ARDENS ARDENS OS VATIS
(1) Ceci vient confirmer ce que rapporte Noël Taillepied au sujet de la magnificence de cette église, dont la destruction vint priver î'ontoise de son plus beau monument. (V. Les Antiquités et Singularités de Pontoise, iSSy), réédité par MM. H. Le Charpentier et A. François, 1876, in-8*. Pontoise, A. Seyès.
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS.
Comme aussi d'une autre part, Dieu y avoit efté bien offensé à raison, que lors du jour de Notre-Dame la Vierge Marie, viiio de Septembre, la plus grande partie du peuple qui y alloit, idollaftroit, dansant, chantant, riant, & follaftrant le long de la nuict aux chansons lubriques et impudiques, devant le Saint-Lieu; chose grandement dissolue & déplaisante à Dieu, qui, à ce que je croy, à raison de telles insoUences, avoit permis tel désordre & démoUition d'un si beau & si saint Heu. (i)
Lors duquel fiége, en la fin d'icelluy, le Roy envoia un trompette en cette ville de Gisors (2) afin de se rendre à luy. Quoy voiant, par les habitans d'icelle, aucuns d'iceux feroient allez par devers le Seigneur Roy en la ditte armée. Et en la fin, sur la promefle qu'il avoit faide de ne conferver en noftre ville fans aucune garnifon. Et à la demande qu'il avoit faide aux habitans de foixante mil pains, foixante muidz de vin, et grande fomme de deniers, iceux habitans lui avoient promis environ vingt mil pains, vingt muydz de vin, et deux mil efcuz, ce qu'il avoit acordé aus dits habitans. Et du fai<fl, quelques jours après, les habitans avoient fourny les vingt mil pains, environ de huiél deniers pièce qui valloient en l'année quatre solz , et les vingtz muydz de vin ; mais n'avoient fourny les deux mil efcuz, à cause qu'après la livrée (3) de ce que deffus, le Roy avoit efté tué d'un coup de couteau par un Jacobin de Paris, comme fera did cy après.
Ce faiél, après avoir par le Roy lailfé garnifon dans la dide ville de Pontoife , fe feroit avec fon armée et celle du Roy de Navarre acheminez à Saint-Denis en France, où eftans et voians la place forte fans fecours allez par le pont Saint - Clou , où le Roy demeura quelque temps, attendant l'afliégement qu'il voulloit faire de la ville de Paris, &, de faid, avoit envoie quelques compaignies jusques aux faulxbourgs Saint - Germain du dit lieu où eftans, et le Roy eftans demeuré au dit Saint-Clou, seroit
Sommation faicte à la ville de
Gisors de se rendre au Roy
auque), ou à
son armée, avoit
efté fourny et baillé
pain et vin.
(i) Nous signalerons cette singulière opinion de notre chroniqueur qui fait détruire /;ar Dieu le plus beau de ses temples : on retrouve dans presque tous les écrits de cette période la même tendance à faire intervenir Dieu dans les événements politiques ou matériels, même de mince importance ; et cela, chez les partisans de la Ligue comme chez ceux du Roi ; on en trouvera la preuve plus loin.
(2) C'est ici, pour la première fois, que se révèle, dans le narrateur, un habitant de Gisors ; ce qu'indiquent clairement les expressions « ce/le ville » ou « noftre ville » (Gisors), qui reviennent fort souvent dans la suite.
(3) Livrée, livraison.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Décès du Roy Henry III',
frappé d'un coup de Cousteau par ung
Jacobin de Paris.
Le Roy Henry IV, Roy de France et de Navarre.
Trompette
envoie à Gisors
et appoinctement et
paiment
faire de III mille
escuz.
illecq arrivé ung Jacobin de la dide ville de Paris, nommé frère Jacques Clémenc (sic), difant qu'il vouUoit parler au Roy, et qu'il luy vouUoit monftrer et bailler quelques lettres. Enfin, après que par le commandement du Roy pour la congnoiflance qu'il avoit d'icelluy Jacobin il s'eiloit présenté à luy, et sur ce qu'il luy avoit baillé icelles lettres, & après les avoir veues, & demandé au Jacobin s'il en avoit d'autres, icelluy ayant did que ouy, et en feignant d'en tirer de fa manche, avoit tiré un coufteau, trait que l'on difoit eflre empoifonné, & d'icelluy en avoit frappé le Roy, par le petit ventre, dans lequel il avoit laiffé le dit coufteau, qui avoit efté auflîtoft pris et retiré par le Roy, et d'icelluy donné ung coup au Jacobin entre les deux yeux ; & à l'inftant , quelques ungs des ferviteurs du Roy avoient frappé & tué à coups d'efpée icelluy Jacobin à la place, et le Roy, ainfi frappé qu'il elloit, elloit décédé le matin de la nuict fuivante qu'il avoit efté frappé, à huid heures, le mercredy second jour d'aouft mil vc ini^^ ix.
Quelques jours après, toute l'armée partit de devant de Paris & de Saint-Clou , & s'en feroit venue par Pontoise , où eftant arrivé le Roy Henry quatriefme, Roy de France & de Navarre, & par après à Marines (i), il avoit envoie M. le Marefchal de Biron, accompagné de grande gendarmerie, avec quatre pièces de gros canons, sommer cette ville de Gisors de se rendre ; eftans arrivez au Mont-de-Magny, ils avoient envoie un trompette à la porte de Paris du did Gisors, difant que l'on euft à rendre la ville, & fournir à la promeffe que l'on avoit faide au Roy, sinon qu'ilz entendoient entrer par force en icelle ville , & mettre tout à facq. Quoy voiant par la garde et les habitans qui eftoient à la porte, ceux-ci avoient faid entrer le trompette dans la ville, & toft après, aucuns des Meffires du did Gisors eftoient allez avec le trompette trouver le fieur Marefchal de Biron, auquel ilz avoient faid entendre qu'ilz vouUoient bien tenir leurs promelTes; & de faid, après qu'il euft demandé six mil efcus, avec quelque quantité de pains & de vin, après avoir efté par devers le Roy, qui eftoit à Magny, les habitans de Gisors s'eftoient fubmis (2) à fournir & paier trois mil efcus & quelque quantité
(1) Le roi coucha au château, qui appartenait alors à la famille Tiercelin de Brosses. (V. La Ligue à Pontoise.)
(2) Submis, soumis, engagés à...
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS. I I
de pains & de vin, à la charge de ne laifler aucune garnison 1 589
dans la ville ; ce que le dit Seigneur Roy avait accordé.
Ce faid, toute la ditte compaignie, qui eftoit arrivée sur le Mont-de-Magny, le jour Saint-Laurent (i), auditanmilvciiiixxix, fur les huiél à neuf heures du matin , ayant eflé quatre à cinq heures en grande et extrême chaleur, en attendant l'appoindement qui n'elloit pas toutesfois à la volonté des foldatz, feroit venue sur les deux à trois heures après midi aux faulxbourgs de la ditte porte de Paris de Gisors, & d'illecq, les troupes & Gisors.
compaignies s'eftoient dispersez par les villages d'alentour la ville, eftans demeurez aus ditz faulxbourgs de Paris (2), les SuifTes depuis le pont de Révillon (3), comprenant tous les jardins prez de Moicourt (4) & communes allans à Vaulx (5) jusques à Courcelles (6) & au des foubzdu bois Gilloul (7), où eftoient les quatre pièces d'artillerie dedans les terres proches du chemin du dit bois de Gilloul. Les chevaulx de l'artillerie, jusques au nombre de huid vingt, eftans logez à Chambors (8). Le quartier des lan&quenetz eftoit en toutes les maisons du Champ Fleury (9), compris tous les jardins et prairies de Bugan, et fpéciallement dans la maison et jardinages de Gantiers ; les compaignies Françoifes
(i) La fête de Saint-Laurent se célèbre le 10 août; le 11 août le Roi alla coucher à Chambly.
