PREFACE XIII
déroulant de la Belgique à Belfort — rien ne permettait spécialement aux Nancéiens d'espérer qu'ils n'allaient pas subir, et dans quelques jours, demain peut-être, cet atroce supplice.
Rien? Et cependant ils espéraient! Ils espéraient au début d'août. Ils espéraient, bien entendu, lorsque, refoulant les Boches qui avaient pénétré jusqu'à Badonviller, jusqu'à Grévic, et j avaient commis leurs premiers crimes, nos troupes franchissaient la frontière. Ils espérèrent encore après la retraite douloureuse de Morhange. Ils espérèrent encore à mesure que les nouvelles de Belgique et du Nord devinrent plus graves. Ils continuèrent à espérer lorsque l'Hôtel des Postes, les hôpitaux militaires et la gare furent évacués, lorsque les trains cessèrent d'arriver à Nancy, lorsque les caisses publiques allèrent, en personnes prudentes, coucher chaque soir à Toul (*). Ils conli-
(*) Voir la note à la fin de la Préface.