de Thibault contre Chandonnay. Elle passa è mon avis, quelque instance que fist au contraire M. d'Emery.

a Le jeudy a8 m.iy, conseil de finances, où M. de Morangis rapporta la prise à partie de Darfeuille, clerc de grelTe de Limoges, contre M. Frcmin. Son action fut trouvée si honteuse que l'on le condamna aux dommages et interests de Darfeuille, à deux cens livres et en tous les despens du procès, et ce tout d'une voix.

«Le vendredy, après avoir rapporté, au conseil des parties, un règlement de juges pour Duvau, je montai à cheval pour aller h Amboille, où estoit ma femme dès le jeudy. Nous en revinsmes le lundy au soir.

«Le mardy 9 juin, au conseil des parties, où furent jugées les récusations proposées contre presque tous Messieurs du conseil par M. Amelot, pour M. du Masé, son gendre, contre M. de Loménie, comme comte de Bricnne. Son intention estoit de n’avoir point de juges, et M. le chancelier, ayant nommé dix-sept, tant conseillers d'Estat que maistres des requestes. contre lesquels il n'y avoit point de récusation, M. Amelot se plaignit qu'il n'y avoit point de justice et demanda à estre ouy devant la reyne. M. le chancelier luy respondit avec grande modération. Après, M. Amelot s'estant

plaint de M. de Noyers de ce qu'il avoit protégé Fayet, qui loge devant luy, i M. Le Picart, ils vinrent jusques aux grosses paroles, dont je fus seul lesmoin. Enlin M. Amelot quitta la partie.

«Le raercredy lO, sur la fin du conseil de direction, M. de Morangis rapporta la requesledu président de Lalane, de Hordeaux , qui deinandoit à cslre renvoyé & Toulouse pour se justifier. Il la rapporta favorablement pour le président de Lalane et omit le fait, qui estoit que le président, ayant esté dénoncé de rognure', il avoit esté condamné à Bordeaux, son parlement, é estre dégradé et condamné h mort par contumace, quelque instance qu'eussent pu faire ses amys , et depuis il avoit présenté sa requeste au conseil, par laquelle il confessoit son crime et demandoit à jouir de l'abolition en payant une taxe, et, par arrest, ayant esté taxé Â trois cent mille livres, il n'y voulut point acquiescer et se retira. Sa charge avoit esté supprimée et revendue à M. de Gourgues. Chacun fut d'avis qu'il devoil estre en estât avant d' estre ouy, et, après qu'il y seroit, il falloit l’évoquer du parlement de Bordeaux et le renvoyer au parlement de Paris. M. le Prince opina fort bien, et conclut qu’il estoit honteux pour un maistre des requestes, qui ne manquoit point par ignorance, de conclure pour une requeste qui estoit contre toutes les formes, et taxa fort .VL de Morangis. Chacun trouvoit qu'il avoit raison.

«Le jeudy aS juin, conseil de finances, où ne vint point M. le Prince. .Monsieur tint un tel ordre é faire rapporter les maistres des requestes du quartier, selon l'antiquité, que je ne pus avoir audience pour rapporter l'aCTaire de Bucard (ou Beccard ] contre Rosée et Ricquier, quoyque M. Coulas luy demandast quatre fois audience.

« Le vendredy matin x6 juin, j'allai è Amboille avec ma femme, où mon père et ma mère vinrent coucher avec M. de La Fcrté et son fils, M. Haligre et M. de Chauvilliers, son frère. M'"' de Berniércs y vint disncr le lundy avec sa belle-fille et sa fille; ils furent fort bien servis, et y avoit dixsept personnes à table; ils s'en retournèrent fapresdisnée.

«Le mercredy au soir i" juillet, je revins seul i Paris pour rapporter le jeudy l'alfaire de Bucard et Rosée; ce que je fis après avoir eu audience avec grand'peine, après dix heures, parce que Monsieur faisoit rapporter

Juittet

* C’esl-à-dire pour avoir rogné des pièces Je monnaie.

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Juilli!i i6i3. tous les maistres des requestes du quartier auparavant que donner audience aux autres. Elle fut expédiée en deux mots, y ayant fort peu de temps. Lapresdisnée, je renienai avec inoy. à Aniboille, mon frère le iiiininie et les pères Niceroii et Maupcou, et frère Isaac, apothicaire. Ils revinrent le ' samedy. M. de Collanges nous vint voir le dimanche et demeura jusques

au mardy matin. L'apresdisnée, je revins avec ma femme, qui s'estoit bai. gnèc pendant ce séjour.