(2) La Porte de Paris était sur le chemin conduisant au Mont-de-Magny et au Boisgeloup.
(3) Le Réveillon est un petit affluent de l'Eptei de 10 k. de parcours.
(4) Moicourt, Moiscourt et mieux Moincourt (?) est un moulin situé sur le Réveillon : c'était un passage ^Zî<s court pour se rendre à Trie-Château, lorsque l'on venait d'au-delà de Gisors. {V. Histoire de Gisors, par Hersan. Lapierre, i858, page lo).
(5) Vaux, ferme dépendante de Gisors : cette terre était, au moment de la Ligue, possédée par Tristan de Rostaing, les restes du château, construit par Mansard, attirent encore aujourd'hui les regards du visiteur.
(6) Courcelles-les-Gisors, village du canton de Chaumont-en-Vexin, célèbre par la bataille qui fut livrée sur son territoire, le 28 septembre 1 198, entre Richard- Cœur-de-Lion, duc de Normandie, roi d'Angleterre, et Philippe-Auguste, roi de France.
(7) Boisjeloup est un hameau de Gisors, de 3oo habitants , situé près le Montde-Magny, et dont il est souvent parlé dans ce récit. Avant la Révolution, cette localité faisait partie du Vexin Français.
(8) Chambors, village de 35o habitants environ, du canton de Chaumont-en- "Vexin ; possédé au moment de la Ligue par la famille de La Boissière.
(9) Le Champ-Fleury est un quartier de Gisors où se trouve Gantiers, fief possédé au moment de la Ligue par Henri de Ponts. Les gardes françaises se trouvaient logés, pour ainsi dire, aux deux extrémités de la grande rue actuelle de Gisors.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Occupation
de Gisors par les
troupes royales.
Départ de l'armée.
de gens de pied eftoient aux faulxbourgs de Cappeville, Argilliaires, porte de Naufle (i).
Le fieur de Biron , Grand-Prieur, filz bâtard du feu Roy Charles (que Dieu absolve), le fieur de Givry et autres Seigneurs, & leurs gens, eftoient logez aux faulxbourgs de la porte de Paris , depuis le pont de Révillon jusques proche de la ditte porte de Paris ou ilz feurent jusques au lendemain, ayant les dits Suiffes, Lanquenets et autres, emply tout de tripailles et viande puante, les jardins & places ou ilz eftoient ; et mesmes pour monftrer le grand défir qu'ilz avoient de ravager la ville de Gisors, si Dieu ne nous euft préservé néantmoins par l'appoindement.
Le fieur de Bornes, conducteur de l'artillerie, avait faid mettre ung garçon dans la rivière proche des murailles du Prieuré, ou clos de Saint-Ouen (2) du dit Gisors , afin de veoir si la ditte rivière, vys-à-vys des prez de Bugan, au dit Champ-Fleury, eftoit grofle ou non ; mesmes, lors de leur arrivée aus dits faulxbourgs, ils se feroient présentez à la porte en grande foulle, afin d'entrer dedans; ce n'euft efté la garde y eftant, qui y avoit réfifté tellement qu'ilz y entroient par ordre, si bien que après que les uns sortoient de la ville, les autres y entroient pour faire leurs affaires ; & y boire & manger, disans aucuns : « Que l'on avoit bien faiâ » de se rendre par amitié, parce que leur délibération eftoit de » piller et ravager la ditte ville. »
Ce qui avoit causé que l'on avoit fermé les portes fort tard, pour ce que encores que l'on euft faiél battre le tambour de par le dit fieur de Biron, suivant son commandement, que tous les soldatz qui eftoient dans la ville enflent à fortir, si toutefois ilz ne voulloient ce faire qu'en grand peine.
Et le lendemain matin, comme di6l eft, à huid et neuf heures de matin, toutes les dides compaignies s'en heroient allez droid à Beaumont^ Chambely & autres lieux, & spéciallement en une petite bourgade près Beaumont qui avoit vouUu tenir et résifter
(1) On a dit que la tour de Neaufles, distante de Gisors d'une lieue, et dont les restes offrent encore un aspect imposant, communiquait avec le château de cette ville par un souterrain qui passait sous la rivière de la Levrière ; il existe, sur ce souterrain, des légendes fantastiques, que nous croyons inutile de rapporter ici. 11 est d'ailleurs peu probable que l'on ait fait au moyen-âge des travaux aussi gigantesques à cet endroit.
(2) Saint-Ouen était un couvent de Gisors fort renommé et dans une situation admirable, sur les bords de l'Epte. C'est aujourd'hui la propriété de M. Passy, député de l'Eure.
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GÏSORS.
contre eulx; là, où tout autre eftre, pillé, viollé femmes et filles; & avoient, au partir de la ditte ville de Gisors, admené prisonnier dans un caroche Meffieurs les lieutenans-géne'ral , vicomte, & aucuns des esche vins (i) du did Gisors, attendant que les trois mil escuz feuffent fournis et paiez ce que l'on n'avoit peu faire si en hafle, fmon que de mil ou deux mil escuz & deux ou trois jours aprez les dits trois mil escus ayant efté fournis, les fieurs lieutenans, viconte & eschevins avoient efté renvoiez ayant efté noftre pauvre ville de Gisors, par la grâce divine de Dieu , préservée de l'orage de la ditte armée , qui y eftoit ainsi venue à raison de la hayne que plusieurs de nos voisins avoient conçeue contre nous, pour les paroUes qu'ilz disoient avoir efté dides contre eulx ; ce qu'ilz avoient diél & raporté au Roy : que nous eftions ligueurs.
Le fieur duc de Longueville avec grandes compaignies, comme celle du fieur Despernon, Larchant, la Noue & autres, avoient convoie et accompagné le corps du did feu Roy jusques à Compiègne, où il avoit efté inhumé ; & icelluy fieur duc de Longueville se feroit tenu illeq avec ses gens au gouvernement de Picardie qui lui avoit efté donné par le dit feu Roy.
Cela faid, le Roy, avec fon armée, feroit venu par cefte ville de Gisors, le dimanche d'après la my-aoust, vingtiefme du did mois, au dit an, dedans laquelle & aux faulxhourgs d'icelle & villages circonvoisins, il avoit logé & ce au logis du fieur de Grainville, près l'orloge ; & fes gens en toutes les maisons de la ditte ville ; qui, le lendemain dès le matin, s'en seroient allez hors d'icelle droiél à Andely, Vernon, & autres endroi<5lz. Le Roy ayant avant que partir faiél faire le presche (2) dans
Pillage
des bourgades de la
vallée de l'Oise.
Les officiers
de Gisors emmenés
comme otages.
