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iiioiit illégale:» : mais qui pouvait être dupe do ces app;woncos".' Oui pouvait prendre au sérieux le respect d'Hébert pour la représentation nationale, et en particulier pour la Commission des Douze? Ce procès-verbal môme de la Commune, où M. Louis Blanc a lu la défaite des vio/enls et la victoire des modérés, — la modération d'Hébert et de Chaumettel — nous montre le Conseil général décrétant, dans la soirée du 31 mai, les mesures suivantes : arrestation de tous les citoyens suspects et remise de leurs armes aux patriotes qui n'en ont pas; — levée d'un emprunt forcé, dont le produit sera consacré à la paie dos ritoyons qui foi-nioi'ont la garde soldé(» révolutionnairo de Paris; — autorisation d'arrêter l'ox-ministrc Roland et son épouse; — nomination de commissaires chargés de se transporter à. l'administration des postes et d'y faire l'examen des lettres qui paraîtraient suspectes. Ce n'est pas tout. Des membres du directoire du département, — j'emprunte encore ce fait au procès-verbal invoqué par M. Louis Blanc, — viennent se réunir au Conseil pour délibérer avec lui sur les mesures de salut public. Un membre de la commission révolutionnaire fait son rapport sur les mesures qu'elle a prises. Ces mesures sont de deux sortes : les mesures cachées et les mesures qui peuvent cire rendues publiques. 11 entre dans le détail de ces dernières, parmi lesquelles se trouve l'arrestation de toutes les personnes qui ont donné lieu au.c rnourem^nts rcvofulionnaires qui ont existé depuis quelque temps. (Procès-verbal de la Commune, séance du vendredi 31 mai 1793. dans Vllisloire parlementaire de Bûchez et Roux, t. XXVII, p. 321.) Si telles étaient les mesures que l'on croyait pouvoir rendre publiques, qu'étaient donc les tnesures cachées?
Pour détruire la thèse de M. Loui.^ Blanc sur le caractère de modération qu'il prête si gratuitement à l'assemblée tenue :iux Jacobins le matin du 31 mai, ne suffirait-il pas d'ailleurs de rappeler ce qui s'est passé, ce même jour, à la Convention?
Sur les 8 heures du matin, les membres du Conseil général du département paraissent à la barie. Le procureur général syndic, LuUiei', déclare (jue le mouvement extraordinaire qui se manifeste dans Paris doit être considéré comme une insurrection morale, ayant pour objet la réparation des calomnies répandues contre la capitale. Il ajoute que toutes les autorités constituées du département viendront bientôt à la barre prononcer leur profession de fui politique et demander justice de l'outrage fait h. la ville de Paris. (^Procès-verbal original de la séance du 31 mai, publie par M. \a-
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tel, Vf/f/niaud, t. I, p. 308.) — En soi'tant des Tuilories, les inombres du département se rendent aux Jacobins, pour assister à la réunion convoquée par leurs soins. Dans l'après-midi, conformément à l'annonce faite le matin par Lullier, ils reparaissent à la barre de la Convention accompagnés par les commissaires dos autorités constituées du département et par les commissaires des sections, c'est-à-dire par les membres mêmes de l'assemblée dos Jacobins. Or, il se trouve précisément que leur langage a été beaucoup plus riolent que celui des délégués du Conseil général révolutionnaire, qui les avaient pr^Jcédés. (Voy. le discours de Lullier, orateur de la députation, dans VHistoire parlementaire, t. XXVIF, pp. 3!ik-S!il.)
Dans la séance du 1='' juin, FFassenfratz a prononcé un discours plus ardent encore, réclamant, dans un langage plein de menaces, l'arrestation des députés ennemis de Paris. Et au nom de qui Hassenfratz sommait-il ainsi la Convention nationale de décréter d'accusation vingt-sept de ses membres? Au nom des quarante-huit sections et des autorités constituées du département de Paris, — cest-à-diro au nom de rassemblée tenue la veille aux Jacobins. Enfin, le 2 juin, une dernière sommation est faite h la Convention : elle se termine par ces paroles : < Citoyens, le peuple est las d'ajourner sans cesse l'instant de son bonheur; il le laisse encore un instant dans vos mains; sauve/-le, ou nous vous déclarons qu'il va se sauver lui-même! » Et ceux qui tiennent ce langage insurrectionnel, ce sont encore les délégués des autorités constituées du département, de ces autorités qui, suivant M. Louis Blanc, ont renversé, n l' Hôtel de Ville, l'influence des violents!
Reconnaissons du moins, on terminant cette longue note, rombieii M. Louis Blanc a eu raison d'écrire, précisément à l'occasion de la chute des Girondins : « Pour relever une à une toutes les erreurs propagées par les divers historiens de là Bévolution française, un ouvrage à part ne suffirait pas. •■
X XX 111 Le 2 juin.
Mardi ,'| juin 1793,
La journée de samedi ^ a été relativement calme. Les ateliers étaient rouverts; chacun avait repris ses occupations. L'orage paraissait calmé 2. A la Convention, un projet d'adresse aux Français, présenté par Barère, au nom du Comité de salut public et relatif aux événements du 31 mai. avait été adopté presque sans opposition. Ceux qui font profession d'optimisme triomphaient une fois encore et disaient : (( Tous le voyez, vos craintes étaient exagérées comme toujours; il n'y aura rien; tout s'arrangera. » Les braves gens qui tenaient ce langage comptaient sans leurs hôtes de la maison commune, les membres du Conseil général et ceux du Comité révolutionnaire ^, qui agissaient,