‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 125 sur 230 · Le Publicisle de la République française, ii · texte numérisé non relu

Le Publicisle de la République française, ii

sur les gradins. La salle retentit d'acclamations réitérées. Porté sur les bras des gardes nationaux, la tête ceinte d'une couronne de laurier, Marat entre enQn, et son apparition soulève dans les tribunes un enthousiasme qui va jusqu'au délire. Ses collègues de la Montagne l'accueillent par des embrassements. Il dépose entre leurs mains les couronnes dont son front et ses bras sont encore chargés. On le porte à la tribune. Les applaudissements l'empêchent longtemps de parler; il réclame le silence. « Législateurs, dit-il, j'ai été perfidement inculpé; un jugement solennel a fait triompher mon innocence. Je vous rapporte un cœur pur et je continuerai à défendre les droits de l'homme, du citoyen et du peuple avec toute l'énergie que le ciel m'a donnée '. »

Les applaudissements redoublent et se prolongent pendant plusieurs minutes. On crie de toutes parts : Vive Marat! Vice la Montagne! Les députés de l'extrémité gauche agitent leurs chapeaux. Les patriotes, qui ont escorté Marat, jettent en l'air leurs bonnets rouges. Le défilé recommence, et dans les cris de cette foule, dans les gestes, sur le visage des sans-culottes qui lui ramènent en triomphe l'homme qu'elle a décrété d'accusation, la Gironde peut lire son arrêt de mort^,

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