Ibid
la lecture d'une lettre du curé el des marguilliers de Saint-Germain l'Auxerrois, l'invitant à assister à la procession, elle décréta qu'il n'y aurait point de séance le jeudi matin, afin de laisser à ses membres la liberté de répondre à cette invitation.
Le jeudi malin, les processions eurent lieu dans la plupart des paroisses, et dans les autres pendant la soirée. Tous les magasins étaient fermés; les rues étaient tapissées avec plus de soin qu'avant la Révolution \ et il en fut de même le jeudi suivant, à rOctave de la fête, à la petite Fête-Dieu, comme on l'appelle. En tête du cortège, dans chaque paroisse, venaient les tambours et la musique militaire. Les gardes nationaux formaient la hnie; des officiers de la garde nationale marcbaient, l'épée nue à main, devant le dais, autour duquel brillaient des torches allumées. La procession de Saint-Eustache et celle de Saint-Roch furent particulièrement remarquables par le grand nombre de gardes nationaux qui y assistèrent ^. Le dais de Saint-Sulpice était porté par des grenadiers ^. Celui de Notre-Dame était escorté par les juges de tous les tribunaux de la ville en grand costume, habit noir, chapeau relevé à la Henri IV, avec
1. « Malgré le mauvais temps, le clergé parisien ne voulut point on démordre, il se promena dans la lioue ; mais il eut la douce satisfaction de voir les rues tapissées, peut-être même avec un peu plus de soin qu'à l'ordinaire : tant la classe du peuple qu'on nomme les bourgeois a de peine à dépouiller le vieil homme. Il ij a encore beauroup plus de foi dans Israël ([ue les prêtres eux-mêmes a^osaienl le rroire. » iRévolulions de Paris, t. XII, p. 457.)