‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 198 sur 230 · Députe de rAvoji'un · texte numérisé non relu

Députe de rAvoji'un

;j-5<S l'Aïus EN 1793

pour linir à neuf heures et demie du soir, des dépuUitions u'out cessé du se succéder à la barre, — députalions de la Commune et députations du département de Paris, députations des quarante-huit sections, députations de la section armée de l'Observatoire, de l;i section des Gardes Frani^aises, des Hommes du 1 î juillet et du 10 août. Elles disaient : u Législateurs, un grand complot vient d'éclater contre la liberté et l'égalité; les commissaires des quarante-huit sections ont découvert les fils de ce complot... Livrez les intrigants conspirateurs au glaive de la justice. » Et la Convention : « Le Comité de salut public s'occupera, de concert avec les autorités constituées, de suivre la trace des complots qui ont été dénoncés à la barre dans cette séance. » Elles disaient : « Nous demandons le rapport du décret liberlicide arraché par la faction scélérate. » Et la Convention, rapportant le décret liberlicide du 28 mai, votait la suppression de la Commission des Douze et ordonnait que les scellés seraient apposés sur ses papiers. Elles disaient : « Nous demandons que vous décrétiez la levée d'une armée révolutionnaire centrale de sans-culottes, qui auront une paie de 40 sous par jour. » Et la Convention approuvait l'arrêté de la Commune assurant 2 livres par jour aux ouvriers qui resteront sous les armes jusqu'au rétablissement de la tranquillité publique.

Mais était-ce bien la majorité de la Convention qui votait? Lorsque ces décrets ont été rendus, l'Assemblée était envahie, ses bancs étaient garnis d'étrangers. A la suite du discours prononcé par le procureur

syndic Lulliei' ', au nom des membres du déparlement de Paris réunis aux autorités constituées de la Commune et aux commissaires des sections, Grégoire, qui venait de remplacer Mallarmé au fauteuil de la présidence, avait invité la députa lion aux honneurs do la séance; mais avec les pétitionnaires, une foule de citoyens avaient pénétré dans la salle-. En vain, les membres du coté droit ont prolesté, déclarant que la Convention n'était plus libre, que toute délibération devenait impossible. Leurs réclamations ont soulevé un tumulte elfroyable; impuissants à le dominer, ils se sont décidés, pour la plupart, à quitter la salle. Aussitôt, sur l'invitation de Levasseur, tous les députés de la Montagne se sont transportés sur les bancs du côté droit, tandis que les pétitionnaires elles hommes de leur suite prenaient place sur les gradins du côté gauche ^.

Un peu avant la fin de la séance, une députalion de la section des sans-culottes s'est présentée à la barre. Elle a demandé justice des monopoleurs égoïstes et la taxation, dans toute la république, des denrées de première nécessité. A peine avait-elle été admise, elle aussi, aux honneurs de la séance, qu'une nouvelle bande de sans-culottes entrait dans l'enceinte réservée aux députés. A ce moment même, le bruit s'est répandu

1. Et non Lhiiillicr, cuiaiiic l'écrivent MM. Luuis Blanc, Miohclct, Mortimer-Ternaux, etc.

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