II. io
APPENDICE
Jaillrt i6t3. laidement parié et concla pour M. Toulouse, il fut jugé pour luy, quoiqu'il J eust neuf i appointer. Au grand conseil, il but estre le tiers, et nous estions trente, et passa tout d'une voix. L'apresdisnée , je fus à Amboille voir un cheval. Je revins le mercredi.
«Le jeudy matin a 3 juillet, au conseil, où estoicnt Monsieur et M. le Prince. M. de Moricq rapporta une requeste pour M. le président de Gourgues contre le président de Lalane sur ce que, par l'arrest de renvoy au parlement de Paris, M. de Morangis, contre le sentiment du conseil, avoit remis ledit président au mesme estât qu'il esloil auparavant les arrests du conseil , par lesquels il avoit avoué son crime. M. le Prince, qui estoit pour le président deGourgues, blasma l'arrest de fausseté, puisqu'il estoit contre la résolution du conseil, et taxoit M. le chancelier qui l'avoit signé, qui en faisoit connoistre la nécessité sur ce que, sans casser lesdits arrests, l'on ostoit la liberté audit président de Lalane de se justifier. L'affaire mise en délibération, il passa à ordonner que lesdits arrests seroient portés au greffe , du parlement pour servir de preuve contre ledit président et delTenses au conseil, et sans que le parlement pust prononcer sur le restablisscment de la charge, le roy s'en réservant la connoissancc. M. le chancelier estoit pour l’arrest, et Monsieur. Après avoir longtemps contesté les avis, M. le Prince remporta.
«Après, lut plaidée la cause de M. Desdiguières (de I^esdiguièrcs) contre M. de Créqiiy, son neveu , qui demandoit qu’il luy restituast la charge de premier gentilhomme de la chambre, qui avoit esté mise sous son nom en dépost. Gaultier plaidoit contre M. Desdiguières , et Hilaire pour, lequel prétendoit retenir la charge ou ne s' en point dessaisir qu’en luy payant cinquante mille escus, auxquels il s' estoit obligé avec M. le mareschal de Créquy. Il passoit à condamner M. de Lesdiguières (sic) à rendre la charge, sans que M'** de Canaples fust obligée de l'indemniser des cinqtianle mille escus. Néantinoins, M. le Prince ayant tesmoigné le contraire, il passa de vingt et un contre vingt i son avis , beaucoup ayant changé d'avis après avoir vu celuy de M. le Prince. M. le chancelier eut beaucoup à souffrir à ce conseil.
«Le vendredy a 6 juillet, le soir, M. Morand me vint dire qu’il avoit traite avec M. d'.Aubray de sa charge de maistre des rcquestes du quartier d'avril à soixante mille escus et cent pistolles; qu’il auroil ses lettres dans lundy.
APPKNDICE.
J'»ll«i voir, après, M. de E)retpuil pour voir s'il se pourvoit i-tsoudre à Aoei .643. acheter après cela. Il me Icsmoigna désirer se défaire de sa charge auparavant.
«Le vendredy 3i juillet, je fus chei M. de La Nauve pour tesmoigiier pour M. Morand. J'y rencontrai M. de La Vieuville , qui sollicitoit son absolution. Je l'entretins quelque temps. De là, voir M. de Lamoignon pour M. do La Porté, procureur du roy de Troyes.
« Le dimanche a aoust, je revins d'.Amboille pour aller à l'acte du lils de M. Texier aux jésuites, qui avoit dédié [scs thèses] à M. de Beauvais, d'où je revins avec M. du Pii.
«Le mercredy 5 aoust, au conseil, où présidoit M. le Prince, Monsieur ayant la goutte; l'on reparla de l'alTairo de M. de Créquy contre M. Desdiguières, et M. de Moricq dit à M. le chancelier qu'il avoit tout rcchangé son arrest, en sorte qu'il n'en pouvoit parler, et que c'estoit à luy à respondre aux plaintes. M. le chancelier avoua qu'il avoit failli et que cet arrest ne se qiouvoit soustenir, et néantmoins fitcondan»nerM'“ deCanaples en son nom à payer cinquante mille cseus L A ce conseil, M. Mallier- Monherville rapporta fort mal, et comme n'entendant pas les alfaires.
• Le jeudy 6 aoust, je sçus de M. de Collanges comme le sieur Monsigot s'estoit présenté à la chambre des comptes pour rentrer en sa charge; qu'il y avoit opposition delà veuve du sieur des Bues, qui estoit décédé reveslu de cette chaige; que Monsigot olfroit vingt-deux mille cscus, qui estoit le prix qu'en avoit déboursé le sieur des Hues, et qu'il croyoit que l'on obligeroit la veuve de se contenter de cette somme.
«Ce matin, je fus au grand conseil, où M. Morand fut reçu maistre de.s requestes, et fut plaidée la cause d'un valet de pied contre un procureur fiscal de haute justice pour la préséance.
« Le vendredy y aoust , l'on vérifia au parlement , sans difficulté , les trois dispenses accordées par la reyne au lils et au gendre de M. Le Bailleul, et à M. Vialar.
« Le mercredy i a aoust, je sçus que la reyne donnoit l'amirauté à M. de Vendosme, et faisoit le comte de Fiesque vice-amiral.
‘ Il y s ici dans le texte cent cin^aanle escui, U est évident qu'il y a dans le dernu/Ic nru; mais comme plus haut on lit nier passage un lissas calami. deux fois qu'il s'agissait de ciiufaantt milU
io4.
APPENDICE
iH3. « Le jcudy i6 novembre, je fus au conseil, où esloient Monsieur et M. le Prince k l'ordinaire. De là, à Saint-Clermain^le.l'Auxerrois, au service de M. de Cbauvilliers , frère de M. llaligre; il estoit commencé. M. le président Tanibonncau tcnoit la première place, qui se tint ferme lorsque mon père se présenta. Il (mon père) passa outre et se mit hors rang. .VI. llaligre en tesmoigna après mescortenlement, et dit que tout le monde s'esloit niorqué de M. Tamboniieau. ,M. Pichotel alla ccjourà Pomponne, où madame sa mère se inouroit. Il me dit avoir ouy dire que M. le Prince avoit envoyé en cour de Rome pour faire déclarer le mariage de M. d'Anguien nul, et par conséquent son petit-fils bastard, dans la pensée de luy faire es|)Ouser Mademoiselle. »
sanaé et ui.ivieh u'oesiesson soli.iciteki pocr lat erceptioe de conseillers
SC GRAND CONSEIL (jL'ILLET I 6à3 ET MARS |tià/l).
• Le vendredy 17 juillet i643, je traitai avec M. Morand, pour mon frère •, de sa charge du grand conseil à 8a, 000 livres, la procuration avec 3,600 livres pour les expéditions , dont il se chargea.
«Le jeudy matin 3 septembre, je fus avec mon père commencer la sollicitation de Messieurs du grand conseil pour la ri-ccption de mon frère. Mon père alla [ensuite] au conseil, et moy je revins |>our aller à 8aint-Gcrvais, au service de feu M. de Fourcy.
« L'apresdisnéc , nous retournasmes solliciter.
«Le vendredy et le samedy, nous continuasmes nos sollicitations.
«Le lundy matin 7 septembre, à l'entrée de Messieurs du grand conseil, avec mon père, pour le soit informé des lettres de mon frère.
«Le vendredy matin 1 1 septembre, à l’entrée de Messieurs du grand conseil, avec mon père. L'information de mon frère fut jugée avec grande affection.
« I.Æ mercredy matin 16 septembre, au conseil, M. d'Emery rap|K>rla
' Simon Lefèvre d’Ormosrtii, seigneur d’KsIrelles.
APPENDICE
l’afiaire de M"" de Guise pour rentrer dans les dons de Caen et de Bayeus, Isnvier i6Ai. dont elle avoil esté évincée pendant son absence,
■I l.'apresdisnéc se fit l'assemblée de mon frère, qui fut belle; il s'en acquitta fort bien. Ses disputans furent MM. de Fourcy, .Aguesseau, de Mai.soiis, Vilvode, Voisin, et le sieur Istdis, précepteur de M. de Fourcy.
«Le vendredy i8 septembre, l'apresdisnéc , mon frère fut interrogé et reçu au graïul conseil , où il satisfit toute la compagnie, qui tesmoigna grande joye de le recevoir. .Mon père, mon oncle, mon cousin de Lcieau, .M. de Gollanges et moy, estions à l'cnlrcc.
«Le vendredy matin ao novembre, je fus avec M. de Morangis au petit sceau. L'apresdisnée . avec M. de Saint-Pierre chez M. de Gollanges. De D, aux Minimes, remercier mon frère, qui avoil fait voir au père Cossart, provincial, le contrat qui dunnoit A ma femme la liberté d'entrer chez eux, et avoit donné ordre |iour réformer la patente, qui estoit contraire au contrat.
De là . clicz M" de Fourcy, qui me parla quelle avoit veu M’^dcBailleul. espéroil la dispense d'aage ', et me demanda mon avis sur le choix ou dti parlement ou de grand consi'il.
«Le mercredy 6 janvier [i6Aé], le soir, M”" de Fourcy me dit qu’elle avoit veu M. de Brienne, qui avoil entrepris la dispense hautement et en son propre et prive nom.
«Le mercredy ao janvier, le matin, M. de Baillcul me dit que l’on pousoit voir M. le chancelier, qui avoit reçu l’ordre pour la dispense.
• Le jeudy ai janvier, au sortir du conseil, je fus avec mon père et M'" de Fourcy pour remercier M. le chancelier de la dispense accordée, qui nous reçut fort bien. L’apresdisnéc, chez M“ de Brusion et à Luxembourg avec M. de La Grange.
«Le samedy a 3 janvier, matin, au conseil; à l’issue, M” de Fourcy me vint dire qu'après avoir ouy M. le président de Mesmes et la response de M. Mole sur la dispense pour le parlement, elle estoit résolue d’aller au grand conseil et quelle vouloit en parler à M. de Bailleul, et, après luy avoir dit les dillicullés que fon faisoit sur ce qu’il n’estoit pas lils de maistre*, et que la compgnie avoil résolu de n’en recevoir aucun; qu’il y en avoit
' Cette dispense d’âge était destinée eu jeune de Fourcy. beau-fni-re d’Olivier d'Orinesson. qui acbeU. coniine on le verra
plus loin, une cliarge au grand couseil.
’ C'est-idirc. fils d’un conseiller au parlement.
APPENDICE
Kvrirr i6ii. huit à recevoir devant luyet qu'il falloit attendre un an, il conseilla le grand conseil. De là, disncr chez mes cousins d'Eaubonne et de Boisbousoo. De là , au sceau.
U Le mercredy ay janvier, je traitai avec M. I^aisné, sieur de La Margucrie, de la charge de conseiller au grand conseil pour M. de Fourcy, à trente mille escus la procuration.