Inhumation
du Roy Henry III i
la ville
de Compiègne.
Venue du Roy Henry IV à Gisors.
(i) Les alliés avaient employé le même système, d'otages, à Pontoise, où plusieurs personnes notables furent arrêtées à la suite du siège.
(2) Notre chroniqueur ne dit rien d'un incident qui aurait signalé le premier passage de Henri IV à Gisors; le curé de cette ville était (depuis i562) Pierre Neveu, jacobin, dont le portrait conservé, dit-on, au presbytère rappelle les traits de saint Vincent de Paule.
Ce prêtre, homme très-énergique, et ennemi implacable de la Réforme, était appelé de son temps : Hœreticorum maliens etfideipropagator.
En apprenant que le Roi faisait faire le prêche , il ordonna de sonner le tocsin; à l'église, où se rendirent, non-seulement les habitants, mais encore le maréchal de Biron et divers autres membres du Conseil du Roi, le curé adressa, du haut de la chaire, une allocution éloquente qui témoignait d'un catholicisme ardent et cependant de la soumission d'un français fidèle. On en trouvera le texte dans les Lettres sur Gisors, de M. P. de la Mairie (Gisors, Lapierre, 1848, in-8°, p. 27).
D'autre part, on rapporte que ce fut seulement en iSgi que Pierre Neveu lit ce
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Siège de l'armée
du Roy
contre la ville de
Rouen.
Rendez-vous des
ducs de Mayenne et
autres
à Etrépagny.
fon logis, en une chambre qui a fon regard sur la rivière du Fossé, vis à vis de celle de Richard Dupré, avoit, à son parlement, commandé à M. de Flavacourt, bailly du dit Gisors, & aux habitans de la ville, de luy garder et conferver icelle. Les quatre pièces d'artillerie qu'il avoit eftoient passez par les marais et communs de la porte de Cappeville ; et de là, par dedans la rivière des Argilliaires et posée dans la terre, proche des bournes de pierre (i) eftant aux dits faulxbourgs de la porte de Neaufle du di6l Gisors, ce qui est le chemin pour aller aux bois et au hangard, et c'efloit le commun bruid des soldatz de la dite armée que nous avions bien fait de nous submettre au Roy à tous les deux voiages qu'ilz y eftoient venus, parce que l'intention de tous ceux de l'armée n'eftoit autre, en cas de refus, & quelque petit contredit, de raser, piller & sacager noftre pauvre ville, ce que Dieu qui tous) ours nous a gardez & préservez, comme dit eft n'avoit voulu permettre.
De la ditte ville de Gisors, toute l'armée s'achemyna à Dernelail (2), proche de la ville de Rouen, jusques aux faulxbourgs d'icelle au desesoubz de Sainéle-Catherine, le jour Saint-Berthelemy & faiél plusieurs efFortz pour entrer dans la ditte ville, oîi plusieurs en finirent leurs jours, tant du canon eftant au mont Sainde-Catherine lieu de sorties que l'on faisoit dedans la dide ville ; le Roy eftoit allé en sa ville de Dieppe d'où peu après, il eftoit revenu avec son armée, à cause de l'armée des feigneurs ducz du Mayne & de Nemours qui foit arrivé par Mante & Vernon & dès l'aproche de l'armée du Roy, le jeudy, vendredy & samedy derniers d'aoûft, premier et fécond jour de feptembre ou dit an, & le dimanche en suivant, troisième du dit mois, l'armée de la Ligue avoit faid monftre au dit Vernon.
Ce faiél, sachant par les didz Seigneurs ducz de Mayne & de Nemours que le Roy s'eftoit retiré avec son armée, & allé droiél en la ville d'Eu, ilz, avec les armées, se feroient acheminez
qui est raconté ci-dessus. Or, Henri IV était venu à Gisors en iSSg : M. Potin de la Mairie pourrait donc avoir fait erreur de date.
Dom du Plessis fait le plus grand éloge de P. Neveu dans sa Description de la Haute Normandie. (V. II, p. 3oi , édit. 1740.)
(i) Cet endroit se trouve au pied mcme de la forteresse de Gisors, et parallèlement au faubourg de Neaufles.
(2) Darnetal, près Rouen.
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS. l5
droiél au rendez -vous qui eftoit à Eftrepagny (i) où les dits ''*'"9
Seigneurs couchèrent la nuid du lundi quatriesme du dit mois de Septembre.
e mardy au matin, toute l'armée feroit allée droiél à Assiégement de la Gournay (2), afin de passer par là et y eftans, feirent ^' ^ ^ ournay sommer le dit Gournay de se rendre , & leur donner duc du Mayne. bon et feur passage ; ce que, huicfl à neuf centz soldatz, eftans dans en garnison , ne voullurent faire ; laquelle garnison y avoit efté mise par le Roy, par Monseigneur le duc de Longueville, lorsque le Roy, ou le fieur baron de Biron, feroit en premier lieu paffé par derrière cette ville de Gisors, avec le canon, comme devant eft did ; & encores que trois à quatre fois , le fieur duc de Mayenne euft fait sommer et prier les habitans et foldatz de rendre la dide ville, iceux foldatz avoient tousjours faiél responce qu'ils ne se rendroient et qu'ils mouroient pluftost tous à la bresche. Ce qui n'eftoit pourtant du confentement des habitans du did lieu, parce qu'ilz eussent bien voulu ouvrir les portes, mais iceux foldatz de garnison eftans les plus fortz pour ce qu'ilz avoient mis les armes des dits habitans au chafteau du lieu ne l'avoient voullu permettre. Pour raison de quoy, l'artillerie avoit efté conduide & approchée la nuid du mardy des murailles, & le lendemain, jour de mercredy, sur l'obstination de la ditte garnison, encores qu'ilz feussent de rechief sommez & priez par le fieur de Flavacourt, nostre bailly, de se rendre, eftant avec les dits fieurs, lequel y avoit efté par acte envoyé ; lors sur les neuf heures du matin , le dit fieur duc de Mayenne avoit commandé à monsieur le Bret (3), fieur de la Vallée, conducteur et grand maistre de l'artillerie, de faire jouer et tirer icelle ce qui fut à
(i) Le duc de Mayenne étant venu camper à Etrépagny en iSSg, les habitants embrassèrent avec enthousiasme le parti de la Ligue. -> (Essai hist. sur Gisors, par M. Ged. Dubreuil, p. 55, in-S". Gisors, imp. Lapierre, 18 56).
La terre d'Etrépagny, première baronnie du Vexin-Normand, était devenue la propriété du duc d'Orléans-Longueville. La ville dépendait du diocèse de Lisieux, du Parlement de Rouen et de Vélection de Gisors. Dix-neuf paroisses relevaient de la seigneurie de ce bourg, fermé de murailles. C'est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département de l'Eure, peuplé de 1,700 habitants; la ville fut brûlée par les armées allemandes, en 1870.
(2) Pour tout ce qui se rapporte à l'histoire générale de cette ville, consulter les Recherches historiques sur la ville de Gournay-en-Bray, par M. N.-R. Potin de la Mairie. Gournay, imp. veuve Follope, in-S" (1842).
(3) Un Robert Le Bret était gouverneur de Gisors en 1564; il appartenait sans doute à la même famille.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Rendition
de Gournay au fieur
du Mayne.
