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Voici le texte de la résolution adoptée par les commissaires des sections réunies :
L'Assemblée générale révolutionnaire de la ville de Paris, séant en la salle dp l'Evêché, après la vérification des pouvoirs illimités et réunis de la majorité des sections, arrête que Paris se déclare en insurrection contre la faction aristocratique et oppressive de la liberté; que les harrières seront à l'instant fermées, et qu'à cet eflet et pour l'exécution des autres mesures, les hommes du \'i juillet et du
10 août se mettront immédiatement en état de réquisition. ■ — L'Assemblée, pour statuer sur lesdites antres mesures, se déclare permanente en ladite salle de lEvéché'.
Le maire proteste-t-il contre cet acte insurrectionnel?
11 garde le silence, et le Conseil général passe à l'ordre du jour-...
Il est trois heures du matin : le tocsin sonne à Notre- Dame. C'est VAssemhlée fjéii(''rale révolutionnaire qui en a donné l'ordre.
A quati'e heures et demie du matin, la Commune, soit qu'à ce moment elle désapprouvât une insurrection dont l'initiative et la direction avaient été prises par une assemblée rivale; soit qu'elle voulût tout simplement se mettre on règle avec la majorité de la Convention et sauver les apparences, — la Commune adopte les termes de la proclamation suivante, adressée aux quarante-huit sections :
Ouvrez les yeux, do grands dangers vous environnent. Des citoyens égarés demandent que les barrières soient
1. Inccntniri^ des aiil'ifiraphfS rt. da dncuiwnts tustorique.'i coinprntavt la collpction de M. Benjamin Fillon, séries III ot IV. n» on;. ■J. Cnnimiino do Pari>. «ôanco rhi .30 ol 31 mai 1793.
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fermées, que le tocsia soit sonaé; ils veulent uue nouvelle insurrection. Rapprochez les événements et vous serez à portée de juger les scélérats qui égarent ces citoyens, qui conseillent ces mouvements... Le Conseil général vient de se déclarer en permanence; faites de même, correspondez avec lui, et que la plus grande surveillance contienne les ennemis qui sont au milieu de vous '.
Six heures et demie du matin. Les commissaires de la majorité des sections, ayant à leur lête Dobsenl, se rendent de l'Évêché à l'Hôtel de Ville. Ils sont introduits dans la salle du Conseil général. Dobsent prend la parole. 11 annonce que « le peuple de Paris, blessé dans ses droits, vient de prendre les mesures nécessaires pour conserver sa liberté, et que les pouvoirs de toutes les autorités constituées sont annulés ».
Le vice-président du Conseil général, le citoyen Destournelles (et cette scène de comédie avait été sans doute concertée d'avance entre les acteursj, prend une attitude héroïque : il déclare que ses collègues et lui sont résolus à mourir, s'il le faut, sur leurs sièges. Il s'écrie : « Citoyens, vous auriez beau prononcer sans droit notre destitution, vous ne nous la feriez pas accepter. La menace et la violence même seraient vaines; on pourra nous arracher de nos sièges, on ne pourra jamais nous en faire descendre. Je lis dans les yeux et dans les cœurs de tous mes collègues qu'il n'est pas un seul d'entre eux qui ne soit résolu à recevoir la mort, s'il le faut, sur son banc, comme je la recevrais sur ce fauteuil. » Péroraison admirable, et