«Le samedy malin 3o janvier, au conseil, avec mon père. M. le Prince estoit auprès du feu, qui demanda à mon père si je logeois avec luy; que les hommes se pouvoient accorder, mais jamais les femmes; me demanda comment je m’cstois dcmeslè de l'aflaire de M. le Grand * et comment je faisois lors; parla à mon père delà Bretagne et dit quantité de bonnes paroles à son avantage; dit que MM. Aubry et La Galissoiinière s'estoient enivrés, et puis, parlant de M. d'Émery, sur une alTaire, dit qu'il avoit veu un temps qu'il estoil l'homme doux sous MM. d'ElBat et BuUion , et dit qu'il ne disoit mot, lorsque le surintendant estoit le maistre , et force disconrs qui monstroient qu'il estoit gay, peut-estre de ce que Madame n'estoit plus grosse; ce qui estoit asseuré.
« Le mercredy 3 febvrier, je fus, au matin, chez M. le procureur général du grand conseil pour avoir un certificat comme M. de Fourcy n'a point de parens au grand conseil. De là, j'allai donner les lettres à M. Choisnc, garde des rôles. De là, au conseil, où M. Gaulmin &t passer une alfairc injuste pour Sauvat, qui estoit à Monsieur, contre Chigarcy, et son avis fut suivi, quoiqu’il passastaii contraire. M. le Prince, sur une alfaire de Garnier, dit que Garnier avoit eu tort de ne pas donner ses filles aux gens d'afl'aires et à la robe, parce qu'ils gagneroient toutes leurs affaires, et parce quelles avoient espousé des gentilshommes, il les falloit rechercher’; que d'Esigoy, qui estoit son parent, en avoit espousé une et qu'il ne vouloit point opiner. De là, avec mon père, chez M. le chancelier, que nous vismes avec M~*de Fourcy. Ils s'en allèrent, je demeurai à disner avec MAI. de Vertamont, d'Orgeval et La Ferté.
' Il s'agit probableoient de l'alTaire du grand écuyer Gnq-Mars (Henri d'CIfial).
Olivier d’Orruesson était en relations perpétuelles arec les familles d'ElBat et de Tliou. Cependant rien n'indique qu'il ait
pu être impliqué dans le procès de Cinq- Mars et de Thon.
' C'est-à-dire, les poursuivre pour rechercher et découvrir l'origine de leurs richesses.
APPENDICE
• Le oierdy i" mars je commençai les sollicilations du grand Mm iGU.
conseil pour M. de l'ourcy. Nous demandions la prtlfércnce â M. de Colincourt, gentilhomme de Picardie, ctd'estre reçus dans le semestre. Chacun
nous le promeltoit; mais, parce que M. de La Marguerie avoit encore des proc6s à achever, il estoit bien aysc que nous fussions retardés. Ce mesnte matin, je rapportai au conseil l'aOaire d'un nommé Ferrand contre le sieur de Pelis.sar pour la compétence d'un prévost des mareschaus du Puy.
• Le jeudy matin 3 mars, je fus au grand conseil, où, après plusieurs contestations, toute la jeunesse estant pour nous, mais les anciens estant bien ayscs de nous remettre après Pasques, M. de La Marguerie ayant encore des procès de commissaires à achever, néantmoins ils nous promirent de nous mettre le soit, monsiré le mercredy prochain.
• Le vendredy 4 mars , je sollicitai Messieurs du grand conseil , et le soir j'allai chci M. de Brisacier pour faire refaire les lettres de dispense qui n'estoient pas bien, estant de date antérieure aux lettres, et l'aage n'y estant pas exprimé.
« Le samedy, je parlai à M. le surintendant, qui me promit d'aller cher les deux présidens et envoyer de sa part ches les conseillers. Je sollicitois avec chaleur, parce que l'on disoit que M. de Colincourt demandoit la préférence sur M. <lc Fourcy, mesme avoit des protecteurs dans la compagnie.
« A ce conseil , voulant rapporter une requeste pour un fermier des .Minimes, M. le Prince, avec tnsmoignage d'amitié, me remit au premier jour, et M. le chancelier dit en riant que j'estois le rapporteur de Saint-Françoisde-Paule. L'apresdisnée, je fus au sceau, où M. le chancelier me fit encore accueil.
• Le dimanche 6 mars, je his solliciter et allai chez M. Brisacier, qui me rendit la dispense expédiée; puis chez M. de Pommereuil, à qui ayant conté les dilTicultés que Ton faisoit, que M. de Cossigny disoit que M. de Fourcy n'avoit pu obtenir dispense pour le parlement, qu'il ne venoit au grand con.seil que pour aller au parlement, il me dit que c'estoit une pièce que l'on nous faisoit en haync d'un refus, et qu'il verroit ses amys, et qu'il sçavoil bien d'où «ela venoit, et m'en dit assez pour entendre que cela venoit de M. de Bordeaux , qui se vouloit venger du refus fait de M”" de La Grange , qu'il avoit demandée à M. le surintendant Bouthillier.
APPENDICE
Mars i6ii. «Le lundj’ 7 mars, je continuai mes sollicitations. Je fus au Palais, où MM. Tiirgol et des Yvelcaux furent reçus honoraires.
«l,c mereredy g mars, nous ftismcs au grand conseil, mon pire, M. de lai Grangc MarcouvUlc, mon frire, M. de Fourcy et inoy. M. de ColincourI ' se désista de sa prétention. Ainsy l’on nous donna le soit immstré et informé,
et fut dit qu’ils scroicnl reçus ensemble et que M. de Fourcy passeroit le premier. 1,’aprcsdisnée, nostre infornialion fut faite.
«Ce rnesme matin, M. le Prince me fit rapporter la requcslc des Minimes, et sur ce que M. le chancelier aroit proposé un expédient, que ce femtier scroil diminué à Coupevray de ce dont il avoit este augmenté à Jossigny, et ce pour approcher de l'avis du controleur général , qui estoit que ce qui estoit payé bien ou mal demeureroit, M. le Prince, en faisant opiner, M. du Tillel disant qu'il estoit de l'avis de M. le chancelier, M. le Prince dit : Voilé qui est beau; raas avez bien envie Je li^ faire honnear. Enfin ■I passa à renvoyer la rcquestc é M. de Montescot. et paroissoit que M. le Prince estoit mal avec M. le cliancelicr et M. d’Emery, qui estoient visible ment bien ensemble*.
« Le vendredy 1 1 mars, l'apresdisiiée, M. de Fourcy fut au grand conseil .Mon |)ère y fut pour raccompagner. M. de Colincourt s'y trouva , et Messieurs le reçurent. .M . I.e Camus y estoit pour estre reçu ; le père Le Camus . le conseiller d'Estat, cy devant président des comptes, le procureur général de la cour des aydes, et le maistre des comptes y estoient aussy. L’information de M. de Fourcy fut jugée la première-, celle de M. de Colincourt après, et prirent leur loy fun après l’autre, et puis l'on lit entrer M. Le Camus.
e Le liindy lé mars, matin cl apresdisnée au Palais, où nous fisines quatre-vingt-quatre livres de commun pour chacun. I>e matin nous jugeasmes une rémission pour un cavalier d' Armagnac, qui s' estoit battu. Le duel estoit presque certain-, néantmuins elle passa -, ensuite une abolition pour un nommé Tcsiard, sieur des Essarts, ipii avoit esté condamné pour fausse monnoye et avouoit, par scs lettres [d'abolition], en avoir fait, mais disoit que c’estoil pour descouvrir les faux monnoyeurs. Pour moy, je fus d’avis, auparavant que la passer, laire des remonstranres pour faire entendre
' Cf. t. I du Jourttai JOtivier J'Ormessoti, p. iSg cl suis.
APPENDICE. 833
l'importance du criiiic. C'estoit la première qui csloit donnée; elle ne passa M»'» '•’U- (|uVn mitinnm.
oLe mardj lâ, il n'y cul point de conseil. M. Picliolei me dit que, le lundy apresdisnéc, au conseil clic* Monsieur. M. le Prince avoit eu grand démc.slé avec M. d'Einor^ et M. le chancelier, et qu’ils travailloient à faire leur pais. De fait, M. d'Einery dit à M. Pichotel qu’il s’en alloil che» M. le duc d'Enghicn. »
REI.ATIONS U'OLIVien D'ORMESSOS AVEC LE PRIKCE DE CORDÉ (lIERRI DE BOCRBOs)
(mars-avril i6ié]-
« Le mercredy 1 6 mars, je fus, dès le matin, chei M. le Prince pour luy lendre raison d’une all'aire qu’il avoit, avec un nommé Tabarie et autres, contre le baron de Miirvicl. Je luy parlai, et U me remit h une autre fois pour luy parler avec Tabarie. De là , je fus au conseil. Monsieur y estoit dcsjà; ils attendirent M. le chancelier un gros quart d’heure. Est.nnl assis, les inlendans n’estant pas encore venus, je pris la parole et rapportai sept requestes et une instance pour les chanoines de Tout contre les habitans pour leur sel. Il sembloit que la paix estoit faite, parce que M. le Piince gratifia M. le chancelier deux ou trois fois.
• M. Le Gras rapporta une rcqueste de récusation contre M. do Moricq pour de mauvaises paroles qu’il avoit dites à Dcjcan , qu’il vouloir interroger. Les maistres des requestes y opinèrent, et fut conclu qu’il demeurcroit. M. le Prince me donna jour pour vendredy, à sept heures.
• L’apresdisnée . M. de Fourcy lit son assemblée et satisfit toute l’assemblée extresmement. M. Le Camus, conseiller au grand conseil, me dit que M. son oncle, cv-devant conseiller de la cour, avoit acheté la charge de M. des Yveteaux soixante et un mille escus.
• Le vendredy i8 mars, je fus, au matin, chesM. le Prince. .Après avoir attendu demy-heure, il me fit entrer seul; il estoit en pantalon rouge; un petit manteau sur luy. Il y avoit longtemps qu’il travailloit, ayant quantité de lettres et papiers sur la table. Il me fit entrer dans son cabinet. Tabarie y entra et Chapuxcau. Il me fit asseoir sur un siège pb'anl et couvrir. Je
11, io5
APPENDICE
Atnl iCU. luj rappoi'Ui l'afTaire tout entière. 11 me dit, après avoir discuté les parentés pour révocation et trouvé qu'il u'y en avoit pas assez dans la rigueur de l'ordonnance, il me dit qu'il protégeoit ces gcns-lè, comme estant à luy et luy ayant donné de l'argent pour se mettre en sa protection et se tirer de la tyrannie du baron de Murviel, et qu'il demandoit tous autres juges que [ceux de] Toulouse. Après quelques autres discours, je me retirai et m'en allai au conseil , où l'on signa grande quantité d'arrests.
