XIV PREFACE
nuèrent à espérer à l'heure où nous sentions l'étreinte se resserrer autour de la ville, à l'heure où, de la place Stanislas, on voyait les éclatements des obus. Ils continuèrent à espérer pendant les jours si désagréables où nul ne pouvait faire un pas à Nancy sans sauf-conduit, où il fallait montrer patte blanche pour traverser un pont, où le préfet devait demander à l'armée les papiers nécessaires pour que les pompes automobiles de la Compagnie de Nancy pussent aller éteindre les incendies dans les faubourgs de la ville. Ils continuèrent à espérer quand ils apprirent que le Gouvernement avait quitté Paris pour Bordeaux, quand ils connurent que les Boches étaient à Dieulouard, à Blainville. Ils espérèrent encore quand les obus se mirent à pleuvoir sur le territoire de Tomblaine. Ils ne désespérèrent point quand ils tombèrent à Nancy même... Us n'avaient aucune raison d'espérer, et ils espérèrent cependant. Espérer quand le