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tribunes qui ont entraîné les votes des Assemblées, et ce sont les hommes comme M. Saule qui ont fait l'opinion des tribunes! »
11 était midi. Nous avons dîné chez Je citoyen Venua, en face des Jacobins'. A peine étions-nous assis, arrive un marmiton, la chemise retroussée jusqu'au coude, l'air empressé et le sourire aux lèvres : (( Citoyen, lui dis-je, nous voudrions... — Citoyen? répliqua le marmiton ; vous vous moquez, je crois; je ne m'appelle pas citoyen. Dites donc Monsieur. » Ce petit trait nous a beaucoup fait rire, ainsi que tous ceux qui étaient présents ^.
Au Palais-Égalité, oii nous sommes allés en sortant de chez Venua (il était alors une heure, la fermentation était assez grande. Dans l'un des groupes, un garde national s'élevait avec violence contre la Commission des Douze, a Ces demi-mesures, disait-il, ont toujours perdu le peuple; on n'a que trop épargné le sang. La journée du 10 août reste encore à faire. Nous n'avons fait que changer de tyrans. Le despotisme règne encore dans le palais des Tuileries. De nouveaux rois s'environnent de nouveaux Suisses, nous avons encore des Mandat; il faut que tout cela finisse, et que les nouveaux tyrans et leurs satellites tombent une seconde fois sous le fer du peuple. 11 faut que la moitié de Paris meure pour sauver l'autre et pour préserver la République. » 11 a dit ensuite qu'il ne doutait pas
1. Le rcbtauranl Ycniia. silué à cùtù du 3Ianègc, w 75, avail au.s.si une enti'éc par la rue Saint-IIonoré, inai.son dite hôtel des Tuileries, vis-à-vis les .Tacoliins. niomo numôro. — Pch'/f.s nf fiches, avril 1793.
■2. Happorl de DnI-.iril. Scliniidf. t. II. il 21.
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que la fin du mois ne fût, pour beaucoup de gens, la fin du mondée Une femme a appuyé chaudement ce discours, déclarant que les citoyens de la Butte des Moulins étaient de nouveaux Suisses, mais qu'ils auraient le sort des autres.
Tout semble indiquer, en eiïet, qu'un nouveau 10 août se prépare, et qu'il aura, comme le premier, les Tuileries pour théâtre. Seulement, au lieu d'être dirigé contre Louis XVI et les Suisses, il le sera contre les (lirondins; contre Brissot, qui a proclamé que « la Révolution du 10 août serait à jamais le plus beau jour de fête pour la France- » ; contre Vergniaud, qui présidait ce jour-là la Législative et fit voter la convocation d'une Convention nationale.
Désireux de connaître ce qui s'était passé à la Convention, nous étions de retour aux Tuileries sur les trois heures. Les femmes que nous avions vues le matin à la porte des Tuileries y étaient encore. Sontelles payées pour cela? Peut-être. J'en ai entendu une dire à un Jacobin qui allait de groupe en groupe et semblait donner un mot d'ordre : Vous me devez encore 20 sous : et le Jacobin les lui remit aussitôt.
Nous avons pu pénétrer dans une tribune et assister à la seconde partie de la séance. Isnard présidait. Les Brissotins ont encore la majorité; et, malgré la Montagne, ils ont cassé aujourd'hui le Comité révolutionnaire de la section de l'Unité, et ordonné l'élargissement d'Antoine Le Tellier, professeur au collège des