‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 106 sur 230 · Histoire parlementaire, t. XXY, p · texte numérisé non relu

Histoire parlementaire, t. XXY, p

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toi: » — Robespierre qui a lu une interminable harangue; — Vergniaud, qui a prononcé, en réponse à Robespierre, un plaidoyer admirable. Pas un de ces discuurs qui ne débordât de haine et qui ne respirât la fureur et la vengeance. Ils ont rempli la journée tout entière : commencée à huit heures du matin, la séance a été levée à huit heures du soir, et la discussion renvoyée au lendemain ^

Pendant que les chefs de la Gironde et de la Montagne dressaient ainsi, les uns contre les autres, de véritables réquisitoires, dont le citoyen Fouquier-Tinville, l'accusateur public, aura peut-être un jour à faire son profit, le tribunal révolutionnaire jugeait un pauvre diable, nommé Nicolas Lultier, ancien soldat, canonnier de la 6* compagnie, casernée à la Sorbonne. Il était accusé d'îivoir dit, le 31 mars, dans un groupe de maçons, au coin de la rue de laHuchette : « Avez-vous une âme? et moi aussi j'en ai une, mais c'est pour mon roi qui m'a toujours bien payé. Il est mort, mais il y en a un autre qui paraîtra sous peu. » Devant le tribunal, Lultier affirma ne point se rappeler le propos qu'on lui prêtait; qu'il était, d'ailleurs, ce jour-là, en état complet d'ivresse, si bien que ce fut seulement cinq heures après son arrivée à l'Abbaye que, s'étant réveillé et croyant être dans la chambre de sa caserne, il apprit qu'il était en prison. Déclaré coupable, et interpellé par le président de dire s'il avait des observations à faire sur l'application de la loi, il a dit : « qu'il attestait les

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