• L'apresdisnée , je fus avec mon père au grand conseil , où je pris place. M. de Fourcy fut re^u avec grande satisfaction et fit fort bien. Après fut reçu M. de Colincourt, qui ne s'en acquitta pas si bien. Après, nous fiismes remercier M. le doyen *t présenter des confitures', qu'il prit.
«Le lundy ai mars, matin et apresdisnée, au Palais; nous y disnasmes quatre ; Briconnet , Ricouart, Roucherat, et expédiasmes nos petites affaires.
« Le inardy aa mars, au eonseil des parties, je rapportai quatre instances, et celle de M. le Prince (Tabarie contre M. le baron de Murviel pour une évocation du parlement de Toulouse). Il passa i mon avis è renvoyer i Toulouse. Il u'y eut que Gaulniin, Gaillac, Turgot et Moricq qui furent coiitraii'cs. Mon père me tesnioigna estre bien satisiait de ma matinée. Tabarie avoit mis sur la table une reqiicste de récusation contre moy, pour arrestei' l'alfaire, sur ce qu'il disoit que je luy avois parlé d'accommodement. M. le chancelier n'y avoit pas pris garde; je le priai de la lire auparavant que dire mon avis.
«Le vendredy a 5 mars, M. de Montchal me dit que l'on avoit arresté l'arrestde Murviel, sur ce que l'on avoit donné à entendre que M. le Prince avoit quantité de pièces i produire. M. de Castille, jadis président en la deuxième [chambre] des requeates, me dit qu'il avoit lettres de conseiller d'Estat ordinaire et qu’il prendroit place au premier jour. L'on me dit que les Uviis gardes des rùles, Séguier-la-Verrière, Cliouesne et Soger (ou Soyer) avoient vendu leurs charges, dont les ennemis de M. le chancelici' disoient que c’estoit un mauvais présage contre luy, puisque ses domestiques l'abandonnoieut.
« Le ntercredy matin 6 avril , au conseil , je rapportai heureusement deux
' Olivier d'Ortneuon a ajoute en intertigne one douraine, au-dessus dss coi^ru/ss.
• -Bigitiz«d by4iOOgIe
APPENDICE
instances pour Potin et Rateclcf, et les eslus de Baveux contre ceux de A»rit 1644. Caen. Monsieur, M. le Prince, MM. de Montbaxon et de La Rochefoucauld y estoient. A l'issue, M. le Prince m’aborda, et me dit que je n'avois pas dit et représenté son intérest, comme il m’avoit prié, et que c'estoit les sollicitations de M. de Montchal [qui m'en avoient destourné]. Je Uiscliai de luy faire entendre le contraire. Néanlmoins, il me (juitta. Cela me donna grande peine de voir que l'on luy [a voit] rapporté tout le contraire de ce que j’avois dit.
« L'apresdisnée , Messieurs du quartier vinrent travailler céans. Je leur donnai, après, une bonne collation et honneste, dont ils furent très-contens.
U Le jeudy 7 avril, je fus aux requestes de l'Iiostel rapporter une petite affaire pour M. d'Hautefort contre un fermier. De là, au conseil, où M. I>e Gras rapporta l'affaire de la communauté de Soûle, qui se vouloit racheter, contre M. de Trobville , au profit du roy . Il gagna sa cause contre l'ordre, et l'on dit bien du bien de luy. Après, M. de Verthamon rapporta une grande affaire pour une déprédation de vaisseau , dont M. de Schomberg avoit la confi.scation , qui perdit en sa présence.
it Le vendredy 8 avril , sur les neuf heures, M. le Prince vint au conseil.
M. le chancelier luy quitta sa place et passa de l'autre costé, et dit que l'on avoit juge une affaire, le mardy devant la f'este, au rapport de M. d'Ormesson, où il avoit grand interest; qu'à cause du comté de Pézenas, il estoit seigneur de Murs et [avoit] un consulat commun avec le baron de Murviel, qui avoit voulu empescher ladite eslectioii et avoit fait de grandes violences à ses officiers, qui luy empeschoient d'opprimer le peuple; qu’il avoit demandé l'évocation de ses procès du parlement de Toulouse; qu’il ne doutoit point <le l’équité et bonne justice de M. d’Onnesson, et estoit vray qu'à la rigueur l'on ne pouvoit évoquer, parce qu’il n’estoit point partie à Toulouse ; que M. de Miinûel n'avoit que deux parens [au pariement 4e Toulouse]; mais aussy avoit plusieurs alliés. Ncantmoins, ne voulant pas abandonner ses ofEciers, il se soumettoità tout autre parlement que Toulouse, où il ne pouvoit procéder à cette heure que Monsieur estait gouverneur de Languedoc, et M. de Schomberg, son lieutenant; qu’il ne vouloit que la justice, mais demandoit un autre parlement; que c’estoit ce qu'il avoit à représenter au conseil, puisque M. d'Ormesson ne l'a pas voulu dire, et se leva.
APPENDICE
Avril i6ii. uM. le chancelier reprit, disant que M. d’Omiesson avoit dit et représenté toutes ces raisons, mais que le conseil avoit cru que Son Altesse n’y avoit aucun intérest; mais qu'après sa déclaration il n’y avoit nulle dilliculté. Après, il (le piince de Condé) se retira. Je le .suivis et le priai de croire que j’avois considéré celte aflaire comme particulière, quej'avois représenté au conseil toutes ces raisons etaclemcnt, et que tout le conseil le luv tesnioigneroit. Il me dit : iVéantmonu qaelifaes-ans mont aiseuré du contraire. J'insistai encore. Après, il me dit : Jevoas crois et suis rostre serviteur.
« Je revins i la table du coiweil et voulus rendre raison de mon fait. M. le chancelier me dit qu'il n'y avoit rien de mon fait, ny qui pust blesser mon honneur. Je répliquai que néantmoins quelquesHins de Messieurs du conseil avoient dit è M. le Prince que je n’avois pas dit une de scs raisons, dont j'avois sujet de me plaindre. Après l'on parla d'autres affaires, et la plus|>art me dirent que cela alloit phitost à mon honneur, parce que M. le Piince demandoit grâce et non pas justice ; ce qui faisoit voir que j'avois marche droit. Cette alTaire m'avoit donné grande peine de me voir calomnie auprès d'un prince devant lequel j’avoLs à parler tous les jours et qui rudoyé ceux qu'il n'ayme [Mis '. o
arci.uiENT ruiR le cokseil d'État et le naoir ne séakce oes uaIihes ues
REOl'ÊTES; FROCRS JUCéS Al CORSEIL D’éTAT', COSSEIL D'EN HAUT; URAND CON.SEII.1 RELATIONS n'OLIVIER O'ORMES.SON AVEC LE CUANCELIEn (aVRIL l6iA- SErTEMRHE I G&5).
« Le samedy 9 avril i6àà , au conseil, M. le chancelier dit qu'il y avoit plusieurs questions : celle du brevet, i l'encontre de la séance actuelle; si un qui vendoit conservoit son rang, sans prendre .sa |ilace in instanti, et beaucoup d'autres; que s'y trouveroient * MM. de Léon, Bellièvrc, Aubry, Le Bret; qu'à M. d'Ormesson [André] quelques-uns luy contestoient [son
' On voit, |>ai‘ plusieurs passages du ' A l'assemblée qui devait fixer les Jounml d'Olnter d'Ormesson, qu'il redou- rangs. (Voy. le tome 1 du Joumat d'Oti-
tail le re.ssentiment du prince de Condé. vier d'Ormesson, p. 166 et suiv.)
(cn.i.p. .67.)
La
APPENDICE
rang]. Mon père ditqiio c'i'stoienl MM. Morand, Gonicourl cl Cliauniout, A«ril i6H. qui luy avoient tesnioignè nèanlmuins, en particulier, luy vouloir céder. Néantmoins, M. le chancelier dit qu'il falloit qu'il »'y trouvast et qu'il disnast. M. le Prince dit : L'on jugera .W. d’Orinesson le premier, et pais il jagerit les autres. M. le chancelier appela .M. Auhry pour luy dire qu’il luy donneroit tous les papiers et brevets, afin qu'il en fust le rap|H)rleur. Il s’en excusa sur ce qu’il rclevoit de maladie et ne pouvoit travailler; mais, je crois, pour n’eslrc point contraint de désobliger quelqu’un. M. le chancelier regarda mon père en riant, qui accepta d'estre rapporteur, dont je fus bien aysc, parce (pi’cstant personne nécessaire daus ce rencontre, ses intéresls luy seroienl plus aysémcnl conservés. Je luy dis, après, que je croyois qu auparavant de parler des autres il devoit faire régler son fait, parce qu'il seroit aysé de luy conserver son rang auparavant que l’on eusl establi une règle générale, dans laquelle, peut estre, il se trouveroil blessé.
Après le disner, M. le chancelier ayant mandé mon |>ère. U y est allé.
« l,c soir, nous notis asscniblasmes aux reqiiestes de l'hostel , où M. Amelot fit lire deux papiel^ : le premier e.stoit des rcmonstrances, qui avoient esté autrefois résolues dans la compagnie et qui tendoient k avoir pour les niaistres des requestes séance du jour du brevet. L’on lut, après, une response faite par MM. de Moricq et Macbault pour respondre k un escrit qui avoit esté donné à M. le chancelier par M. de Leseau, sans y estre iiuinmé, par lequel il prélendoil la séance du jour du serment de maistre des requestes. La conclusion de cette response estoit que, si la .séance du jour du .serment avoit lieu, M. d'Ormesson se devoit asseoir audessus de MM. Aubry et Favicr, et néantmoins il leur avoit tousjom's cédé .
<'umme aussy au sieur Amelot, président, et de Chaillou. Ces derniers mots avoient esté augmentés (ajoutés) par M. .\melol-Chaillou . qui prétendoit contester la place k mon père , parce que son brevet estoit de huit jours plus ancien, quoyquc plus jeune, et d’aage et de service, de cinq ou six ans, et par son'intércsl vouloil insister pour le brevet. Les maistres des requestes, au contraire, conclurent k demander le rang du jour du serment, et députèrent pour aller solliciter MM. les princes cl chancelier et surintendant.
«Le dimanche, les députés allèrent cbei M. Amelot, qui ne s'y trouva pas et renonça d'aller avec eux.
APPKNDICE.
Avril ifiAV (1 Le luruiy, ils s'assemblèrent aux requestes de l'hostcl et prièrent M. Gaulniin de porter la parole, après avoir fort maltraité M. Ainelot sur le refus cpi'il avoil fait. L'apresdisnce , nous fusmes travailler chez M. I\icouart , d’où nous revinsmes très-tard. L’on nous dit que M. le chancelier taseboit d’empescher un règlement , et ne s’y poirvoit résoudre , jugeant bien les dilDcultés. J'allai, le matin, dire un mot à M. d'Émcry. Il avoit un grand monde qui l’attendoit et estoit tiès-puissant, et reconnu pour trèshabile homme.