« Le veiidredy i o juillet, à l'assemblée des maLstres des requestes, on fit reproche à M. Mangot d'Orgèrc.s de ce qu’il avoit souffert estre présidé jrar

■ un président de MeU au procès du président Girou, luy estant intendant

de la justice en la mesme province. Scs raisons estoient que ledit Girou ayant récusé presque tout le parlement, l'on avoit donné commission au reste du parlement pour faire le procès; que, n'ayant point de président, ils en avoient demandé un de Metz; que, quuyqu'ils eussent tous une commission particulière, ils avoient représenté néantmoins le parlement et

■ prononçoient la cour, etc. dans tous les airests. Ainsy qu’il n'avoit pas fait

de dilliculté d' estre après le président, outre qu'il avoit une commission particulière pour cela.

U Le mardy i h juillet , matin , au conseil des parties où fut jugée l'alfaire de M"" de La Cbaslrc, qui dciuanduit que, sans avoir esgard è l’évocation du propre mouvement obtenue par M. do Saint-Nectaire, elle fut renvoyée ^ au parlement de Toulouse et tirée du parlement de Grenoble. L’on paila

t en celte affaire beaucoup contre M. le cardinal. 11 passa qu’ils convien-

droient d’un parlement. A ce conseil, chacun esloit assis à l’ordinaire. M. de Maupeou, président à la cour des aydes, prit place le dernier.

«L’apresdisnée, chez M” de Fourey. M. de La Grange-Neufville y vint, qui roc dit que, chez M”* de Bonthilber, l’on avoit dit que M. le Prince m'avoit gourmande et dit quelques mauvaises paroles sur ce que je rapportois après dix heures, quoyquc Monsieur me l'cust dit, et que Monsieur et tout le conseil avoient trouvé mauvais le procédé de M. le Prince. Je luy ■ asseurai que c’estoit une invention et qu’il n'en esloit rien.

«Le jeudy malin i6 juillet, je ]>ortai mes lettres i M. de Montmagny pour estre reçu le lundy suivant au grand conseil et vis M. de Boucqucval,

' Le> uiailres des requêtes pouvaient parlement, quand ils avaient été reçus par avoir séance BU grand conseil . comme au ce même corps avec les rormalilés qui

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M. Le Lièvre, préskleiit. el M. Lanier, doyen. De ià, au conseil, où M. le iuillu iW3. Prince esloit, qui parla fort contre les religieux réformés sur une requeste présentée par l'arehevesque de Bordeaux.

• Le vendredy ly juillet, je continuai nie.s sollicitations, et vis MM. les présidens de Pommereuil et Beaubourg, MM. de Sincire (Saint-Cyr),

Chouart, Lhuillier et autres jusqties au nombre de dix. Ce jour, M. le baron de Chappes prit place au conseil et presta le serment au bout de la table, le greffier faisant la lecture.

« Le lundy malin an juillet, M. Morand me vint prendre pour aller ensemble au grand conseil. M. de Montmagny ayant fait rapport de mes lettres, l'on me fit entrer, et, estant derrière le barreau, M. de Pommereuil me dit : Vous ne presicrez antre serment qae ce/iç' que vous avez fait entre les mains de M. te chancelier. Néantmoins , levez la main . cottî Jurez et promettez de tenir les délibérations de la compagnie secrètes. Après ce, je pris place au dessus de M. Montmagny, sous-doyen , et demeurai à l'audience. Estoienl assis MM. les présideus de Ponnnercuil et Beaubourg; à la droite csloient MM. de Monlc.scot, Vitlayer, Moiitcbal et moy, maistres des requestes; après, MM. de Montmagny, de Boucqueval, Foucault, Lliuillicr, d'Aiibeterre, La .Marguerie, Brélignièrcs , de Creil, Benoise, Aimeras, de tiuesclin, Gisaucourt, M.'U'idat. Pussort. De l'autre costé, estoienl MM. Lanier, doyen , Masparault, Cbouarl, de Sincire, Dupré, sieur de Cossigny, Paget, .Morand,

Carcavy, Le Dreux, Boebard, sictu* de Champigny, Auxerey, L,i Bisirade, de Loynes, Colinoulins, Kegnaudin, procureur général. Salomon, avocat général,

« La cause de M. de Tlielis, conseiller de la cour, contre M. de Montchal , arebevesque de Toulouse, fut plaidée pour raison de l'abb-iye de Saint- Sauvcur-le-Vicomle en Normandie. Le Camus plaidoit pour M. de Tlielis;

Sistrière pour M. de Toulouse. L’on parla avec grande liberté de M. le cardinal [de Richelieu] et il fut de.schiré comme un très mescliant lioinnic, qui avoit choqué M. de Toulouse pour s'estre opposé à luy, lorsqu'il demanda d'estre nommé chef de l'Esglise gallicane L L'avocat général fut remis au lendemain.

• Le mardy ai juillet, au grand conseil, où, après que ,M. Salomon eut

sont rappelés dans ce passage et dans le des 17 et ao jtiillet i6éd. — ' Voy. les

Journal d'Olivier d’Ormetson, k la la date Mémoires de M. de Monchul.

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