Le capitaine
Cossard et autres
noyés
dans la boue.
l'instant faiél de cinq grofles pièces de canon, & continuée à tirer de telle façon que l'on en tira jusques à cent cinquante coups contre la muraille d'icelle Gournay.
Enfin , après la bresche faille , & que les balles avoient quelquefois entré dans la ville au travers de la muraille , & des maisons d'icelle , & les régiments & compaignies accomodez pour y entrer de furie , les habitans & foldatz de garnison s'eftoient présentez sur les murailles & rendus à la volonté du dit fieur duc du Mayne pour en faire fon bon plaifir (i) ; quoy voiant, par lui auroit faiél faire advis que les foldatz de la ditte garnison euflent à fe retirer dans le chafteau du lieu pour en faire par après à fa volonté ; enfemble que les femmes et filles, eflians dans le dit Gournay, euflent à leur réfugier et retirer en leur à part ; et après avoir donné au pillage la ditte ville , les foldatz de la ditte armée s'esforcèrent tous d'entrer en icelle, ce qu'ilz firent par la bresche, & autres lieux effondrez par le canon, avec mesmes des eschelles par dessus la muraille, à cause que ceux de dedans avoient bouché et eftoupé la porte de la ditte ville.
Comme les capitaines et soldatz entroient, et vouUoient entrer dedans, il y en euft quelques uns qui furent tuez et noyez, pour ce qu'à la foule, il falloit qu'ilz entraflent par dedans les fossez des murailles , où il y avoit quelque peu d'eaue et fort bourbier eftant au fondz, de sorte qu'eflant armez, chargez, le coutelas au poing, ilz enfondroient dans la ditte bourbe, et ne fe pouvoient retirer pour ce que à la foulle, comme dit est, les uns marchoient fur ceulx qui ejloient enfondre^, qui fervoient de planches, tellement que le capitaine Coflard (2) y feroit demeuré, & autres
(i) Il existe sur ce fait d'armes une plaquette intitulée : La Prinse de la ville et chasteau de Gournay... avec le nombre et les noms des prisonniers , etc. (Paris, 1589; Hubert Velu). Malgré son titre, cette pièce renferme beaucoup moins de détails sur la prise de cette ville par le duc de Mayenne que la relation historique que nous publions ; néanmoins, elle en corrobore les points les plus importants.
D'autre part, un manuscrit des Archives de la Collégiale de Saint-Hildevert de Gournay, raconte, quoique dans des termes différents, absolument tous les faits relatés par le Journal du bourgeois de Gisors.
(2) Le capitaine Cossard (ou Cossart) trouva la mort dans cette boue liquide. Nous rencontrons souvent le nom de cette famille pendant les guerres de la Ligue dans notre contrée. Parmi les défenseurs de Pontoise figurait Charles de Cossart, seigneur de Lieux (Vauréal). (Il paraît certain que malgré les clauses de la capitulation, les soldats de la Ligue avaient pris immédiatement du service dans les troupes du duc de Mayenne).
Un Adrien de Cossart est lieutenant du gouverneur de Gournay en iSgS ; un autre Charles de Cossart , sieur d'Epiais, son fils, fut tué au siège de Valenciennes. Cette famille portait : de gueules à la croix ancrée d'or, chargée de cinq ancres d'azur.
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS. I7
soldatz, lequel cappitaine, avoit efté grandement plaint du dit 'SoQ
fieur duc de Maienne et autres Seigneurs, et illecq eftant pour
ce qu'il eftoit vaillant homme. Et eftans entrez dans la ville
environ fur les cinq heures du foir, le dit jour de mercredy,
fixiesme du mois de feptembre mil vc inixx ix , ils avoient pris ,
pillé et ravagé tout ce qui eftoit dedans, et tous les habitans ' Goumav^*
qu'ils trouvoient furent pris & liez prisonniers, et à iceux
(outre le pillage) on fist paier rançon (i), & les autres menez en
l'armée.
Et encores, que le fieur de Maienne euft fait publier, devant que d'entrer en la ville, que nul n'euft à faire tort aux femmes & filles qui s'eftoient (ou la plus grande partie) réfugiées en l'église du lieu, mesmes que Monseigneur le chevallier d'Aumalle eftant arrivé de la ville de Rouen le jour précédent, euft faid mettre garde en la ditte église de paour d'inconvénient (2) ; ce néantmoins , les soldatz y eftant entrez par force , avoient pris et ravy toutes les femmes et filles qu'ilz y avoient trouvez ensemble dans leurs maisons, & en avoient faid à leur volonté, les despouillans, dessullans, et travaillans pour fouiller dans leurs habitz.
Le, lors duquel pillage et ravage, plufieurs de ceste ville de Gisors y seroient allez qui avoient pris et achapté des soldatz plusieurs meubles contre droiél et raison à cause du voisinage ; et aussi que l'on avoit toujours congneu les dits habitans Catholiques, avec lesquelz toutes les sepmaines, au mardy (3), aucuns des habitans de cette ville trafiquoient et alloient au marché. Au surplus, le dit fieur duc de Mayenne avoit laiffé fortir les ditz soldatz de garnifon avec le bafton blanc seullement, et à leur lieu y avoit laiffé quelques compaignies.
Et dès le lendemain, jour de jeudy, le dit fieur, avee toute fon armée, fe feroit départi & achemyné à la ville d'Eu & en la ville
(i) On peut juger de la déplorable situation des populations du Vexin, livrées alternativement aux vexations des Ligueurs et à celles des Huguenots.
(2) Les soldats entrèrent dans la collégiale de Saint-Hildevert qu'ils saccagèrent complètement ; ils s'emparèrent des titres de cette église et s'en servirent » pour charger leurs armes ». Les femmes et les jeunes filles de la ville s'étaient cachées, avec le curé de Notre-Dame, sur les voûtes de cette dernière église, mais leur retraite fut découverte, et rien ne put les sauver de la volupté brutale de la soldatesque victorieuse et avinée !
(3) Dès cette époque, le marché se tenait à Gournay le mardi, comme à Pontoise le samedi de chaque semaine.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Le Roy
et fon armée en la ville de Dieppe.
Assiégez par
le fieur du Mayne
et fon armée.
Le corps du fieur
de Sagongne transporté à Paris
Ses entrailles inhumées à Gisors.
FF. XXI {verso}.
Alerte à Gisors.
d'Arqués, où l'on difoit que le Roy eftoit, affin d'y mettre le fiége ; et par après, environ le samedy xxiiie du di6l mois de Septembre, le fieur du Mayne avoit faid quelques pontz qu'il avoit faid mettre sur la rivière du costé de Caux, pour garder le paffage des vivres du dit païs ; et, de là, ayant gaigné le chasteau d'Arqués (forte place), feroient arrivez devant les murailles de Dieppe , où le Roy et fon armée s'eltoient mis dedans ; et enfin , après avoir faiél les aproches du costé de la citadelle , ils avoient tiré le canon. Précédent le dit jour, assavoir le jeudy, vingtunième du dit mois, jour de Saint-Mathieu, y avoit eu quelques escarmouches, comme tous les jours il s'en faisoit, où plufieurs feurent tuez, tant d'un cofté que d'autre, comme le fieur de Bafqueville et plufieurs autres du cofté du Roy et de l'autre cofté.
