‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 34 sur 230 · Bûchez et Roux. t. XXIV, p · texte numérisé non relu

Bûchez et Roux. t. XXIV, p

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Sur la terrasse des Feiiillants, une foule énorme, du sein de laquelle s'échappait, à chaque instant, ce cri, répété par des milliers de voix : Du pain et du savon, attendait la sortie des deux députations. Elles parurent enQn. « On nous ajourne à mardi, dirent les pétitionnaires; mais nous nous ajournons à lundi. Quand nos enfants nous demandent du lait, nous ne les ajournons pas au surlendemain '. » La foule se retira en criant : A demain! à demain!

La soirée fut agitée et menaçante. Dès ce moment, l'émeute était inévitable, certaine. Ni le Comité de sûreté générale, ni la municipalité, ni le ministre de l'Intérieur -, n'ont paru s'en préoccuper. Aucune précaution n'a été prise, aucune mesure ordonnée. Quant au général Santerre, commandant de la garde nationale parisienne, il est allé à Versailles passer en revue un escadron de dragons ^.

Le lundi matin, Marat fit paraître dans son journal un article où il excitait la populace au pillage et à l'assassinat. En voici un extrait :

« Quand les lâches mandataires du peuple encouragent au crime par l'impunité, on ne doit pas trouver étrange que le peuple, poussé au désespoir, se fasse lui-même justice. Laissons là les mesures répressives des lois. Il n'est que trop évident qu'elles ont toujours été et seront toujours sans effet; dans tout pays oii les droits du peuple ne sont pas de vains titres

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