‹ Journal d'Olivier Lefèvre d'OrmessonChapitre 8 sur 83 · I.VI · texte numérisé non relu

I.VI

INTRODUCTION

jours avant .son arrestation : «Si les ennemis de Monseigneur ont fait courir des bruits i son désavantage, ils sont bien punis. Tout le monde présentement, dans CCS provinces, ne parie que du crédit qu’il a sur l'esprit du rov, et dit cent choses avantageuses que je ne puis mettre sur cc papier. • Pour réussir dans ses ambitieux projets , Fouquet aurait eu besoin d'y appliquer toute la force de -son esprit. ix>in de lü, il se laissait séduire par de frivoles plaisirs. Ce n'est pas ici le lieu de parler des ma!trc.sses du surintendant. Il suflira de rappeler que les lettres trouvées dans la célèbre ca.ssette, et dont on fit tant de bruit', ne furent pas toutes détruites. Beaucoup ont etc conservées par Colbert et par son bibliothécaire Baluxc ; elles existent encore dans les manuscrits de la Bibliothèque impériale et attestent les follev piodigalités du surintendant. Je n'insisterai pas sur M*" du Plcssis-Bcllière, qui tient la première place |>anni les maîtresses de Fouquet. Si l'on en croyait les Mémoires de Conrart*, elle aurait eu un rûic ignoble; mais, à en juger par scs lettres, clic montra une capacité remarquable et fut chargée par Fouquet de négociations délicates. Ainsi, lorsqu'il s'agit du mariage de lyouis .\IV avec Marguerite de Savoie, ce fut M"*du Plessis-Bellièrc qui fut chargée par le surintendant d’aller à la cour de Savoie et d'y gagner les personnes les plus influentes. Elle introduisit dans cette cour une jeune Bretonne, qui devint la maîtresse du duc de Savoie; en un mot, elle s’acquitta avec beaucoup de succès d’un emploi peu honorable, mais qui demandait un esprit souple et délié. Saint-Simon . qu'on ne soupçonnera pas de trop d'indulgence, en parle à l'occasion de sa mort, arrivée en lyoS’; "M“'du Plcssis-Bcllière, la meilleure et la plus fidèle amie de M. Fouquet, soulfrit la prison |>our lui et beaucoup de traitements fâcheux, à l’épreuve desquels son esprit et sa fidélité furent toujours. Elle conserva sa tète, sa santé, de la réputation, des amis ju.squ’â ta dernière vieillesse, et mounil à Paris, chex la maréchale de Créqui, sa fille, avec laquelle elle dcmeiiroit.

Plusieurs des Clics d'honneur de la reine mère étaient vendues â Fouquet . et il s’en servait quelquefois comme d’espions pour connaître toutes les intrigues de cour. M** du Fouilloux (Benigne de Meaux), qui avait une

' \'oy. Journal J'Oln.i'OrmcstOK,i.U, p. aio, aâi. aâa. note a.

* ÉdiL Micluiud cl PoujouUt, p. 6lâ.

' Mémoires (éd. Hachette, in.S*}. I. IV, p. i3â. (Voy. aussi Ica Lsitrts it M” dt Sérigité.)

INTRODUCTION. un

n''puUtion méritée de grâc* cl d'e4ipril «vec M“’ de Memicvillc , une

de» beauté» le» plus renommée» de la cour. Toute» deui furent achetée» par le surinlendant. Les lettre» d'une entremetteuse nous montrent M*' du Kouilloui soecupant de tout, de trafic de places aussi bien que d’espionnage de cour. Engager dan» la cabale de M"" la Comtesse, Olympe .Man cini, elle i'eOorce de décrier M* de La Vallière, dont la farcur était encore enveloppée de mystère. L’entremetteuse écrivait é Fouqiiet : • M* du Fouilloux me dit quelle ne poiivuit aller vous parler aiijourd'huy, parce quelle est obligée d'aller, avec Madame *, à la chasse. « Et ailleurs : a Mademoiselle du Fouilloux m'envoya quérir hier pour me prierdevons aller trouver et vous dire quelle est un peu faicbée contre vous de ce que vous ne luy avez point dit. lorsqu'elle vous a parlé de vostre charge* |H>iir M. le président {.archer, que vous estiez engagé avec M. Fieubet (car l’on a dit que vous avez traité avec celuy que je vous nomme, que mesme il a demandé l'agrément è ta reynej. Elle souhaite fort que vous me disiez ce qui en «si, et vous prie de le luy mander par moy; et que, si cela est, comme on le dit, elle vous demande la grâce de ne dire i personne que M. le président Larcbcry ayt songé. Ensuite elle se mit i me parler de M*' de La Vallière, et. pour vous dire le vray, je vis fort qu'elle doit enrager de n'eflrc point en celte eonfidence-lé. Elle desclaina fort contre M“’ de lji Vallière, disant que ee n'estoit pas son coup d'essay et quelle en avoit fait bien d'autres; et, par tout ce quelle me dît , je vis bien qu’elle en veut faire dire quelque meschant discours au rov , afin que cela l'en dégouste. •

