Mémoires de Af"»" Campan, t. II, p
s'ouvre sur le Carrousel. Hanriot, qui garde cette porte avec des militaires et plusieurs pièces de canon, refuse de livrer passage aux députés et crie : Canonniers, à vos pièces ! Le président tourne alors à gauclie et se porte vers une autre issue située au nord de la cour. La résistance est la même sur ce point. Les députés reviennent vers le château, traversent de nouveau le vestibule et descendent dans le jardin. Comme Louis XVL ils vont d'abord vers la porte située presque en face du Pont-Royal et longent ensuite la terrasse du bord de l'eau. Arrivés à la porte du Pont-ïournant, le président harangue les officiers du poste qui lui opposent leur consigne et refusent le passage. Enfin, sur l'ordre qui leur en est intimé, les membres de la Convention reprennent le chemin du palais, aux cris de Vive Marat! Vive la Montagne: A la gnilloline Brissot. Guadet, Vergniaud ! Purgez la Convention! Tirez le mauvais sang! Humiliée, vaincue, l'Assemblée rentre dans la salle de ses séances, et sans doute quelqu'un des députés de la Gironde a dû dire, comme Marie-Antoinette : « Tout est perdu, cette revue a fait plus de mal que de bien ! »
La promenade de la Convention, prisonnière aux Tuileries, a eu, avec celle de Louis XVI, captif au château, des rapports de ressemblance tels qu'ils se sont imposés, dès le premier instant, à tous les esprits. Lorsqu'est parvenue à l'Hôtel de ville la nouvelle que l'Assemblée parcourait les rangs de la force armée, Hébert, se précipitant à la tribune, a comparé « la conduite de la Convenlion à celle du tyran passant en
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rfiviip, le matin du 10 août, les troupes sur lesquelles il comptait \ n
Au premier rang des hommes armés, — cavalerie, artillerie, infanterie, — qui entouraient la salle de la Convention dans la journée du 2 juin, se trouvaient les fameux Marseillais, qui avaient pris part à l'attaque des Tuileries le 10 août ^. Seulement, à l'époque du 10 août, les Marseillais obéissaient aux ordres de Barbaroux; le 2 juin, ils demandaient sa tête. Le 2 juin, comme le 10 août, s'est fait au chant de V Hymne des Marseillais; au chant du Ça ira! dont le vertueux Petion a osé dire, dans une lettre à l'Assemblée législative : « Le Ça ira! cet air fameux qui réjouit les patriotes et fait trembler leurs ennemis •'. )) Petion écrivait cela le 30 mai 1792. Le 30 mai 1793, le Ça ira! avait-il toujours pour lui les mêmes charmes '•?
Faut-il pousser plus loin ces rapprochements? J'en indiquerai encore deux, qui méritent, je crois, d'être signalés.