‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 165 sur 230 · Op. cit., t. XXIII, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. XXIII, p

cbèrc, des lieutenances et des sous-lieulenances. « A tant la lieutenance de Saint-Marc ! — A tant la lieutenance de Saint-Martial! » Et si le paysan tarde à mettre le prix, vite un éloge du saint, et mes Auvergnats de monter à l'envi. Ces hommes simples sont aujourd'hui divisés en deux classes : l'une accepte les prêtres assermentés; l'autre, et c'est malheureusement la plus nombreuse, se tient obstinément à ses prêtres réfractaires. Je puis le dire, ajoutait Perrière, l'Aristocrate, l'Espagnol et l'Autrichien n'avaient pas de plus dangereux ennemis, comme la terre n'a pas de plus industrieux et plus infatigables cultivateurs; mais la France perdra des hommes si précieux sous ce double rapport, pour peu qu'elle persiste à exiger d'eux le sacrifice de leurs prêtres ' . »

Mais je reviens à Paris, où la persistance des idées et des sentiments catholiques, de la superstition, pour employer le langage du citoyen Perrière, est plus remarquable encore et véritablement extraordinaire.

Le 9 février dernier, la section Âc la Butte des Moulins a dénoncé au conseil général de la Commune, des assemblées de paroisse tenues, les 25 janvier, 2 et 3 février, dans l'église de Saint-Roch, à l'effet d'y continuer le culte divin tel qu'il avait lieu précédemment. (( La section considère, disaient les patriotes de la Butte des Moulins, que le nouvel ordre qu'on veut étabhr dans celte église tend à former un schisme entre les prêtres salariés par la nation et ceux qui le

1. Sthmidl. Tableaux do la Rùcolution française, t. II, p. 8. Rapjyort de Perrière à Garai, ministre de l'intérieur.

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seraient par celte prétendue administration, et en même temps entre les citoyens qui s'occupent principalement de la chose publique et les zélés catholiques de Saint-Rocli. Elle dénonce, en outre, un bureau où l'on reçoit les souscriptions volontaires pour le culte divin ' . »

Des prêtres réfractaires, sans souci des dangers auxquels ils s'exposent, continuent à célébrer les offices aux ci-devant Missions-Étrangères, rue du Bac. Ces assemblées ont lieu deux ou trois fois la semaine ; on n'y entre que par billets -.

Voici un fait dont j'ai été moi-même témoin tout récemment dans le quartier des Halles, Gomme je traversais la rue de la Poterie, j'ai rencontré un prêtre qui portait le viatique à un mourant. Six hommes armés, tout à fait de la dernière classe, de ceux qu'on appelle les sans-culottes, ont escorté le dais jusqu'à la porte, ont fait sentinelle devant la maison et ont attendu le prêtre pour l'accompagner de nouveau jusqu'à l'église. Hommes, femmes, jeunes et vieux, sur le pas des portes, au milieu de la rue, tout le monde s'est prosterné dans l'attitude de l'adoration •*. Je me suis agenouillé comme les autres. Il n'y a pas de jours où l'on ne puisse voir pareil spectacle, surtout dans les quartiers populaires. Les curés et leurs vicaires continuent à se montrer dans les rues en soutane et même en surplis, toutes les fois que leurs

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