Cette honteuse correspondance est remplie de demandes d'aigcnt pour les fille» de la reine. L'cnircmellcuse cherche i faire valoir leur crédit et le» service» quelles rendaient au surintendant. «J'ai vu .M** du Fouilloux, écrit-elle à Fouquel, qui m'a dit que mardy le roy s'enferma avec .Madame, M*" la Comtesse, M** de Valenlinois* et le» fdle» de Madame, et ne voulut

' • Fmitllavt , mot *ongtt k pimr* , laCaiiDeat

Tir ttU MT libfT- et , «le. »

Vera sur l«i fillcft de la reiiH}, d«n» 1« recueil de Maurepas (Büd. ùnp. ms. t. H»

* Henriette dTAn^ctcrre.duchease d'Orléans.

' U s'agissait de U charge de pmeureur général, qui fut eo effet vendue par Fou> quel.

* Fille du maréchal de Graiconl. Qlc avait épousé, en iG6o. le duc do VaientiiKMs, prince de Moiucu. CNi TappeUe aou* vont M** de Monaco dans les n^ninircs du letnps. (Voy. Sainl-âiraort.)

qu'aucun homme ni d'autre personne y fuit. Elle me dit qu'ili firent cent folies, et que le roy luy parla et luy tesmoigna mille bontés; quelle vous assure que ce ne sera rien que La Vallière, et que tout le tendre va i Madame. Elle m'a dit que le roy a la derniirc confiance en M”* la Comtesse et qu'il luy dit les choses les plus particulières, mesme touchant les deux reynes; qu'il n'y a que deux jours l'on parla fort de vous au roy, luy disant cent biens, et elle a ajoustc que ce no fut pas elle <|ui en dit le moins. Elle dit que vous devez tousjours tesmoigner bien de l'amitic à M*" la Comtesse »

Fouquet osa-t-il clovcr scs prétentions jusqu'à M*" de La Vallière? Les mémoires du temps le disent, et cette assertion semble connniiée par une lettre que l'on trouve dans les papiers Conrart*. Une des entremetteuses de Fouquet lui écrit; «Je ne sais plus ce que je dis ny ce que je fais, loisqn'on résiste à vos intentions. Je ne puis sortir de colère lorsque je songe que la petite demoiselle de I.,a Vallière a fait la capablo avec moy. Pour captiver s.a bienveillance, je l'ai assurée sur sa beauté, qui n'est pas pourtant grande, et puis, luy ayant fait connoistre que vous cmpcschericz qu'elle inanquast jamais de rien et que vous aviez vingt mille pistoles pour elle , elle se gendarma contre moy, disant que deux cent cinquante mille livres n'esloient pas capables de luy faire faire un faux pas, et elle me répéta cela avec tant do licrtc, quoique je n'aie rien oublié pour l'adoucir avant de me séparer d'elle, que je crains fort qu’elle n'en parie au roy, de sorte qu'il faut prendre les devans pour cela. Ne trouvez-vous pas .à propos de dire, pour la prévenir, qu'elle vous a demandé de l'argent et que vous luy en avez refusé? Pour la grosse femme Brancas et Grave vous en rendront bou compte ; quand l'un la quitte, l'autre la reprend. Enfin, je ne fais point de différence entre vos intérests et mon salut. En vérité on est heureux de se mcsicr des affaires d'un homme comme vous; vostre mérite aplanit tous les obstacles. Si le

' M'" Du Fouilloux devint plus tard M~ d'Alluvc; on Irouvcra de» détails sur cette personne dan.n les iUnmres de &uat- Simon (édit, ilachette, t. XVII. p. 471- 47a} , et dam les Afémoim da mar^tUi d’Arjouon, t. I, p. 147. édition donnéo par M Uslbery pour U Société d'histoire de France.

* Bibliolli. de l'Arsenal, nu. Conrart, in-P. I. XI, r* i5a. La copie de cette lettre est de la main même de Conrart. (Voy. sur l'autlienlicité de ces lettres le JoaTnuld'Ohtitrd'Omuston, I. Il, p. x4o.

a4i. a4a , note.)

’ n est probable que oes usots désignent la reine mère.

