liuchcz et Roux, Histoire parlemenlaire, t. XVI, p
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ses amis s'émeuvent : « Il faut avant tout, dit Yergniaud, savoir qui a donné l'ordre de sonner le tocsin... Je demande que le commandant général soit mandé à la barre. » Lasource propose un projet d'adresse ainsi conçu : « Des conspirateurs, travestis en patriotes pour égarer le peuple et perdre la liberté, ont fait tirer le canon d'alarme et sonner le tocsin. » Pour toute réponse, Barère. comme Jean-Bon Saint- André quelques jours auparavant, évoque ces souvenirs du 10 août qui, à chaque pas, se dressent devant les hommes de la Gironde. « Qu'est-ce au reste, secriet-il, que ce dont Vergniaud vous a parlé? Des mouvements particuliers qui ne doivent pas faire juger la Révolution qui vient de s'effectuer. Avez-vous demandé au 10 aoiH, cpxels étaient les individus C[ui avaient sonné le tocsin? » Couthon, qui, le 2 juin, a porté le coup de grâce aux députés girondistes, ne s'est pas fait faute, lui non plus, de signaler l'étonnante concordance qui existe entre le 10 août et le 31 mai. « Rappelez-vous citoyens, a-t-il dit, que la cour, cherchant toujours quelque nouveau moyen de perdre la liberté, inventa d'établir un Comité central de juges de paix; ainsi la faction a fait créer une Commission. Le Comité des juges de paix fit arrêter Hébert; la Commission des Douze l'a fait arrêter aussi. Les juges de paix ne se bornèrent pas là; ils lancèrent un mandat d'arrêt contrctrois députés de la législature; lorsqu'ils virent que l'opinion publique les abandonnait, ils se hasardèrent àrequérir la force armée; n'est-ce pas là ce qu'a fait la Commission des Douze?
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Cette ressemblance est frappante, mais elle est réelle ^ »
Pendant que le tocsin sonne à tous les clochers de Paris et que l'on bat la générale dans toutes les rues, entre une heure et deux heures du matin, les commissaires des sections se réunissent à l'Hôtel de ville, sans rencontrer le moindre obstacle. Tous sont des hommes obscurs; la plupart sont des amis et des affidés de Marat. Une des salles principales de la maison commune est mise à leur disposition. Dans une salle voisine, autour de laquelle sont établies des tribunes qui regorgent de spectateurs, siège le Conseil général de la Commune. Soudain les délégués des commissaires des sections entrent dans la salle du Conseil général et déclarent, au nom du peuple, les membres du Conseil suspendus de leurs fonctions. Ils leur font connaître en même temps que le maire, le procureur de la Commune et les seize administrateurs sont autorisés à continuer leurs fonctions administratives. Peu d'instants après, les commissaires des sections arrivent en masse dans la salle du Conseil; ils déposent sur le bureau les pouvoirs dont ils se prétendent revêtus, et leur président monte au fauteuil. Le pouvoir insurrectionnel est constitué.
J'ai tracé dans les lignes qui précèdent le récit de ce qui s'est passé à l'Hôtel de ville dans la nuit du 10 août ; j'ai tracé en même temps le récit de ce qui s'est passé, à ce même Hôtel de ville, dans la nuit du 31 mai. Le
l. Séance du 31 mai 1793.
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théâtre, les acteurs, la pièce, tout est pareil. 11 semble que l'histoire ait pris plaisir à se copier elle-même, à se répéter jusque dans les détails : le 10 août était un vendredi, le 31 mai également. — Les sections qui, daus la nuit du 10 août, ont envoyé des commissaires à l'Hôtel de ville, étaient au nombre de vingt-six K Combien de sections étaient représentées à l'Hôtel de ville dans la nuit du 31 mai? vi7igt-six'-.
Mais nous ne sommes encore qu'au matin du 10 août; les analogies vont se poursuivre jusqu'à la fin.
L'ne des premières mesures prises par les commissaires des sections, le 10 août, est de nommer un nouveau commandant général de la garde nationale. D'une voix unanime, ils proclament commandant général provisoire le citoyen Sanlerre, ex-commandant du bataillon des Enfants-trouvés.
Le premier acte des commissaires de la majorité des sections, le 31 mai, est d'investir le citoyen Hanriol, commandant de la section des Sans-culottes, du litre de commandant général provisoire de la force armée de Paris.
Les insurgés se préparent sous la direction de Santerre, à marcher sur les Tuileries. La crise suprême