Ibid
PARIS EX 1793 îô
fou. Cette belle indignation n'a qu'un tort, c'est d'être trop tardive. Il fut un temps, en effet, et ce temps n'est pas loin, oîi les mômes hommes qui s'élèvent aujourd'hui contre M.irat avaient pour lui des ti'ésors d'indulgence, où les mômes députés qui prennent aujourd'hui parli conlre les brigands se faisaient hautement leurs défenseurs.
L'émeute des 23 et 26 février 1793 n'est qu'une répétiLion de l'émeute des 20 et 23 janvier 1792.
Le 20 janvier de l'année dernière, le peuple, que Marat et ses confrères en journalisme excitaient déjà contre les accapareurs et les agioteurs, pilla un magasin de la rue Saint-Antoine et contraignit un marchand du faubourg Saint-Marcel à livrer pour 23 sous la livre de sucre dont le prix courant était alors de 3 livres. Le 23 janvier, un grand nombre de boutiques furent forcées, envahies et pillées, dans les rues Saint- Denis, Saint-Martin, du Cimelière-Saint-Nicolas, Chapon et des Gravillicrs.
A l'Assemblée législative, les membres du côté droit demandèrent que ces actes de brigandage fussent l'objet d'une répression énergique. Les députés binssotins, au contraire, soutinrent que les vrais coupables n'étaient pas les pillards, mais ceux qui avaient été pillés. Fauchet, l'un des principaux orateurs du parti, tonna contre la cupidité des marchands et contre les agissements des accapareurs ^ Un membre de la députation de Bordeaux, M. Ducos, ne trouva pas une parole pour