INTRODUCTION. ux

ciel vous faisoit jusiiee, nous vous verrions un jour la couronne fenuée. u La couronne fermée était un signe de souveraineté, et l'on peut se figurer l'indignation de Louis ,\1V à la lecture d'une lettre qui lui montrait dans son ministre un rival d'amour et de puissance

Les luagnilicences de Vaux n'étaient pas propres à l'adoucir. Colbert exprime la pensée du roi lorsqu'il dit’ : «Les bastimens, les meubles, l'aigeiit et autres ornemens n'estoient que pour les gens de liiuuices et les traitans, auxquels ils faisoienl des despcnscs prodigieuses, taudis que les bastimens de Sa Majesté estoient bien souvent retardés par le défaut d'argent; que les maisons royales n'estoient |)oiiit meublées, et qu'il ne se ironvoit p,as mesine une |>aire de chenests d'argent pour la ebainbre du roy. »

Tous les historiens du Louis XIV racuntcnl qu'il fut sur le point de faire arrêter le surintendant au milieu de la fête splendide du 1 7 août 1 t>G 1 . Ce qui rendait ce luxe encore plus odieux, c'était le contraste de la misère générale attestée par les documents contemporains. 0 Les peuples grmissoient, disait un magistrat impartial . le premier président Guillaume de Lamoignon . les peuples gémissoient dans toutes les provinces sous la main de l'cxactcur. et il scmbloit que toute leur substance et leur propre sang mesme ne pouvoient p.-is suflire à la soif ardente du partisan. La misère de ces pauvres gens est presque dans la dernière extrémité, tant par la continuation des maux qu'ils ont soufferts depuis si longtemps que par la cberté et lu disette presque inouïes des doux dernières années’. ■>

Les calamités dont parle Guillaume de Lamoignon , et qu’il impute à lu rapacité des financiers, n'ét.iient ni inventées, ni même amplifiées par l'exagération habituelle aux orateurs, et, comme on dit, par les besoins de la cause. Des documents nombreux et autbenliques attestent la misère profonde de cette époque, et l'attribuent è l'énormité des impûts autant qu'i

' Je n'insisterai pas sur les rdalions do Kouqiictavcc M"*dc Mcnncviltc. Ce n'eat pas ici la place. ( Voy. TAppendice 11 aux AUnoirtt de idadejnoiHÏle; édit. Qiaipcsi lier, t. III , p. SqS.)

* Mémoirede Colbert cité plus baol.

p. xiiviii.

* Ce discours fui prononcé le 3 décembre 1C61. La disette cl 1a misère s« rapportent par conséquent aux années 16G0 et i66t, époque où Nicolas Fouquel avait joué le principal réle dans l'adniinis- Lrolton intérieure.

Li INTRODUCTION.

Imfluciicr funoste cio latmosphère. Lu inbèr^ tlu centre de b France eit vivement retracée dan$ la lettre suivante, adre&tée par un médecin de Hlois, M. IVetlay, au marquis de Sourdis^ : «Monseigneur, il <>st vrai que depuis trente-druv ait« que je fais la médecine en ccUe province et en cette ville, je nai rien vu qui approche de la désolation qui y est, non>aeulement à RIoU. où il y a quatre mille pauvres par le reflua des paroUses voisines et par la propre misère du lieu» mats dans toute la campagne. La disette y est si grande que les paysans, manquant de pain, se jettent sur les diarogiies, et aiissitost (|UÜ meurt un cheval ou quelque autre animal, ils le mangent; et il est sùr que. dans la paroisse de CItevemy, on a trouvé un lioiiime, sa femiiie et son enfant morts sans estre malades, et ce ne peut estre que de faim. Les Hèvres malignes commencent à s'allumer, et, lorsque Is chaleur domicmi sur tant d'humidité et de pourriture, ces misérables, qui manquent desjà de force, iiiourrunt bien vite, et, si Dîeti ne nous assiste extraordinaî’ reincnt. on doit attendre une grande mortalité. l,a pauvreté est si grande qu'il y a eu mesme un peu d'oige en un bateau que Ton n'a pas acheté manque d'argent. Nos artisans meurent de faim, et le bourgeois est incommode à un point qu'cncore qu'il soit rempli de bonne volonté pour assister ces misérabbïs , le nombre et leur impuissance les empeschent de satisfaire à la cliarité chrestienne. Je viens d'apprendre qu'on a trouvé un enfant, à Cheverny, qui s'estoit d^jà mange une main. Ce sont là des choses horribles et qui font dresser les cheveux.

N Ce qui nous donnoit en ce pays lo moyen de subsister estoit le vin; mais on n'en veut point, et cliacun en est incommodé. On ne ie vend point, et on manque de dievaux pour l'enlever, à caost des grandes impeiÙioAJ. Enfin. Monseigneur, ü n'est jour que je ne voie de nouveaux malades qui me donnent une juste crainte de pis, et , si cela continue , je serai contraint de quitter.

«On demande descharge de la moitié des taille:», et surséaiice pour l'autre moitié jusques après ta récolte pour les élections* de Blois, IWau*

' Cette tcUre et les lettre» soivantes sont tirée» d*ui»c coilectÎMi de la Bibli(>tlié(]ue impéritie déùgnHi sou» le nom de meaiucrtU trt$. On y trouve surtout U cor respundaiKt! de Colbert.