« Le mardy 1 1 avril , chez M. le chancelier, M. du Tillet fut ouy, qui prétendoit avoir conservé son rang estant honoraire, M. Godard ayant esté un temps sans prendre place. M. de Machault fut ouy au contraire. Après nous nous rclirasmes *.
«Le vendredy matin i5 avril, au conseil, sur les sept heures. Les dé- . pûtes [des maistres des requestes] avoient vu M. le chancelier, suivant l'ordre, et luy avoient fait compliment-, à quoy il avoit respondu qu'il n'avoit jamais donné occ.asion à la compagnie de se plaindre; qu'il ne pouvoit ajoutera sa protection pour elle, et des complimens, et puis leur avoit tourné le dos sans les conduire. A l’issue du conseil, il demanda à mon père si j’avois esté de la délibération. Mon père luy dit que je ne ferois jamais rien contre son service.
« Le mercredy ao avril, dans le conseil, je rapportai heureusement toutes mes affaires; l’une, pour Palvoisin, contre les gravciu-s; l'autre, de M"' du Tron, et la troisième, du bailly de Toul, contre le gouverneur pour présider dans l’hostel de ville è l’eslection des maires et eschevins, et recevoir d’eux le serment. J'estois d’avis de donner l’avantage au bailly. MM. d'Omesson cl Moricq, à qui j’en avois communiqué, estoient d’avis au conü-airc. Les uns estoient de mon avis; les autres, au contraire. .VI. le Prince estoit pour le bailly, et, après avoir bien opiné, il conclut que e'estoit une affaire du conseil d'en haut, et è rapporter devant la reyne; qu'il la falloit mettre entre les mains de M. de Bricnne’ secrétaire d'Estat. pour en faire rapport dans le conseil. Je me retirai, et fis signe aux maistres des requestes de demander que j'en fisse le rapport. MM. Mangol et Le IJèvre le dirent à M. le Prince, qui dit que, si la reyne vouloit la juger
' Voy. Journal <t Olivier d'Ommon, l. I, p. 167.
comme une «ITaire d'Estat, c'estoit au secrétaire d'Estet [à faire le rapport]; Smi i6u. si, comme un procès, c'estoit au maistre des requestes. M. Aubry prit la parole, dit que les conseillers d’Estat et maistres des requestes avoient tousjours eu cet honneur. Enfin il fut conclu que J'en comniuniquerois avec M. le secrétaire d'Estat et la rapporterois devant la reyne.
« L'apresdisnée , je fus coinniuniquer, chet M. de Léon , avecM.M. Aubry, de Moricq et Vertainont (mon père et M. Le Bret s'y trouvèrent pour ,
autres atfaircs), de l'.ilTairc de M. l'évesque de Metz, abbé de Fescamp, pour les ofllccs de vendeurs de poisson de mer ès ports de Fescamp et Saint-Valéry. M. de Moricq nous entretint des prétentions de M. de Rancé de le précéder en conséquence d'un brevet, qui luy donnoit la préséance sur tous ceux qui entreraient après luy dans le conseil, quoyque plus anciens de brevet, et protestoit bien de ne le pas souffrir.
«dallai chez M. de Montcbal pour concerter l'arrest de M. le Prince et le faire le moins désavantageux qu'il se pourvoit à M. de Murvicl. Cette allàire me donnoit grande peine par l'opiniastreté de M. de Murviel'.
• Lejeudy ai avril. J'allai, le matin, chez M. le chancelier; mais Je ne parlai pas à luy. De lè. Je fus chez M. Le Gras pour Margerit, qui (sic)’ ni'avoit recommandé. Il me dit comme Je ne deveis saluer que la reyne, lors<|ue Je serais appelé pour rapporter mon affaire; que, dans ce conseil, estoient assis la rcync. Monsieur, M. le Prince, le cardinal Mazarin, .M. le chancelier, M. Le Bnillcul et .M. de Chavigny; que les secrétaires d'Estat sont ilnliout De là, chez M. de Montcbal, qui demeura d'accord sur un projet que J'avois fait de l'arrest. De là Je revins entendre Margerit et Bovaut avec loui-s avocats. Après, au conseil.
• lai samedy s 3 avril , au conseil, où estoient Monsieur et M. le Prince: l'on plaida la cause de M. de La Trimouille, à cause du comté de Laval, contre les officiera du présidial de Chasteaugontier. Par la distraction du présidial de Chasteaugontier, faite de celuy du Mans, l’on avoit attribué la connoissance de Laval audit présidial. M. de La Trioiouille, sur ce que, dès l’an i à8 1 , scs prédécesseurs avoient obtenu lettres patentes par lesquelles fappel des officiers de Laval iroit sans moyen au parlement, avoit
' Voyez plus haut, sur cette affaire, p. 83.Î.8.Î4 et 855,
’ Il faudrait proluiblement ijuii
‘ Voy. sur cette sCance du conseil d'cti haut le iorue 1 du JonrrmI d^Olmer ctOrntKon, P i8o.
840 APPENDICE
Avril i644. obtonu nouvelles lettres adressantes au parlement, confirmatives de ces anciennes, en dcsdommagcatit le pri^sidial de Chastcaugontier, dont le roy se réservoil la connoissancc; il demandoit à estre l envoyé au parlement pour vérifier ses lettres. Bataille plaidoit pour luy. Les officiers, au contraire, disoient que, nonobstant ces lettres patentes, qui n’avoient point eu d’effet, le présidial du Mans en avoit tousjours connu; que les officiers de . Laval n'avoient jamais réclamé; que ces lettres patentes n’estoient point en
' connoissance de cause. Ainsy le parlement ne pouvoit entrer et connoistre du fond; qu’il n’avoit point vérifié leur présidial ; qu’on ne pouvoit les desdommager qu’en les remboursant, parce que Laval faisoit la meilleure partie de leur territoire. Langlois plaida pour eux. M. le Prince sortit de sa place et demeura dans la salle pour entendre opiner tout le monde. M. de Moricq, qui avoit rapporté leur requeste, opina le premier et fut d’avis de retenir au conseil. Ce fut mon avis. Les créatures de M. le Prince furent d’avis de renvoyer au parlement. M. Talon, qui avoit esté commissaire au conseil et avoit signé un arrest pour Chaalons , qui mainlenoit le présidial, se signala, prenant avis pour renvoyer au parlement. .M. Le Bailleul protégeoit les officiers de Chasteaugonticr. M. le chancelier, au contraire, opina hautement pour M. le Prince, et il passa à renvoyer au parlement d'une voix. Ce fut, à mon sens, une haute violence d’estre obligé d’opiner en présence de M . le Prince.
fl L’apresdisnée, chez M. de Breteuil, sur la mort de M. Le Boux, son beau-père. Nous nous entretinsmes de nostre quartier, de la conduite de ceux qui y estoient, et trouvions qu’il y avoit bien peu de sincérité dans leur conduite. De là, promener dans la maison de M. Marin. L’on disoit que M'*' de Guise vouloit vendre l’hostel de Guise, et qu’on luy offroil douze cent mille livres.
«Le dimanche aà avril. Je fus, le matin, chez M. Brisacier, premier commis de M. le comte de Brienne, pour l’affaire du bailly de Toul. Il me remit au lundy matin , M. de Brienne estant dcsjà sorti.
«Le dimanche a 5 avril, l’apresdisnée, je fus au sceau, où vinrent M.M. Foulé, de Bordeaux et La Marguerie. De là, chez M. Amelot, où l’on vit quelques petites alTaires. J’y vis M. Briçonnet, qui avoit acheté la commission de président au grand conseil, de M. Amclot-Beaulicu , soixante doiue mille livres.
APPENDICE. 841
«Le mercredy ay avril, au conseil, je rapportai l'alTaire de .\l. l'évcsque M«i itiss. de Moti, comme abbé de Fcscamp, contre Bayeux et M“” de Brëaiitc, pour les oflices de vendeurs de poisson, que l'un vouloit establir à Fcscamp et Saint-Valéry. M. de Metz gagna sa cause tout d’une voix. Mon père et M. Haligrc tesmoignèrent estre satisfaits de mon rapport. M. d'Éincry n’y estoit point, parce qu’il estoit allé à la chambre des comptes porter des édicts. L'apresdisnée, j’allai communiquer chez M. l-c Bret de l’affaire de Cazau, où estoient MM. 1.Æ Bret, Favier, d’Ormesson, de Rancé, Morangis, Poncet De là, avec mon père, chez M. le Prince, aux fiançailles de la fille de M. FermelLs avec le fils de M. Vigor, avocat au conseil. De là, promener à Luxembourg.
« Le jeudy a8 avril, matin, au conseil. M. le duc d’Orléans n'y estoit point, et M. le Prince estoit au parlement. Je fis signer les deux arrests de M. de Metz. Le président Gassion, frère du inarcscbal, prit place au conseil.
«Le mardy 3 may, je pris médecine par l’ordre du frère Isaac*. Le soir,
M. de Fontaines, giand prieur de P’escamp, m’envoya un parfaitement beau turbot, avec grande civilité.
«Le mercredy 4 may, au conseil, M. Tubeuf rapporta une requeste pour les avocats au conseil, auxquels, par leur édict de création au nombre de deux cens, on leur avoit donné qu’ils occuperoient, à l’exclusion des procureurs du parlement, à l'instruction des causes souveraines*, aux rcquestes de l’hostel. A cela, les maistres des requestes s'opposoient, disant que c’estoit ruiner leur juridiction; qu’ils n’cmpeschoient point que les avocats du conseil y occupassent, pourvu que ce ne fust point à l’exclusion des procureurs. M. le cbancclicr contesta au contraire. Néantmoins l’affaire fut remise à une autre fois.
«Sur la fin du conseil, .M. de Valencey, sieur d’Estampes, rapporta, debout et couvert, une requeste pour M. de Guise, en cassation d’un arrest donné par forclusion à l’encontre de luy, pendant son absence, en présence du roy. M. le chancelier, ayant lu l’arrest, luy dit qu’il en sçavoit plus de
' Ce moine, dont il est souvent question dans les passages supprimés du Journal d'Olieier d'Ormttson, était apothicaire du couvent des Minimes. C'était lui qui
ordonnait et préparait la plupart des médecines dont parle fréquemment notre auteur.
