‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 105 sur 230 · Moniteur du 11 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 11 avril

2. Le général Lescuyer fut guillotiné le 14 août 1793. 3 Moniteur du 12 avril 1793.

Mercredi 10 avril. — Petion a lu à la tribune une Adresse que la section de laHalle-au-Blé faisait circuler dans Paris, et où l'on disait que Roland méritait l'échafaud; que la majorité delà Convention était corrompue; que dans son propre sein, siégeaient les plus grands ennemis du peuple. Après avoir demandé : 1" que Roland fût décrété d'accusation; 2" que les députés coupables fussent arrêtés; 3" que ceux qui n'ont pas eu le courage de défendre la République fussent destitués et remplacés parleurs suppléants, les auteurs de l'Adresse terminaient ainsi : a Montagne de la Convention, sauvez la République; ou, si vous ne vous sentez pas assez forts pour le faire, osez nous le dire avec franchise : nous nous chargerons de la sauver. La crise que nous éprouvons doit être la dernière; il faut que la France soit anéantie, ou que la République triomphe ^ »

Des applaudissements convulsifs éclatent sur les bancs de la Montagne et dans les tribunes. Des cris, des hurlements effroyables se font entendre dans toutes les parties de la salle, la tribune est assiégée. Danton veut y monter; Petion refuse d'en descendre. Le tu-, multe est à son comble. Le président se couvre. « Vous êtes des scélérats! » crie Danton aux membres du côté droit, qui répondent par cet autre cri : « A bas le dictateur! »

Cependant le calme se rétablit peu à peu, et l'on entend successivement Petion, Danton, Boyer-Fonfrède, Lahaye, Guadet, — à qui Marat dit : « Vil oiseau, tais-

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