Le fieur de Sagongne (i), vaillant homme, conducteur des réîtres, avoit eflé frappé par la cuifTe d'un coup de mousquet, à une heure après midy, le jour Saint-Mathieu, eftant fur fon cheval, lequel ne pouvait eftre tenu ny arresté ; et le did fieur, re faifant faible à caufe du fang qui fortoit en habondance du diél coup, enfin rendit l'efprit ; fans que l'on le puiffe avoir de deffus fon cheval pour le panser, finon eftant mort.
Et portant fon corps à Paris, où eftoit sa femme et demeure, paffans par cette ville de Gisors, le dimanche enfuivant, xxniie du didl mois, fes entrailles furent enterrez en la nef de l'éghfe de ce lieu ; & le corps y embaumé &, comme did est, porté à Paris.
Lequel jour de dimanche, fur ce que le dit corps arriva par la porte de Cappeville, accompagné de vi^x et tant de chevaulx ; et ce, durant que l'on célébrait la grand messe de ce lieu, fut entendu un murmure dans l'éghfe, difant qu'il arrivoit beaucoup de gens d'armes à la porte ; pour raison de quoy, ne sachant la venue du dit corps, et penfant la furprife de la ville à cause que le bruict eftoit que le fieur duc de Longueville, M. le comte de Soissons, et le fieur de la Noue, vouUoient venir nous voir en cefte ville, l'on fortit tous, hommes & femmes, de la ditte égUse en grande habondance, crainte & tumulte, laiffant là les prêtres & la messe ; & à l'inftant, toutes les perfonnes revindrent
(i) M. de Sagonne, qualifié « coronnal de la cavallerie de Messieurs les Princes » Catholiques. » (V. Procès Vatherie. Mss. de la Bibl. de Potitoise) ; était le Irùre de M. de la Bourdaisière, gouverneur de Pontoise (iSSq).
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS.
dans l'églife, ayant sceu que ce n'eftoit rien, & la mefle fut paracheve'e.
ufques à la fin d'oélobre, depuis lors, les armées, de part et d'autre, s'efloient tenues aus dits lieux, aflavoir : le Roy dans la ville de Dieppe ; et le fieur de Mayenne, à l'entour d'icelle, & ès-environs. Pendant ce temps, Monseigneur le comte Saint-Pol, détenu avec Madame de Longueville (i) sa mère, et ses filles, mesme l'espouze de Monseigneur le duc de Longueville, en la ville d'Amyens, dès le commencement des troubles de l'année précédente, fortit de la ditte ville, tellement quellement sans aucune apercevance ; le bruicl eftoit qu'il s'eftoit faift paindre d'une autre façon et couUeur, ce qui auroit caufé que l'on ne l'auroit congneu à la fortie de la porte. Comme par femblable, icelle dame fa mère, eftant fortie de pareille façon, auroit efté reprife & remife dans la ditte ville, aiant déjà faiél deux ou trois lieues à pied, habillée en villageoise. Lequel fieur comte de Saint-Pol s'eftoit mis avec fon frère et ils avoient, avec grande quantité d'hommes, efté pour faire lever le camp et fiége de devant la ditte ville de Dieppe.
Enfin, l'armée du fieur duc de Mayenne s'eftoit retirée de devant la ville où eftoit le Roy et fon armée avec peu de vivres, lesquels en eftant fortis, ils eftoient paflez par le Veuxin-le-Normand, & allez à Pontoife & Meullant, droid au faulxbourgs de Paris, où, à ce que l'on difoit, ils avoient efté mandez par aucuns de la ville de Paris, afin d'y entrer sans aucun contredit.
Et y eftans arrivez, aflavoir le jour de la Touflaint au matin, lorsqu'il faîsoit un grand brouillard, et que les habitans de la ville & des faulxbourgs eftoient aux églifes à faire leur prière, ils avoient tout pillé, ravy, et emporté ce qui eftoit aux dits faulxbourgs ; et fai(fl pendre et mourir aucuns hommes dans leurs maifons et aux fenejlres ; mis le feu à la plus grande partie des maifons des dits faulxbourgs, & démoUy les autres ; pris & em-
Sortie (évasion) de
Monseigneur
le comte de St-Pol
de la
ville d'Amyens.
Prise
du faulxbourgde
Paris
par le Roy.
(i) Madame de Longueville, Marie de Bourbon, épouse de Léonor d'Orléans, eut pour enfants : Henry d'Orléans, premier du nom, duc de Longueville. dont il est très-souvent question dans ce récit. — François, comte de Saint-Paul. — Catherine , (\\i\ nt se maria point; morte aveugle et religieuse en i638, elle fut enterrée au couvent des Carmélites de Paris, ainsi que sa sœur Marguerite d'Estouteville, morte sans alliance en i6i5. — Antoinette, qui épousa Charles de Gondi, marquis de Belle-Uc. — Enfin, Eléonor, qui épousa, en iSgô, Ch. de Matignon, comte de Thorigny.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Prise de la ville de
Vendosme
par le Roy.
Prise de la ville de Chartres
porté les pièces de gros canon y eftans, & ce, à l'aide de quatre à cinq centz habitans de la ditte ville qui eftoient fortis d'un certain lieu , tous armez et habillez de blanc , en criant : Vive le Roy ; en forte que tous les autres habitans de la ville, eftans bien efbahis & eftonnez de tel advénement, avoient fermé & barricadé les portes & rues des chesnes y eftans, & vaillamment deffendu la ville contre l'armée du Roy.
Lors de laquelle efcarmouche, la ditte armée avoit tout taillé en pièces ce qu'elle rencontroit aux dits faulxbourgs.
Pendant ce temps, le fieur de Mayenne, avec fon armée, fe feroient aprochez de la ville de Paris , et la plus grande partie entrez dans icelle ; et le fieur de Mayenne, avec quelques compaignies, eftoient sortis fur les troupes du Roy, lesquelles ilz avoient repoulfez, et repris le canon qui avoit efté gaigné aux dits faulxbourgs.
Lors duquel passage de l'armée du Roy par le dit Veuxin , les habitans de cefte ville de Gisors eftoient fort empefchez et efpouvantez à caufe du mandat qui leur avoit efté faid que la ditte armée vouUoit pafTer par dedans la ville, mais enfin , avec l'aide de Dieu , & les juges & les efchevins de la ville qui feurent par devers le fieur duc de Longueville (i), les habitans de cette ville feurent garantis du did voiage, à caufe qu'à cette occafion ilz avoient pris leur chemin par les villages du Veuxin tenans jusques à Fleury (2), et tous les villages de deçà, ravageant tout ce qui y eftoit , me/mes mis le feu à aucuns endroiâ:^.
Depuis ce temps, l'armée du Roy avoit efté droiét à Vendosme, où ilz avoient tout ravy et emporté, jusques aux Saints, Reliquaires, Gallices, et autres choses de l'églife du did lieu ; & faiél mourir plufieurs gens d'églife & autres, & spéciallement un brave & dode prédicateur de la ditte ville (3). Et par aprez priz la ville de Chartres, où ilz avoient faidl femblables outrages.
