PREFACE. III
spéciaux sur ce manuscrit, ainsi que sur les documents et les notes que nous avons cru devoir ajouter à la publication du texte ; mais, disons-le dès à présent : la relation du Bourgeois de Gisors nous a paru tout à fait digne d'être publiée : elle se rapporte, d'abord, à toute une contrée dans laquelle se sont passés, pendant les guerres de la Ligue, des événements trèsimportants ; puis, elle concerne les villes de Rouen, Beauvais, Amiens, Gournay, Gisors, Chaumont, Pontoise, Meulan, Magny, et tant d'autres, dont on trouvera les noms dans VIndex placé à la fin de ce volume. Enfin, cette relation intéresse surtout, et à un haut degré, le Vexin, cet antique Pagiis Viilcassiniis, cette petite province qui avoisinait Tlle-de- France et Paris.
Le Cordelier N. Taillepied, Fauteur des Antiquités de Rouen et de Pontoise, disait du Vexin, en 1587 : « C'est la terre la plus grasse et plus fertile qui soit
» en la France il n'y a pays au monde plus com-
» mode à l'entretenement de la vie humaine ce
» pays s'estend depuis la petite rivière de Valmondois » en l'Isle-Adam jusqu'à une autre petite rivière qui » passe par Fleury, nommée Andelle, à cinq lieues de
» Rouen »
« Le sieur du Tillet, en son Mémorial de France, » récite que les rois de France bailloient leur auri- » flamme à porter au comte duVequecin, qui avoit » la seigneurie dudit pays. Depuis advint que Raoul, )) duc de Normandie, espousa la fille de France » nommée Gille, à laquelle fut donné en mariage » tout le duché de Normandie, en plein domaine, et )) la moitié du Vequecin : et ainsi fut le pays divisé )) en deux, a sçavoir : en Vequecin normand, et fran-