‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 37 sur 230 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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général les fails dont nous venions d'èlre témoins. Les tribunes ont accueilli notre rapport par des rires et des cris de tant mieux, tant mieux! — « Oui, tant mieux! » reprend Jacques Roux, qui vient d'arriver, (i taut mieux! car les épiciers n'ont fait que restituer au peuple ce qu'ils lui faisaient payer beaucoup trop cher depuis longtemps '. »

Nous sommes sortis. On pillait, sous les yeux même du Conseil général, dans un magasin qui fait face à la maison de Ville. Sur le quai Pelletier, dans la rue des Arcis et dans la rue Saint-Merri, ce n'éLaient que femmes, hommes, enfants, chargés de pains de sucre, de paquets de chandelle et de barres de savon. A la porte d'un épicier de la rue de Venise, une pièce d'eaude-vie avait été défoncée et des misérables, étendus sur le pavé, buvaient à même dans le ruisseau. A l'entrée de la rue Saint-Denis, stationnait un piquet de cavalerie. Il semblait, du reste, fort peu s'émouvoir de ce qui se passait autour de lui. Les cavaliers, sur leurs chevaux immobiles, souriaient aux cris et aux chants de la populace avinée. Nous apercevons enQn, — il est trois heures, — Pache, noire nouveau maire. Il est assisté de Chaumette, l'orateur du 22 février. D'un air bonhomme, avec une complaisance visible, il harangue les émeutiers : ne sont-ce pas ses électeurs?

A cinq heures du soir, le premier coup de tambour se fait entendre -. On bat la générale. Les patrouilles sillonnent la ville dans tous les sens. Elles sont partout

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