Le fieur de Mayenne avoit tousjours efté dans la ville de Paris et ès-environs, avec fon armée, et il avoit faid faire et renouveller plufieurs fermentz de fidélité et ordonnances, touchant
(i) Le duc de Longueville était seigneur de Trye : on comprend facilement qu'il dut avoir quelque indulgence pour la ville de Gisors.
(2) Le Fleury dont parle ici notre chroniqueuT est Fleury-sur-Andelle, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de l'Eure.
(3) Robert Jessé, cordclier, qui avait cherché à faire entrer le duc de Mayenne dans la ville : il fut pendu.
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS.
la sainte relligion, jusques au xxiie de décembre, au dit an mil vc iiiixx IX, que la plus grande partie des compaignies de fon arme'e s'eftoient acheminez par la ville de Beaumont et Chambly. Et après eftre passez, le fieur de la Noue , avec fept à huiél vingt chevaulx du parti contre, ils s'eftoient aprochez pour fe jetter & furprendre le bagaige des dites compaignies, et jà passées qui venoient de Paris pour affiéger la ville de Pontoise. Quoy ayans apperceu, ceulx qui eftoient demeurez avec le dit bagaige fe feroient arreftez à la chaulfée de Beaumont & s'eftoient barricadez du mieux qu'ilz avoient peu , ce qui n'avoient si bien fait que le fieur de la Noue avec fes gens avoient pris partie du bagaige (i) & tué quelques perfonnes ; mais enfin, feroient arrivez autres compaignies du did fieur du Mayne, qui auroient combatu et repoulfé si vaillamment le fieur de la Noue & ses gens, qu'ilz avoient efté contraindz fe réfugier dans un bourg ou village nommé Cretz (2), à deux lieues de Beaumont, lors duquel repoulfement & charge, ainfi donnée, il en eftoit demeuré quinze ou XVI des principaux de la compaignie du fieur de la Noue, et plufieurs autres de l'autre costé.
Et ainfi s'eftans acheminez, les compaignies du fieur de Mayenne, elles avoient afllégé la ville de Pontoise, tenue et defîendue lors par le fieur de Buhy (3) , avec sa garnison pour le Roy. Estans arrivez le jour précédent devant la ditte ville, le fieur de Quitry Hartchars, le fieur de Vardes, & l'artillerie eftant arrivée le jeudy xxviii® du diél mois, jour des Innocents, mil vciiiixxix, aflez proche des murailles de la ville ; auquel jour, par semblable, seroit arrivé le fieur duc de Mayenne, qui, pour la grande gelée qu'il avoit faide & faisoit lors, feroit palTé, luy & fes gens, par deffus la glace de la rivière de Sayne pour venir du cofté de deçà; lors duquel afliégement, & surprise des faulxbourgs du dit Pontoise, il avoit efté tué grand nombre de foldatz y eftans & spéciallement grande quantité de Suifles, Lansquenetz, qui gardoient les faulxbourgs du cofté de Notre-Dame-des- Champs. Ceulx qui estoient demeurez vivans avoient efté
Le fieur du Mayne
eftans dans
la ville de Paris.
Marche sur Pontoise.
Siège de la ville de
Pontoise
par le fieur du
Mayne et fon armée.
(i) V. Mémoires de G. de Tavannes (s. I. n. d.,in-f°). La relation du « Bourgeois de Gisors » vient corroborer les assertions de ces Mémoires, qui font également mention de ce fait de guerre peu connu.
(2) Creil, qui n'était alors qu'un petit village.
(3) Pierre de Mornay, s' de Buhy (frère aîné de Plessis-Mornay), lieutenantgénéral ( pour le Roi ) de l'Ile-de-France et du Vexin-Français.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
emploiez à faire des fossez aux fins des aproches de la ditte ville qui avoient efté bien efcarmouchez par la garnison de la ville, encores qu'ilz feuflent en premier lieu de leur costé.
iSgo
Rendition de lavilledePontoise.
Affîégement de lavilledeMeuIlant
par
l'armée du fieur du
Mayne.
r, le mercredy troisiesme jour de janvier (i) mil vciiiixxx, l'artillerie avoit commencé à tirer, comme aufli, le jeudi, le long du jour, de onze grofles pièces de canon, en quatre batteries, à caufe que ceulx de dedans avoient remply les bresches qui estoient fort grandes ; et la nui(5l d'entre le dit mercredy et jeudi, de forte que l'on avoit tire' trois mil cinq centz coups de canon, ainfi qu'il avoit esté deuement certiffié et attesté.
Enfin, le vendredy, veille des Roys (2), fur les neuf heures du matin, voullant, les capitaines et soldatz, aller à la bresche, les habitans ^^u did Pontoife s'estoient présentez fur les murailles : ils avoiei-i renconstré leur grande perte, et que l'on les vouloit prendre à mercy ; en laiffant fortir le fieur de Buhy, et autres seigneurs et soldatz estans dans la ville, leurs bagues fauvées ; autrement que les soldatz avoient dit qu'ils bailleroient la ville et mettroient .les habitans, femmes, filles et enffans, au fil de l'espée ; offrans, les habitans, de païer les fraiz & argent que l'on demanderoit; quoy voyant. Monseigneur le duc de Mayenne et autres seigneurs, ayans compassion de la perte de la ditte ville et habitans d'icelle , encores que les cappitaines et soldatz voulufl'ent aller à l'aflault par la bresche spacieuse, le did seigneur avoit accordé que les soldatz de dedans la ville, et les cappitaines, fortiroient les bagues sauves, ce qu'ilz avoient fait le lendemain samedy, jour des Roys ; et le dit fieur de Mayenne entré dans la ville avec autres seigneurs qui y avoient esté jusques au mardy et laiffé illecq pour chef de la garnifon que l'on y avoit laifl'é Monsieur de Villerqy (3).
Les cappitaines et soldatz de la ditte armée , à l'inftant de la compofition , furent conduitz et menez devant la ville de Meullant, tenue par le fieur de Barengreville (4) et ses gens ; on avoit
(1) Le /"Janvier, d'après les autres auteurs, contemporains de ces événements.
(2) Il y a ici une erreur, non de date, mais de jour; le 6 janvier, jour de la reddition de Pontoise, était un mardi.
(3) Charles de Neufville de Villeroy, plus connu sous le nom d'Alincourt ; il resta gouverneur de Pontoise et du Vexin jusqu'à la fin des guerres de la Ligue.
(4) « Bellengrevillc. depuis grand prévost de France. » (Note sur le mss. orig.)
MANUSCRIT d'un BOURGEOIS DE GISORS.
commencé à tirer le canon les vendredy & samedy, xii" et xiii^ du dit mois de janvier iSgo. Le fieur du Mayne eftant arrivé au dit lieu le jeudy, & encores que le fieur de Bellengreville et fes gens euflent faiél sortie le vendredy de jour et de nui(fl, si toutefois le dit jour de samedy, après grande bresche faille aux murailles de la ville, les foldatz cappitaines du fieur de Mayenne seroient entrez de furie le dit jour de samedy xiii^ janvier au foir, les uns par la bresche, les autres avec des eschelles. Ils avoient tout pillé, ravy & emporté ce qui eftoit dedans, n'ayant trouvé aucuns foldatz ny habitans dans la ville , pour ce que le fieur de Barengreville , les foldats & habitans s'eftoient réfugiez au fort du di6l Meullant , et d'autant que l'on ne pouvoit aisément tirer le canon contre le diél fort.
