‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 107 sur 230 · ùniteul■ des 12. 13 et 14 avril · texte numérisé non relu

ùniteul■ des 12. 13 et 14 avril

l'AKis Kx 1790 -201

dieux qu'il ne pardonnerait jamais sa mort à ceux qui le condamnaient, attendu qu'il était ivre et ne savait ce qu'il disait^ ».

11 a été exécuté sur la place de la Maison-Commune ' .

Jeudi 11 avril. — Les scènes dont la séance du jeudi a donné le spectacle, de huit heures du soir à minuit, ont été encore plus violentes que celles de la veille. De tous les journaux, le Patriote français est celui qui a reproduit le plus exactement la physionomie de cette séance. Voici son compte rendu :

Excidat illa (lies œvo! Tel est le vœu que tout républicaiu doit former, lorsque les représentauts du peuple oublient le grand caractère dont ils sont revêtus et donnent l'exemple funeste du déchaînement des passions. Dans cette séance, des glaives homicides ont brillé, des instruments de mort ont menacé des hommes que la volonté nationale a déclarés inviolables. .Nous ne nous étendrons pas sur les faits qui ont donné lieu à ce triste événement; nous les passerions même sous silence, s'ils ne devaient servir de leçon à nos concito\ens.

Des sections demandaient instamment leur admission à la barre. Buzot fait observer à l'Assemblée qu'il est pour elle une occupation plus urgente, celle de nommer les quatre commissaires qui doivent aller dans le département de l'Orne suivre les traces de la conspiration de Dorléans. Marat a révoqué ea doute les crimes et les vices mêmes de Dorléans; il n'a vu de coupables que le jeune Égalité et les autres Bourbons; il a demandé que leurs têtes fussent mises à prix. Lecointc-Puyraveau a combattu ces conclusions comme impolitiquos, comme homicides, puisque les ennemis avaient entre leurs mains nos commissaires, envers lesquels ils ne manqueraient pas d'user de représailles.

1. Bulletin du Tribunal crimiïie-l révolutiominire, n" 2 et 3.

-302 TAUIS EX ItO."^

Ce député patriote réfutait Marat; il ne pouvait donc être entendu sans défaveur. A chaque mot, il était interrompu par des murmures, il le fut onlin par des injures atroces. Alors le tumulte devient extrême; des deux côtés, on se précipite au milieu de la salle: un membre de la Montagne tire un pistolet; Deperret l'aperçoit et tire son épée. Des cris affreux se font entendre. Le président obtient avec la plus grande peine le retour du calme; il renaît enfin; Deperret est dénoncé; il expose les faits; on passe à l'ordre du jour.

On procède à la nomination des commissaires qui doivent suivre le fil des complots de Dorléans. Ce sont Merlin ide Douai), Cambacérès, Chariier et Lesage',

La séance du malin avait préludé aux scènes dramatiques du soir par une scène comique : Dans le drame auquel nous assistons, le grotesque, à chaque pas coudoie l'horrible.

Le décret de l'Assemblée législative qui a rendu la cocarde obligatoire, autorisait les citoyens à porter des cocardes de toute forme et de toute étoffe, pourvu qu'elles fussent aux trois couleurs nationales. La municipalité de Paris a abrogé cette loi. et a décrété qu'on ne pourrait porter d'autres cocardes que celles de laine, tricolore des deux côtés, et que ceux qui en porteraient d'une autre étoffe seraient arrêtés. En exécution de ce décret du Conseil de la Commune, Taillefer, député de la Dordognc, a été arrêté, injurié, maltraité, traîné au corps de garde, parce que sa cocarde, très nationale à la vérité, n'était pas municipale. Il n'a servi de rien à Taillefer de montrer sa carte de député. — Sur la

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