* CireoaKTtptioo» terrüoriiJe» où U répartition de i'impôl était faite par dea éius. Cee caagiftral* tiraient leur nom de ce quL‘ primitivement ils aToient été nom. cnès par foMetubiee dm Étau généraux,

INTRODUCTION, ui

gency, pour la Sologne. Homoraiiliti et Aniboi». Le roy a promis à la rcync , sa mère , descharge pour lesdites élections. »

Une lellre datée de Caen donne des détails aussi tristes sur la situation de la basse Normandie : o L'intempérance de l'air, le dérèglement des saisons et la stérilité des trois dernières années vous persuaderont facilement que la misère est estresme . pnisrpic les blés et les pommes, qui sont la richesse du pays, ayant manqué dans tonte la province, les moins incommodes des villages ne boivent que de l'eau et ne mangent plus qu'un peu de pain pétri avec un peu de lie de cidre, et les autres ne soutiennent leur vie qu'avec de la bouillie d'avoine et de sarrasin. Le pot de cidre, qui ne coustoil autrefois que IroU sols, en vaut neuf, et le boisseau de froment, que l'on avoit pour treille sois, se vend quatre et cinq livres, et celui d'orge soixante sols. L’on peut mesme appréhender avec raison que ces prix n'augmentent de beaucoup, i cause que raboiidaiice des pluies a rendu les meilleures terres inutiles aussi bien que le defaut des neiges, qui ne les ont point engraissées, et des façons et des semailles qu'elles n'ont pu recevoir. Les desbordemeiis des rivières, qui couvrent encore les campagnes, passent ici pour des présages infaillibles cl pour les funestes avant-coureurs d'une très fascheuse années cl, par une ancienne tradition, les liabilam fennent leurs greniers et leurs celliers, lorsque le Bidual, petit ruisseau de mauvais augure, cnlle ses eaux et . mesprisant les bornes que la nature lui a données , fait des courses sur ses voisins et leur porte tes nouvelles et les mcnaci» d'une très grande stérilité. I.JI nécessité est si pressante et si générale quelle s'estetid jusqu'aux portes [des villes] et pénètre bien avant dans les villes. Il y a des paysans, i trois et quatre lieues de Caen , qui ne se nourrissent plus que de racines de choux et de légumes , ce qui les fait tomber dans une certaine langueur qm ne les quitte qu'é la mort. Et je vous peux assurer qu'il y a des personnes qui ont passé quatre jours entiers dans cette ville .sans avoir eu aucune chose à manger. \ji grande quantité des pauvres a épuisé la charité CI la puissance de ceux qui avoient accoustumé de les soulager. La ville a esté c:ontrainle d'ouvrir les portes du grand hospital, n'ayant plus de quoy fournir è la subsistance de ceux qui y estuient enfermés. Les fièvres et les flux do sang ont laissé dans la pluspart des villes de cette généralité des marques si cruelles de leur pouvoir et de leur violence, quelles ont dépeuplé des paroisses tout entières. "

L\ll

INTKODlfCriON.

La généralité dr Rouen n 'était pas mieux traitée que celle de Caen. Témoin la lettre luivaiite, que l'intendant de Rouen éenvatt é Colbert : • Il y a une si grande quantité de pauvres daiiK la eampgnc cl dans les villes, que le parlement a donné arrest par lequel il est ordonné aux curés, seigneurs et principaus habitans des paroû^s de s'assembler pour faire des taxes «ir Irjt acres de terre pour la nourriture des pauvres; et, à l'esgai-d des villes, on fera des taxes sur les bourgeois, afin que chaque ville et paroisse iiour* risse scs pauvres. »

Les doléances des échevins et députés du rominerce de Marseille prouvent que la situation du Midi était aussi déplorable ^ Elles constatent «que le commerce est surchargé de très grandes dcUos et n'a ni les fonds ni les muyen» pour les acquitter, se trouvant si ruiné et si abattu qu'il semble tirer é sa lin.» Paris était aussi en proie à une profonde misère. Les pauvres adressèrent au roi une pétition*, oh ils lui l'eprésentaient que «les charités des paroisses ne pouvoient plus les assbter, estant surchaigées de malades, d’invalides et d’orphelins.» Les hôpitaux étaient si pleins qu'ils nadmctlaicnt plus de pauvres; a la cain|)agite, qui devroit fournir du pain aux ville», cric de toutes paris miséricorde, afin qu'on lui en porte. ••

Ce peuple mourant de faim et s'adressant au roi dans l'angoisse de la deniière misère mérite les sympathies de la postérité à plus juste litre que des linanciers auxquels on faisait expier leurs exactions, cl Ton ne peut qu'applaudir é l'acte de Justice et de rigueur par lequel Louis XIV inaugura son gouvernement personnel : l'arrestation et le procès du suriiiteiidant Nicolas Fouquet. Décidé à frapper Fouquet et, avec lui. tous les traitants dont les tiialveTsations lui étaient signalées par Colbert, il prit de grandes précautions pour etn|K*clirr un soulèvement en Bretagne, où Fouquet avait de vastes domaines et de nombreux clients. Il s’y rendit lui-mème, et disposa tout pour l'arrestation du surintendant avec un profond mystère. Un récit olliciel de ces événements a été rédigé [>ar Joseph Foucault . grcllior de la chambre de justice*: uLe bruit d'un voyage que le roy devoit faire en

' CorrcupomtaMcr WmiiuiCraCtM rou U rr^ne (U XIV (t. I. p. 6&7-6S$), publiée par M. Uepptagdan» U collccttMi des DotttmenU iniditi rrlaiift é tkûiotre dt è'nince.