* C'est-à-dire , jugéot soucerainmtnt.
io6
APPENDICE
Mai itu. nouvelles qu'un autre, parce que l'arrest csloit donné è son rapport. Par cet arrest, l’on descliargeoit l'archevesquc de Narbonne de trente mille livres de (tension, créées, sur son archcvcsehé, au profil de M. de Guise, coniroe successeur de M. le cardinal de Joyeuse. M. d’Estampes disant qu'il y avoit eu des raisons en ce temps-li , M. le chancelier lui dit qu'il les devoit dire; qu'il ne parloit point du fond, mais que luy n'avoit connu rien contre l'ordre dans cette alfaire, et, s'il y avoit eu quelques raisons (tarticulières, qu'il eust k les dire; qu'il les devoit sçavoir, puisqu'il en avoit esté le rap|x>rteur et avoit esté d'avis de l'arrest; et, comme c'estoit une aflàire jugée en (trésence du roy, l'on ne pouvoit casser cet arrest dans ce conseil , et que Monsieur luy pardonneroit s'il disoit , quoyque son autorité n'y fust (Hiint bli's.sée, qu'il n'avoit pas le pouvoir de casser en sa place un arrest donné en présence [du roy]; que ce seroit faire trop de [tréjudice au roy. Monsieui' répliqua et dit que chacun sçavoit [aiseï] les violences du temps et la persécution de M. de Guise pour casser un arrest donné contre luy, (sendant son absence.
«Enfin, l'alTaire mise en délibération, M. d'Estampes dit qu’il croyoit que, dans ce conseil, l'on pouvoit prendre connoissance de cette allàire; que l'arrest donné en présence du roy n'ejtoit [jas autre que cens du conseil; qu'il pouvoit dire, comme cet avocat qui res(»ndit à un qui disoit qu'on ne pouvoit (irendre requeste civile contre un arrest donné en robes rouges : La coaltar n'y fait rien. Le roy estoit mineur; ainsy l'on ne pouvoit ap(>eler a Casare male informato ad Catarem meltiu m/ormandum', et lut d’avis d’asaigner. Les inaistres des requestes demandèrent à y opiner. M. le chancelier leur dit qu’il ne (touvoit y avoir affaire plus de l’Estat que cellelè , puisque l'on la jugeoit ne (touvoir estre terminée dans ce conseil , et qu’à cette heure c'estoit continuelle opposition de MM. les maistres des requestes : les uns estoient d'avis que l'affaire seroit rapportée devant la reyne; d'autres, d'y ajouster que le conseil estoit d'avis que l’on pouvoit assigner sur la cassation de cet arrest.
« M. le Prince dit qu'il (rouvoit , à son grand regret , (rarler du monde [Mtssé; qu'il avoit esté dans le conseil durant la régence de la feue reyne
' Cest ordmaireruent BOUS le règne de dote du condamné ea appelant au rot PhUipi». roi de Macédoine et père d'A- mtcoc Icvandro le Grand, que l'on place t'anac-
APPENDICE
mère; qu’il y avoit deux sortes d'arrests d’Estat, les uns signés du secré- M» i6ü. taire d'Estat, sans (pie le roy en rusl connoissance , mais pour leur donner plus de force dans les provinces; que de ceux-là l'on en prenoit connoissance dans le conseil; mais cpie, [pour] ceux qui estoient donnés en présence du roy, il n'y avoit (pie luy qui y pust toucher; que c'estoit martpic (le sa souveraineté; que iiéantmoins les roys avoient tousjours apporté cette modération, qu’ils se reservoient à eux seuls la connoissance des affaires d'Estal, mais que celles des particulier, qui consisloient en justice distributive, depuis le temps qu’ils ne rendoient plus eux-mesmes la justice à leurs sujets au pied des arbres et avoient commis des juges, ils laissoient passer les affaires à la pluralité des voix; qu’il avoit vu la feue rcyne mère donner exactement cette liberté, et mesme ne vouloir pas dire son avis; qu’il ne falloit pas dire que le roy estoit mineur, parce que la reyne a l’autorité souveraine comme le roy, s’il estoit majeur, avec cette restriction qu'elle est obligée de prendre l'avis de Monsieur et le mien , et néantmoins peut ne le pas suivre, si bon luy semble; que c'estoient les lois de l’Estat, auxquelles ils s’estoient soumis, et qu’ils dévoient entretenir; qu'il estoit d’avis que cette affaire fust rapportée devant la reyne, et que, si elle avoit agréable de la renvoyer en ce conseil, comme il ne croyoit pas quelle voulust retenir cette affaire, alors ils auroient le pouvoir de faire ce qu’il faudroit. Monsieur fut du mesme avis. Chacun hlasmoit fort M. d’Estampes de s'estre chaîné d’une requeste en cassation d’un arrest donné à son rapport.
«> Le mercredy 1 1 may, je bis tard au conseil. M. le Prince avoit un placet pour f affaire de M“* de Gourgues, et me demanda pressamment [de rapporter cette affaire]. Je luy dis que c’estoit une affaire du conseil des parties, et (pic tous lesarrests y avoient esté donnés, ,4a contraire, me dit-il , elle est pare finance, puisijue l'Isle est an domaine. Et, sur ce que le lendemain il devoit estre au parlement , l’affaire fut [remise] au premier mercredy de conseil d’après la feste. Il portoit l’intérest de M"'de Gourgues. Je fus chez .M. Aubry rapporter plusieurs affaires concernant le pont Le soir,
M. d’Auiié* me vint avertir que ce scroit pour le lendemain apresdisnée (pie la reyne me donnoit audience pour son affaire.
' H s'agildti Ponl-au-CbRUgo, que l’on faisait alors reconstruire. Il ne fut terminé qu’en (648. (Voyez le Journal d'Olivier
d'Ormesson, t. I, p. 4oo.) — ’ Le nom est ainsi écrit dans le Joum.d’OUv. d'Ormesson. 11 faudrait peut-être Aatnay un Aulnais.
APPENDICE
«dS. «Le jeudy il may, sur les dix heures, l’on m’apporta un billet de la part de M. le Prince pour aller rapporter l’affaire de Cazau. J’y fus aussylost. M. le Prince, son audience du parlement ayant estti remise, estoil venu au conseil exprès pour cette affaire. M. de Morangis, qui estoit des commissaires et n’estoit point assis, se vint asseoir. M. le Prince, qui sçavoil qu'il seroit contre M”' de Gourgues, luy dit que, par le règlement . après neuf heures, il ne pouvoil s’asseoir. M. le chancelier dit : Ouy, pour lUplacer un de Messiean ; mois quand l’on trouve sa place , l’on peut d toute hearr la prendre. Il me fit rapporter cette affaire qu'il estoit fort tard, et différer la signature des arrests. Je la rapportai tout entière, avec béaucoup d’attention de tous. Quand ce vint aux moyens, il m'arresta et demanda mon avis et me pressoit, parce qu’il voyoit que mon sentiment alloit contre M*" de Gout^ues. Je conclus, et mon avis fut : débouter de la cassation de l’arrest et renvoyer les parties contester aux requestes de l’hostel sur l’estimation des Aubaredes (?]. MM. Le Bret, Favier, Haligre et Morangis furent de mon avis. M. le Prince disoit : La partie est bien concertée contre M" de Gourques. Enfin M. Le Gras fut d’avis de casser. M. Ponoet opina après, qui renversa quantité de faits que M. Le Gras avoit dits et fut de mon avis; d’autres, de casser; d’autres, de retenir au conseil. M. le Prince fut d’avis de casser. 11 passoit b mon avis. Je luy dis que l’on pouvoit, dès à présent, liquider l’estimation pour sortir les parties d’affaire. Il fit donc opiner encore une fois. Je fus d’avis de dix mille francs; les autres de quatre. Il briguoit les voix avec la plus grande ardeur du monde. Enfin il passa aux dix mille francs; mais l’on y comprit les despens adjugés par l’arrest du conseil. M. le chancelier fut tousjours de mon avis.
U I.,e mardy a4 may, je fusdisncr chex M. le chancelier, oit je me trouvai à sa gaucho, n'y ayant que MM. de Hère, Tillier et Bernières. Il estoit bien gay. Après le disner, je vis sa bibliothèque, avec le sieur Biaise, que je trouvai fort belle.
« Le mercredy a5 may, je fiu au conseil et présentai l’arrest de Cazau , comme il avoit esté résolu , quoyqu’il m’eust fait instance de faire entendre que l'on luy faisoit perdre dix sept années de procédures et de frais, qui se montoient à de grandes sommes, et M. te chancelier en dit un mot. Mais M. le Prince insista au contraire, et l’arrest fut signé par luy, disant qu’il estoil juste.
- Oigitized-UXiOOgle
APPKNDICE.
n Le mard^ 6 septembre, mon frère ' me dit que l'on avoit commencé à ScpUuiL. i6U. opiner au grand conseil sur rarTairc de M. le Prince contre le prieur d’Aulnay et M"" d'Aiguillon, et qu’ils estoient huit è opiner. M. le Prince vint, à l’issue du disncr, voir mon père et mon frère, et leur dit que de sa voix despendoit le gain de son procès, et que de ce qu’il feroit, il s’en souviendroit toute sa vie. Cela nous embarrassa fort. Néantmoins mon frère estoit résolu de dire son avis en conscience.
«I.,e vendredy 8 septembre, matin, l’on tint conseil de finances, parce que la reyne alloit ce jour i Fontainebleau et Monsieur à Limours. Il commença à sept heures. Monsieur dit que le premier conseil de finances seroit le samedy en huit jours à Fontainebleau. Il y eut contestation entre .M. le duc de Montbaion et le marcschal de L Hospital sur ce que, M. le Prince anivant, le duc de Montbaion fut obligé de sortir de sa place, et M. de L’Hospital, qui estoit assis au-dessous, ne voulut pas descendre. Néantmoins,
M. de Montbaion ayant pris une chaire au-dessus, il se retira, disant que le.s mare.schaux de France marchoient avec les ducs comme ils se rencoiitroient; si les ducs estoient les premiers, ils le souilroient, mais ne leur cédoient pas la place. Monsieur dit qu’il n’avoit jamais vu cette dispute au conseil, et .M. de L’Hospital se retira.
«Après le conseil, M. le Prince vint à moy me dire que je recommandasse avec alTection son alTaire i mon frère. Jeluy dis que je prierois mon frère de se retirer, s’il n’estoit pour luy. Il me dit que, si cela se pouvoit, il luy feroit plaisir; mais qu’il ne le croyoit pas, à cause que les avis estoient commencés. L’on l’appela; ce qui fit qu’il me quitta. Je dis è Gallois que je souhailerois que M. le Prince récusast mon frère, et luy donnast moyen de se retirer avec honneur.
« M. le Prince vint le soir me trouver et me fit appeler, et demeura sous la porte. II me dit que, sur ce que je luy avois proposé le matin, au conseil, de faire que mon frère ne fust pas de ses juges, qu’il me venoit dire que mon Crère l’obligeroit autant de se retirer que d’estre pour luy. Je luy dis que je croyois que mon frère auroit peine à se retirer, les avis estant ouverts; mais qu’il luy donnast moyen de le faire. Et comment ce? dit-il. —
Le récttsant. — Et queli moyens de récusation pais-je dire ? L'on se motjaera de
* Simon Lefèvre d'Ünnesson. sieur (Voy. la généalogie de la famille d'Ormes
d'Ealrellea, conseiller ou grand conseil. son , à la suite de l'InUoduction au t. I.)