Le fieur de Mayenne avoit envoie après la ditte prise quelques compagnies pour prendre le pont de Poifly qui tenoit pour le Roy, affin de pafler par illecq pour aller de l'austre costé de la rivière, trouver moïen de déposer quelques pièces d'artillerie pour battre le dit fort.
omme par semblable, ledit fieur Du Mayne avoit envoïé d'autres compagnies droicHiau Pont-de-l'Arche (i) garder le paffage du Roy, qui s'acheminoit par le dit lieu. Enfin , après avoir gaigné le pont de Poifli , & faicT; mourir quelques vingt-cinq foldatz qui le gardoient et tenoient , depuis que le Roy défund y avoit paffé, plufîeurs compagnies eft;oient passez par illecq avec quelques pièces de canon , et eftoient allez de l'austre costé de Meullant, par de la rivière, & les autres dans la ville de Meullant, attendans aucuns bateaux couverts que l'on faisoit à Paris, afin, qu'après bresche faide au dit fort, l'on eust à passer par les basteaux couverts par dessus la rivière pour entrer au dit fort.
Pendant ce temps, affavoir le dix-huid janvier au dit an, le légat & ambafladeur du Pape Sixte cinquiesme, nommé Henry Caiétain (2) , estoit arrivé à Paris , accompagné de grande com-
Prise de la ville de Meullant.
Ligueurs à Poissy
et
Pont-de-l'Arche.
(i) Pont-de-l'Arche fut la première place de France qui ouvrit volontairement ses portes à Henri IV. Ce fut Leblanc du Rollet, gouverneur de la ville, qui vint lui-même à Pont - Saint - Pierre, où se trouvait alors le Roi , apporter les clefs et traiter de la reddition.
L'église de Pont-de-l'Arche possède un maître-autel et des orgues donnés par Henri IV.
(2) Cajetan, attaché au Roi d'Espagne ; devint cardinal en iSgS.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Le légat
et ambassadeur du
Pape Sixte
arrivé à Paris.
Prise par le Roy
des villes de
Lisieux et Falaize.
Prise de Honfleur par le Roy.
Nomination pour Roy de France de
la personne
de Monseigneur le
Cardinal de
Bourbon,
fort antien.
pagnie de gens de guerre, Cardinaux et Évesques, ayant faid: apporter avec luy, grand nombre d'argent pour païer & entretenir les ditz soldatz et autres. Lequel avoit esté receu en la ville de Paris par le fieur duc de Mayenne , après la prife de la ville de Meullant, & eftoit le légat venu, à ce que l'on disoit, pour demander au Roy s'il entendoit pas vivre en la Relligion Catholique, Apostolique & Romaine; sinon, le Pape le déclareroit excommunié, ensemble tous ceulx qui lui obéyroient et qui feroient obtempérans avec luy; pour ce qu'il disoit que le temps par luy demandé de vivre saindement & en la foy Catholique eftoit finy & expiré le dernier jour de décembre iSSg.
endant lequel temps , & siège de Pontoise , le Roy avoit pris et forcé la ville de Lifîeux, et par après, la ville de Fallaize, où il y avoit eu grande partie de ses gens tuez ck^'i-ant la ditte ville, et le fieur de Briflac et ses gens d'armes ; mesmes les habitans de la ville , s'eftoient retirez dans le chasteau du lieu. Toutefois enfin, le dit chasteau avoit esté pris par le Roy, non sans grande perte d'hommes de part & d'autres, le fieur de Briflac , pris prifonnier, avoit esté baillé à Monfieur le comte de Saint-Pol , qui l'avoit demandé pour luy fauver la vie; lequel, avec ses gens, avoit vaillamment combatu tant en laditte ville, que au dit challeau ; et par mesme moïen, la ville de Honfleur avoit esté prife par le Roy.
Ce faid, il avoit envoie faire sommer la ville de Rouen de se rendre à luy ; pour raison de quoy, ceulx de la ditte ville avoient faid abattre aucunes des maifons des faulxbourgs du costé de Sainte -Catherine, laquelle avoit pensé estre prife en précédent, par le fieur Dallaigre (i), qui y avoit esté repoulsé.
Soit noté qu'au mois de décembre au dit an, mil vc im^x ix^ Monfeigneur le Cardinal de Bourbon, nommé Charles, avoit esté esleu Roy de France par les Courtz aflemblées, & on avoit commencé à sceller soubz son nom le vendredy, cinquiesme jour de janvier, mil vc nnxx x; encores qu'il feust détenu prifonnier dès la mort des dits fieurs de Guyse , et mené et conduid du depuis, en la ville de la Rochelle, avec Monfeigneur de Genville, frère aisné du fieur de Guyfe, et Monfeigneur le Duc
(i) Un marquis d'Aligre {Christophe d'Aligre}, fut bailli et gouverneur de Gisors, lors de la Ligue,
d'Ellebœuf; lequel, fieur Cardinal, avoit esté tenu pour Roy jufques à fon décez, qui fut au mois de may ou juin ensuivant au dit an iSgo. (i)
Et d'autant que l'on avoit entendu que le Roy de France et de Navarre et ses gens, vouUoient aprocher de Meullant, pour donner fecours à ceulx de dedans le fort d'icelluy Meullant , ou bien batailler. Le fieur de Mayenne, accompagné de toute sa gendarmerie , s'eftoit tenu prest appareillé pour attendre le Roy, et son armée , au combat qui se debvoit faire la seconde fepmaine du mois de février, au dit an iSgo. Enfin, s'eftant joinctz en bataille, le fieur de Mayenne avoit commandé d'aflaillir le fort de Meullant, ce qui avoit efté faid et commencé à tirer contre icelluy, le samedy xe du dit mois de février, et continué le lendemain dimanche xi^ du dit moys ; de telle façon que l'on oyoit (2) tirer, et on comptait facillement les coups de cette ville de G i sors.
On tiroit spéciallement contre certain lieu nommé la Sengle (3) eftant au bout du pont, proche du dit fort, lequel lieu, en forme de bouUevart plain de terre, efloit commandé d'une ou deux maifons proches du dit bouUevart; lequel enfin, après avoir, comme dit est, tiré le canon le dit jour de dimanche tout le long du jour, avoit elle pris et forcé, non fans mort de plusieurs soldatz et cappitaines, tant de cofté que d'autre ; & d'autant que la plus grande partie des foldatz qui gardoient le fort s'eftoient réfugiez dans icelluy, après avoir perdu ledit lieu & place nommé la Sengle, & fermé la porte du fort sur eulx ; l'on avoit continué à tirer quelques pièces d'artillerie contre le fort, alTavoir : les lundy, mardy et mercredy enfuivants ; pendant lequel temps, et après avoir commandé, le fieur du Mayne, d'entrer dans le fort, il feroit party dès le dit jour de samedy x^ de février, et allé droi(fl: en la ville de Rouen pour apaiser la fédition y eftant arrivée, d'autant que l'on difoit que plufieurs de la ditte ville avoient entrepris de rendre la ville au Roy, et faire entrer dans icelle grande compaignie d'Angloix que l'on disoit venir au fecours d'icelluy, qui avoient efté vues noiez dans la mer, proche de la ville de Dieppe.
