Séance du 20 mai
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lameiiUiliuns comme il riait lui-mùme aulrelois de celles de Vaublanc !
A l'ouverlure de la séance du 2S mai, Gaadèt demande le rapport du décret qui, la veille, a supprimé la Commission des Douze. Il soutient que l'on ne peut même pas dire qu'il y ait eu un décret rendu, puisque les législateurs, consignés dans le lieu de leurs séances, après la dispersion de leur garde, ont délibéré au milieu des outrages, des violences et des menaces; puisque plusieurs membres de la représentation nationale, et notamment Pelion et Lasource, ont été dans l'impossibilité de percer une foule menaçante et de se rendre à leur poste... — Certes, le discours de Guadet était éloquent; mais combien plus éloquente la réplique de Jean-Bon Saint-André, opposant aux récrimination-^ de la Gironde les principes dont elle se faisait gloire à la veille du 10 août : « Pour quiconque ne connaîtrait pas le cœur humain, il pourrait paraître étonnant que l'on méconnût avec tant d'audace dans un temps des principes avancés dans un autre. Mais les intérêts ne sont plus les mêmes... Dans l'Assemblée législative, quand il fut question de prononcer la suspension du tyran, Ramond et ses semblables avancèrent contre cette suspension les mêmes raisons qui viennent d'être présentées à cette tribune. Alors ils disaient qu'ils n'avaient pas été libres de se rendre à l'Assemblée; ils disaient qu'ils n'avaient pu voter pour cette grande mesure, et ils voulaient inOrmer les décrets de l'Assemblée, parce qu'ils n'y avaient pas pris part. »
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Pelion, en mainle rencontre, s'est vanté de la part considérable qu'il a prise à la révolution du 10 août'. Maire de Paris, chargé d'assurer le maintien de l'ordre, il s'est fait le complice des conspirateurs, il a livré Louis XVI. Fâche n'a eu qu'à copier Petion. Maire de Paris, Pache, comme Petion, s'est fait le complice des émeutiers, il a livré les députés de la Gironde. Ici les analogies sont saisissantes. Il suffira d'en indiquer quelques-unes.
Le soir du 9 août, Petion est introduit à la barre de l'Assemblée législative. « Depuis huit jours entiers, dit-il, la municipalité de Paris est continuellement occupée à maintenir le bon ordre et la tranquillité publique. Il n'est point de démarches que les officiers municipaux et le maire n'aient tentées pour calmer les esprits... La municipalité a arrêté qu'il serait établi deux gardes de réserve, l'une au Carrousel, l'autre à la place Louis XV, toutes deux composées de la même manière que celle du roi... Je saurai supporter le poids de la responsabilité que la loi m'impose, et je puis assurer qu'on n'indiquera pas à la municipalité une bonne mesure qu'elle ne prenne à l'instant. »
Pour rassurer, pour endormir les députés de la Gironde, à la veille du 31 mai, Pache n'a eu qu'à reproduire le langage de son prédécesseur. II écrit le 24 mai à la Convention : <( Tout prouve qu'il n'y a point de conspiration. J'ajouterai que, depuis que je suis à la mairie, oili j'ai eu de grandes inquiétudes sur
1. Voy. Pièces liUéfCtisantcs pour l'hislolre, an II de la Républu|uc : Récit du 10 août, par J. Pelion.
tl ciutres objets, je n'en ai jamais eu sur la sûreté personnelle des membres de la Convention, et que tous les avis propres à en donner, qui me sont arrivés directement ou indirectement, paraissent venir de gens qui sont, par tempérament ou par circonstance, livrés aux terreurs paniques, ou qui ont intérêt d'en répandre... J'en appelle à l'expérience; au milieu de toutes ces convulsions, qui feraient craindre à tous ceux qui les voient ou qui les lisent les plus sanglants événements ; malgré toutes ces armes dont chacun se hérisse à l'envi, Paris ne présente pas plus d'accidents qu'il n'en a jamais présentés... Il n'y a pas de ville où l'Assemblée puisse être plus respectée, et les personnes des députés plus en sûreté qu'à Paris ^ »
Le lendemain, nouvelle lettre de Pache, confirmant celle de la veille, et déclarant qu'il a tout prévu, tout examiné, et qu'il rCy a rien à craindre -.
Dans la séance où il a été donné lecture de ces deux lettres, le 27 mai, le bonhomme Pache a paru à la barre de la Convention, comme le rertueux Pelion avait paru, le 9 août, à la barre de la Législative, et il a renouvelés on affirmation que le complot autour duquel on faisait tant de bruit était un complot ima.fjina.ire'.
Tout était prêt pour l'insurrection du 10 août; le succès des conspirateurs était assuré; c'est ce moment
1. Cette lettre de Pache est datée du 34 mai, Tan II de la. République ; il en a été donné lecture dans la séance de la Convention du 27.
2. Cette seconde lettre de Pache a été lue également dani* la séance du 27 mai.
que Petion choisit peur parler de paix, d'ordre, de tranquillité, et pour lancer la proclamation suivante :
Citoyens, ou a quelquefois voulu vous perdre en cherchant à ralentir votre zèle; on veut aujourd'hui vous perdre en régarant. L'Assemblée s'occupe en ce moment de nos plus grands intérêts; que le calme environne son enceinte!.. Je pense que la circonstance est telle que les citoyens doivent se prescrire la loi impérieuse d'observer la tranquillité la plus parfaite *.
De cette proclamation de Petion affichée le matin du JO août, comment ne pas rapprocher la proclamation de Pache, affichée le matin du 31 mai?
Ouvrez les yeux; de grands dangers vous environueni. Des citoyens égarés demandent que les barrières soient fermées, que le tocsin soit sonné; ils veulent une nouvelle insurrection. Rapprochez les événements, et vous serez à portée de juger les scélérats qui égarent ces citoyens, qui conseillent ces mouvements...
Au coup de minuit, à l'heure où commençait la journée du 10 août, le tocsin retentit dans les églises situées sur le territoire des sections des Gravilliers, des Lombards et de Mauconseil. Ni l'Assemblée législative, ni la Commission extraordinaire des Vingt-el-un, composée de Vergniaud et de ses amis, ne daignent s'enquérir des hommes qui donnaient ainsi le signal de la révolte.
Dans la nuit du 31 mai, le tocsin se fait entendre comme dans celle du 10 août. Cette fois, Vergniaud et