APPENDICE
Sqrtomli. i6ii. mty, et cela me fera tort. A quoy je dû qu’il pouvoit dire que inon père esloit rapporteur de M'*' d'Aiguillon, qui estoit partie en l'iiutance, et que mon frère avoit dit son sentiment de son afl'aire. Il ne jiigeoit pas res moyens faciles et s'en alloit mal content, lorsque je luy dis qu'il iuy delTendist et qu'il n'iroil pas. Oi^; mais, rcspondit-il , il m’ira fympanaiser et dire ijae je ïoy empesclié par violence; mais qu’il feroit ce que mon père voudroit. et que je le luy allasse dire. Je le laissai sous la porte, l'ayant voulu ainsy, et j'allai parler à mon père, qui descendit et luy promit que mon frère n’iroit point, pourvu que la compagnie ne l’envoyast point quérir. Après quoy il sortit content et s'en alla ches le président, et revint sur les sept heures pendant un grand orage et tonnerre, qui chut et tua un homme à la Culture-Sainte-Cathcrine. Il me lit appeler et mon père, descendit et nous dit que mon frère se gardast bien de ne point aller au grand coiKsoil; qu'il avmoit mieux qu'il fust contre luy, que cela gasteroit davantage son affaire, parce que les présidens luy avoient dit que si mon frère ne venoit pas, l’on ne jugerait pas sou affaire qu'il n'y fust; qu'il ne vouloit point le récuser, si mon Irère ne demeurait d'accord de ce qu'il diroil, qui seroit que M. son père estoit rapporteur de M" d'Aiguillon , outre que son Qls s'estoit déclaré estre contraire en son affaire, et qu'il tesmoigneroit que cela viendrait de dehors la compagnie pour ne pas désobliger ses amysdans la compagnie, qui luy disaient tout ce qui s'y passoit. Enfin mon frère en estant demeuré d'accord, il s'en alla sahsfait, disant qu'il nous trauvoit tousjours contraires dans toutes scs affaires; iju'il m'avoit choisi pour son rapporteur, et que je l'avois coodanmé', et que MM. Amelot et Morangis ne l'avoient jamais fait.
« Le samedy g septembre, matin, je fus au Palais. Au retour, mon frère me dit que la requeste avoit esté présentée, où M. le Prinee ayant ajouté qu'ayant esté contraire, au règlement du conseil , è M. d'Ormesson en faveur de M. Chaillou (Amelot), il ne l'avoit depuis regardé de bon œil; qu'après sa déclaration il avoit passé que, s'il déclaroit avoir descouvert son avis à M. le Prince depuis les avis commencés, il seroit récusé, sinon qu'il demeurerait. Sur quoy estant rappelé et en estant demeuré d'accord , en sortant il avoit ouy M. Cbouart qui avoit dit : Eh bien! voilà {effet de rece-
' Voy. plus haut, p. 835.856.
APPENDICE
voir des jeanei gens à vingt ans: iU font honte à la compagnie. C<! qui l'avoit itiii
oblige de rentrer, et de dire que ce qu'il avoit dit, il y aroit esté obligé par M. le Prince, qui l’avoit concerté la veille, avec luy, cher M. d'Ormesaon ; mais qu'il estoit faux qu'il eust jamais tesmoigné son sentiment A M. le Prince, et s'esloit retiré, quoyque quelques-uns eussent dit qu'il falloit qu'il demeurast. Je le louai de sa générosité.
Il L'apresdisnéc, Je fus A Amboille, sur un cheval de M. Morand, et trouvai M. le comte d'Harcourt, qui chassoit dans Saint-Maur, Je me joignis A luy, et chassai avec luy.
«Le vendredy i6 septembre, je reçus des lettres de mon père qui m'apprirent que l'afTaire de M. le Prince, contre l'abbé d'Aulnay, estoit partagée, et que chacun avoit estimé mon frère de sa générosité.
«Le samedy i6 novembre, au conseil, où lut jugée l’aH'aire de M"' de Guise, A qui il estoit deu par le roy onœ cent raille livres pour le reste de la rescompense de Chasteaurenaud, vendu au roy par la princesse deConty dix-sept cent mille livres. Il fut jugé que le roy luy payeroit l'intérest au denier dix (lo p. o/o). attendu qu’il luy avoit donné pour cette somme des olGces de controleurs des tailles, tans qu'il les pust supprimer, dont elle jouissoit au denier dix, et néantmoins les avoit supprimés en i635.
M. le Prince parla fort A l'avantage de feu M. de Guise, qui n'avoit jamais esté que serviteur du roy pendant la Ligue, ayant esté prisonnier, et après ayant ramené une province an service du roy, par la mort de Saint-Paul, sa personne ayant mis la division |>armi les ligueurs; que depuis ayant esté pressé par la tyrannie du temps passé, c'est-à-dire de ceux qui gouvernoient lors, il s'estoit retiré A Florence, où il n’avoit point brouillé. Le controleur général avoit conclu au denier quatorze (7,1 4 p. 0/0).
• Le samedy 3 décembre, je fus le matin au conseil, où M. Poncet rapporta une requeste pour les communautés de Carcassonne contre la ville qui s'estant soulagée par un nouveau compoix, iis demandoient l'exécution de l'ancien, conformément à un arrest sur requeste qui l'avoit ordonné.
Cette requeste estoit recommandée par M. l'abbé de La Rivière, et estoit protégée A cause de M. le Prince; M. d’Émery, à dessein ou autrement, disant n’avoir pas entendu le rapport, M. le Prince dit, jurant, Voas en opinerez, et remit le fait. M. d'Émery ne sçavoit que dire, quand M. le chancelier dit qu'il falloit renvoyer la requeste A l'intendant pour y estre
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APPENDICE
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Mjm liiifi. pouivu, ainsy qu’il vorroit à propos, et tesinoigna s’opposer i cette rcqueste; au contraire, M. le Prince [s'cITorça] pour la faire passer; elle passa de deux voix. Cette opposition me fit croire que La Rivière, qui prenoit le parti de Guise', n'estoit pas bien auprès du cardinal, que M. d’Émery, de peur de sc mesprendre, n'avoit pas voulu opiner, et que, M. le Prince l’ayant obligé à se déclarer, il avoit pris le parti contraire avec M. le chancelier, et M. le Prince l’avoit protégé, ayant, dès l’autre conseil, pris ouvertement le |>arti de Guise.
> Le mercredy i4 décembre, M. le Prince gagna, au grand conseil, son procès contre l’abbé d'Aulnay, et n’eut que quatre voix contraires, dont M. de Fourcy fut le premier.
«Le mercredy 8 mars i645, je fus au conseil, où M. de Chaulnes, intendant en Picardie, présenta requeste, rapportée par M. Poncet, pour avoir raison d’un libelle diffamatoire qu’un nommé Bouvot avoit fait contre luy. Bouvot fut ouy, qui l’accusa d'estre traitant de la subsistance, d’avoir fait faire la recette du prest par ses domestiques, d’estre intéressé dans toutes les levées, etc. M. de Cbaulncs fut ouy apri'S, dit qu'il avouoit que scs domestiques avoient exécuté des contraintes, et n'avoient reçu que comme des huissiers; que c’estoit le profit du roy, parce que le roy payoit auparavant deux esciis par jour i chaque archer, et luy n'en payoit qu'un; qu’il ne respondoil point de son secrétaire; qu’il le livreroit pour luy faire son procès, s’il avoit manqué. Enfin il en ditti up pour son honneur, et je connus qu’il est dangereux à un homme de parler en sa cause. L'alTaire mise en délibération, il passa è commettre deux du conseil avecM. Poncet, |iar devant lesquels Bouvot viendroit avouer ou désavouer ce libelle, en dresser procès-verbal pour, le tout vu et rapporté, estre ordonné ce que de raison. Les puissances parloient selon leur intérest, parce que la partie secrète esloit la duchesse de Chaulnes, qui vouloit perdre M. de Cbaulncs, qui esloit du parti de M. d'Elbeuf. M. le Prince esloit contre l’intendant, et Monsieur pour. Je trouvai que la condition d’un intendant est misérable d’estre obligé de rendre raison de ses actions au bout de la table du conseil, et à l’homme le plus innocent l’accusation laisse une tache. Il est plus court de n’y point aller.
‘ Voy. le tome 1 du lonnal J‘Olni€r tOmumn, p. a3i.
APPENDICE
«DelÂ, disner cheiM. le chanceliei-. Après, j’allai chez M. de La Grange, Août i6i5. qui m'apprit que M. de Marcouville, après avoir esté agréé, dans la recherche de M"* Martineau, de ses frères, Bordeaux l'avoit traversé en tout et fait que les frères avoieiil conclu un tnariage avec La Vallière, cousin du surintendant, de sorte que, pour ne pas recevoir rairront. il l’avoit enlevée, de son consentement, le mardy matin, en Icgiisc des Feuillans, emmenée à Ncufville, où ils avoient esté mariés, et que de là ils estoient allés è Villaroeaux; qu'ils estoient en peine de seavoir ce que les frères faisoient. Je fus chez M. Brigalier.
«Lejeudy 9 mars, je passai la matinée chez M. de La Grange, où il fut conclu de présenter le vendredy malin rcqueste au parlement pour avoir des deflenscs de passer outre par le lieutenant criminel. L’apresdisnée, J’y retournai au soir, et y demeurai Jusques à près de onze heures. MM. Bataille et Lhoste y estoient pour dresser la requcstc.
« Le jeudy matin 3o mars, au conseil, où M. Poncet rapporta l’affaire de M. de Chaulnes contre Bouvol fort bien, et il passa à mander Bouvot, le blasmer, le condamner è aumosncr quatre cens livres aux prisonniers du Four-L'Évesque (For-l'Évéque); que le libelle seroit lacéré en l’audience présidiale d’Amiens. M. le Prince lit ce qu’il put pour Bouvot, qui estoit l'homme de M'"’ la duchesse de Chaulnes contre M. de Chaulnes, conseiller d'Ëstat, intendant, qui estoit à M. d'Elbeuf. Il reçut la rescompense d'avoir lousjours bien fait, parce qu'il ne fut rien Justifié contre hiy. Du conseil. Je montai à cheval pour aller é Amboillc avec M. le curé d'Aynouvillc (sic) ', d'où Je revins le soir.
« Le lundy 3 1 Juillet, Je fus, au matin , au sceau, où M. le chancelier me regarda favorablement et rapportai force lettres.
