II PREFACE
rencontrer d'inédits ou de peu connus, c'est un devoir de les publier : c'est non-seulement en faciliter l'étude, mais c'est encore en assurer la conservation.
Combien , en effet , de monuments et de trésors historiques seraient indéfiniment restés ensevelis dans le silence et dans l'oubli le plus profond, si l'amour de la recherche du passé ne les eût fait sortir de l'ombre ! Combien, d'autre part, de documents considérables ont été perdus par suite de circonstances diverses ; et sans parler de ceux que l'ignorance de leurs détenteurs a livrés à une destruction volontaire, n'avonsnous pas eu à craindre de nos Jours de voir périr, dans une effroyable tempête de guerre civile, la plus précieuse et la plus importante des collections qui existent, la Bibliothèque Nationale !
Hâtons -nous donc de puiser à ces sources, et de préserver ainsi ces inestimables documents d'une destruction totale; cherchons, autant du moins qu'il est en notre pouvoir, à combler les lacunes qui existent encore dans nos histoires locales.
Bernard Palissy a dit avec une justesse qu'on ne saurait trop apprécier : « Je trouverois bon qu'en cha- » cune ville il y eiist personnes députées pour escrire » fidèlement les actes qui y ont esté faicts. »
Sans avoir ce mandat officiel, l'auteur du manuscrit que nous publions a pris soin d'enregistrer, de i588 à 1617, les événements locaux et généraux qu'il jugeait assez importants pour être relatés dans son Jourfial : il a ainsi formé une relation historique qui est loin d'être sans valeur, quoique nous ne prétendions pas la donner comme un modèle, sous le rapport de l'élégance du style ; le côté historique nous suffit.
Le lecteur trouvera plus loin quelques renseignements