Mémoires de Maciume Ruland, p
88 PARts F.\ 1793
Le 3 septembre, il envoya dans les départements des commissaires extraordinaires, qui étaient, pour la plupart, de parfaits bandits. A quelque temps de là, un député eut la naïveté de se plaindre à lui de la conduite de quelques-uns de ces misérables : « Eh! f..., lui répondit Danton, croyez-vous qu'on vous enverra des demoiselles' ? »
M. Rover tient de M, deSégur, l'ancien ambassadeur de France à la cour de Russie, le récit d'une très curieuse conversation que ce dernier a eue avec Danton, quelques semaines après les massacres des prisons. Le hasard les ayant fait se rencontrer dans la ru(\ Danton aborda M. de Ségur, et Ton causa de choses ei d'autres, jusqu'au moment où l'ancien ambassadeur ne put se tenir de l'interpeller sur les horreurs dont Paris avait été le théâtre pendant plusieurs jours, a Je n'en puis saisir, dit-il, ni le motif ni le but; je ne comprends pas comment vous, ministre de la justice, vous n'avez pu ni les prévenir, ni du moins en arrêter le cours. » Tous deux, à ce moment, marchaient à côté l'un de l'autre. Danton s'arrêta, regarda M. de Ségur en face et. le front haut, lui dit : « Monsieur, vous oubliez à qui vous parlez; vous oubliez que nous sommes de la canaille, que nous sortons du ruisseau; qu'avec vos principes, nous y serions bientôt replongés, et que nous ne pouvons gouverner qu'en faisant peur^! »
« M. Danton est un philosophe, ajouta M. R)yer, et, un jour, il m'a fait l'honneur de me dire sur quel priu-