‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 35 sur 230 · Rih-olutioiin (Ir- /',(/•;«, t. XV, p · texte numérisé non relu

Rih-olutioiin (Ir- /',(/•;«, t. XV, p

constatés faslueusement dans une simple Déclaration, le pillage de quelques magasins, à la porte desquels on pendrait les accapareurs, viettrait fin aux malversations '. »

Cet article est lu, commenté, applaudi. Des cris de : Mort aux accapareurs! se font entendre. Dans tous les groupes circule un mot d'ordre : Mettons à la raison les épiciers! Il est huit heures du malin; la foule se porte dans le quartier des Lombards. Des hommes vont en avant et disent aux épiciers : « Avezvous du sucre, du café, du savon? Consentez à débiter toutes ces marchandises au prix auquel nous les taxerons; sinon, gare la lanterne! » Quelques instants après, les boutiques de la rue des Lombards et de la rue des Cinq-Diamants étaient assiégées et envahies. Plusieurs femmes avaient des pistolets à leur ceinture. Beaucoup d'hommes étaient là, déguisés en femmes, et n'ayant pas même pris la précaution de se faire la barbe. Le sucre fut taxé à 20 et 25 sous la livre: la cassonnade à 8 et 10 sous; le savon et la chandelle à 12 sous; le café moka à 10 sous; la gérofle et le thé à 20 sous; le bleu-indigo, — qui vaut 30 livres, — à 20 sous; la cannelle et la vanille, — qui valent 120 livres, — à 30 sous ^. Quelques-uns payaient; d'autres donnaient simplement le peu d'argent qu'ils avaient sur eux; la plupart enlevaient la marchandise sans bourse délier. Bientôt , d'ailleurs, le faible et

1. Journal de la Rcpubliqite française, par Maraf, n» «lu 25 fcvrier 1793.

Page 1