Ibid
place de la Révolution \ le général Miaczinski a été guillotiné. Le bourreau a montré sa tète au peuple, et l'a promenée tout autour de l'échafaud -.
On juge aujourd'hui l'adjudant général Devaux, il sera exécuté demain "^
Yingt-sept accusés sont à la veille de comparaître devant le Tribunal révolutionnaire, sous la prévention de complicité dans la conspiration dont le marquis de la Rouairie était le chef. Après eux, d'autres malheureux iront à leur tour de la prison au tribunal et du tribunal à la place de la Révolution ; pendant bien des
1. On a vu, dans les chapitres précédents, que les exécutions avaient lieu sur la place de la Réuniiui (du Carrouseli. Une fois installée aux Tuileries, la Convention, ne voulant pas avoir sous ses yeux le spectacle de Tcchafaud, décréta que les jugenncnts du Triliunal rOfoliit'ionnaire ne seraient plus exécutés sur la place de la Réunion et chargea le Conseil exécutif provisoire de chercher un autre emplacement. Le lieu choisi fut la place de la Révolution, cidevant Louis XV, où avait été dressé Téchafaud du 21 janvier. La guillotine fut érigée entre le Garde-Meuble et le piédestal de la statue de Louis XV, alors renversée, à peu prés à la place où est aujourd'hui la fontaine située du côté du nord.
2. Il L'exécuteur a montré sa tète au peuple; elle était aussi vermeille qu'avant sa mort; ses yeux ouverts semblaient promener leurs regards sur la multitude innombrable qui remplissait la place de la Révolution. » [Bulletin du Tribunal rOiolutionnairc, n° 40, p. 100 )
3. « Il n'est pas possible, dit le docteur Broocks, médecin anglais, d'aller à la mort sans éprouver une sorte d'effroi qui fait pâlir et qui ilécompose les traits. Piiilippe Devaux a prouvé, en allant au supplice, (lue le docteur Broocks se trompait, puis(iue, du moment qu'il est sorti de la Conciergerie jusqu'à l'échafaud, son visage n'a pas souffert la moindre altération : il demantla à y aller à pied; cela lui fut refusé. » (Le Glaire vcngnnr. p. 77.) — Voici le titre complet de cette feuille, qui avait pour auteur le citoyen Du Lac : Le Glaive vengeur de la République française, ou Galerie révolutionnaire contenant les 7ioms, prénoms, les lieux de naissance, l'état, les ci-devant qualités, l'âge, les crimes et les dernières paroles de tous les grands conspirateurs et traîtres dont la tête est tombée sous le glaive national, par arrêt du tribunal récolut'ionnaire établi à Paris... par un ami de la Révolution, des mœurs et de la justice. (Paris, chez Galetti, imprimeur, aux Jacobins Saint-Honoré.)
semaines, bien des mois peut-être, le bourreau aura des têtes à montrer au peuple.
Les fêtes de la République ont cela pour elles qu'elles durent plus de trois jours.
La journée d'un Observateur.
Dimanche 26 mai 1793.
J'ai été exact au rendez-vous ^. Huit heures n'étaient pas encore sonnées à Saint-Eustache, lorsque j'arrivai devant la grande porte de l'église. Dutard m'avait précédé de quelques minutes -, Notre première visite a été pour un épicier des Halles, qui est fort de ses amis. Nous le trouvâmes sur le pas de sa porte; il nous dit que les marchandises menaçaient presque toutes de manquer. (( Je m'en vais renoncer, ajouta-t-il, à vendre de l'eaude-vie; elle vaut en tonneau 3 livres 4 sous, au lieu de 34 eu 36 sous qu'elle valait il y a six mois •*. Une lettre que j'ai reçue hier d'un marchand d'Orléans m'annonce que le sucre (sans compter les frais de commission et de port) vaut 3 livres 6 à 7 sous, le café 2 livres