Le Palriote français, n
3. Souvenirs de l'insurrection noriiuinde dite du Fédéralisme en 1103. par M. Frédéric Vaultier, \). 73. — Essai historique et criti<iue sur la Révolution française, jiar M. Paganel, ancien député à la Convention, t. II, p. 128.
4. Histoire de la Révolution de France, par deux amis de la liberlé. t. VIII. p. 21s.
PARIS EN 179o C05
Son discours du 12 avril est un des plus remarquables qu'il ait prononcés et il a produit un grand effet. Guadet n'a pas usé des ménagements dont Vergniaud est trop coutumier. Au lieu d'accuser M. Pitt, comme l'avait fait son collègue de la dépulalion de Bordeaux, il a dénoncé M. de Robespierre; au lieu de s'en prendre aux agents de l'Angleterre, il. a montré que le foyer de la conjuration était beaucoup plus près de nous, rue Saint-Honoré, au club des Jacobins. 11 a donné lecture d'une Adresse des Jacobins de Paris à leurs frères des départements. Adresse qui est signée de Marat et où il est dit :
Amis, nous sommes trahis, aux armes, aux armes!... Nos ennemis ont eufm mis le sceau à leurs noires perfidies, et, pour les consommer, Dumouriez, leur complice, marche sur Paris... Mais, frères et amis, ce ne sont pas là tous vos dangers... Vos plus grands ennemis sont au milieu de vous... C'est dans le Sénat que de parricides mains déchirent vos entrailles. Oui, la contre-révolution est dans le gouvernement, dans la Convention nationale; c'est là que de criminels délégués tiennent les Gis de la trame qu'ils ont ourdie avec la horde des despotes qui viennent nous égorger! C'est là qu'une cabale, dirigée par la Cour d'Angleterre et autres... Mais déjà l'indignation enflamme votre courageux civisme. Allons, républicains, armons-nous!
C'EST VRAI! s'est écrié Marat de sa place.
A ces mots, les trois quarts de l'Assemblée se lèvent; seule, la Montagne resie immobile. Le côté droit crie avec fureur : « Marat à l'Abbaye! — Le décret d'accusation contre Marat! »
VAmi du peuple paraît à la tribune. Les galeries le
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saluent d'applaudissements frénétiques; mai^5 bientôt, devant l'attitude indignée de la majorité, il sent fléchir son audace. Il cherche à esquiver le coup qui le menace; il invoque de misérables subterfuges. « J'ai été, dit-il, président de la Société des Jacobins pendant sept à huit minutes. On m'a présenté un écrit que je n'ai point lu, portant la signature des secrétaires; et. sans savoir ce qu'il contenait, je l'ai signé... C'est un délibéré de la Société, auquel, suivant l'usage, je n'ai mis ma signature que pour attester qu'il était émané de la Société'. »
La discussion est fermée après un discours de Danton, qui demande le renvoi à un comité des accusations portées contre Marat, et une réplique de Boyer-Fonfrède, qui réclame le décret d'accusation. Combat pour la priorité entre ces deux motions. Le renvoi à un comité est écarté à une majorité des deux tiers. Lacroix propose de mettre sur le champ Marat en état d'arrestation à l'Abbaye, et de charger le comité de législation de faire un rapport sur le décret d'accusation. On voit alors reparaître à la tribune r.-lmi du peuple, pâle, balbutiant-; il demande à être conduit aux Jacobins entre deux gendarmes pour y prêcher la paix et prévenir un mouvement. — « Nous ne craignons point de mouvement, lui crle-t-on. — Paris saura obéir aux lois, ajoute le président ^. »
On adopte la proposition de Lacroix, et la séance,