Décès du fleur
Cardinal
de Bourbon,
esleu Roy.
Attaque du fort de Meulan.
VF.XXXIU (verso)
Le duc de Mayenne à Rouen.
(i) « 1 5go, le g may. » (Note sur le manuscrit).
(2) On oyoit, on entendait tirer... etc.
(3) La Sangle, tour fortifiée qui défendait la tète du pont.
La ligue dans le vexin normand.
Pont de Poissi pris par le Roy.
Prife du chafteau
de Rouen
par
le fieur dAlIaigre.
FF. XXXV» (verso}
Prile du chafteau
de Dangu
par le fieur du
Mayne.
Le fieur du Maynne, eftant revenu à MeuUant, avoit de rechef commande' d'affaillir le fort ; enfin, ne le fâchant avoir, pour la grande force d'icelluy, et le Roy eftant arrivé avec fon armée devant le bourg et pont de Poiffy afin de faire quitter le diét fiége de Meullant, le fieur du Mayne, et la plus grande partie de fon armée, eftoient venus et arrivez au pont de Poif[y, afin de le garder de palîer par le did pont. Ce néantmoins, le Roy n'avoit lailfé à entrer et gaigné le dit Poiffy. Ce qu'il avoit faid de nuiél par escallade, jufques aux moullins eftant fur le pont ; lequel avoit efté bien deff"endu par les foldatz du fieur du Mayne qui avoient rompu deux des arches d'icelluy du cofté, de deçà, pour empescher que le Roy et fes gens ne paflaflent par illecq ; en quoy faifant, auroit efté tué et noyé plufieurs foldatz de cofté et d'autre.
Ce faidl, ayant entendu par le fieur du Mayne que le chasteau de la ville de Rouen avoit esté pris par le fieur d'AUaigre et fes gens d'armes qui y estoient entrez par escallade ou autrement, et ce par la menée de celuy qui le gardoit, icelluy fieur du Mayne et fon armée fe feroient acheminez droid à Magny, èsenvirons, pour aller donner fecours aux habitans de la ville de Rouen ; et d'autant qu'il avoit reçu nouvelles que le dit chasteau avoit esté repris et gaigné par le fieur d'Aumalle et sa gendarmerie, qui y estoit exprès allé, et faid mourir ceulx qui avoient esté trouvez dans le chasteau de Rouen, mesmes changé les cappitaines de la ditte ville.
celluy fieur du Mayne (i), et fon armée, feroit venu par de cà Gisors et en paflant auroit, le dit duc, envoie deux pièces d'artillerie devant le chasteau de Dangu pour le battre ; quoy voiant, les foldatz, qui estoient dans le did chasteau, avoient rendu icelluy au gré et vouloir (volonté) du seigneur de Mayenne et de Monseigneur de Contenant (2), qui y seroient entrés avec grande compagnie de foldatz, lesquelz
(i) C'est ici que commence le passage reproduit par M. Hersan, dans son Histoire de Gisors (p. 162-164); passage dont il attribue par erreur l'origine à un manuscrit des Archives d'Evreux : il y a quelques variantes, de peu d'importance du reste, entre le manuscrit de la Bibliothèque nationale et le texte cité d'après des archives de l'Eure. Nous indiquons en italiques les mots qui se trouvent dans ta citalion, et non dans le manuscrit original, et entre parenthèses ( ) ceux qui, au contraire, n'ont pas été reproduit dans la citation de l'Histoire des seigneurs de Dangu, et qui existent sur le mss. de la Bibliothèque nationale.
(2) Ce baron de Contenant fut gouverneur de Gournay-en-Bray en 1594.
avoient tout pillé , ravy, & emporté ce qui eftoit au did Dangu (i) ; et mesmes dans le chasteau, comme le (par) semblable, tous les foldatz et cappitaines du fieur du Mayne, eftant logez en tous les villages d'allentour cette ville de Gifors (et Dangu), avoient tout pillé et ravagé ce qu'ilz avoient trouvé ; mesmes mis le feu à plufieurs des dits villages, comme (au di(fl Dangu), Beauserré (2), Courcelles, Boisgilloul, la Tainville (3), Reilly (4), Hérouval (5), Vallecourt, Chambors, et autres villages, où ilz avoient brullé plufieurs maifons.
Aufli, ils avoient pillé et emporté ce qui estoit dans la maison de Vaulx; tout pillé aufli, la maifon du fieur de Saint- Paer (6), et mis le feu en la grange, escuries et estables du did lieu ; dans laquelle grange avoit esté brullé tous les bledz y estans en grand nombre. Le fieur de Saint-Paer, fa femme et famille, s'eftans enfuis (desfuys) en cette ville de Gifors, en grande défolation, comme mesme les villages de Trye-Chafteau (7) et Trye-la- Ville , avoient esté pillez et voliez par les foldatz , jufques à fouiller et defpouiller les perfonnes. Auquel village de Trye-la- Ville , et autres par de là, auroit esté mis le feu , où il y avoit eu plufieurs maifons brûliez ; et ce, durant les vingt-quatre xxv, xxvi & xxvii«» jours du di(fl mois de février iSgo. (Ayant, le fieur du Mayne, couché au diél Magny, et après à Chaumont, duquel lieu ilz feroient allez devers le chafteau de Mouy, lequel leur avoit efté rendu ; et eftoit le commun bruid que le dit fieur du Mayne et
iSgo
Ravaige et pillage,
par l'armée
du fieur du Mayne
ides villages de
Dangu et lieux
circonvoisins de Gisors et du Vexin - Normand).
Le duc de Mayenne
à Magny
et autres lieux.
(i) Ce fait est rapporte par MM. Charpillon {Gisors et son canton, in-8', 1867, p. 199) ; G. Dubreuil et Hersan : Histoire de Gisors (ouvrages cités).
(2) Beausseré, hameau de Courcelles-les-Gisors ; devint, à l'époque de la Révolution, une commune du canton de Trie. La seigneurie fut possédée par Le Tonnellier de Breteuil, ministre d'Etat sous Louis XVI.
(3) Lattainville, petite commune du canton de Chaumont : jadis seigneurie dépendant de Trie. L'église appartenait à l'abbaye de Gomerfontaine.
(4) Reilly, village du canton de Chaumont (Oise).
(5) Hérouval et Valécourt, hameaux de la commune de Montjavoult ; le premier était une ancienne seigneurie peu importante.
(6) Saint-Paer, petit village du canton de Gisors, était possédé en iSSy par le licur de Presteval ; la forteresse fut détruite sous le règne de Henri IV.
(7) Trie ou Trye-Château, un des endroits les plus remarquables du Vexin. Son château fut touiours po.^sédé par des membres de la famille royale. A l'époque de la Ligue, il était la propriété de .Marie de Bourbon, duchesse de Longueville, et de son fils. Henri 1er d'Orléans, duc de Longueville, cousin de Henri IV et général de ses armées. (Documents sur l'Histoire de Trye-Chdteau, par A. Fitan.)
Trye-la-Ville appartint toujours aux seigneurs de Trie-Château et souvent partagea le sort de cette dernière ville ; c'est aujourd'hui une petite commune du canton de Chaumont.
LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND
Les gens des
villages
réfugiez à Gifors.
Ravaige des églises
par l'armée
des Catholiques.