' Comtq>ondiucrr ilvd.

* Il a été question jdas luut du Joqt' nsi de la chambre de justice, rédigé par Joiepli Foucault. (Comparer les Mémotm

INTHODUCTION.

Lxm

Bretagne ayant longtemps couni sans que personne en pusl conjecturer ta caine« quoiqu'on en pariast fort divcrscmcnl, Sa Majesté jwrtil de Fontainebleati le premier jour de septembre 1661, suivie de M. le Prince, de M . le duc de Beaufort , de MM . de Cliarost . de ViUequier, de Saint- Aignan . de Villerov et de peu d’autrea seigneurs, prit la poste à Blois et se rendit trois jours après à Nantes. M. Fouquet, lors surintendant des finances, el qui, peu de jour* auparavant, avoit disposé de sa charge de proriireur général au parlement de Paria en faveur de M. de HarUy. maistre des reqtioatC'i, partit un jour avant te roy en relais de carrosse ‘ qui a voient esté disposes en diver* lieux de sa marclic. sa femme et M. de Lyontie raccompagnèrent jusques à Nantes. M. Le Tellîcr, secrétaire d'F^Ut. et M. Colbert, intendant des finances, firent ce voyage eu mesme carrosse.

«t 1,4 cour estant à Nantes, le roy assista aux estaU de Bretagne , qui avoient este convoqués et dont M. Bouidicrat, maistre des requestes, cstoil commissaire de la part de Sa Majesté. Toute la province esloit en suspens, et ion voutoit faire appréhender au peuple quelque clKtse dVxtraordtnaire; mai» enllti on cunimt qu'il n'y avoit rien à craindre que pour M. Fnuquei. que le roy fit amster, et comme cette résolution estoit importante et que Sa Majesté n'en vouloit commettre l'exécution qu'à une personne de ron> fiance, elle fit choix du sieur d'Arlagiian, 80u»-licutenaiit de la coinpagnir des mousf|UfUiircs. qiiVlie manda, jeudy i** septembn**, pour luv prescrire les ordres qu'il avoit à suivre. On te trouva dans le lit avec une grosse

de L. H. J» Lotn^oi^, eemft de Hhênn», t. Il, p. 1^2, édition de 183&.}

' D'eprus le» Mttaoires de L. //. de Lo* ménU, comte de llhean{ t. U, p. 187}, Fooquel fit une partie du voyage tur la Loire : « M Fouquet. dit-il, accompagné <t« M. de Lyarme, »od ami intime, paru dani une fort grande cabane à pltuieura rameurs; je les saluai. Ln moment après pa»aa uua autre cabane, où eituil M. Le TcUiee avec M. Colbortt je les saluai encore , et Arùte dit , miu que je fasse préparé à cela : Ce* dens cuéaeei ^ue mm* twjMi mcora, l'oae «I rusfre, sa smvetU avec omtmat

iFffniBforHin 711e n les ramean di^aUNeHt oa j^wt me la Loire. L'om dndeux.ttjoitfe-t-il , doit fatre a«au^sn^ sar la Loire. • Ce récit . ou tout aemble Arraiige pour amener un trait, insjvire beaucoup moins de confiance que la relatioo ofücielle.

' On a dit plu» haut que le roi avait quitté Foutainebleau le 1* septembre et avait mi» trois jour» pour le rendre à NanUs Q y a là une contradictscm évî* dcflto II ^t probable que le départ de 1a conr eut lieu dans les dernirn joorv do uvoi» d'août 1681.

LXtV

INTRODUCTION

fièvre. notiabslAnt laquelle le roy Itiy Ht rommandcr de se rendre près de Sa Majesté en «piciqitr estât qu'il ftisl. l>e sieur d'Arti^nan ne put obéir à cet ordre quen se faisant porter dans la chambre du ro\, qui» le voyant en si mauvais estât, ne luy drt autre chose, sinon que, prenant une entière cou* fiance en sa fidélité» îl avoît jeté les yrux sur luy pour lexécution d'une ré* solution qu'il luy aiiroil communiquée s'il avoit esté en meilleur estât; ma» qu'il luy fiilloil remetti*e la partie à deux ou trois jours, pendant lesquels il luv recommanda d'avoir soin de sa santé t.

