‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 200 sur 230 · Monil'^iii- (lu ;J juin 17;t;J · texte numérisé non relu

Monil'^iii- (lu ;J juin 17;t;J

l'Aïus Kx ITOn 351

mille hommes ont assiégé les abords de la Convention,l'enceinte législative a été envahie ; à la faveur du désordre, des mesures ont été décrétées qui auront pour effet inévitable et prochain do décimer l'Assemblée et d'assurer le triomphe définitif de la rue sur la représentation nationale.

Et c'est cette journée qui s'est terminée par des chants, par des illuminations et par des cris de joie! C'est elle qui sert de texte ce matin à tous ces braves gens qui vont disant partout que les idées modérées gagnent du terrain, que les enragés et les violents ont perdu toute influence, et que ceux-là seuls sont dangereux et coupables, qui se plaisent à annoncer des malheurs imaginaires, des troubles et des révolutions désormais impossibles!

Si incroyable que soit cet aveuglement, si étrange que soit cette journée, commencée au bruit du tocsin et terminée au bruit des chansons, ce qu'elle a présenté de plus extraordinaire, c'est peut-être la conduite des députés de la Gironde et en particulier celle de Yergniaud.

Hier encore, les Girondins dominaient dans l'assemblée. Mardi dernier \ ils réunissaient, au vole par appel nominal, 279 voix pour le rapport du décret qui avait cassé la Commission des Douze, tandis que leurs adversaires ne pouvaient en obtenir que 239 -. Ils avaient donc pour eux la majorité de la Convention, la Commission des Douze, armée de pouvoirs très éten-

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