0 Le manly i* aoust, au conseil, é l'issue de la messe, il dit à mon père que M"" d'Ormesson ne se devoit plaindre qu'il n'alTectionnast pas son fils, et qu'il l'aymoit, et toute sa maison, et cordialement. Mon père me le dit aussytost, dont Je fus bien ayse.
' Le Gendre, curé d'Hénouribe. Un traité De la mamère de catliver les arbres fruitiers a été publié aous le nom de ce personnage. (Voy. l'Introduction su tome I du Journal ifOlirier iTOrsiusioa. p. ZLII.)
' Olivier d'Ormesson a rappelé dans son Journal (t. 1, p. apo) que, quelques jours auparavant . le chancelier avait alTeeté de ne pas le regarder.
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Auâi i6iS. « Le mard^ i* aouM, j'aJlai disner chex M. le chancelier*; il me fit bon nsage. Je luy parlai de lafTaire de Lourdet. où il se trouva fort empeaché; U me dit qu'il falloit la rapporter au conseil.
41 Le samedy 5 aousl« je fus, l'apresdisnee, à Sucy avec mon père et ma mère, les pères Oronce et Irènée, qui vinrent le leodemain coucher è Amboille. M. de Feuquières y vint aussy, qui s'en retourna à la nuit. Ils s'en retournèrent le lendemain apresdisnëe, fort satisfaits et de la bonne chère et de la maison.
U Le mercredy 9 aoust, je revins le soir à Paris, et m'en retournai le vendredy, aprcsdisnèc, à Amhoille avec mon frère, où ma femme estoit demeurée.
«Le samedy, rapresdisnéc, nous Fosmes, mon frère, moy et ma femme, k Chessy.
0 Le lendemain 1 3 , je fus. avec M** de Pouiry, voir les bastimens nouveaux du chemin. De là, à Couches, chez M. Parent, puis chez M. de Pontenelles.
« Le iundy 1 6 , à la chasse, mon fHre chut en poussant son cheval dans le marais de Lesche et se coupa le nez. Il le fallut panser et le saigner. Sa chute fiit très^rande. Le lendemain, Je le renvoyai à Paris dans mon carrosse.
A Le jeudy 1 7, je partis le matin de Chessy.
«l^e vendredy iB, au conseil, où je fis signer l'arrest de M. de Mets.
«Le samedy 19, j'envoyai à M. le chancelier des pavies et du rousselet d'Amboille, dont il demeura fort satisfait.
« Le dimanche ao , au matin, je fus voir M. le chancelier pour sçavoir si je verrois M. le premier président sur l’aflaire de Lourdet, do la Savonnerie^; il me dit que ouy, et que je luy tesmoignasse comme il luy a voit renvoyé
* Voy. I. I du Jùomal J'Olmer i'Ot^ muton, p. 5oo.
* La Savonnerie était une fabrique de Upisseriei de la cottitmoe fondée, en i6oé . dan» un vieux bâtiment où l'on faisait primittvemeirt du savon. Simon Lonr* del en était devenu directeur en 1616. La Savonnerie était située sur le quai de
Btlly, au pied des hauteurs de Chailiol. Quant â 1a nature du procès dont parie Olivier d'Onuesson, les renseignem4mts sont inaufliMal». On voit seulement qu'il y avait, pour cette affaire, un de cea confiila si fréquenta entre le parlement ci le Conseil d'État.
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851 Sepicmb. j6^5.
cette •flaire. L'apre.vli9ncc , je fus chez M. le premier président, que je IrouTai dans sa gallcrir, qui m'escouta (ort attentivement; me dit qu'il ne recevoit les plaintes par ma bouche; que lyourdctdespendoit d’etu et qu’ils ne pourroient le mettre ii la raison tandis qu'il troureroit protection à la cour; que le conseil n’en aroit point den prendre connoissance ; qne M. le Prince n’avoit pas esté d'avis de Iny renvoyer [Lonrdet]; mais qu'il estoit en coUre. Enfin il demeura fort arresté il ne point escouter les plaintes de Lourdet
«I^c mercredy s3 aoost, je retournai chez M. le chancelier, auquel je rendis raison de ma conférence avec le premier président. Il en rit, s'attendant bien é cela, et me dit que je derois voir M. Le Gras pour après en rendre raison è la reyne, si elle le désirait, et scavoir sa volonté. L'apresdisnéc, je fiis chez M. Le Gras, qui me dit qu'il prendrait les plaintes de lajurdet, les présenterait à la reyne et les porteroit luy-mesme au premier président. Je le priai de ne me point engager i parler à la reyne de cette aflairc-lù, afin de ne point désobliger le premier président.
«Ensuite è Ormesson, où estoient M~* de Nemours et M. d'Aumallc, chez M. du Pii. Il nous vint voir, dès le soir, avec beaucoup de civilité, et continua, jusques au lundy que nous revinsmes, avec toute la familiarité possible; c'est un prince bien fait, fort gay, obligeant et de bon esprit. Nous jouasmes fort è la paulme et fismes venu-, le vendredy, Juchereau, autrement Pied-Gris, qui joue admirablement. Les joueurs de Villie»-le-Bel vinrent le dimanche, qui perdirent.
« Le lundy i8, je revins au matin '.
«Le dimanche lo septembre, nous prismes jour, M. Le Gras et uioy, pour aller voir la Savonnerie.
«Le lundy, sur les quatre heures, je fus, avec M. Le Gras, à la Savonnerie, où nous trouvaames un grand désordre à cause des petits enlàns, qui sont aux escolles.
«Le mardy, travailler chez M. Aubry pour les alTaires du pont, et l'on me chargea des alTaires des boutiques. L'apresdisnée , je les ouys tous.
• Le jeiidy i4, je fis arranger mes livres par Josse et Hugucville. son beau-frère.
* Voy. t i du Joenai d’Olmer d'Ormuson, p. 3o5.
APPENDICE
Nuvcmk. i««s. «En vmidrcdy i5 septembre, je fus au matin k Amboüle, où MM. Monard et Nobict, gendre de M. Villedo, me vinrent voir pour tiier le plan d'Amboillei ce qu’ils firent, et, le dimanche, ils s'en retournèrent. Nous allasmes pescher, le samedy, à Sucy, où nous prismes trois beaux brochets et donnasmes, le raardy, à disner è mon frère le Minime.
Il Le samedy a3 , après le disncr, je pris occa.sion de parier à M. le chancelier de l'alTaire de la Savonnerie.
«Le mardy dernier octobre, je fus, avec ma femme etM. deCollanges, i Ormesson trouver mon père, oii nous passasmes la feste de Toussaint, avec le plus beau temps possible.
«Le vendredy 3 novembre, nous revinsmes tous è Paris, où j’appris la mort de M. de Miramion, fils unique de M. de Miramion , petit-fils de .M. de Cboisy, décédé le jour des inorLs, au soir, laissant sa femme, qui est Bonneau, grosse de six mois après sept mois de mariage. «
LC1TK ESTSE LES rRÉSIDENTS UE THUU ET UE BLAMCUESXIL rOCR LA PIléséANCE AU P.VRLKUEM ' (aOVESIDRP. l64ô].
« Le samedy !t novembre, le nommé Ferdinand, peintre, commença le portrait de ma femme. L’apresdisnée, je fus voir M. de Morangis. Là, je trouvai M. de Bemières. Nous allasmes ensemble chez M. Le Nain, auquel je |wrlai de l’all'aire de M. d’Espeisses. De là, je fus voir M. de Thou ’ sur l'achat par luy fait de la commission de président en la première des etiquestes, de M. Barillon, pour qiiaranto et un mille escus. Il me dit qu'il avoit obtenu dispense du service et qu'il estoit asscuré , des principaux du paiHemeiit, qu’il scroit receu le prcniier, et que celuy qui avoit la commission de M. Gayant ne seroit receu qu’après luy. De là, je vis M"" de Thou ’,
* Marie Picardcl, üllc de Hugues Picarde!, procureur général au parlemcnl de Bourgogne, el de Marie Le Prévost C'est probablement par Mario Le Prévost que les familles d'Ormesson et de Thou
* Voy. les d/éffloirej d’Omer Taton.
‘ Jacques-Auguste de Thou, troisième lils de l'bislorien de ce nom et frère puîné de François.,Augustc de Thou, qui avait été décapité à Lyon en i6àa.
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qui croyoit estre grosse. Quelques-uns blasinoient M. de Tliou de sa riso- No «ml. Hiir. lution, n'estant pas assez fort ni expérimenté pour soustenir la première place. L’on me dit que M. le chancelier luy avoit signé ses lettres avec dispense, sans qu’il l’eust vu, et les luy avoit envoyées.
i> Le lundy 6 novembre, je me purgeai, par ordre de ,M. Vallot, fioui' uii dévoiement qui me tenoit depuis huit jours. Je seus par M. de Lezeau que M”' de Moniclial estoit morte samedy dentier, avoit disposé de presque tout son bien on oeuvres [ties par testament, dont il estoit l'exécuteur avec le père Vincent et M. GolTre.
U Le mardy y novembre, je (us à Saint Gênais, ausemee de .VI""de.Montclial. Le premier deuil estoit conduit par les arclievesques d’.Aucli et de Vienne; le second, par les arclievesque de Bourges et coadjuteur de Sens.
M. l'arehevesque de Toulouse fit rolTicc. Il y avoit nombre d’évesques, qui se mirent i la droite, dans les chaires les plus proches du choeur. (,r deuil et les personnes de condition à la gauche, à l'ordinaire.
« Le mercredy 8 novembre, je fus au conseil, où j'appris que M. le duc d’Orléans avoit eu, le lundy et le mardy, une cobqtie néphrétique avec de très-grandes douleurs, mais qu’il se portoit mieux. L’apresdisnée , voir M. de Montchal. De lè , chez M. Amelot, travailler. Au retour, mon père me dit que, faisant des excuses è M. le controleur général de ne l'avoir pas vu è la Chevrette, è cause du grand moude et de M. le cardinal , U luy avoit dit qu’au contraire il y devoit venir; que M. le cardinal le connoissoit bien et qu'il luy avoit dit son mérite, et mesme luy avoit parlé de moy avantageusement , et qu'il devoit y venir la première fois qn'il iroit.
« Le vendredy i o novembre . je fus , avec ma femme , disner à Amboillc. Le dimanche, je fus disner, avec M. de Collanges, è Sucy, et de lè è Chenevières voir jouer une partie de longue paulme.
«Le mardy i6 novembre, je revins d'Aniboille. J’appris que M. le président de Novion estoit mort le vendredy au soir, et avoit esté vu le samedy dans son lit avec le manteau de présiilent, la fourrure et le bonnet carré en teste, son mortier à scs pieds. J’appris la prise de Huist par les Hollandois.
étaient alliées. La mère d’Olivier d’Ormes son 5C nommait Anne Le Prévost. (Voy.
l’Introduction au tome I du JourmI d'UU d’Ormajsoa.)