• Le vendredy et le sainedy» le sieur d'Artagnan fut visité de la part du roy sous divers prétextes, et le dimanche, sestant rendu chet le roy sur le midy. Sa ^lajesté luy demanda tout liant des nouvelles de sa compagnie et tesmoigna quelle eu vouloit voirie rdlc» qu'il luy remît entre II» mains. Ija roy entra, en lisant, dans le cabinet; il en ferma luy-mesme b porte, dès que le sieur d'Artagnan y fut entré, et. apres quelques paroles qui tesmoignoicnl une obligeante confiance. Sa Majesté luy desebra qu'estant mal satisfaite de .M. p'ouquet. clic avoit résolu de le faire nrrester. Elle luy recominaiida d'ex(.*cuter cet ordre avec prudence et avec adresse, et luy mil en main un paquet dans lequel estotent les ordres qui! avoit è suivre, luy recommandant d'en aller faire fouverture chex M. Tellicr. Comme le sieur d'iVrUgnan sc vouloit retirer, le roy luy dit qu'il falluit payer de quel* que défaite ceux qui estaient ii la porte et qui l'avoient vu dcmeuri'r si longtemps dans le cabinet. Ce qui l'obligea de dire à ceux qii'U rencontra en sortant qu'il vennit de demander au roy un don que Sa Majesté hiy avoit accordé de la meilleure grâce du nvonde; et, de ce pas, s'estant rendu chex M. I.e Telüer, qu’il trouva environné de beaucoup de gens, il luy dit tout haut que le roy lui avoit accordé une grâce dont il luy avoit commandé de venir demander promptement les expéditions. Ce qui donna occasion i M. L*; Tellicr de l'emmener dans son cabinet, où le sieur d'Artagnan se trouva SI foible qu'ü fut obligé de demander du vin pour prévenir une défaillance. S'estant remis, îl ouvrit le pnquet. où il vit une lettre de cachet pour

' PendAiit ce tetupv, ou cnUelrnait si bien le» tUustoos de Fouquel. que. ai l’on en croit les Mt ineircs du jeune Brienrve {t 11. p. aoo], il diMUl, le 4 ftcplcmbre, que Colbert allaii Hrv arrêté. •J’ai moy

mesiDP donné les ordre» . ajouteil-il, pour le faire conduire sa cha.iUau d’Ai^rs. et c’eel PeUtaioci qui a payé les ouvriers qui ont mis la pri»on bors d'estat d’osire in* sullée. •

INTRODL’CTION.

uv

arrester M. Fouquet, uni' anirp l«ttre concernant la route qu'il Calloil tenir rt tout ce qu'il avait à faire pour le conduire juaques au lieu de sa prUon , une autre lettre pour envoyer un brigadier et dix mousquetaires en k ville d'Aneenis pour exécuter fordroqui leurseroit envoyé le lendemain de leur arrivée, qui fut d'arrester tous autres courriers que ceux do Sa Majesté, afin d'cra|>eschcr que la nouvelle de cet emprisonnement ne vinst i Paris par d'autres voyes. Il y avoit encore dans le paquet diverses lettres adressées aux gouverneurs des places, et toutes ces lettres estoieiit escriles de la main de M. Le TcUicr.

«Le lundy 5 septembre, le roy, pour mieux couvrir ce dessein, avoit fait une [Hirtie de cbasse pour laquelle il fil commander les mousquetaires et lescbevau-légers, qui se trouvèrent tous i cheval lorsqu'il sortit du conseil. Il paria encore assez longtemps & M. Fouqucl. lamUs que M. Le TelUer alla joindre M. Boucherai, qui s'estoit rendu à k porte du conseil pr im ordre exprès, cl lui donna une leltre de cachet qu'il avoit toute cscrilc de sa main, comme les autres, par laquelle le roy, faisant prt de k résolution qu'il avoit prise à M. Boucherai, luy enjoignoit d’aller, aussitosi que M. Fouqucl seroit arrcslé, saisir les ppiers qui se trouvoient en sa maison et en celle du sieur Pellisson , son commis.

« Le roy. voyant que toutes choses estoient bien disposées, quitta M. Fouquel, lequel, en descendant l'escalier, parla è tous ceux qui avoient quelque chose i luy dire. Il rentra dans sa chaise sur les onze heures’, et, comme il sortoit du chasteau, dont il avoit déji dépassé la dernière sentinelle, le sieur d’Arlagiian fit arrester sa chaise. M. Fouquel Iny demanda s’il follmt que ce fust Bur lc-champ ou s'il poiivoil attendre que ce fusl en sa maison. .Mais le sieur dWrtaguan luy ayant fait entendre que ce qu'il avoit luy dire ne SC puuvuit renieltre, M. Fouquet sortit de sa chaise en ostant son chapeau è demi. En cet estât, le sieur cTArtaguan luy dit qu'il avoit ordre du roy de l’arrcslcr prisonnier. \ quoy .M. Fouquet ne rcspoiidit autre chose, après avoir demandé i voir cet ordre et l'avoir lu, sinon quil avoit cru estre

' Le jeune Bnenne parle am»i de cette pATtie de dwuae /Irimiie, cil.

P- aoÂ).

' On truuTcrâ eiK-ore ici «Us dUTerrnccs noiabUu cmirc le récit t»f£cki et cchii qu*a

buMé le jeune Brienne. Je o*ei pa» be»ûtn d'ajouter qu'entre Ica détails romatsesques düDnéa pur Brienne et le caractère si^rîeui et poeitif de notre récsl. il ny e pas i lié* si ter

txyi

INTRODCJCTÎON.

flans Tesprit du roy mieux que personne du royaume' . el on mf’smr temps ii acheva de se descouvrir, el ion ohscrv» qu'il f-hangea plusieurs fois de visage en priant le sieur d’Artagiian que cela ne flst point d'esdal. Ce qui donna occasion au sieur d'Artagnnn de luy dire qu'il enlrast dam la maison imochaîne, qui se trouva celle du grand archidiacre, dont M. Poiiqiiet avotl espousé la nièce en premières noces En y entrant, il aperçut le rieur Codur, une de ses créatures, â qui il dit. en passant, ces muts : A Madame du Pleiâis, à Saint-Monde.

» Ix sieur d'Aiiagnan envoya iuiméflîatemenl le sieur Drsclnvaux donner avis an roy do ce qui s'estoît passé, et clépescita un mousquetaire en la ville (rAnrenis pour donner ordre au brigadier qu'on y avoit envoyé avec dix mousqueUiires le jour précédent d'urrester tous autre» courriers que ceux de ^ Majesté*. Ensuite le sieur d'Artagnan demanda à M. Kniiquet le» papiers qu’il avuit sur luy. et. les ayant mis en un paquet cacheté, il rliHrgoa ie sieur de Satnl-Mars, iiiareschaJ des logis de la compagnie des mousquetaires, de le porter au roy avec un billet escrit de sa main, par lequel U faisoit savoir à Sa Maje.stc quaussîlost qu'il auroit fait prendre à M. Eotiquet un bouillon qu’il avoit envoyé quérir k la bouche, el que le rieur de Saint-Mars serait de retour auprès de luy, il pariiroit pour suivre ses ordres. En elTet, dès que le sieur de Saint-Mars fut de retour et que M. Eouquet eut pris un bouillon, le sieur d'Artagnan le (it monter flans un des c.irr(isses du roy, dans lequel entrèrent les sieurs de Rertaud, ^uverneurde Briançon, de Maupertuis el Desclavaux, gontilsbommes sorvans de Sa .Majesté.

U première couchée fut à Oudon. où le sieur d'Artagnan demanda, fie la part du roy, i M. Fouquet un ordre de sa main au commaiKlant qu*il avoit esublt è Bellc-Irie de remettra la place entre les mains de celuy que 5a ^lajesté y enverrait. Ce que M. Kouqurt ht iacontinent parmi billet, qui fut aussitost porté au roy par le rieur de Maupertuis.

«Le niardy 6 septembre, le sieur d'Artagnan partit d'Oudon et alla

* Ce» détail» sont d'aemnl avec les di»

(t)or« que le jeune Bneiuae prête è Fouquel l. U, p. 300 ).

* Lu première feinoM de Fouqu^ se nonuuait Marie Fourché.

’ Malgré ce» ptècaulious, l'erril i'ul dono^ ^«or l'émisarirc de Fouquel. qui pmhta des chevaux de relui que le suriii' (eoÜHiii avait fuit placer de sept Iteue» *n sept hetm.

INTRODUCTION

WVII

coucher It liigrandc, où le ro) pasua * ileu* heures aprùs iiiitinil. Le |

mercrcHy 7 sepleiiibre. M. l''ouqucl arriva au chastcau d’Angers et fut loger dans le chasteau que le romroaiidant aroit remis, suivant l'ordre du roy. entre les mains du sieur d'Artagnan, qui retint, pour le garder.

soixante mousquetaires avec les sieurs de Saint-Mars et de Saint-Léger, ma- «

resebaux des logis de la compagnie, et renvoya le reste au roy.

«Cependant M. Boueberat qui. dés le moment que M. Fouquet avoit esté arresté, s'estoil transpurlé en la maison où csloil M“ Kouqiiet. l'a trouvée gardée par six mousquetaires. Il entra dans la chambre et luy ht entendre avec civilité l'ordre que le roy luy avoit donne de visiter les papiers de M. son mary. Elle demanda où il estoit et s'il ne luy csloit pas permis de l'accompagner. Mais M. Boucherat, qui n'avoil rien é luy rvspundrc sur cria, ne songea qui exéciilcr sa commission. Il ht ouvrir les cassettes qui estoient dans sa chambre, dans lesquelles il ne rencontra aucuns papiers.

Il entra ensuite dans le cabinet de M. Fouquet, d'où il ht transjiorler tout ce qu'il y trouva de papiers. On observa que , dans celte ocrasion, M"” Fouqnct ht paroistre beaucoup de courage, qu'elle ne ht rien d'indécent . qu’elle ne dit rien qui lesmoigiiast de la l'oiblesso. et incsnic qu'elle ne pleura pas.