APPENDICE
.Vntnnb. 1645. « Lv mercredy 1 5, nu conwil De D en l'Univenité, où je vis M. d’Au-
mallc et son neveu. Ij'iprcsdisnée , je fus visiter M. de Novion et M. de BoiivUie, où M. Gonüer nous conta le procès de Madaillan, qu'ils voyoient dans la grand'chambre , lequel, ayant esté mesié parmi les croquans’ et excepté dans l'abolition générale, obtint abolition particulière, ensemble d'autres crimes particuliers, i la charge qu'il descouvriroit une conjuration importante contre l'Eistat. Il accusa M. le cardinal de Richelieu, M. d'Espenion , M. de Guise et autres grands d’avoir voulu faire tuer le roy, et présenta mesme le couteau. Sur quoy, estant pressé de dire les circonstances, il SC desdit et fut mis prisonnier. Depuis le retour de M. d'Rspernon, il (M. d'Espemon) s'estoit porté partie contre hiy pour luy faire faire son procès comme à un calomniateur, ensemble è un inceste (incestueux), qui avoit fait deux enfans à sa fille, qui estoit prisonnière avec luy; qu'il estoit encore accusé de violement, incendie, meurtre; que de ce procès M. Ferrand estait rapporteur.
«De lè, j'allai voir M'“ d'Espeisses, où je vis M”" sa fille, destinée pour aller en Pologne , qui s'estoit rompu le bras , soit véritablement ou pour .s’excuser du voyage.
« Le jeudy 16 novembre, je fus au Palais. L'apresdisnée. voir M. de Leseau pour un bénéfice. J’appris que MM. des enquestes s'estoient assemblés pour cmpc.scher la réception de M. de Thou [en qualité de président]*, n'ayant que deux ans et deniy de service , et estoient allés à la grand’chambre pour demander l'assemblée des chambres.
« Le vendredy 17, je fus, au matin, visiter M. Payen; de lé, au conseil. Au retour, j'appris que l'opposition de MM. des enquestes contre M. de Thou n’estoit que pour arrester M. d'hmicry, le fils, qui prétendoit aussy se faire recevoir en la charge de président, en la troisième, et l'on disoit que M. de Thon n'avoit obtenu sa dispense aysément de la cour que dans la pensée qu'il serviroH d'exemple au fils de M. d’Émery*.
' Voy. Joum ifOI. ifOon. l. l. p. 33l.
* On désignait sous le nom de croqams oa rrocyuav des paysans qui s'élaieot révollés, en ibqa, dans l'.éuvergno, la Marche et le Limousin. Ils tiraient leur nom de la petite ville de Crocq. département de la Creuse
* Cf. les .Ifémoinrj f Orner TahtL On pourrait croire, en lisant ces derniers Mémoires, que les érénanents se passent en iCé4i mais il y a li une erreur qui doit être imputée aux éditeurs plutôt qu'à fauteur.
* Voy. tes àfémoiret d’Omer Talon, qui
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APPENDICE
« Le lundy lo novembre, je fiu au sceau, où je vis M. de Blancmesnil, Ninmib. iiits qui attendoit que M. le chancelier luy scellas! ses lettres pour l'oflice de président en la première, de M. Gayant. Je crus alors que M. de Thon perdrait la préséance, M. de Dlancmesnil ayant sept ans de service actuel et trois ans depuis qu'il s’estoit deflait de sa charge. L'apresdisnée, cheiM. du Bignon , où j'appris la mort de M. Chauvelin.
vSainedy a 5 novembre, l'apresdisnée, je fus voir M. de La Bistrade, où je vis M“ de Fleury, sa cousine.
«Le dimanche a 6 novembre, M. Machon m'estoit venu voir, qui me dit comme, le dernier jour du sceau, .M. le chancelier avoil parlé de rnoy, comme en esbnt satisfait et raillé de ce que je m'estois retiré, comme si c'eust esté par impatience.
• Le mardy a 8 novembre, au Palais; au retour et l'aprcsdisnér, cher M. Amelot,où M. Le Nain ne voulut pas venir rapporter. J'appris que Ma . daillan cstoit condamné à avoir la teste tranchée; mais que le premier président avoit fait remettre l'exécution à demain pour donner temps à M. le Prince de demander grâce, qui avoit sollicité hautement pour luy.
«Le mercredy ag novembre, je fus au conseil, où je vis contestation: les maistres des requestes et M. Foulé particulièrement insistant pour opiner dans une instance pour M** la mareschalc de Guéhriant, rapportée par M. de Bérulle, M. le chancelier leur dit que cela estoit bon pour les instances qui sont naturellement du jeudy, et où le roy n’a point d'intérest. que Monsieur ou M. le Prince font rapporter le mercredy ou samedy.
Enfin ils n'y opinèrent point. On apporta un billet  M. le chancelier comme Madaillan est condamné à avoir la teste tranchée, et sa fille à estre renfermée dans un couvent. De là, au Palais, où j'appris la mesme chose de Madaillan et qu'il estoit jugé de la veille.
« La mercuriale s'estuit passée à l'ordinaire, sans que l'on eust parlé des présidens de Thou et de Blaticmesnil ; que ce serait pour vendredy.
«I.e jeudy 3o novembre, M. Dorât, conseiller, me vint voir et j'appris que l'alfaire des présidens ne s'accommudoit point, comme l’on avoit dit, par le moyen d'un président des enquestes qui viendrait estre l’ancien, et
parle aussi de ce Bis de M. d'Émery, connu dans la suite sous le nom de président de
Thoré. On peut consulter, sur ce person. nage , les l/ûtorwttueftTatlmanl drr Réaux.
appendice.
8f)fi
■Voi.-nb. i6i5. cliacuii (l’cux scfoil second dans deu.\ chambres; mais qu’ils soliicitoient, cltacun d’eux croyant son alTairc sans difliculté. M. de Thou disoit qu’il avoit traité le premier; que son rapporteur, voulant rapporter ses lettres pendant les vacations, avoit esté remis, avec asseurance d’avoir le soit monstré\o lendemain de la Saint-Martin; que, s’il n’avoit que deux ans et demy de sen’ice , il en avoit dispense par ses lettres; qu’il avoit trente-cinq ans; qu’il estoit fils de maistre immédiatement, estant fils et petit-fils de présidciis de la cour, outre que, de ses deux grands oncles, l’un estoit chancelier de France, et l’autre premier président du parlement; que M. de Blancmesnil n'estoit point fils de maistre, son père n'estant de la robe; qu’il n’avoit que sept ans de service, et qu’il y avoit trois ans qu'il n'estoit plus officier; que la faveur devoit eslre pour le titulaire, et qu'il avoit traité le dernier, et après l’avoir vu engagé; que ses lettres ne portoient point dispense de service.
«M. de Blancmesnil disoit qu’il n’avoil traité qu’après avoir vu que MM. des enquestes s'opposoieni è la réception de M. de Thou, et ainsy que cette traverse ne venoit point de son fait; que, pour la préséance, il n’y avoit pas de difficulté; que M. de Thou n’avoit que deux ans et demy, et luy en avoit sept, qu’il estoit reçu; qu’il estoit petit-fils, neveu et cousin germain de présidons de la cour; que son père avoit esté président des comptes et puis secrétaire d'Estat; qu’il venoit auparavant les lettres présentées; qu’il avoit la charge de l’ancien, et que MM. du parlement feroient assez de grâce à M. de Thou de le recevoir second président avec deux ans et demy de service.
V M. Dorât me dit que MM. des enquestes estoient pour M. de Blancinesnil, et partie de la grand’chambrc pour M. de Thou, à cause de M. le premier président, et , sur la difficulté que l’on pourroit faire à M. de Blanc, mesnil de n’avoir pas dispense de service, l’on me dit que le parlement se dispensoit de cette formalité; que M. de Thou, frère de celuy-cy, ne pouvant obtenir, de M. le chancelier llaligre , dispense d’aagc pour estre conseiller, il prit des lettres simplement, et le parlement le reçut, et que, pendant les vacations, ils avoient reçu M. de Novion président, quoyqu’il n’eust pas le service de dix ans porté par ses lettres de survivance , et qu’il n'en ciist pas de dispense.
« Le soir M"* de Fourcy soupa au logis.
APPENDICE
«Depuis ie i" décembre jusque» au uo, j’ay este solliciter deux fois, Wc^mb avec M. de Tbou, chez MM. de Montescot, de Chaulnes, de Chaillou, qui s'excusa d’aller au parlement, ayant, à ce qu'il nous dît, donné sa parole A M. de Lamoignon de ny pas aller, et chez M. de LalTenias, qui nous dit le procès qu’il avoil contre M. Mangol l'aisué, |>our la préséance, M. Mangot prétendant que ,M. de l.,afirenias ne devoit prendre rang que du serment presté au parlement de Paris, et non de sa réception au parlement de Bordeaux. Tous ces Messieurs se trouvèrent au parlement, où la première fois fut conclu que Ton assemhicroit les trois chambres pour sçavoir ce que l’on respondroit aux cnqucsies. et le vendredy i5 décembre, les trois chambres assemblées, il fut arresté (jue l'on promettroit à MM. des enquestes une mercuriale le premier mcrcredy de janvier, et cependant la grand'chambre seroit en liberté de faire ce cjuelle voudroil pour la réception des présidens. C'est un bon commencement pour M. de Tbou, dont la condition est la plus favorable, les lettres de M. de Blancmesnil portant : à ia charge effft'oir taagc et le senice portés par nos ordonnances, à peine de nallitc de sa réception et des présentes. Dans ia conversation, tout le monde blasme M. de Blancmesnil, et la cour est pour .M. de Tbou, M. le cardinal Mazarin ayant envoyé recommander sa cause.
M Le mercredy i3, je fus, lapresdisnée , à la petite direction pour rap' porter l’instance des syndics pour leurs salaires. M. le Prince, estant venu de bonne heure, parlant du duc de Rohan L nous fit entendre qu’il falloil renvoyer ralTaire à la grand’ebambre. Je rapportai ensuite raiïairc, qui passa è mon avis. *
« Le lundy i8 décembre, au Palais; à l’audience, M. de LalTemas me dit que M. 1e premier président avoit averti les rapporteurs de MM. les présidens de se disposer pour mercredy,
«Le mercredy ao décembre, dans la grand'chambre l'on ordonna le soft nwnstré au procureur général sur toutes les lettres dos trois présidons, sans que cela engageast à la réception absolument, espérant, comme je crois, que le procureur général leur donneroit quelque ouverture.
«Le vendredy 39 décembre, je fus, le matin, au Palais; je vis M. de
Voj. sur celte ailAire le Journal d'Ohvter d’Omaton, t. 1 . p. 3o3. 3oâ , $39. 3âo ,