• Le sieur Pellisson commis de -M. Fouquet, et coluy en qui il avoit le plus de ronhanec, fut aussi arresté dans sa maison par des mousquetaii es que le sieur d’Artagnan y avoit envoyés, et .M. Bonclieral, s’y estant transporté, se fil représenter ses papiers, qui furent enfermés dans une malle et portés i M. lac Tellier.

«Les sieurs Peeqiiet, médecin de .M. Fouquet, cl La Vallée, son plus ancien valet de chambre , s'csiant présentés pour le smir, furent eiiferenés avec luy sans aucune communication avec les gens du dehors.

«M. Fouquet, prisonnier, parut inquiet et abattu pendant les premier» jours de sa détention. Il mit toutes choses on usage pour gagner scs gardes et pour avoir des nouvelles; mais tout cela fut inutile par les soins et fapplication extraordinaire du sieur d'Artagnan, qui faisoit d'ailleurs é son prisonnier tous les bons traitcincns dont il se pouvoit aviser. Ce qui n'em-

' Piid PelliMon-PofitinicT. né en i6xA (Cf. sur les relation» de Pelliisun avec

et mort en ihlfS. Il a laissé |dasieun ou- Fouquet. rCtiuir jor (a rw et in autres dr

sraget, et, entre autres, des Mémoire» Prihtstm, par M. Meremii Paris, eomposéa pour U défense de Fouquet 1 vol. în-A*. cher Didier et Dursncl.}

UTin INTBODUCTION.

|ie$rha pas M. Fouquet de tomber dans une maladie qui le mit presque à rextrémîte.

uLc la novembre, M. d’Arlagnan rc^nil ordre du roy «renvoyer quérir le sieur Peilissoii, qui estoit prUonnier dans le chasieau de Nantes, et de Iv faire conduire dans rcluy d'Angers par tel nombre de mousquetaires qu’il avberoil. Ce qui fut exécuté par vingt mousquetaires commandés ^>ar le sieur de Saint- Mars, entre les mains duquel M. le niarescbal de l«a Meitlc remit le prisormicr, qui arriva au cliasteau d'Angers le dudit mois de novembi^.

«I Le I** décembre, par un nouvel ordre du roy. le sieur cTArtagnan conduisit les deux prisonniers au faubourg de Saumur. du custë du pont; le second, il les conduisit à la Cbapelle Blancbo ; le IroisiètiH*, au faubourg de Tours, el le quatrième au chasleaii d’Aniboise^, où il remit M. Fouquet. son médecin et son x^let de chambre, à ta garde du sieur de l'alois*. enseigne des gardes du corps, suivant le commandement exprès de Su Majesté, et partit, le sixième jour de décembre, d'Aml>oisc {jour mener le sieur Pellisson à la Bastille, où il le mit 4 la garde du sieur de lVs5emaux. le 1 3 du mesme mois *.

' Le inaiTctuü He La Meîilorayc, dont il a été souvent question dant le lotoe I du JoiàTnmï d'Oùi'ier d'OrateiMMi , élait gouverneur de BtelagiM.

* Fontaine, qui mootM tant de dé- »ouettieiil à Fouquet, parte. daiM «m leitres b sa trmmc, Je «on voyage au ebileau d'Antbotse, uû il visita ta chambre qu'avait occupce FouqueL «Je deroamUi.

dit-il, B voir celte chambre; triste plaisir, je vims le ronfesM; mais enfin je le demandai. Le soldat qui nnas condubnit ri'astNt pas la ctef; au défaut , je fus lougtemps à considérer U porte el me (st conter la maniéra dont le prisonnier estoit gardé. Je vous en ferois vokMtÜers la description: maùi ce souvenir est trop affligeant :

bewÎB je rcinrv t «c irardc sa «oia iHia^nnl,

Chiai fars aw* . «troil» féw*.

pra iTsir pwr toale ,

Joar» MiH ssAeil .

Tmi» portia ea «s pséi d’eepsre >

Vaai faiadie oa tel a^çartei»<rnt Ce Kfwl atlinv t«b Imw;

Ja l'ai iail i— raeiMiati nt i

CvlSf pJaiota s paar moy d«s ttMraa»

Sans la nuit, oo ireusl pu ui'arraclser de cet endroit. •

* G.* nom «Il écrit tantAi Talob ou Tatlou, lanidl Talouet, Talluuet. Talbouct.

* Guy- Patin (lettre du 6 décembre i66i, édiL de i64*i, t- lU, p- a35) dit que Fouqucl traversa Paris le G déceosbre ; mats le récit ulbctel a pl os d autorité qu'une correipondance dont les dates ont souvent été changées ou ajoutées par tes éditeurs. On peut en dire autant de la ]>lu]>aK des

INTUODliCTION.

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